The Equals.

BIOGRAPHIE.

 

 

THE EQUALS/Londres (Angleterre – UK)

 

Equals intro

 

Actif depuis 1965.

Labels:President Records,RCA.

Genre:pop,R & B,funk,rock.

 

The Equals, un modèle d'intégration.

En 1948, le bateau Empire Windrush accoste à l'est de Londres, dans l'estuaire de la Tamise. A Tilbury très exactement. A son bord, on ne compte plus les centaines d'antillais, venus pour la plupart de Jamaïque, passée des mains espagnoles sous le joug de l'Empire britannique, ou recrutés en Guyane Britannique.

Hommes et femmes caribéens ou guyanais, tout juste sortis du conflit mondial où ils ont servi les forces armées britanniques, sont invités par le Royaume-Uni, à reconstruire le pays d'après-guerre, celui-ci ne disposant pas de la main d’œuvre nécessaire à sa reprise économique. Nombre de ces migrants de ce que l'on appelle depuis la génération Windrush restent en Angleterre pour contribuer à cet effort de redressement.

Equals 2Un des premiers groupes multiraciaux...

Equals eddy grant 2...dont Eddy Grant est le leader naturel...

Equals lincoln derv hall Lincoln et Derv Gordon, John Hall.

Equals 5Un groupe explosif...

Equals baby come back...auteur du tonique Baby Come Back.

Equals nowToujours actif en 2020.

Ces communautés ont contribué à changer la culture, la société et la musique britannique. Les Gordon, Grant et les blancs londoniens, John Hall et Pat Lloyd sont l'exemple même que les blacks issus de l'immigration et les autochtones peuvent co-habiter en bonne intelligence et servir une cause commune.

Une formation inter-raciale explosive.

On doit à ces jeunes gens, The Equals, d'avoir mis sur pied, en 1965, un des tout premiers groupes inter-racial de l'histoire du rock britannique, sinon le premier.

Cette primauté est quasiment acquise malgré la pléthore de formations mixtes de soul et à coloration caribéenne débarquées au milieu des 60's : Geno Washington And The Ram Jam Band (1965/68), Herbie Goins & The Nightimers (1965/67), Carl Douglas And The Big Stampede (1966/68), Lucas & The Mike Cotton Sound (1966/69), Jimmy James And The Vagabonds (1965/70), Jimmy Cliff & The Shakedown Sound (1965), The Foundations (1966/70)...

La démarche des Equals germe dans le quartier Hornsey North London où ces jeunes gens habitent et fréquentent le même établissement scolaire.

Le line-up original s'articule autour de Lincoln Gordon, bassiste, Dervin, son frère jumeau et chanteur, Eddy Grant, chanteur-guitariste et le plus populaire du lot (Gimme Hope Joanna, N°7 au Royaume-Uni en 1988, c'est lui!), Patrick Lloyd, guitariste et John Hall, batteur.

Baby Come Back, mais pas que...

Cette approche aboutira, fin juillet 1968, à ancrer pour l'éternité dans la mémoire collective, le nom des Equals qui, cette année-là signent l'explosif Baby Come Back, son titre le plus connu.

Il aura pourtant fallu la réédition du single, initialement sorti en 1967 avec Baby Come Back en face B et son repositionnement en face A, pour que la chanson truste enfin les charts internationaux. : N°1 en Afsud, en Belgique flandrienne, au Royaume-Uni, N°2 en France et en Irlande, N°3 en Belgique Wallone, N° 4 en Norvège, N°6 aux Pays-Bas, N°9 au Canada, N°10 en Australie, N°11 en Allemagne et N°32 aux États-Unis.

Cependant, résumer les Equals au seul Baby Come Back n'a pas de sens, car leur discographie recèle d'excellentes chansons, à l'instar du sautillant Hold Me Closer, de l'hymne à la diversité et dernier single du groupe (N°9), Black Skin Blue Eyed Boys, du pop-psychédélique My Life Ain't Easy, du tonique I Get So Excited ou de la pertinente Police On My Back, écrite par un Grant qui enfile ici le costume du fugitif et qui traite de la discrimination raciale au Royaume-Uni. Les Clash la reprennent à leur compte en 1980 sur leur album Sandinista...

Grant, leader naturel, John Hall l'initiateur.

C'est à Grant que les biographies placardées ça-et-là sur la toile affectent généralement la paternité de ce groupe, de par son statut de songwriter, de par son rôle de leader naturel, de par son parcours post Equals particulièrement réussi aussi, d'autant que les autres acteurs du groupe n'ont brillé qu'en son sein. Aucun n'a fait de véritable carrière au-delà des Equals.

John Hall serait l'initiateur de ce projet dans lequel les autres acteurs se sont engouffrés à l'unisson et largement impliqués, mais également celui qui eut l'idée du nom, lequel s'appuie sur le fait que le groupe est racialement intégré.

La vague Northern Soul.

Les Equals se produisent essentiellement sur Londres et se forgent aussitôt un auditoire qui n'est pas insensible à sa musique pleine d'énergie et qui fusionne pop, rock, blues, R & B avec des segments de ska, ce style musical né en Jamaïque à la fin des 50's, et de bluebeat.

Cette tonicité fait tâche d'huile dans un milieu musical où l'on parle de plus en plus de Northern Soul, aussi il n'est pas surprenant de voir le groupe londonien ouvrir pour les américains soul en vogue, les Wilson Pickett, Solomon Burke ou Bo Diddley.

Le chanteur gallois Gene Latter, partie prenante de ce nouveau phénomène musical (interprète du frénétique Sign On The Dotted Line), né du côté de Manchester, joue un peu le rôle d'intermédiaire et favorise le rapprochement entre les Equals et Edward Kassner de President Records, un des labels indépendants les plus anciens de la place britannique.

Outre les Equals premier N°1 de la maison President, George Mc Crae (Rock You Baby/74), KC and The Sunshine Band (That's The Way – I Like It/1975, Shake Shake Shake Your Body/1976), le Yes Rick Wakeman (40 LP) sont les autres maillons les plus représentatifs de cette étiquette au montage très flou, en raison de nombreuses filiales.

Kassner a très vite identifié tout le potentiel à tirer de la scène émergente des discothèques grandes-bretonnes (via le montage du label Jay Boy, destiné à répondre au marché de la R&B et de la musique soul classique qui va devenir la Northern Soul) et qui s'appuie sur un rythme uptempo (propice aux prises d'amphés), sur un beat soutenu, des mélodies chichement arrangées et des parties vocales enflammées.

L'Europe s'enflamme pour les Equals.

Les Equals signent chez President Records ; il ne fait aucun doute pour son boss que la bande à Grant entre dans son projet. Il fait procéder à l'enregistrement d'un premier single, I Won't Be There/Fire (novembre 1966). Il est suivi quelques mois plus tard (juin 1967) de Hold Me Closer et sa face B, Baby Come Back.

Sous cette forme, il n'a pas les résultats escomptés, aussi le label prend la décision d'inverser les faces, ce qui a pour effet immédiat de redonner une seconde chance à la réédition (avril 1968) et de propulser Baby Come Back en haut des charts, allemands dans un premier temps, puis belges, français, hollandais.

L'Europe s'enflamme pour ce titre qui devient leader au Royaume-Uni en juillet 1968. Il en va de même pour l'Afrique du Sud (1) et le Canada (9). Aux États-Unis, il prend une honorable 32ème place du Billboard 100. Les Equals signent ainsi le premier N°1 pour le label de Kassner.

Au début de cette même année 68, juste après avoir publié Give Love A Try/Another Sad And Lonely Night (octobre 67), les anglo-caribéens mettent sur le marché un sautillant I Get So Excited/The Skies Above (janvier 68) qui fait top 50.

Il précède, outre la version single gagnante de Baby Come Back, la sortie d'un EP organisé autour du titre-phare (avec Is It Right, Giddy-Up-A Ding Dong et Butterfly Red White And Blue), tandis que l'été 68 s'accompagne de la tombée dans les bacs de Laurel And Hardy/The Guy Who Made Her A Star (35). A l'automne, Softly Softly/Lonely Rita (48) vient enrichir la discographie single (octobre 1968).

Equals derv gotdon portrait

« L'idée de fonder un groupe interracial n'est pas venue comme ça. Eddy, Pat et John fréquentaient la même école. Mon frère Linclon et moi étions dans un autre établissement. Nos routes se sont croisées quand John Hall, le batteur, avait dans l'idée de former un groupe. Mais pas un groupe où la notion de race primait, un groupe. Sa mère pensait que ça aurait du bon pour lui parce qu'il se désintéressait de beaucoup de choses, jeune. C'était une manière de le fixer sur quelque chose de sérieux. Le mot est passé dans le quartier. J'ai rejoint le groupe, nous nous sommes répartis les postes et avant, de penser à en faire un groupe interracial, notre souci premier a été d'en faire une affaire entre amis. » (Dervin Gordon)

Disque d'or en 69.

Côté albums, sur la même période 1967/1968, les Equals signent 4 pièces : Unequaled Equals (1967/N°10), Supreme (1968), Explosion (1968/N°32) et Sensational (1968). Unequaled Equals et Explosion sont les plus probants.

Une compilation Baby Come Back est également éditée qui devance de peu la publication d'un second EP, I Won't Be There (janvier 1969).

L'année 69 permet aux Equals de reprendre le rythme prolifique de ses singles : Michael And The Slipper Tree/Honey Gum (février), Viva Bobby Joe (devenu Viva Bobby Moore en l'honneur du capitaine de l'équipe anglaise de football)/I Can't Let You Go (juillet) et Rub A Dub Dub/After The Lights Go Down Low (décembre), lesquels font respectivement 24, 6 et 34 des charts UK.

Au milieu de l'année 69, les Equals sont récompensés d'un disque d'or, Baby Come Back ayant atteint le million de ventes. Ils font alors la tournée des plateaux TV (Top Of The Pops, Beat Club, TV française) sur lesquels ils se font remarquer pour leurs accoutrement vestimentaires colorés.

Quand les Equals s'engagent...avant de se séparer.

L'automne 1969 est moins réjouissant dans la mesure où le quintet est victime d'un accident de la route durant une tournée en Allemagne. Grant est sérieusement blessé et se met en marge quelques temps. Il met à profit sa rééducation en écrivant quelques titres supplémentaires.

Ceux-ci, dès 1970, et sous son influence, tendent à éloigner le groupe de la pop pour ados pour s'aventurer sur un terrain plus social et politique comme en attestent Stand Up And Be Counted ou Black Skin Blue Eyed Boys.

L'année suivante, en proie à des ennuis de santé (pulmonaires et cardiaques), Grant se voit contraint de lever le pied. Il retourne dans sa Guyane natale et engage une carrière solo. Cette décision personnelle signe la fin du line-up mythique des Equals (1971/72) lesquels continuent malgré tout à évoluer sans leur leader charismatique et à enchaîner quelques singles et albums. Mais sans marquer véritablement les esprits, au point de rentrer progressivement dans le rang et de tomber dans l'oubli.

Toujours dans le coup aujourd'hui.

Pat Lloyd, devenu dépositaire du nom et des droits (avec Grant) tente de redynamiser le groupe dix ans plus tard. Les frères Gordon sont encore dans le coup, assistés de Ronnie Telemacque (depuis 1979) et Rob Henry. Lincoln Gordon n'y reste que très peu de temps, il est vite remplacé par David Martin (qui a été de la partie entre 1973 et 75).

Dervin Gordon quitte à son tour le combo en 2017, tandis que le chanteur Decosta Boyce et le claviériste Mark Haley s'invitent alors. The Equals est toujours actif aujourd'hui, Pat Lloyd en est son ultime représentant depuis le milieu des 60's.

Le guitariste de la première heure perpétue l'héritage d'un groupe simple, accrocheur, énergique, heureux d'être là, porteur d'une musique endiablée, dansante, aux délicieuses saveurs caribéennes, aux rythmes basiques et métronomiques, au groove implacable et qui s'est démarqué de la grande majorité des acteurs rock de l'époque (RAZOR©2020).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 2 - 1967

 

Equals explosion 1968

 

THE EQUALS

EXPLOSION – 1968  4/5

 

Publié en 1968.

Produit par President, The Equals.

Durée:33:06.

Label:President Records.

Genre:rock,funk,soul,R&B.

 

Quel potentiel !

Les Equals se sont rencontrés à l'école. Le jamaïcain Eddy Grant, Pat Lloyd et John Hall fréquentaient le même établissement tandis que les frères Gordon Lincoln et Dervin (venus de Guyane britannique), étudiaient dans une autre école située dans un quartier voisin.

En 1965, Hall lance l'idée de former un groupe. Il se répartissent les rôles : la batterie pour l'initiateur du projet, la guitare rythmique pour Lloyd, la guitare électrique pour Grant, la basse pour Lincoln et le chant pour son frère Dervin.

Ils se nomment les Equals au regard de l'amitié qui les unit, plus qu'au motif de véritablement exploiter le fait qu'ils constituent un des premiers groupes interraciaux de tous les temps. Cette notion est secondaire dans leur esprit, leur unique motivation étant de jouer.

Ils se produisent d'abord dans la périphérie de la capitale et se forge un auditoire fidèle, séduit par l'énergie qu'ils développent et par leur style fusionnant pop, blues et R&B auquel se mêle des éléments de ska et de blue beat.

Cette tonicité fait tâche d'huile dans un milieu musical où l'on parle de plus en plus de Northern Soul, aussi il n'est pas surprenant de voir le groupe londonien ouvrir pour les américains soul en vogue, les Wilson Pickett, Solomon Burke ou Bo Diddley.

Le chanteur gallois Gene Latter, partie prenante de ce nouveau phénomène musical et voisin de Grant, joue un peu le rôle d'intermédiaire et favorise le rapprochement entre les Equals et Edward Kassner de President Records, un des labels indépendants les plus anciens de la place britannique.

Ce dernier les signe, après avoir été à son tour convaincu du potentiel de cette formation, et leur ouvre la porte à la réalisation de plusieurs albums. Unequaled Equals, en 1967, est le premier d'entre eux, suivi immédiatement de Equals Explosion, qui comme son nom l'indique, s'avère explosif à souhait.

Ces deux LP se classent dans les charts britanniques, Explosion se plaçant même à une honorable 32ème place. Cette popularité leur vaudra de faire des télés (Top Of The Pops et le Beat Club allemand notamment) mais leur connotation pluri-raciale ne leur permettra pas d'aller défendre leur disque sur les routes américaines, comme la plupart des groupes de l'époque.
Avec Grant comme leader naturel et avec le soutien des radios pirates qui boostent leur premier single (I Won't Be There) et l'album initial Unequaled Equals (sorti en décembre 67), les Equals vont vite se faire remarquer par leur musique tonique, dansante, très funky, combinant rock et soul. On tient là un des précurseurs de l'implantation du reggae en Grande-Bretagne.

Le second album les montre au sommet de leur art et de leur forme, bien que ne générant aucun véritable hit, exception faite de I Get So Excited (Top 40). Il faudra attendre Baby Come Back pour que les événements tournent en faveur des londoniens (disque d'or en 69 avec ce titre).

Après la réussite de Unequaled Equals, les Equals obtiennent une reconnaissance majeure dans la profession et auprès du public. Le percutant Explosion classe les londoniens parmi les formations les plus intéressantes du moment.

La matière de l'album tractée par un superbe Give Love A Try ainsi que le gros son émanant de cet opus contribuent à asseoir un peu plus la notoriété des Equals. On sera donc de ce disque qui incite à taper de la savate et à bouger (RAZOR©).

 

1. Giddy-Up-A-Ding-Dong.

2. Another Sad and Lonely Night.

3. I've Got to Have a Little.

4. Granny, Granny.

5. Police on My Back.

6. Give Love a Try.

7. You Got Too Many Boyfriends.

8. Teardrops.

9. Let Her Dance.

10. Leaving You Is Hard to Do.

11. You'd Better Tell Her.

12. She Reminds Me of Spring in the Winter.

 

Dervin Gordon:chant. 
Lincoln Gordon:guitare rythmique,basse.
Eddy Grant:guitare solo. 
Patrick Lloyd:guitare rythmique. 
John Hall:batterie.

1 vote. Moyenne 5.00 sur 5.