Stevie Wonder.

BIOGRAPHIE.

 

STEVIE WONDER/Saginaw (Michigan – USA)

 

Steviewonder intro

 

Né Stevland Hardaway Morris, le 13 mai 1950 à Saginaw.

Actif depuis 1961.

Labels:Motown.

Genre:pop,soul,funk,jazz,blues.

Site officiel:www.steviewonder.net

 

De l'enfant-star de la Motown au faiseur de tubes.

La même année que la disparition de Maurice Chevalier, que la première télévisée du jeu « Des Chiffres et des Lettres » ou que le massacre nord-irlandais de Bloody Sunday, voire de la fabrication du TGV ou des débuts du Watergate, le marché du rock est inondé par des œuvres discographiques exceptionnelles.

Alors qu'Eddy Merckx pose sa patte sur le tour pour la quatrième fois de rang, que Claude Brasseur perd son père Pierre quand Jean Dujardin et Julie Gayet viennent eux au monde, que Septembre Noir fait des J.O de Munich les plus tragiques de l'Histoire, que George Marchais signe un bail de 22 ans avec le PCF alors que la 3ème chaîne française se met à la couleur, 1972 est une année particulièrement féconde pour la musique, une des plus riches et des plus intéressantes avec celle du flower power (1967).

Neil Young y va d'un mémorable Harvest quand Deep Purple décoche deux scuds hard rock, Machine Head et In Japan, tandis que le rock progressif se paie la part du lion avec Emerson Lake & Palmer (Trilogy), Genesis (Foxtrot), Jethro Tull (Thick As A Brick) et Yes (Close To The Edge) et que les stars déjà bien établies du moment poursuivent leur petit bonhomme de chemin : David Bowie crée son Ziggy Stardust, les Stones assurent un exceptionnel Exile On Main Street, Lou Reed y va d'un mémorable Transformer et Black Sabbath enchaîne avec un Sabbath IV pas piqué des hannetons...

Dans ce contexte de haute volée, certains comme Stevie Wonder, tirent leur épingle du jeu en réussissant à faire parler d'eux et à élever leur œuvre (Talking Book) sur le même plan que celles des cadors du moment.

Stevie wonder 2Un des plus gros vendeurs du rock... Steviewonder roi des grammys 25...et roi des Grammy Awards (25).Steviewonder nowUne carrière exceptionnelle !Steviewonder fingertips premier succes Son premier succès en 1963.Steviewonder music of my mindLe premier volume de sa quinte royale (1971)Steviewonder a time to love last lpA Time To Love, son dernier LP à ce jour.Steviewonderalive 2022Toujours actif en 2022.

Un des plus gros vendeurs du rock.

En activité depuis le début des 60's, le natif du Michigan trouve là, dans le sillage du défricheur Marvin Gaye (What's Going On), une ouverture pour donner une autre dimension à sa carrière personnelle depuis qu'il s'est affranchi, deux ans auparavant, de la tutelle de Berry Gordy pour composer des chansons qui changent la face du monde.

En obtenant du boss de la Motown l'assurance d'avoir désormais les coudées franches, artistiquement parlant, l'artiste non-voyant engage, avec son 15ème album studio, une ère commerciale particulièrement remarquable.

Bien que le précédent Music Of My Mind (1971) s'avère déjà révolutionnaire, la tétralogie discographique (1971/1976) qui lui emboîte le pas (Talking Book, Innervision, Fulfillingness' First Finale et Songs In The Key Of Life) conforte un peu plus le statut de l'auteur-compositeur et interprète américain, lequel se voit couronner de 4 Grammy Awards (il en récoltera 25 dans sa carrière).

Cette prolificité heureuse contribue pour beaucoup à faire de Stevie Wonder un des plus gros vendeurs de disques (plus de 100 millions d'albums écoulés) de toute l'histoire du rock.

Pour les seuls USA, Stevie Wonder a placé 49 de ses titres dans le top 40, dont 10 en tête des charts quand, dans le même temps, 32 de ses singles ont été en tête des ventes sur la planète. Phénoménal !

La Tamla à 11 ans.

Enfant prématuré de Calvin Judkins et de Lula Mae Hardaway, née Lula May Pitts, le jeune Stevland est placé sous couveuse mais perd la vue suite à une oxygénothérapie qui tourne mal. S'il survit, il n'en reste pas moins aveugle.

Il est encore très jeune quand il apprend le piano, l'harmonica tandis qu'il intègre parallèlement la chorale locale.

Ses premiers enregistrements se font sous la houlette de Clarence Paul, alias Clarence Otto Pauling, auteur-compositeur, producteur et chanteur lié à la Motown Records de Detroit, où la famille s'est installée. Il a alors 8 ans.

Après l'école, Stevie suit une formation au piano et au chant auprès de ce dernier ; Ronald Anthony White dit Ronnie White, songwriter et chanteur au sein des Miracles, supergroupe soul de la Motown, marque son intérêt pour le jeune homme et le présente à Berry Gordy, manager du label.

Stevie a 11 ans quand il intègre la Tamla ; il est alors Little Stevie Wonder (1962), surnom hérité de son mentor de la première heure, Clarence Paul, et obtient un premier succès avec Fingertips (1963), co-écrit par ce dernier.

Mis en avant par l'opportuniste Berry Gordy, le jeune prodige, auteur précoce de ses propres chansons, entre dans la profession de manière fracassante ; la partie initiale de son catalogue (celle qui va de 1962 à la fin des 60's) génère déjà un chiffre d'affaires exceptionnel (on parle de 30 millions de dollars).

S'affranchir de Berry Gordy.

Sa discographie studio ne compte pas moins de 11 albums à ce stade de sa carrière : The Jazz Soul Of Little Stevie et Tribute To Uncle Ray (1962), With A Song In My Heart (1963), Stevie At The Beach (1964), Up-Tight et Down To Earth (1966), I Was Made To Love Her et Someday At Christmas (1967), Eivets Rednow et For Once In My Life (1968) ainsi que My Cherie Amour (1969).

Malgré des ventes en baisse peu après le milieu des années 60, il voit le label continuer à lui accorder sa confiance. De son côté, l'artiste sent qu'il est temps pour lui de s'affranchir de la ligne de conduite fixée par le label et d'acquérir dorénavant une certaine liberté.

S'il ne coupe pas complètement le cordon avec la maison de disques, il est toutefois libéré de certaines contraintes. La situation négociée avec la Motown lui permet de pousser, pour lui uniquement, ses propres chansons et de les produire.

Signed Sealed And Delivered (août 1970), N° 25 (pop albums) aux States, dévoile un songwriter sensible aux questions sociales et un artiste qui commence à toucher à l'électronique.

Malgré cette nouvelle direction artistique, Stevie reste encore très performant dans les charts en plaçant 4 titres de cet opus dans le Billboard 100 : Signed Sealed Delivered I'm Your's (3), Heaven Help Us All (9), Never Had A Dream Come True (26) et We Can Work It Out (13), repris aux Beatles.

Une quinte royale.

S'il a désormais la liberté qu'il a revendiquée auprès de la Motown, Wonder n'est pas complètement maître de son destin dans son travail, victime de l'ingérence insistante de Gordy ; le label exerce sur lui une pression constante qui n'est pas sans peser sur le jeune homme qu'il est (il a à peine la vingtaine).

Une clause dans son contrat permettant à l'artiste de remettre en cause les conditions initiales enre les deux parties à sa majorité, la 13ème levée discographique de son catalogue le dote, cette fois, des pleins pouvoirs artistiques.

Sorti au printemps 1971, Where I'm Coming From préfigure la quinte vinylique royale considérée comme le catalogue classique du musicien. L'ensemble des titres de cet album porte la signature de Stevie et de Syreeta Wright, sa première épouse pendant 18 mois (ils divorcent à l'été 72).

Le créneau 1972/1976 constitue la période bénie de la carrière de Wonder. Dans les classements américains de LP, ses albums font respectivement 21 (Music Of My Mind), 3 (Talking Book), 4 (Innervisions) et 1 (Fullfillingness et le double Songs In The Key Of Life).

Une vision contemporaine de la musique.

Ses vélléités artistiques ambitieuses supplantent la lassitude qu'il éprouve envers l'industrie du disque, trop contraignante ; le contrat avantageux qu'il a renégocié avec la Motown permet à l'artiste, déterminé à se faire respecter, de rester auprès de Gordy mais avec un contrôle total de son travail.

C'était à prendre ou à laisser pour la maison de disques de Detroit, alors fortement concurrencée par Arista et Epic pour signer le phénomène. En s'engageant sur 7 ans plutôt confortables pour lui, Wonder réalise ce qu'il a en tête, laissant libre cours à son esprit créatif et à sa sensibilité.

Il développe alors un style musical qui lui est personnel, sorte de modernisation de la soul et du R&B marquée par l'emploi conséquent de technologies nouvelles organisées autour des instruments synthétiques (Clavinet, Moog) et électroniques (boites à rythme).

Steviewonder portrait

« Quand j'ai signé avec la Motown, les pontes du label étaient ravis de m'avoir avec eux, mais les négociations ont été difficiles. L'avocat de ma mère ne s'est pas laissé impressionner par ce milieu qui leur imposait de signer le contrat sans quoi je passerais le reste de ma vie à vendre des crayons... Ma mère s'est contrefoutue de leurs menaces et a imposé nos conditions à Berry Gordy. » (Stevie Wonder)

Si Music Of My Mind ouvre ce créneau discographique mémorable, son suivant Talking Book révèle le tube planétaire Superstition, symbole s'il en est du nouveau genre qu'il met en place et de sa vision contemporaine de la musique.

Stevie a le contrôle total sur son œuvre ; aujourd'hui encore, ce boulimique d'expérimentations, toujours à l'affût de nouveautés, utilise les logiciels modernes pour composer sa musique.

A l'instar de nombreux artistes populaires de l'époque, le michiganais connaît là le sommet de sa carrière, bien qu'il ait continué à briller dans les décennies suivantes : auprès de Paul McCartney (Ebony And Ivory/1982), Michael Jackson (Get It/1987), Julio Iglesias (My Love/1988), du collectif USA For Africa (We Are The World/1985) ou seul (I Just Called To Say I Love You/1984). Son brillant parcours, entamé au début des 60's, lui permet de faire son entrée au Rock And Roll Hall Of Fame (1989).

Un artiste qui se fait plus discret.

Depuis ses sorties discographiques sont rares (3 albums studio depuis la fin des 80's) ; il continue toutefois à se produire aux quatre coins de la planète.

8 ans après Characters (1987), sa discographie, en mars 1995, s'enrichit d'un 22ème LP studio, lequel génère la chanson For Your Love, récompensée de deux Grammy Awards (meilleure chanson et meilleure interprétation R&B masculine).

Il faut attendre 10 ans pour le voir compléter son catalogue ; A Time To Love (2005), porté par le succès de From The Bottom Of My Heart (Grammy Award), se classe 5ème du top Billboard 200. C'est le dernier LP studio de l'artiste (RAZOR©2022).

MON CHOIX DISCOGRAPHIQUE.

LP Studio 15 - 1972

 

Steviewonder talking book

 

STEVIE WONDER

TALKING BOOK – 1972  5/5

 

Publié le 28 octobre 1972.

Produit par Stevie Wonder,Malcolm Cecil.

Durée:43:31.

Label:Motown Records.

Genre:R&B,funk,pop,soul.

 

L'équilibre parfait.

 

Il aura fallu attendre ses 14ème, 15ème et 16ème album, autrement dit la tierce discographique qui introduit ses années 70, pour que Stevie Wonder touche enfin du doigt la gloire.

Après une décade précédente qui voit l'artiste placé sous tutelle de la Motown de Berry Gordy, Music Of My Mind (mars 1972) et Talking Book, sorti quelques mois plus tard (octobre de la même année) débrident enfin l'artiste qui, du jour au lendemain, bascule dans le gotha de la musique.

Innervisions (août 1973j), Fulfillingness' First Finale (juillet 1974) et Songs In The Key Of Life, enregistré entre 1974 et 1976 confortent un peu plus une première moitié de décennie royale considérée, à juste titre, comme la période classique de Wonder.

Si le dernier nommé et Innversions sont vus comme les joyaux de ce créneau par les fans, Talking Book est l'album qui m'a le plus sensibilisé pour des facteurs qui appartiennent au jeune homme que j'étais alors, il y a 50 ans...

La 15ème levée discographique de Stevie Wonder est le véritable premier gros succès dans sa carrière et le précédent Music In My Mind portait déjà les gemmes d'une réussite imminente.

La musique qu'il avait dans sa tête trouve ici son aboutissement, les quelques défauts de Music In My Mind gommés ; la montée en puissance qui se devinait dès lors que Gordy, après 10 ans à lui passer la camisole artistique, lui a enfin foutu la paix, donne sa pleine mesure dans cette suite de matériel original 5 étoiles.

Talking Book est un grand et ambitieux disque de soul et de funk de cette période, même s'il a perdu, au fil du temps, de la légendaire excitation qu'il suscitait.

On peut dire que cet opus, c'est son oeuvre car il pointe à tous les niveaux (écriture de la quasi totalité des paroles, composition de la musique, pratique de la majeure partie des instruments, chant, exploitation du studio) ; comme s'il voulait clouer le bec à ceux qui l'ont mis sous muselière trop longtemps, il se libère ici et trouve l'équilibre parfait pour réaliser un album pour lui et par lui-même.

Pari réussi, l'oeuvre, passionnante, énergique, maîtrisée, mature, décontractée, romantique, fédérant tout le monde autour d'elle. La musique populaire noire prend alors le pouvoir et, comme What's Going On (Marvin Gaye), There's A Riot Goin' On (Sly & The Family Stone), Talking Book en est un des exceptionnels responsables (RAZOR©2022).


1. You Are the Sunshine of My Life.

2. Maybe Your Baby.

3. You and I.

4. Tuesday Heartbreak.

5. You've Got It Bad Girl.

6. Superstition.

7. Big Brother.

8. Blame It on the Sun.

9. Lookin' for Another Pure Love.

10. I Believe (When I Fall in Love It Will Be Forever).


Stevie Wonder:chant,piano acoustique,piano électrique,clavinet,synthétiseurs,clavecin,harmonica,batterie,percussions.

Jeff Beck:guitare sur 9.

Howard Buzz Feiten:guitare sur 9.

Ray Parker Jr:guitare sur 2.

Scott Edwards:basse sur 1.

David Sanborn:saxophone alto sur 4.

Trevor Laurence:saxophone ténor sur 6.

Steve Madaio:trompette sur 6.

Daniel Ben Zebulon:congas.

Jim Gilstrap,Lani Groves,Loris Harvin,Gloria Barley,Shirley Brewer,Deniece Williams,Debra Wilson:choeurs.

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