The Climax Blues Band.

BIOGRAPHIE.

CLIMAX BLUES BAND/STAFFORD (Staffordshire – Angleterre)

 

Climaxblues band intro

 

Appelé aussi The Climax Chicago Blues Band (1968/70),Climax Chicago (1971/72).

Actif depuis 1968.

Labels:Harvest,EMI,Sire/Warner Bros,Virgin,Major League Productions.

Genre:soft rock,blues-rock,blues,roots rock,rock,pop-rock,funk,soul,funk rock.

Site officiel:climaxbluesband.com

 

Plus de 5 décennies au compteur.

La musique a ceci de merveilleux que, quand on y a goûté une première fois, il est toujours difficile de s'en défaire. Elle vous colle aux basques et ne vous lâche plus. Ce délicieux mal affecte encore moult artistes aujourd'hui qui s'accrochent avec plus ou moins de bonheur ou retardent l'échéance de leurs adieux.

Même s'ils se raréfient avec l'avancée dans l'âge ou en raison des stigmates laissés par l'impitoyable mode de vie rock 'n' roll, certains continuent à avancer allègrement et ambitionnent de pousser toujours plus loin leurs limites artistiques.

Le Climax Blues Band appartient à cette catégorie d'increvables, de ceux qui ne veulent pas entendre parler de retraite, de dinosaures qui s'amusent inlassablement comme des petits fous.

Depuis 1968, date à laquelle Colin Cooper et Pete Haycock ont jeté les bases de ce qui allait devenir un des groupes majeurs du British Blues Boom, la formation de Stafford, largement mésestimée, affiche plus de 5 décennies au compteur.

Si Colin (2008) et Pete (2013) ont hélas abandonné définitivement leurs compagnons en cours de route, les membres actifs aujourd'hui (aucun musicien d'origine) se chargent de transmettre leur héritage.

A voir et à entendre les George Glover, Roy Adams, Lester Hunt, Neil Simpson, Graham Dee et Chris Aldridge, ces derniers ne sont pas disposés à passer la main, d'autant que pérenniser le groupe était la dernière volonté du défunt Cooper...

Climax blues band colin cooperColin Cooper, fondateur du groupe en 1968...

Climax blues band pete haycock...avec Pete Haycock.

Climax chicago blues bandD'abord nommé le Climax Chicago Blues Band...

Climax blues band quatuor... puis le Climax Blues Band... 

Climax blues band 2Des anglais qui sonnent américains.

Climax blues band tightly knitTightly Knit (71), fleuron du catalogue.

Climax blues band sense of directionSense Of Direction(74) touche enfin le marché US.

Climax blues band couldnt get it rightLa récompense en 1976.

Climax blues band 2019Le Climax Blues Band en 2019. 

Sur le terreau du British Blues Boom.

Tout a, en effet, débuté dans les Midlands de l'ouest, dans la ville de Stafford qui a donné le jour, à 12 ans d'intervalle, à Colin Cooper (1939) et à son cadet Pete Haycock (1951).

Le premier nommé accorde très jeune un intérêt pour la musique ; il se passionne plus particulièrement pour l'harmonica, puis dans un second temps, à la clarinette. Au fil de son adolescence, il rajoute à sa panoplie, dans les années 50, le saxophone et la guitare qu'il apprend en autodidacte. Il chante aussi.

Au début des 60's, alors qu'il est employé à plein temps dans une entreprise métallurgique locale, Colin Francis Richard Cooper entame parallèlement une carrière de musicien, en formant un groupe de R&B, Hipster Image (1964), formation très appréciée localement.

Il a alors 23 ans quand Hipster Image s'installe à Londres pour succéder au Spencer Davis Group comme groupe-résident du Flamingo (Soho/1965). Le Flamingo est un endroit stratégique du british blues boom.

Il y enregistre son premier titre, Can't Let Her Go (Decca Records/1966), qui, malgré le soutien d'Alan Price (The Animals) à la production, ne connaîtra qu'un succès d'estime.

A la séparation d'Hipster Image, Colin monte The Gospel Truth (1967) qu'intègre le guitariste Pete Haycock, deuxième maillon-fondateur du futur Climax Blues Band.

Le blues des claques de Chicago.

Favorablement surpris par cette éclosion de jeunes talents représentée par Haycock et alors que la nouvelle vague du blues britannique bat son plein, Colin Cooper échafaude un projet plus ambitieux, le Climax Chicago Blues Band, axé sur le blues et le jazz.

Derek Holt, deuxième guitariste (et bassiste), employé dans la même usine que Colin, adhère aussitôt à cette entreprise que rejoignent des musiciens de la région comme George Newsome (batteur), Arthur Wood, un professeur d'école et claviériste, ainsi qu'un bassiste répondant au nom de Richard Jones (il quittera le groupe en octobre 1968).

Le Climax Chicago Blues Band évolue alors vers un blues percutant tel que pratiqué dans les claques de Chicago (d'où son nom), comme en atteste le premier album publié pour le label EMI (The Climax Chicago Blues Band/1969), alors à la recherche d'une formation de blues-rock.

Leurs apparitions publiques se cantonnent à la région de Stafford. Tout ce joli monde travaille encore et doit prendre sur ses congés pour aller sur Londres l'enregistrer.

Ce sont les prestigieux studios Abbey Road qui servent de cadre à ces sessions programmées sur deux jours et organisées essentiellement autour de reprises de classiques du genre. Le Climax Chicago Blues Band a alors l'immense privilège de côtoyer en ces lieux mythiques, Pink Floyd et les Beatles.

Quand Chicago Transit Authority cherche des noises...

Le groupe initié par Cooper mute, dès le deuxième album Plays On (1969), vers un blues rock hybride teinté de R & B, ce qui les oblige à changer de nom et de devenir le Climax Blues Band.

L'autre raison du raccourcissement de son identité tient aussi au fait que les américains du Chicago Transit Authority, grandes stars internationales, cherchent à éviter toute confusion avec eux. La bande à Cooper s'exécute.

Plus blues-rock comme le souhaitait le label mais un peu plus prog aussi, l'ambitieux Plays On marque une évolution audacieuse vers des ambiances différentes, ce qui confronte l'auditeur à de belles surprises (l'instrumental Flight, le santanien Cubano Chant aux senteurs caribéennes et Mum's The World).

Il traduit surtout l'excellente technique individuelle de chacun des musiciens, notamment Pete Hancock et Arthur Wood, dont les performances sont ici de haute volée. Plays On a les faveurs du public américain en pointant, une semaine durant, dans les charts en 197ème position.

Tightly Knit le fleuron.

Toujours les deux pieds dans le blues de par ses reprises de Willie Dixon (Seventh Son) et de Muddy Waters (Louisiana Blues), l'excellent A Lot Of Bottle (1970/Harvest) derrière lequel on retrouve encore le producteur Chris Thomas, s'oriente vers un blues lourd, à la croisée des chemins entre blues classique et hard rock. Le hard blues est alors en vogue en ce début des 70's, il n'est qu'à référer aux leaders du genre : Black Sabbath, Deep Purple, Free, Mountain ou encore Uriah Heep.

Le quatrième volet discographique, Tightly Knit (Harvest/1971), est un fleuron du catalogue. Il donne envie de pousser les potentiomètres un peu plus loin que d'hab', de faire péter les décibels dans la maison pour que les voisins puissent aussi en profiter.

Tightly Knit est propre, carré, assuré, varié, ça groove de partout, c'est joué par des musiciens qui maîtrisent individuellement leur partition et réalisé par des techniciens hors pair qui dotent l'album d'un son incroyable.

Ne cherchez pas plus loin, c'est la plus belle pièce de la discographie du Climax Blues Band. On n'en dira pas autant de la pochette qui l'abrite...

La preuve par quatre.

On unira dans les lauriers du jour le LP suivant, Rich Man (Sire/1972) qui s'offre de luxe d'accrocher le top 150 du Billboard et d'y séjourner une dizaine de semaines. Ce 5ème volume se fait sans Arthur Wood et George Newsome, ce dernier étant remplacé par John Cuffley.

C'est un quatuor qui anime désormais le Climax Blues Band. Certains choix effectués amènent le groupe à se détacher du producteur habituel Chris Thomas, au profit de Richard Gottehrer ; ces décisions orientent la formation vers une démarche plus légère, plus pop-rock prog, mélangée au blues-rock qu'on leur connaît.

Beaux arrangements, belle musicalité, un groove d'enfer (All The Time In The World), de la puissance, de la fraîcheur, de l'originalité au niveau des harmonies vocales... voilà des britanniques qui sonnent très amerloques.

Avec des pièces comme la chanson-titre, You Make Me Sick, Shake Your Love, le mélodique Mole On The Dole ou encore Standing By A River, c'est à une bien belle ambiance que vous invitent ici Cooper, Holt, Haycock et Cuffley. Le line-up va alors se fixer pour une décennie.

Un plaidoyer pour leur musique.

Il poursuit celle en cours avec quelques jolis coups vinyliques.

Dans la chronologie, on a d'abord un probant FM/live (Sire/1973), enregistré à New York (Academy Of Music) dans le cadre de la tournée Rich Man, sorti en double LP chez l'Oncle Sam et réduit de moitié au Royaume-Uni. L'album se défend bien sur le sol américain (N°107) où il figure 30 semaines dans les charts.

Revenu en studio, le CBB enregistre Sense Of Direction (Sire/1974) que les yankees vont avoir à la bonne (N°37), mais pas qu'eux... Inventif, chaleureux, on tient là un LP qui constitue encore un beau plaidoyer pour leur musique (Amerita/Sense Of Direction, Right Now, Milwaukee Truckin' Blues), même si le groupe se démarque de plus en plus de son Chicago Blues initial. Il va en enchanter plus d'un en Europe, mais tout se fait encore à l'arrache, il rame toujours.

Le Climax Blues Band peut l'exhiber haut et fort tant il est réussi et convaincant (Amerita/Sense Of Direction, Losin The Humbles, Shopping Bag People, Nogales, Reaching Out, Before You Reach The Grave).

Depuis Tightly Knit, les britanniques se montrent prolifiques et inspirés mais, commercialement parlant, ils ne touchent pas encore les dividendes de leur sérieux, de leur originalité. Leur travail ne paie pas.

Stamp Album (1975/Sire), solide mix de blues-rock, de funk et de pop-jazzy ne déroge pas à cette règle. Pour être au faîte de sa créativité, le Climax, plus mature, va alors connaître une de ses plus belles périodes, 1975/76, qui voit le retour aux affaires de Richard Jones.

Climax blues band neil simpson bass

« Nous savions que ce ne serait pas pareil sans Colin, mais nous avions déjà décidé de continuer, d'une manière ou d'une autre, après Colin la mort de Colin. C'est difficile mais Colin lui-même a clairement fait comprendre qu'il souhaitait que nous continuions. » (Neil Simpson)

La récompense...

Très bel album, le 7ème volet studio (8ème tout confondu) de la discographie trouve une nouvelle fois grâce auprès du public américain (N°69). Il recèle plusieurs chansons très agréables (I Am Constant, Running Out Of Time, Sky High, Loosen Up, Using The Power, Mr Gootime...), mais n'accouche toujours pas du moindre hit.

En d'autres termes, le Climax Blues Band s'est mis les ricains dans la poche sans avoir eu à leur mettre sous la dent un seul single digne de ce nom. C'est fort, non ? Celui-ci, à force de tourner autour, finit par tomber, un an plus tard.

Pour leurs dix ans de vie commune, Couldn't Get It Right, comme l'album Gold Plated (1976) dans lequel il figure, sont une belle récompense pour ces musiciens qui se sont montrés très patients dans la construction de leur réussite.

Le single se classe au N° 3 du Billboard et N°10 au Royaume-Uni, tandis que le LP, promu deux ans durant en tournées, fait 27 (son meilleur score) aux USA et 56 en Grande-Bretagne.

Produit par l'expérimenté Mike Vernon (Bluesbreakers, Bowie, Clapton, Fleetwood Mac...), Gold Plated, le plus vendu des LP du groupe reconduit la voie pop-rock privilégiée depuis quelques albums maintenant, mais se montre toutefois plus funk que tout ce qui précède.

Le blues et le jazz sont encore les épices dominantes de ce disque très récréatif, entrant dans le top 3 de la production du Climax Blues Band ; le groupe part alors le défendre dans une longue tournée de 2 ans.

Un CBB moins fringant, mais toujours là.

Shine On (quelle pochette de mauvais goût!), qui lui succède en 1978, bien qu'encore très cool, n'est pas aussi inspiré que Gold Plated, sur lequel pointe un nouvel entrant, Peter Filleul (claviers).

L'ambiance bluesy est toujours aussi présente et agréable, mais le succès est difficile à confirmer malgré quelques belles chansons comme Whatcha Feel, Mistress Moonshine ou Makin' Love qui a flirté avec le top 100 du Billboard. Difficile d'attraper les mouches avec du vinaigre...

Dernière levée des 70's, Real To Reel (1979) ne parvient pas à sortir le Climax de la léthargie dans laquelle il entraîne tout son monde dans Shine On. Bien qu'enregistré aux Caraïbes, rien de spécial n'émerge de ce répertoire, la faute à une écriture alors en panne de titre accrocheur. Cerise sur le gâteau : on entend moins la guitare de Haycock, ce qui rend un peu plus pénible l'écoute de ce Climax là.

Au fil des décennies suivantes, le groupe connaîtra d'importants mouvements de personnel. Dans le sens des départs, les plus marquants sont ceux de John Cuffley et Derek Holt (1983), acteurs du line-up légendaire du Climax.

Ce dernier replonge préalablement sa formation sous les feux de l'actualité en signant un hit, I Love You. Haycock en fait de même deux ans plus tard.

Côté arrivées, George Glover intègre le groupe début 80. Depuis le décès de Cooper, c'est lui le membre le plus ancien, devançant de peu Roy Adams et Lester Hunt (du milieu des 80's à 2019) et Neil Simpson, arrivé au cours de l'année 91.

Autour de son noyau dur, le Climax Blues Band continue à assurer régulièrement la promotion de son catalogue (riche de plus d'une vingtaine d'albums), un peu partout en Europe et au Royaume-Uni.

Pour booster les ventes de son 21ème LP, Hands Of Time, le groupe vient d'assurer une tournée durant le printemps et l'été. Le moins que l'on puisse dire est qu'il n'a rien perdu de sa qualité, ni de son énergie (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 6 - 1974

 

Climax blues band sense of direction

 

THE CLIMAX BLUES BAND

SENSE OF DIRECTION – 1974  5/5

 

Publié en 1974.

Produit par Richard Gottehrer.

Durée:37:03.

Label:Sire Records.

Genre:blues-rock,soft rock.

 

Pop-rock inventive et fraîche.

 

Et comment que j’adhère à cet album du Climax Blues Band. Contrainte de changer son nom d’origine (Climax Chicago Blues Band), pour éviter les démêlés et les confusions avec Chicago Transit Authority, cette formation est une des plus remarquables nées sur le terreau du British Blues Boom de la fin des sixties.

Articulé autour de Colin Cooper, chanteur et harmoniciste, d’Arthur Wood aux claviers, du batteur George Newsome, des guitares de Peter Haycock et Derek Holt, la basse échéant à Richard Jones, Climax Blues Band pratique une fusion de jazz, de rock, de soul, de salsa et de blues.

Une douzaine d’albums jalonnent sa carrière de la période 60/70, dont certains comme Tightly Knit (1971), Rich Man (1972), Stamp Album (1976) et Gold Plated (1976) très intéressants et plutôt réussis mais qui n'ont que moyennement convaincu les amerloques, plus hermétiques.

Il revient à Sense Of Direction (Sire/1974) le privilège de briser le plafond de verre avec le public de l'Oncle Sam. Pour ce, le Climax Blues Band, à l'origine sextet, a dégraissé ses effectifs et a évolué vers un quatuor, format qui, à l'écoute de ce sixième album studio, lui va plutôt bien. Outre Haycock, Cooper et Holt, rescapés de la première heure, le groupe compte également John Cuffley à la batterie.

Toujours aussi frais qu'à sa publication, Sense Of Direction ne déçoit jamais et s’écoute facilement, tranquillou et avec infiniment de plaisir.

Amerita/Sense Of Direction, un jazz-blues de la meilleure trempe, Losin' The Humbles et son travail de slide, les brillants Nogales, Reaching Out et les lignes de guitare chatoyantes de Haycock, Shopping Bag People, Right Now, Before You Reach The Grave affichent beaucoup d'inventivité dans la filière plus pop-rock que le Climax a engagée depuis le début des 70's et qui va aboutir, en 1976, au futur grand succès à venir, Couldn't Get It Right (RAZOR©).

 

1. Amerita/Sense Of Direction.

2. Losin’ The Humbles.

3. Shopping Bag People.

4. Nogales.

5. Reaching Out.

6. Right Now.

7. Before You Reach The Grave.

8. Milwaukee Truckin’ Blues.

 

Peter Haycock:chant,guitare,guitare acoustique,slide guitare.

Colin Cooper:chant,guitare,clavinet,saxophones.

Derek Holt:chant,guitare,piano.

John Cuffley:batterie,percussions.

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