The Incredible String Band.

BIOGRAPHIE.

 

THE INCREDIBLE STRING BAND/Edimbourg (Ecosse)

 

Incredible string band 1

 

Actif entre 1966 et 1974,1999 et 2006.

Labels:Elektra (1966–70),Island (1971–74).

Genre:folk psychédélique,folk progressif,folk électrique,acid folk, folk.

Parmi les plus influents du Royaume-Uni.

The Incredible String Band, que l’on peut traduire par l’Incroyable Orchestre à Cordes, est né du côté de Glasgow et dans le milieu des années 60. Son crédo est alors folk, mais folk traditionnel d’abord avant de virer vers un folk plus psychédélique et avant-gardiste.

Le regretté Clive Palmer, décédé en novembre 2014, et Robin Williamson en sont les instigateurs pour en avoir préalablement jeté les bases, via le duo Clive et Robin très actif sur la scène folk écossaise et du nord de l’Angleterre. En enregistrant un titre, Jazz No’z Holiday, pour l’album Edinburgh Folk Festival (Vol 1./1963), ils attirent l’attention du milieu. Ils tapent dans l’œil de Joe Boyd, producteur de disques américain très intéressé par les artistes folks britanniques et visiblement tombé sous le charme de White Bicycles qu’il juge comme une musique traditionnelle écossaise qui aurait voyagé dans les Appalaches et serait revenue via le Maroc et la Bulgarie.

Le privilège Elektra.

Ce dernier, dénicheur de talents hors pair, est séduit par ces deux musiciens pratiquant guitare, banjo (Palmer) et violon (Williamson) et interprétant des airs folkloriques écossais et irlandais réarrangés ; il les signe pour Elektra en 1966, après que le label de Jac Holzman ait été définitivement conquis par la démo de Williamson, October Song.

Au moment de l’engagement, le duo est devenu trio, Mike Heron venant renforcer les rangs comme guitariste (piano et sitar aussi), malgré les réticences des fidèles de Clive et Robin qui pensent que cette entrée va dénaturer la musique du duo. Mais la sauce prend ; la mouture à trois opte alors pour le nom de The Incredible String Band auquel est alloué un petit subside pour y aller d’un premier LP.

La suite se fait sans Palmer.

Comme prévu et comme l’indique l’album éponyme de début, la direction musicale d’ISB change : l’inspiration folklorique britannique se pare d’influences américaines. L’album, très épuré, publié en juin 1966, est plébiscité dans le microcosme folk et constitue une belle rampe de lancement pour des acteurs qui sont effectivement de grands manieurs de cordes. Leur qualité technique justifie pleinement le nom dont s’est affublé le trio.

Mis sur les bons rails grâce aux retombées du Melody Maker qui en fait son album folk de l’année 1966, Incredible String Band n’en marque pas moins un coup d’arrêt. La tierce s’éparpille. Robin Williamson prend la direction du Maghreb pour y parfaire son apprentissage de la flûte, Mike Heron rebondit auprès d’un groupe rock local, Bottom And The Deadbeats. Plus surprenant, Clive Palmer fait le choix de l’auto-stop et de la bohême pour rejoindre les sphères hippies afghane et indienne. Il ne réintègrera l’Incredible String Band que brièvement en 2000.

Incredible string band 3

Williamson et Heron aux destinées d’ISB.

Partant de là, il appartient à Williamson et Heron de relancer la mécanique, une fois encore à partir d’un duo. En plein Summer Of Love (juillet 967), ils publient l’ambitieux The 5000 Spirits Or The Layers Of The Onion (Elektra Records), qui voir leur folk inspiré par le psychédélisme ambiant et influencé par les sonorités orientales (sitar). Très bien admis au Royaume-Uni, ce numéro 2 du catalogue  lui ouvre dans le même temps les portes de l’Amérique.

L’album marque la première apparition de Licorice McKechnie, petite amie de Williamson après avoir été à deux doigts d’épouser Bert Jansch ; celle qui n’intervient alors qu’aux chœurs deviendra rapidement un membre à part entière du groupe dès 1968. Elle mettra un terme à sa collaboration avec Incredible String Band à la fin de sa liaison amoureuse avec Robin fin 1972.

Autres présences remarquées, celles de Danny Thompson, bassiste de Pentangle et de John Hoppy Hopkins (piano), figure du Swinging London des 60’s.

2 LP indispensables.

La consécration vient par The Hangman's Beautiful Daughter, troisième jet publié en mars 1968, toujours pour Elektra, qui se classe 5ème dans les classements britanniques (161 au Billboard). Heron et Williamson bénéficient ici d’un  renfort instrumental et vocal plus élargi ; outre Thompson et McKechnie, pointent également la flûtiste et le claviériste Dolly Collins et le harpiste David Snell. C’est sans doute le meilleur opus d’ISB, le plus atypique en tous cas de par son côté expérimental et sa complexité ; il est celui pour lequel, pour la première fois, le groupe utilise avec beaucoup de talent des instruments d’origine arabe et hindou.

Dans le sillage de ce disque de folk psychédélique influent et imaginatif que la critique a accueilli favorablement, une première tournée s’engage qui contribue à populariser la formation scottish et à lui apporter une reconnaissance internationale.

Incredible string band williamson

« Joe Boyd avait un don pour repérer les choses les plus inhabituelles. Il nous a produits, certes, mais il a également lancé les carrières de talents comme Nick Drake, John Martyn ou le Fairport Convention.

Mais je pense qu’il ne faut pas sous-estimer non plus  la contribution déterminante de John Wood, l’ingénieur du son qui fut un développeur de techniques de studio exceptionnel.

Un des premiers et des plus éminents experts sonores. Il y est pour beaucoup dans notre son. » (Robin Williamson)

La quatrième levée confirme la belle santé de l’ISB d’alors. Publié fin 1968, il est commercialisé sous diverses formes selon que l’on se place d’un côté ou de l’autre de l’Atlantique. Au Royaume-Uni et c’est valable pour toute l’Europe, on a droit à un double LP du nom de Wee Tam And The Big Huge, mais aussi à des sorties séparées : Wee Tam, d’une part, The Big Huge de l’autre. Aux Etats-Unis, les bacs accueillent deux albums bien distincts. Avec son prédécesseur, il est ce que les britanniques ont fait de mieux dans leur carrière et représente le haut du panier de la scène british folk et notamment de celle acid folk.

Woodstock et puis plus grand-chose…

Cette reconnaissance leur vaut de prendre part à Woodstock avant de sortir un cinquième LP, Changing Horses (novembre 1969), qui voit ses acteurs s’éloigner des drogues et revenir à des sonorités plus électriques. La qualité et l’intérêt de Changing Horses s’en ressentent ; la dope étant l’élément moteur de leur inventivité et de leur fertilité dans l’écriture, l’album manque manifestement d’inspiration. ISB devient moyen et ce n’est pas I Looked Up (avril 1970/Elektra) qui change quoi que ce soit à ce constat.

Avec U, édité 6 mois plus tard, on tient le septième studio d’ISB. Un double qui suscite l’intérêt et la curiosité pour les belles ambiances qu’il propose, mais qui peut tout aussi bien donner dans le même temps la sensation de tirer en longueur. A vouloir trop complexifier sa musique, Incredible String Band en arrive à dérouter l’auditeur. Chef d’œuvre mystique, spirituel ou psychédélique pour les uns, soûlant pour les autres, U est certainement le travail qui divise le panel de fidèles de Williamson (surtout) et de Heron. On y retrouve cependant quelques-unes de leurs meilleurs compos comme Queen Of Love, The Rainbow ou Hirem Pawnitof/Fairies' Hornpipe.

Incredible string band woodstock

Adieu Elektra, bonjour Island.

La période Elektra prend fin avec U. Joe Boyd, manager et producteur de la première heure lâche l’affaire. La conversion du groupe à la Scientologie et son déclin artistique ont certainement été décisifs dans sa décision. Mike Heron flaire-t-il la fin d’une aventure qu’il saute sur l’occasion pour publier parallèlement son premier opus solo (Smiling Men With Bad Reputations/avril 1971), imité en cela par Williamson (Myrrh/début 1972) ?

Island Records (1971) permet à ISB de prolonger encore un bout de chemin. Le temps de commercialiser entre 1971 et 1974 cinq albums qui s’inscrivent tous, sans exception, dans le ventre mou du catalogue : Be Glad for the Song Has No Ending (mars 1971), Liquid Acrobat As Regards the Air (octobre 1971), Earthspan (novembre 1972), No Ruinous Feud (mars 1973) et Hard Rope and Silken Twine (mars 1974). La rupture est consommée en septembre 1974 avec le départ de Williamson pour Los Angeles où il s’installe. Il reste dans les mémoires planétaires et dans les cœurs britanniques l’un des groupes les plus populaires, les plus appréciés et les plus influents que le Royaume-Uni ait eu à proposer dans les années 60 (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1966

 

Incredible string band 1966 original

 

THE INCREDIBLE STRING BAND

THE INCREDIBLE STRING BAND – 1966  4,5/5

 

Publié en juin 1966.

Produit par Joe Boyd.

Durée:45:07.

Label:Elektra.

Genre:folk.

 

Album patchoulisé.

 

Remarquable. L’album éponyme de 1966, le premier de l’Incredible String Band (en écoute intégrale ici), groupe né à Glasgow en 1965, est remarquable. Dans le microcosme folk, il en jette, comme on dit. Sa simplicité, son mélange réussi de cordes et d’harmonies vocales, son inspiration, son aspect espiègle en font sa brillance.

Constitué des membres fondateurs Robin Williamson (chant, guitare, mandoline, harpe, violon et flûte) et Clive Palmer (chant et banjo) ainsi que de Mike Heron (sitar, guitare, chant, piano) qui les a rejoints rapidement, le trio écossais n’est pas un inconnu dans le milieu du rock, ayant été l’un des acteurs du festival de Woodstock (1969).

Enregistré au studio londonien Sound Technics en mai 1966, ce disque novateur, intime et très accessible privilégie les propres compositions du groupe au détriment des airs traditionnels, dont la formation était friande sur scène.

Le Melody Maker, (première revue musicale du monde des années 60/70, avec ses 250 000 exemplaires/semaine) en a fait son disque folk de l’année. La référence parle d’elle-même. Il est vrai que la performance est de taille.

Incredible String Band puise son inspiration, tant du côté des anglo-saxons que des américains. Chaque chanson est unique. Les amateurs de folk seront séduits. Cet intéressant premier album fleurant bon le patchouli met ISB sur les bons rails (RAZOR©).

 

1. Maybe Someday.
2. October Song.
3. When the Music Starts To Play.
4. Schaeffer's Jig.
5. Womankind.
6. The Tree.
7. Whistle Tune.
8. Dandelion Blues.
9. How Happy I Am.
10. Empty Pocket Blues.
11. Smoke Shoveling Song.
12. Can't Keep Me Here.
13. Good as Gone.
14. Footsteps of the Heron.
15. Niggertown.
16. Everything's Fine Right Now.

 

Mike Heron:chant,guitare.

Clive Palmer:banjo,guitare,chant,kazoo.

Robin Williamson:violon,chant,sifflet,guitare,mandoline.

LP Studio 2 - 1967

 

Incredible string band the 5000 spirits

 

THE INCREDIBLE STRING BAND

THE 5000 SPIRITS OR THE LAYERS OF THE ONION – 1967  5/5

 

Publié en juillet 1967.

Produit par Joe Boyd.

Durée:50:10.

Label:Elektra/WEA.

Genre:acid folk,folk psychédélique.

 

Une incursion dans l’acid folk.

 

Ce deuxième LP, The 5000 Spirits Or The Layers Of The Onion (en écoute intégrale ici), publié en juillet 1967, est le fruit de Robin Williamson et Mike Heron qui constituent le nouveau Incredible String Band. De trio, le groupe devient duo, ayant perdu en route, et juste après la sortie de l’éponyme Incredible String Band, Clive Palmer.

Sont présents également ici, Danny Thompson, contrebassiste de Pentangle et qui a fait un bout de carrière avec John Martyn, Licorice McKechnie, la meuf de Williamson, au chant et aux percus, John Hopkins au piano et Nazir « Soma » Jairazbhoy, maître es sitar et tamboura. Voilà pour les présentations.

Pour le reste, c’est le coup derrière la tête ! C’est l’entrée brutale dans le folk psychédélique. Une fois entré, difficle d’en sortir. Encore faut-il en avoir envie. Encore faut-il le pouvoir, car on est littéralement scotché.

Influences indiennes, arabes (Williamson revient du Maroc où il s’est essayé à d’autres instruments), tous les prétextes sont bons pour faire rayonner l’instrument et le musicien. C’est complètement novateur dans le folk et c’est indéniablement suggéré par l’époque qui est au psychédélisme tous azimuts.

Ce phénoménal travail psychédélique est ambitieux. Sous acid, tu ouvres la fenêtre et tu fais la libellule. Fou ! Même si l’écoute peut paraître parfois anarchique, allez au bout. Il en vaut plus que la peine. Ce disque, aux diverses influences et aux mélanges de genres musicaux, est époustouflant. Aucune faiblesse. C’est un chef d’œuvre. Sorti en plein Summer O Love, il est INCROYABLE ! (RAZOR©)

 

1. Chinese White.

2. No Sleep Blues.

3. Painting Box.

4. The Mad Hatter's Song.

5. Little Cloud.

6. The Eyes of Fate.

7. Blues for the Muse.

8. The Hedgehog's Song.

9. First Girl I Loved.

10. You Know What You Could Be.

11. My Name Is Death.

12. Gently Tender.

13. Way Back in the 1960s.

 

Robin Williamson:chant,guitare,mandoline,grimbi,oud,flûte,percussions

Mike Heron:chant,guitare,harmonica.

Licorice McKechnie:chant,percussions.

Danny Thompson:double basse.

John Hopkins:piano.

Soma (Nazir Jairazbhoy:sitar,tamboura.

LP Studio 3 - 1968

 

Incredible string band the hangman s beautiful daughter 1968

 

THE INCREDIBLE STRING BAND

THE HANGMAN’S BEAUTIFUL DAUGHTER – 1968  5/5

 

Publié en mars 1968.

Produit par Joe Boyd.

Durée:49:51.

Label:Elektra/WEA.

Genre:acid folk,folk psychédélique.

 

Incroyable mais vrai.

 

The Hangman’s Beautiful Daughter (en écoute intégrale ici) a été plébiscité par la critique musicale de l’époque de sa publication (mars 1968) et adulé par bon nombre de musiciens professionnels du moment comme Robert Plant qui a reconnu que la carrière de Led Zeppelin a été influencée par ce disque.

Le troisième ouvrage discographique (27 semaines dans les charts UK) des écossais d’Incredible String Band est un classique du genre folk psychédélique, doté tous les ingrédients qu’il faut pour en être : des sonorités orientales, un caractère spirituel, une ambiance mystique.

Les visions terrifiantes et les hallucinations délirantes de l’écriture des complémentaires et polyvalents Robin Williamson et de Mike Heron, lui servent de savoureuse trame. Un éventail de pas moins de 17 instruments, issus des quatre coins de la planète, vient soutenir de sublimes mélodies et alimenter de délicieux rythmes exotiques.

Outre le duo de base, Licorice McKechnie, voix féminine déjà présente sur l’album précédent, Dolly Collins (flûte, claviers) et le harpiste David Snell contribuent à ce moment exquis de vie musicale. Je ne pense pas lui connaitre d’équivalent dans ce registre.

The Hangman’s Beautiful Daughter frappe au cœur, au corps et à l’esprit. Les délires oniriques de cet album entretiennent une atmosphère fascinante, exotique, variant, sans prévenir, du rose au noir. C’est ce qui créé l’unicité de cet univers sonore à nul autre comparable, qui en fait un territoire vraiment chaleureux, beau et naturel comme la vie sur laquelle A Very Cellular Song (13 minutes) propose une réflexion. Ce titre aventureux, luxuriant et stupéfiant est exceptionnel dans sa structure, qui englobe des styles musicaux et des thèmes différents, visitant au passage la spiritualité et les tempos bahamiens.

La pièce de Mike Heron, au lyrisme tantôt avilissant, tantôt sacré, est le point d’orgue de ce disque, propre à séduire et à convaincre les plus sceptiques.

L’amusante vision du monstre mythique dans The Minotaur’s Song de Williamson est mémorable et attrayante. Le charmant Koeeoaddi There, le formidable Waltz Of The Moon (une pincée de celte, une pincée d’oriental), le psychédélisme dans toute sa splendeur (Three Is A Green Crown), le drôle Witches Hat, le cauchemardesque Swift As The Wind et Nightfall, pour se libérer, complètement abasourdi, d’une écoute enivrante, sont les merveilleux compléments de l’anthologique A Very Cellular Song.

Il m’a rarement été donné d’entendre des pièces aussi exaltantes et atypiques que celles de ce disque. INCROYABLE ! Bien sûr qu’il faut avoir ! Et comment ! (RAZOR©)

 

1. Koeeoaddi There.

2. The Minotaur's Song.

3. Witches Hat.

4. A Very Cellular Song.

5. Mercy I Cry City.

6. Waltz of the New Moon.

7. The Water Song.

8. Three Is a Green Crown.

9. Swift as the Wind.

10. Nightfall.

 

Robin Williamson:chant,guitare,grimbi,sifflet,percussions,flûte de pan,oud,piano,mandoline,harpe,chahanai,harmonica.

Mike Heron:chant,orgue Hammond,sitar,guitare,dulcimer,clavecin.

Dolly Collins:flûte,orgue,piano.

David Snell:harpe

Licorice McKechnie:chant,cymbales.

Richard Thompson:chant sur 2.

Double LP Studio 4 - 1968

 

Incredible string band we tam

We Tam

 

Incredible string band the big huge

The Big Huge

 

THE INCREDIBLE STRING BAND

WEE TAM – 1968  3,5/5

 

Publié en novembre 1968.

Produit par Joe Boyd.

Durée:43:44.

Label:Elektra / Warner Music Group.

Genre:acid folk,folk psychédélique,folk.

 

Audacieux et ambitieux.  

 

Wee Tam et The Big Huge, au Royaume-Uni, en 1968, font l’objet d’une réunification sur un double LP. Ce n’est pas le cas aux States, où l’industrie discographique juge plus opportun de scinder les deux travaux. Alors on va faire comme si on était aux States et considérer séparément ces deux galettes.

Wee Tam permet à Incredible String Band (Williamson, Heron et McKechnie) de persister dans un folk psychédélique toujours d’excellent niveau, mais se situant néanmoins à un degré légèrement en retrait, comparé aux Hangman’s Beautiful Daughter et 5000 Spirits précédents.

Les chargés d’écriture (Williamson et Heron) expérimentent encore et toujours, d’où le caractère libre et étrange (et toujours très beau) de Wee Tam. Il se situe un ton en dessous, certes, mais met en exergue le grand talent de compositeurs de ces deux oiseaux, sans jeu de mot pour ce qui concerne Heron.

Leurs styles, pourtant différents, s’unissent ici souvent pour le meilleur, mais hélas parfois pour le moins bon. Là où l’environnement lyrique de Heron s’appuie sur la simplicité et le naturel, Williamson oppose la complexité d’un univers mystique où le sacré côtoie le profane.

Toujours aussi délicieuses, les mélodies sont bien présentes, les parties vocales harmonieusement en osmose, l’instrumentation bien avisée. Par contre, les titres s’allongent (6 sur 9 dépassent les 4 minutes). C’est nouveau.

L’offre, gracieuse, est, comme de coutume chez ISB, très audacieuse et ambitieuse. Wee Tam a encore de quoi être conséquemment attractif et encore envoûtant.

Un folk euphorique (The Yellow Snake), Air (aux airs de gospel), Log Cabin Home In The Sky (merveilleux folk nord-américain), You Get Brighter, folk calme, naïf et insouciant (bien dans le ton de la fin des sixties), l’inventif et étiré Ducks On A Pond (dans la tradition du folk américain et de Guthrie) figurent dans le lot des belles surprises de ce disque.

D’autres pistes font également montre de qualité comme les sympathiques Puppies, au nom plutôt kitsch, et Job’s Tears. Que les partisans des deux premiers ouvrages d’ISB se rassurent : la magie opère toujours et cet album mérite, encore une fois, de se plonger dans l’univers envoûtant de ces diables d’écossais (RAZOR©).  

 

1. Job's Tears.
2. Puppies.
3. Beyond the See.
4. The Yellow Snake.
5. Log Cabin Home in the Sky.
6. You Get Brighter.
7. The Half-Remarkable Question.
8. Air.
9. Ducks On A Pond.


Robin Williamson:orgue,basse,flûte,guitare,percussion,piano, violon,batterie,harpe,clavecin,kazoo,sifflets,sarangui,gimbri,harpe irlandaise.

Mike Heron:orgue,basse,guitare,harmonica,sitar,planche à laver.

Licorice McKechnie:percussions,harpe irlandaise.

 

THE INCREDIBLE STRING BAND

THE BIG HUGE – 1968  4/5

 

Publié en 1969.

Produit par Joe Boyd.

Durée:43:40.

Label:Elektra / Warner Bros.

Genre:folk,british folk,folk-rock,acid folk,folk psychédélique.

 

Maya label.

 

Cet album a de nombreux fers au feu. Et pas des moindres. Dans le sillage d’un Williamson, visionnaire avisé et expérimentateur invétéré, ISB reconduit son lot de chansons invraisemblables, chansons qui atteignent ici un degré de sophistication et de raffinement toujours repoussés à la hausse.

Dans cet esprit, Maya, placé en ouverture de The Big Huge, se positionne comme le chef d’œuvre  lyrique, vocal et musical de l’album. Avec le dramatique The Iron Stone, l’autre pièce maîtresse de Williamson à atteindre des sommets accessibles à une minorité d’artistes seulement, ces deux titres entraînent tout le répertoire dans un tourbillon enivrant.

Il n’est que l’écriture plus humble, plus sobre, plus terre-à-terre et chaleureuse d’Heron pour échapper à la spirale mystique et délicieusement complexe de son alter-ego de la plume. Pour témoin, Greatest Friend qui ressort la guitare acoustique et l’harmonica, redonnant au folk traditionnel une raison d’être, avant que l’étrangeté musico-biblique The Mountain Of God ne s’installe pour 2 petites minutes avec, sur son porte-bagages, un furieux déchaînement acoustique, Cousin Caterpillar et un Douglas Traheme Harding euphorique et déjanté (Williamson).

Tout aussi sublime que les joyaux Maya et The Iron Stone, The Circle Is Unbroken (flûte inca et chant) a l’honneur d’égrener les dernières notes d’un album absolument grandiose et très réussi. On en arrive à regretter que le mot fin puisse exister (RAZOR©).

 

1.  Maya.

2.  Greatest Frien.

3.  The Son of Noah's Brother.

4.  Lordly Nightshade.

5.  The Mountain of God.

6.  Cousin Caterpillar.

7.  The Iron Stone.

8.  Douglas Traherne Harding.

9.  The Circle Is Unbroken.

 

Robin Williamson:chant,guitare acoustique,basse,sifflet,violon,percussions,orgue,piano,batterie.

Mike Heron:chant,guitare acoustique,sitar,orgue,percussions,harmonica.

Licorice McKhenie:chant,percussions,harpe irlandaise.

Rose Simpson:chant,percussions.

LP Studio 5 - 1969

 

Incredible string band changing horses

 

THE INCREDIBLE STRING BAND

CHANGING HORSES – 1969  3/5

 

Publié en novembre 1969.

Produit par Joe Boyd.

Durée:50:03.

Label:Elektra / WEA.

Genre:folk,acid folk,folk psychédélique.

 

Créativité en berne.

 

Appelons un chat, un chat. De 5000 Spirits à The Big Huge, Incredible String Band a sérieusement mis le nez dedans. Il n’est pas meilleur révélateur que ces LP, sortis durant  les années 1967 et 1968, pour constater que le groupe, Williamson en tête, a gobé tout ce qui est  chimique et qui titille la créativité pour ses besoins artistiques. Le résultat parle de lui-même, car on tient là le gratin des albums du genre acid-folk de la fin des sixties du Royaume-Uni.

Leur sixième enregistrement, Changing Horses (en écoute intégrale ici), sorti fin 1969, marque leur distance avec les produits hallucinogènes, leur rapprochement avec l’Eglise de Scientologie et, sur un plan purement musical, le recours à des instruments électriques.

Ce dernier disque est aventureux, en panne d’inspiration et frappé d’une carence criarde en titres aussi captivants que ceux ayant ponctué leur travail antérieur ; il authentifie la thèse selon laquelle la dope était l’élément moteur de leur inventivité et de leur fertilité dans l’écriture. Donc, pas de Maya ou de Cellular Song ici.

Faut-il pour autant y voir un quelconque déclin ? Pas vraiment, mais c’est moins enivrant et digne d’intérêt que ce qui précède. Tout juste une perte de vitesse. De là à considérer Changing Horses comme le premier gros couac du groupe, il y a de la marge. Beaucoup de satisferaient d’un tel aboutissement discographique.

Creation et White Bird, qui culminent, plus ou moins, aux alentours du ¼ d’heure, sont les pièces porteuses de ce disque en 6 actes, très différents les uns des autres.

A l’écoute du premier nommé, morceau qui propose une longue traversée à bord d’un galion (plutôt un géant des mers, eu égard au niveau de cette chanson) et de voguer vers des contrées féériques, se flaire le Williamson de demain, celui des projets plus personnels.

On se se détournera pas non plus  des quatre autres pièces, encore dignes d’un bel intérêt. Big Ted fournit un acid-folk joyeux et déglingué tandis que Dust Be Diamonds, conjointement écrit par Heron et Williamson, se révèle bien fantaisiste et léger. Absurde dans son lyrisme, il a le seul mérite de réunir au chant la petite communauté de l’ISB, élargie pour cette occasion aux dames de ces messieurs, les dénommées Licorice McKechnie et Rose Simpson.

Sleepers, Awake offre la particularité d’être interprété entièrement «  a cappella », mettant l’accent d’une manière plus prononcée sur la spiritualité que ses paroles dévoilent.

Mr & Mrs est le maillon faible d’un Changing Horses qui oblige à admettre la réalité du moment: la créativité est en berne. On ne pouvait quand même pas exiger de cette formation mythique qu’elle repique au truc pour notre plaisir purement égoïste. Quoi que… (RAZOR©)

 

1. Big Ted.
2. White Bird.
3. Dust Be Diamonds.
4. Sleepers, Awake!
5. Mr. and Mrs.
6. Creation.

 

Mike Heron:guitare électrique,chant,piano,vibraphone,percussion,sitar,mandoline.

Robin Williamson:chant,piano,planche à laver,flûte,satang, banjo chinois,percussion,guitare électrique,orgue,guitare,gimbri,violon.

Rose Simpson:chant,basse.

Licorice McKechnie:chant,kazoo,orgue,guitare.

Walter Gundy:harmonica.

Ivan Pawle:orgue,piano sur 6.

LP Studio 6 - 1970

 

Incredible string band i looked up

 

THE INCREDIBLE STRING BAND

I LOOKED UP – 1970  3/5

 

Publié en avril 1970.

Produit par Joe Boyd.

Durée:41:22.

Label:Elektra / WEA.

Genre:folk psychédélique, folk.

 

Fait dans la precipitation.

 

Incredible String Band marque son entrée dans la nouvelle décennie avec I Looked Up (en écoute intégrale ici), faisant suite à un Changing Horses qui a révélé la perte d’élan d’une unité pourtant solidement installée, depuis 1967, au sommet de la hiérarchie acid-rock.

L’idéologie hippie et ce qui va avec, a fait son chemin, l’époque exige d’autres références et arguments pour captiver un public ayant transféré ses attentes vers d’autres horizons.

Conduit par les couples Williamson et Heron (avec une Rose Simpson qui, après avoir délaissé le sac de couchage de son Robin chéri, s’occupe désormais du sac de Mike Heron), Incredible String Band s’écarte de plus en plus de son univers musical de prédilection : le folk psychédélique.

Clients de la dianétique prônée par le gourou Ron Hubbard, et libérés de leur relation avec les drogues, comme l’imposent les revendications sectaires de l’Eglise de Scientologie, nos amis écossais perdent peu à peu pied dans le domaine artistique. Les concerts les ont vus s’installer dans une phase plus théâtrale et hippie (vêtements exotiques colorés, poèmes récités, danses) ; là étaient leurs aspirations du moment.

Le « hippisme » sans les euphorisants qui vont avec, ça ne le fait pas. C’est comme un printemps sans hirondelle. I Looked Up dénonce cet état de fait. Transitoire, il prépare le passage vers leurs travaux électrifiés de demain. Je vous laisse juge de ce que cet aspect temporaire peut engendrer comme sous-entendus. I Looked Up semble avoir été enregistré à la hâte. Vitesse et précipitation ont pour enchaînement  inéluctable le fouillis.

Ce n’est pas une raison suffisante pour s’en détourner irrémédiablement, car il y a dans cette activité discographique du moment, dans laquelle Heron s’est investi à quatre reprises, pour deux à Williamson, matière à intérêt.

Black Jack Davy a la lourde charge d’ouvrir I Looked Up. Ce répertoire de concert, même s’il fait valoir un violon  entraînant, est vacillant. The Letter, en raison de sa banalité, n’arrive pas au destinataire. L’entrée en scène de Mike Heron n’a rien qui puisse s’inscrire dans le livre d’Or d’ISB.

Williamson fait ensuite montre que l’ambition l’habite toujours dans l’écriture, même s’il commence sérieusement à s’en battre d’Incredible String Band. Son tortueux Pictures In A Mirror, allongé comme il en a pris l’habitude sur ces dernières compositions, est ingénieux et insolite.

This Moment ne permet pas au Heron de service de nous faire nous envoler dans son sillage. Il faut parvenir à l’étiré (plus de 10 minutes) When You Find Out Who You Are de Williamson pour accorder une oreille digne de ce nom, à ce disque. C’est certainement ce décalage entre l’écriture inégale des deux auteurs qui booste Mike Heron pour  le clore sur un touchant Fair As You, sonnant comme s’il était signé Williamson.

Vous aurez deviné que I Looked Up n’a pas le label réservé aux meilleurs albums d’Incredible String Band. Accordons-lui des excuses puisqu’il est supposé être un album transitoire. Sa décence lui autorise à prendre place au milieu des albums à trois étoiles, ce qui n’est pas si mal finalement (RAZOR©). 

 

1. Black Jack Davy.
2. The Letter.
3. Pictures in a Mirror.
4. This Moment.
5. When You Find Out Who You Are.
6. Fair as You.


Mike Heron:guitare,clavecin,violon,piano,orgue,chant.

Robin Williamson:guitare,violon,flûte,gimbri.

Rose Simpson:violon,basse,chant.

Christina Licorice McKechnie:chant.

LP Studio 7 - 1970

 

Incredible string band u

 

THE INCREDIBLE STRING BAND

U – 1970  3,5/5

 

Publié en octobre 1970.

Produit par Joe Boyd.

Durée:107:07.

Label:Elektra/WEA.

Genre:folk psychédélique,acid folk,folk,folk-rock.

 

Très (trop) ambitieux.

 

Marqué du sceau de l’ambition, U (en écoute intégrale ici), double LP, comme on disait en 1970, appartient à cette catégorie fort heureusement mineure, d’œuvres que vous avez du mal à situer. Dans un jour avec, vous le portez au pinacle. Dans un jour sans, il ne suscite aucun saisissement ou très peu. Selon l’ambiance du moment, il peut même cruellement tirer en longueur.

Ce qui retient l’auditeur, c’est la curiosité d’en découdre jusqu’au bout et de percer les secrets de cette bizarrerie musicale où l’incroyablement beau alterne avec le terriblement soûlant. Confinée dans une ambiance très particulière, cette œuvre est un peu trop ambitieuse. A trop vouloir…

J’en connais qui voit en lui un chef d’œuvre, d’autres, un des moins bons travaux des ISB. Peu importe. Près de deux heures après, vous êtes encore là, le cul posé dans le canapé,  le casque rivé sur les oreilles, à essayer de comprendre le phénomène Williamson et à vous poser la question : j’ai aimé ou pas ?

Car c’est cet auteur-compositeur de génie qui tire les ficelles à l’écriture. Cet univers folk, fait de mysticisme, de spiritualité, de psychédélisme et instrumentalisé par tout ce qui existe comme moyen d’expression sonore de par le monde, c’est à notre Robin qu’on le doit. L’esprit tortueux de la bande, qui tente ici de fusionner sa musique avec ses fictions fantaisistes de théâtre, c’est lui.

Williamson est-il toujours ce visionnaire avisé et éveillé ou est-il en maintenant dépassé et en retard d’une guerre ? Vaste débat. Il est légitime de s’interroger sur le sens qu’il accorde au mot ambition. Là où les avis convergent sans la moindre opposition, c’est sur l’unicité de leur musique.

Aucun autre groupe, de mémoire, et dans ce répertoire précis, n’a jamais été en mesure de vous emmener aussi loin dans les champs musicaux qu’ils ont développés durant leur carrière.

U, pour en revenir à l’objet de la chronique du jour, a certainement été conçu pour gober ce fatras génial en une seule prise. Je n’aurais pas aimé être à la place de celui chargé de promouvoir ce disque. Quant à moi, rien n’a changé.  J’aime, il m’insupporte… J’aime, il m’insupporte… J’aime, il m’insupporte… J’aime. Ca fait 45 ans que ça dure (RAZOR©).      

 

Disque 1.

1. El Wool Suite.
2. Juggler's Song, The.
3. Time.
4. Bad Sadie Lee.
5. Queen of Love.
6. Partial Belated Overtime.
7. Light In Time Of Darkness/Glad To See You.
8. Walking Along With You.
9. Hirem Pawnitof/Fairies' Hornpipe.
10. Bridge Theme.


Disque 2.

11. Bridge Song.
12. Astral Plane Theme.
13. Invocation.
14. Robot Blues.
15. Puppet Song.
16. Cutting the Strings.
17. I Know You.
18. Rainbow.


 

Robin Williamson:basse,violon,flûte,guitare,mandoline,piano,batterie,harpe,planche à laver,guitare 12 cordes,gimbri,claviers,chant.

Mike Heron:orgue,basse,guitare,cor,claviers,mandoline,piano,sitar.

Licorice McKechnie:violon,claviers.

Janet Shankman:clavecin,chant.

Rose Simpson:bass,percussion

Peter Grant:banjo.

Greg Heat:sitar.

LP Studio 8 - 1971

 

Incredible string band be glad for the song has no ending

 

THE INCREDIBLE STRING BAND

BE GLAD FOR THE SONG HAS NO ENDING – 1971  2/5

 

Publié en mars 1971.

Produit par Joe Boyd.

Durée:50:19.

Label:Island.

Genre:folk,folk psychédélique.

 

Erratique.

       

Be Glad For The Song Has No Ending (en écoute intégrale ici) est le quatrième album de rang à figurer dans le ventre mou de la discographie d’ISB. Pire, ce dernier s’en écarte même et prend place dans le bas de l’échelle.

Il est le travail le plus insignifiant et insipide qu’il m’ait été donné d’entendre de la part de cette formation. Comme le mal est récurrent depuis plusieurs albums, il est légitime de se poser la question du devenir de ce groupe rentré définitivement dans le rang et qui ne propose plus vraiment rien d’intéressant depuis belle lurette.

B.O. du film du même nom, il situe bien la difficulté qu’il y a pour des musiciens, de traduire l’art qu’ils maîtrisent, la musique, sur les écrans. Publié en 1970 par Islands Records, le nouveau label d’ISB, Be Glad For The Song Has No Ending engendre l’ennui de A à Z.

Alimentée par des chutes de travaux des années 68/69 et des pièces de la bande-son du film, la substance ici proposée est chétive et chiante. Même le meilleur est faible, c’est dire….

Le génie fait défaut du début à la fin. L’album erre sans but et est assurément le vilain petit canard noir de la discographie d’Incredible String Band. Si j’étais vous, je passerai à autre chose. Point barre (RAZOR©).

 

1. Come With Me.

2. All Writ Down.

3. Veshangro.

4. See All The People.

5. Waiting For You.

6. The Song Has No Ending" (Parts 1 to 9).

 

Robin Williamson:basse,violon,cymbals,grimbi,guitare,claviers,mandolin,piano,sarangui,shakers,chant.

Mike Heron:basse,cloches,guitare,harpe,cor,claviers,orgue,sitar,chant.

Licorice McKechnie:choeurs,violon,claviers.

Rose Simpson:choeurs,basse,percussions.

LP Studio 9 - 1971

 

Incredible string band liquid acrobat as

 

THE INCREDIBLE STRING BAND

LIQUID ACROBAT AS REGARDS THE AIR – 1971  3/5

 

Publié en octobre 1971.

Produit par Stanley Schnier.

Durée:48:29.

Label:Island.

Genre:folk électrique,folk psychédélique.

 

Il est temps que ça se termine.

 

Ni désastreux, ni franchement bon ! Ce LP, Liquid Acrobat As Regards The Air (en écoute intégrale ici) est vraiment à la limite de l’acceptable. L’unique constat dont on peut se satisfaire avec la sortie du 9ème LP studio d’Incredible String Band est que la bande à Williamson a rectifié le tir et légèrement rehaussé son niveau depuis son inqualifiable Be Glad précédent.

La progression est malgré tout infime et la qualité globale de ce disque est à des années-lumière de ce que nous avons consommé de ce groupe écossais dans la deuxième moitié des 60’s.

L’aspect créatif est en berne, le collectif n’a plus rien dans le sac. Il souffre d’une carence, hélas, de plus en plus criarde au fil des albums, en termes d’inspiration s’entend. L’affection est générale et contagieuse, même Williamson n’arrivant pas à sauver les meubles.

Le départ de Rose Simpson laisse Licorice McKechnie en découdre dans les parties vocales et son chant, isolé, n’a pas la même couverture. Celui-ci est très en dessous des prestations habituelles d’ISB.

L’arrivée du jeune Malcolm LeMaistre permet tout juste au groupe de varier son offre, sans quoi il eut certainement été difficile de boucler l’affaire décemment. LeMaistre n’est pas le messie et ne constitue pas la panacée espérée par les rares inconditionnels que le groupe pouvait encore drainer dans son sillage.

Il ne faut donc rien attendre d’étincelant. ISB amorce une incursion dans l’oubli. Même en creusant, en étant généreux, un 3 maximum me semble la note la plus appropriée (RAZOR©)

 

1. Talking Of The End.

2. Dear Old Battlefield.

3. Cosmic Boy.

4. Worlds They Rise And Fall.

5. Evolution Rag.

6. Painted Chariot.

7. Adam And Eve.

8. Red Hair.

9. Here Till Here Is There.

10. Tree.

11. Jigs: Eyes Like Leaves/Sunday Is My Wedding Day/Drops Of Whiskey/Grumbling Old Men.

12. Darling Belle.

 

Mike Heron:basse,guitare,orgue,piano,flûte,harmonium,chant,cor,sitar,claviers.

Gerry Conway:batterie.

Robin Williamson:oboe,banjo,basse,cello,cymbals,guitare,flûte,guitare électrique,claviers,kazoo,oud,percussions,violon.

Malcolm Le Maistre:chant,basse,claviers,basse,bazouki,cloches,harmonica,kazoo,mandoline,orgue,percussions.

Walter Grundy:harmonica.

Stan Lee:basse,guitare steel,chant.

Licorice McKechnie:claviers,violon.

LP Studio 10 - 1972

 

Incredible string band earthspan

 

THE INCREDIBLE STRING BAND

EARTHSPAN – 1972  2/5

 

Publié en novembre 1972.

Produit par Robin Williamson,Mike Heron.

Durée:41:11.

Label:Island.

Genre:folk.

 

A vécu.

 

Incredible String Band n’est plus. Depuis U, encore potable, il ne cesse de régresser a tous les symptômes du groupe qui se casse la gueule. Mais bon, on doit quand même remonter encore plus loin (We Tam & The Big Huge) pour trouver de quoi faire frétiller dans le slibard. Jusque là, notre ISB avait du corps et de la moelle.

Depuis, plus rien. La disette totale. Plus rien de bandant, plus aucun grand titre à signaler… ça devient franchement chiant à écouter. Quand la matière fait défaut ou n’est plus susceptible d’enflammer le public depuis deux ans et quatre albums, il faut se faire une raison : L’ISB n’est plus ; il a été mais n’est plus.

Il a beau de creuser, s’en remettre à d’autres, bouleverser le line-up, rien n’y fait. L’ambiance n’est plus là. On se fait chier à 100 sous de l’heure.

Earthspan (en écoute intégrale ici), album triste et sans audace, perclus de multiples failles, n’échappe pas à ce constat ; il est à l’image des trois flops qui le précèdent. Il a pue la démission à plein nez ; on sort un truc parce qu’on a un contrat à respecter. Basta !

Le registre est tari depuis longtemps et ce n’est pas le pompeux LeMaistre, à la voix de châtré, qui puisse redonner des couleurs et de la crédibilité à leur travail. L’opulence, c’est bien fini ; Incredible String Band a vécu (RAZOR©).

 

1. My Father Was a Lighthouse Keeper.

2. Antoine.

3. Restless Night.

4. Sunday Song.

5. Black Jack David.

6. Banks of Sweet Italy.

7. The Actor.

8. Moon Hang Low.

9. Sailor and the Dancer.

10. Seagull.

 

Mike Heron:basse,piano.

Robin Williamson:guitare,flûte,chant.

Dave Mattacks:batterie.

Stuart Gordon:viola,violon,chant.

Malcolm Le Maistre:chant.

Likky:choeurs.

LP Studio 11 - 1973

 

Incredible string band no ruinous feud

 

THE INCREDIBLE STRING BAND

NO RUINOUS FEUD – 1973  3,5/5

 

Publié en mars 1973.

Produit par Roger Mayer,Mike Heron.

Durée:38:42.

Label:Island.

Genre:folk,pop.

 

Sursaut.

 

No Ruinous Feud redore le blason décati d’ISB. Avant cet album, 11ème jet du catalogue, on ne donne pas cher de la peau de ce qu’il reste de ce symbole de la folk psychédélique britannique. Les questions sur ce groupe portent plus sur l’imminence de leur cessation d’activité sous le présent étendard que sur une potentielle renaissance.

De renouveau, il n’en est pas question, car les tribunes d’arrivée sont en vue et c’est programmé au regard des motivations manifestées par les uns et les autres acteurs. On peut parler de soubresaut ; la bête ne veut pas se laisser abattre facilement et vend chèrement sa peau, même si la fin, encore une fois, est très proche.

Ici, mais c’est le cas depuis un bail, l’acid folk, la folk excentrique d’hier n’ont plus de raison d’être. Les présentes tendances sont progressives et, ma foi, cela lui sied bien.

Le répertoire est tissé autour d’une écriture collégiale. Chacun s’y implique. Individuellement certes, mais chacun fait le job et le fait plutôt bien, même si l’auditeur n’est pas surpris le moins du monde. C’est agréable et ça s’écoute ; on n’en demandait pas tant. Toujours est-il que ça nous permet de faire un peu de rab auprès de ces diables de scottish.

La matière est devenue plus classique et serpente présentement entre une pop légère, du reggae, du bluegrass, du jug Band, du folklore celtique et du folk. Williamson a laissé les clefs du camion à Heron et à l’ambitieux nouveau venu Malcolm LeMaistre dont j’ai énormément de mal à apprécier le chant.

Certains titres sont conçus pour avoir une vie commerciale, mais aucune brillance particulière n’émerge du lot. Selon que vous soyez resté à leur discographie folk psychédélique et mystique ou que vous soyez plus branché grand public, vous aimerez différemment cet album (RAZOR©).

 

1. Explorer.

2. Down Before Cathay.

3. Saturday Maybe.

4. Jigs.

5. Old Buccaneer.

6. At The Lighthouse Dance.

7. Second Fiddle.

8. Circus Girl.

9. Turquoise Blue.

10. My Blue Tears.

11. Weather The Storm.

12. Little Girl.

 

Mike Heron:piano basse.

Robin Williamson:guitare,flûte,chant.

Dave Mattacks:batterie.

Stuart Gordon:viola,violon,chant.

Malcolm Le Maistre:chant.

Likkychoeurs.

LP Studio 12 - 1974

 

Incredible string band hard rope silken twine

 

THE INCREDIBLE STRING BAND

HARD ROPE AND SILKEN TWINE – 1974  3/5

 

Publié en mars 1974.

Produit par Mike Heron.

Durée:43:51.

Label:Island.

Genre:folk.

 

Rien de vraiment génial.

 

ISB a au moins le mérite de s’accrocher. Pour ses fans. Sont-ils encore nombreux ? J’en doute. Ceux qui subsistent dans l’entourage du groupe ne peuvent pas appartenir au public de la première heure. Quant à agrandir son auditoire, je ne vois pas avec quelle matière la bande écossaise pourrait séduire de nouveaux adhérents.

Williamson l’a bien capté, lui qui mettra la flèche à gauche après ce Hard Rope And Silken Twine de 1974, frustré par l’orientation rock prise par Heron et LeMaistre. Son répertoire mystico-acid-folk, le seul et unique qui puisse revendiquer de porter le nom d’ISB, appartient au passé.

Heron s’y essaie pourtant dans, Ithkos, une saga grecque d’une grande prétention. Ce retour en arrière intéressant opéré par le second de Williamson (Heron) n’offre que peu d’écho en retour. Bien essayé. Et si ce n’est pas totalement concluant, accordons-lui le fait que ça aurait pu porter ses fruits. Frustant.

Rien de bien convaincant donc sur ce Hard Rop And Silken Twine bâti par ailleurs essentiellement sur un médiocre répertoire folklorique rehaussé d’influences progressives. Un émouvant Cold February échappe à ce rendu passable, moyen de gamme. Pour un Williamson qui s’en fout royalement depuis quelques années et qui se laisse paresseusement vivre, ce titre est la meilleure surprise de l’album. On l’attendait depuis longtemps. On sait désormais que c’est trop tard puisque ce disque est le dernier de ce groupe légendaire qui se dissout en octobre de l’an 74 (RAZOR©).


1. Maker of Islands.
2. Cold February.
3. Glancing Love.
4. Dreams of no Return.
5. Dumb Kate.
6. Ithkos.

 

Robin Williamson:guitare électrique,oud,mandoline,violon électrique,flûte alto,sifflet,congas,chant.

Mike Heron:guitare acoustique,guitare électrique,sitar,orgue,piano,chant.

Stan Lee:basse,steel guitare,synthétiseur Moog,chant.

Jack Ingram:batterie.

Graham Forbes:guitare électrique sur 2.

Malcolm Le Maistre:chant.

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !