The Artwoods.

BIOGRAPHIE.

 

THE ARTWOODS/Londres (Angleterre)

 

Artwoods 9

 

Actif entre 1963 et 1967.

Label:Decca,Parlophone,Repertoire,Fontana.

Genre:R&B,Freakbeat.

 

Une constellation d'étoiles.

Les Artwoods sont le genre de groupe à mettre d'accord les fans de la scène du Swinging London des 60's. Son nom fédère beaucoup de fidèles autour de lui. D'une, pour sa musique accrocheuse et marquée par le jazz et le blues ; de deux, pour la présence en son sein de quelques grandes personnalités du blues et du rock comme Keef Hartley, Art Wood et Jon Lord, hélas toutes décédées aujourd'hui.

Petite piqûre de rappel sur leurs pédigrées respectifs : Keef Hartley, avant d'intégrer The Artwoods où il supplée Reg Dunnage, n'est ni plus ni moins que le batteur remplaçant Ringo Starr quand ce dernier quitte le groupe liverpuldian Rory Storm And The Hurricanes pour aller rejoindre les Beatles. Au sortir de son passage au sein des Artwoods, Keef Hartley, mort en novembre 2011, s'installe derrière la batterie de John Mayall et de ses légendaires Bluesbreakers.

Artwwods art wood jon lordArt Wood et Jon Lord.

Artwoods art wood comboLe Art Wood Combo devenu...

Artwoods 6... The Artwoods.

Artwoods 3Une référence du Swinging London.

Artwoods 1Une constellation d'étoiles.

Artwoods art galleryArt Gallery : un LP incontournable des 60's.

Jon Lord ? Comment oublier que cet artiste originaire de Leicester et disparu en juillet 2012, a été le mythique claviériste de Deep Purple qu'il a contribué à créer ? Qu'il fut aussi membre actif du brillant Whitesnake de David Coverdale qu'il rejoint à la fin des 70's ? Avant d'être un musicien des Artwoods, sa carrière s'effectue principalement dans le jazz. Les Artwoods sont son premier groupe important.

Art Wood enfin. Frère ainé du Rolling Stone Ronnie Wood, il a démarré dans le skiffle à la fin des années 50, avant de monter son propre groupe, l'Art Wood Combo et d'intégrer le Blues Incorporated de Cyril Davies et Alexis Korner (1962).

Il quitte cette formation informelle quand Long John Baldry vient grossir le line-up et occuper le poste de chanteur. Art Wood, mort en 2006, rebondit alors vers les Artwoods. A la fin de cette expérience, celui-ci, ancien étudiant de la School Of Art d'Ealing en 1950, revient à ses premières amours : les arts graphiques.

Loin de jouer les faire-valoir, Malcolm Pool (ex The Roadrunners), bassiste passé par Colosseum pour un intérim de deux mois (avril et mai 70) et Derek Griffiths, guitariste que Jon Lord rencontre en 1963 et avec lequel il partage quelques aventures musicales pré-Artwoods au sein du Don Wilson Combo et du Reg Bludd's Bluesicians complètent le line-up classique des Artwoods.

Groupe résident du Club 100 londonien.

Le groupe, jusque là principalement influencé par la vague R & B britannique ambiante, comme le Spencer Davis Group, les Animals, les Bluebreakers ou les Stones, développe un son marqué surtout par le jazz et la soul.

La formation londonienne écume surtout la scène de la capitale et devient le groupe résident du Club 100 de Londres. Decca la remarque et la signe à la fin de l'année 1964. Sans que cette dernière ne fasse pourtant une grande carrière : un seul LP et quelques singles sont rattachés à sa discographie.

Le gros problème affectant la formation d'Art Wood a été son manque de matériel original, son parcours professionnel (1964/67) se basant essentiellement sur des couvertures de chansons américaines, néanmoins très bien maîtrisées.

Une grosse poignée de singles et un max de reprises.

Une reprise de Hoochie Coochie Man (Muddy Waters) est prévue pour ouvrir le répertoire des Artwoods, mais le projet reste lettre morte et à l'état de démo, quand la chanson passe entre les de Long John Baldry et de Manfred Mann.

Au catalogue, c'est Sweet Mary Blues de Leadbelly (If I Ever Get My Hand On You en face B) qui fait office de premier single officiel (novembre 1964).

Le titre ne déchaîne pas les passions commercialement parlant, mais permet aux Artwoods de décrocher des engagements pour des prestations en direct et un passage dans l'émission pop-rock de la TV anglaise, Ready Steady Go (BBC-1963 à 1966).

Oh My Love/Big City est le deuxième single, sorti en février 1965. Nouvelle reprise, il ne fait pas de vague non plus, malgré sa qualité. Suivent, toujours chez Decca Records, Goodbye Sisters/She Knows What To Do (août 1965),I Take What I Want/I'm Looking For A Saxophonist (avril 1966), I Feel Good/Molly Anderson's Cookery Book (août 1966). Aucun n'accroche les charts ce qui amène le label à lâcher le groupe fin 1966, lequel rebondit sur Parlophone.

Séparée mi 1967.

Pour la nouvelle étiquette, les Artwoods signent, en avril 1967, What Shall I Do/In The Deep End. Un dernier single leur est crédité, pour Fontana : Brother Can You Spare A Dime, également connu sous St Valentine's Day Massacre, paru en 1967 à un moment où la formation s'est déjà séparée (mi 1967), évincée qu'elle fut, de Soho, par la vague psychédélique. Les Artwoods ne sont jamais vraiment branchés avec le public des bacs à disques, restant avant tout et à jamais dans la mémoire collective, comme un combo de scène.

La discographie Decca recense également quelques EP tels que Oh My Love, Jazz In Jeens et I Take What I Want, tous publiés en 1966. On y ajoutera un LP, Art Gallery (1966) qui tranche radicalement avec la banalité des singles envoyés au casse-pipe commercial.

La surprise Art Gallery.

Malgré le manque de retombées, Decca donne son accord pour un album : Art Gallery est publié en 1966. Composé d'une dizaine de pistes empruntées au catalogue R & B américain, il s'affirme comme une très belle surprise, au regard de l'insuccès des singles, et se révèle être un des très bons disques de la scène et des 60's.

Artwoods jon lord

« Graham Bond était mon mentor, une influence dans la manière de jouer de l'orgue Hammond sur le circuit R & B. J'ai beaucoup appris de lui. Le Graham Bond Organisation fréquentait les mêmes clubs que les Artwoods dans lesquels j'étais alors. Je n'ai pas cessé de le harceler sur la manière de faire sonner l'orgue. Il m'a enseigné une quantité de petits détails. Graham était un super musicien ; un homme étrange certes, mais un sublime musicien. » (Jon Lord)

Le son (dominant) de Lord est un excellent complément pour la voix de Wood qui a pour lui de connaître ses limites au chant et donc de se cantonner à ce qu'il sait faire ; Griffiths est un guitariste de grand talent, à l'image de l'instrumental Be My Lady, tandis que Keef Hartley, batteur puissant (I Keep Forgettin'), et Malcolm Pool, bassiste actif (voir Down In The Valley), forment une rythmique rigoureuse et efficace.

Au final, les Artwoods ont bien maîtrisés leur sujet en public, devenant progressivement un maillon très performant de la scène britannique des 60's. Côté studio, ils auraient bien mieux figurer s'ils avaient eu un seul hit à se mettre sous la dent (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio unique (1966) - version Repertoire 1995 avec bonus.

 

Artwoods art gallery

 

THE ARTWOODS

ART GALLERY – 1966  3,5/5

 

Publié en 1966.

Produit par Mike Vernon.

Durée:78:06.

Label:Decca Records.

Genre:pop-rock,R & B,freakbeat,mod,british invasion.

 

Sweet Lord.

 

Le monde du rock a le cœur gros et les yeux rougis. En ce 16 juillet 2012, il vient de perdre l’un des siens et non des moindres: Jon Lord s’en est allé, emporté par une embolie pulmonaire, après une longue et courageuse lutte contre un cancer du pancréas.

L’ex claviériste de Deep Purple pour lequel il a cosigné le phénoménal Smoke On The Water (qui évoque un incendie lors d’un concert de Zappa à Montreux en 71), et auteur, par ailleurs, du fameux riff de Child In Time, était une grande figure de la musique.

Pour l’ensemble de son œuvre, qu’elle soit collective avec Deep Purple qu’il reforme en 1984 (jusqu’en 2002), avec Whitesnake qu’il intègre en 1978, avec son premier groupe marquant, The Artwoods, avec les Flowerpot Men, voire au sein du trio Paice-Ashton-Lord, ou qu’elle soit individuelle (Sarabande/1976), cet ancien étudiant en musique du Conservatoire de Londres est reconnu de par le monde entier.

Ce musicien influent, il faut s’en souvenir, a façonné le son caractéristique de Deep Purple dès l’album In Rock, par le branchement de son fidèle orgue Hammond sur un ampli Marshall et été un précurseur dans la fusion du rock et de la musique orchestrale (Concerto For Group & Orchestra, concert de Deep Purple enregistré au Royal Albert Hall, en 1969, avec le Royal Philharmonic Orchestra).

Lord n’était donc pas n’importe qui, aussi mérite-t-il une sortie avec les honneurs dus à son statut de grand contributeur du rock. Si sa période Deep Purple a été décortiquée de long en large et pour cause, au point qu’il n’est pas nécessaire de s’étendre plus, ses débuts dans le métier sont, par contre, plus obscurs pour le grand public, méritent visite.

D’où mon choix, pour lui rendre un hommage qui lui revient de droit, de me poser sur l’épisode The Artwoods, formé en 1963, actif entre 1964 et 1967 et auteur d’Art Gallery, LP sorti en novembre 1966.

Bien que ce dernier n’ait pas suscité beaucoup d’intérêt auprès du public, ni généré, par la force des choses, de grosses ventes, j’ai fait le choix de celui-ci parce que c’est une des toutes premières fois que l’orgue de Jon Lord, pas encore boosté et distordu par les amplis, mais déjà terriblement virtuose, se manifeste sur vinyle, avant de faire le grand saut que l’on sait et de mettre en marche la légende DP.

Influencé par son dieu et maître, Jimmy Smith, organiste de jazz américain, et par les quatre premières mesures de Whole Lotta Shakin’ Goin’ On sous les doigts de Jerry Lee Lewis, Lord aborde son parcours professionnel par la voie du jazz, du blues et du R & B au sein des Artwoods. On est alors loin, très loin même du claviériste déjanté de Highway Star ou des têtes-à-têtes entre son Hammond boosté et la guitare furieuse de Blackmore sur Speed King.

En termes de popularité, les Artwoods n’ont rien à envier aux as du moment, leurs prestations live ne passant pas inaperçues sur la scène anglaise du moment, bien que cela ne se concrétise pas commercialement.

Arthur Wood, le frère ainé de Ronnie (Faces et futur Stones) est à l’initiative de cette formation que Jonathan Douglas Lord rejoint après un passage dans des unités jazzy comme le Bill Ashton Combo ou le Don Wilson’s Quartet.

Keef Hartley (décédé fin 2011), ex Bluesbreakers de Mayall, y apparaît à la batterie. Malcolm Pool (basse) et Derek Griffiths (guitare) complètent ce groupe qui rivalise (300 dates par an !) avec des sérieux clients comme les Animals, Yardbirds et qui permet surtout à Lord de faire ses véritables premiers pas dans le rock. C’est Decca Records qui a le privilège de les signer et de les professionnaliser.

Entre singles, concerts, TV (Ready Steady Go !) et un statut de groupe de soutien pour bluesmen en tournées sur le sol anglais (Bo Diddley, Mae Mercer, Little Walter…), les Artwoods font parler d’eux en des termes élogieux, non pas pour leur capacité d’écriture mais plutôt pour leur excellente interprétation du répertoire R & B américain qui tend à masquer cette carence.

Art Gallery va dans ce sens. Aucun original, des reprises uniquement, certes bonnes, mais qui n’ont pas pour effet de réveiller un mod. La raison du manque d’attention du public à son égard se situe certainement à ce niveau et à celui de moyens dont ne dispose visiblement pas le groupe.

Il n’empêche que malgré ces insuffisances, les Artwoods rendent une copie très honorable qui met sous les projecteurs le panache du jeu organique de Jon Lord (l’instrumental Walk On The Wild Side en est la preuve) qui tente de repousser le plus loin possible les limites du groupe en s’appuyant sur ses bases classiques et jazzy.

Son jeu et le son de son instrument se prêtent bien au chant de Wood, la guitare de Griffiths est belle, la batterie de Keef Hartley solide et animée. Ca sonne amerloque mais pas assez pour le faire sortir des rangs au moment voulu. A 3,5, on réfléchira à deux fois pour le faire sien. Si je le ressors aujourd’hui, c’est surtout pour honorer sa mémoire (RAZOR©).

 

LP Decca origine.

1. Can You Hear Me.

2. Down In The Valley.

3. Things Get Better.

4. Walk On The Wild Side.

5. I Keep Forgettin'.

6. Keep Lookin'.

7. One More Heartache.

8. Work,Work,Work.

9. Be My Lady.

10. If You Gotta Make A Fool Of Somebody.

11. Stop And Think It Over.

12. Don't Cry No More.

 

Bonus (version Répertoire/1995).

13. Sweet Mary.

14. If I Ever Get My Hands On You.

15. Goodbye Sisters.

16. She Knows What To Do.

17. I Take What I Want.

18. I Feel Good.

19. What Shall I Do.

20. In The Deep End.

21. These Boots Are Made For Walkin'.

22. A Taste Of Honey.

23. Our Man Flint.

24. Routine.

25. Brother Can You Spare A Dime.

26. Al's Party.

 

Art Wood:chant.

Derek Griffiths:guitare.

JonLord:orgue.

Malcolm Pool:basse.

Keef Hartley:batterie.

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