The Kingston Trio.

BIOGRAPHIE.

 

THE KINGSTON TRIO/Palo Alto (Californie-USA)

 

Kingston trio 1

 

Actif entre 1957 et 1967,1970 à aujourd'hui.

Label:Capitol, Decca.

Genre:folk,pop.

Site internet:www.kingston.com

 

Un trésor national.

En reprenant à son compte, en 1958, Tom Dooley, tragique ballade folk issue du répertoire de la Caroline du Nord du 19ème siècle, le Kingston Trio, originaire de l'ouest américain, a contribué à donner l'impulsion pour ce qui allait être un phénomène culturel et musical, le Folk Revival de la fin des 50's, début des 60's. Dans son sillage, à l'amorce des sixties, ont éclos, entre autres, les Bob Dylan, les Peter Paul & Mary et les Joan Baez...

Les californiens, en rapprochant, pour l'occasion, le folklore américain du grand public, vont devenir une des figures marquantes du genre, raflant au passage un Grammy pour la meilleure performance Country & Western lors de la première cérémonie de ce concours distinctif.

Dans le même temps, ils occupent la première place du Billboard, font disque d'or et vendent plus d'un million de disques alors que l'année 1958 est sur le point de s'achever.

La chanson populaire pour credo.

Sur ce créneau folklorique concentré essentiellement sur Greenwich Village, le trio cible un registre différent de celui politique et contestataire dominant ; cantonnés dans la chanson populaire, Bob Shane, seul survivant aujourd'hui et à la tête du New Kingston Trio, Nick Reynolds et Dave Guard (remplacé en 1961 par John Stewart), avec leur belles harmonies vocales, leur style collégial et leurs chemises rayées BCBG, apparaissent comme les plus seyants de la place.

Malgré ce positionnement moins exposé, les trois artistes vont enchaîner les bons scores en signant, sur 1959, 4 albums dont trois se parent du statut de N°1 ; trois d'entre eux se côtoient dans le top 10 du Billboard de cette année-là (ils en placeront 14 durant leur carrière, dont 5 en tête).

Kingston trio 2Un trésor national.

Kington trio lifeLa couverture de Life en août 1959.

Kingston trio 1959BCBG dans leurs chemises rayées.

Kingston trio tom dooley capitolPopulaires grace à Tom Dooley.

Kingston trio lp6 LP dans les 10 premières places.

Le Kingston Trio règne sur les charts.

Par ailleurs, dans le sillage de Tom Dooley, le trio publie 16 singles prenant place dans le top 100 comme Raspberries Strawberries, The Tijuana Jail, MTA, A Worried Man, CooCoo-U en 1969, El Matador, Bad Man Blunder, Everglades en 1960, Where Have All The Flowers Gone, Jane Jane Jane, Scotch and Soda, One More Town en 1962, Reverend Mr Black, Greenback Dollar, Ally Ally Oxen Free en 1963.

Jusqu'en 1964, le Kingston Trio règne sur les charts, accumulant des performances dignes de celles des Beatles, qui, dès lors, vont l'en déloger. Pour l'anecdote, les enregistrements situés entre 1958 et 1961 ont rapporté plus de 25 millions de dollars au label Capitol Records. En valeur actuelle, on est dans les 195 millions de dollars. Qui dit mieux ?

La génèse.

L'histoire du Kingston Trio démarre à Honolulu où Dave Guard et Bob Shane étudient dans la même école secondaire. A Hawaï, ils apprennent à jouer du ukulélé pendant les cours de musique avant de se passionner pour les guitaristes hawaïens. Shane ajoute à sa panoplie la pratique de la guitare six cordes. Le duo se constitue alors qui va animer les fêtes scolaires et locales en proposant un mélange de musique tahitienne, hawaïenne et de calypso.

En 1952, les deux amis poursuivent leur scolarité en Californie. A l'Université de Palo Alto pour Guard, à Atherton pour Shane. Sur le campus, ce dernier y rencontre Nick Reynolds, originaire de San Diego, joueur de folk et chanteur. En le présentant à Guard, Shane initie le trio qui va aboutir au Kingston Trio, connu alors sous David Guard & The Calypsonians. Contraint de revenir à Hawaï pour travailler dans l'entreprise familiale (fin 1956), Shane délaisse un temps ses partenaires restés dans la périphérie de San Francisco où ils évoluent sous The Kingston Quartet avec Joe Gannon, bassiste, et Barbara Rogue, chanteuse.

Au Craked Pot à Redwood City, le groupe fait la connaissance de Frank Werber, venu du milieu de la publicité. Ce dernier aime beaucoup l'énergie et la spontanéité du quatuor mais n'est pas chaud pour devenir son manager tant que Joe Gannon, qu'il juge peu fiable, en demeure le guitariste. Guard et Reynolds s'exécutent mais Barbara Rogue quitte également la formation. Ils pourvoient à ces changements en rappelant Shane.

Une identité qui lui est propre.

Werber devient le manager de ce qui mute en Kingston Trio, en référence à la capitale jamaïquaine Kingston. Pour l'image, un contrat est établi entre les parties, stipulant que les musiciens portent les chemises rayées à manche courte qui vont faire leur popularité et leur identité.

Le Kingston Trio travaille sans se ménager (6 à 8 heures/jour) pour affiner sa musique et son chant. Un entraîneur vocal, Judy Davis, lui est affecté. Il débute dans les clubs de l'Area Bay, avant que Werber ne décroche, en 1957, un engagement auprès du Purple Onion, club en vue de San Francisco. Etabli sur deux semaines, le contrat va finalement se prolonger sur 4 mois (juin 1957).

Le triomphe.

Le bouche à oreille faisant rapidement son œuvre, le milieu du spectacle commence à s'intéresser de près à lui, d'autant que, pendant et entre chaque chanson, il crée une ambiance extraordinaire et très récréative. Une première tournée nationale les emmène de Reno à New York, de Boston à Chicago où il popularise son répertoire varié fait de folk et de calypso (1958). Au retour de son tour triomphal, le groupe s'offre le Hungry I de North Beach, passage obligé sur la scène san franciscaine (juin 1958) où il enregistrera son deuxième album, From The Hungry live (5 janvier 1969).

A cette époque, le Kingston Trio publie pour Capitol (The Kingston Trio/juin 1958) après que le boss adjoint de la production, Voyle Gilmore, convaincu par Werber, se soit déplacé en personne pour juger de l'étendue du phénomène. Un contrat sur 7 ans lui est proposé.

A l'automne, alors que le groupe revient d'Hawaï, il est surpris de constater que sa chanson Tom Dooley passe sur toutes les ondes du continent suite au coup de cœur qu'a eu un DJ de Salt Lake City ; le titre va tirer derrière lui le premier LP, pourtant encore moyen, malgré les deux autres succès que sont Scotch And Soda et Hard Is Not Hard.

Kingson trio bob shane

« Quand notre premier album est sorti, une radio de Salt Lake City a flashé sur Tom Dooley et a commencé à le passer en boucle sur les ondes, au point qu'il est devenu un single vendu à trois millions d'enregistrements en deux semaines. Un gars de chez Capitol est venu vers nous avec un énorme chèque, le plus gros que j'avais jamais vu dans ma vie. A partir de là, nous sommes devenus des chanteurs populaires. » ( Bob Shane)

Une poule aux œufs d'or.

Cette réussite va précipiter le passage du groupe sur les TV (The Dinah Shore Show et The Kraft Music Show sur NBC) et devenir la base d'un long métrage The Legend Of Tom Dooley avec Michael Landon, le P'tit Joe Cartwright de Bonanza, le Charles Ingalls de la Petite maison dans la Prairie. Les prédictions de Gilmore sont avérées, Capitol tient là une poule aux œufs d'or dont la carrière est définitivement lancée. Elle va durer 10 ans, jusqu'en 1967, avec un pic exceptionnel entre 1958 et 1961 au cours duquel le Kingston Trio place ses 5 premiers LP studio en tête des charts et les pare d'or.

En 1961, les rôles sont redistribués avec le départ un tantinet houleux de Guard, remplacé par le guitariste, banjoïste et chanteur John Stewart. Dans cette nouvelle configuration, le trio, entre 1961 et 1963, aligne un lot de 7 albums dont 6 prennent place dans le top 10 ainsi que quelques singles à succès comme Where Have All The Flowers Gone et Greenback Dollar.

Noyé dans la british invasion.

Dès 1964, les ventes se mettent à décliner, les concerts à moins se remplir. La faute incombe principalement à la déferlante anglaise s'abattant sur le sol américain. Comme Capitol ne montre plus le même enthousiasme pour ses protégés, le Kingston Trio finit chez Decca où il s'éteint doucement. Devenu moins vendeur, la formation cesse son activité le 17 juin 1967.

Shane le réactive deux ans plus tard. Le New Kingston Trio continue depuis et encore actuellement, à divertir les foules avec ses harmonies à trois voix, ses intermèdes humoristiques ainsi qu'à pérenniser un catalogue inscrit dans le patrimoine culturel américain (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 15 - 1964

 

Kingston trio nic bob john

 

THE KINGSTON TRIO

THE KINGSTON TRIO (NICK BOB JOHN) – 1964  5/5

 

Publié en décembre 1964.

Produit par Frank Werber.

Durée:38:03.

Label:Decca.

Genre:folk.

 

Une denrée rare.


 

Le Kingston Trio a fait du folk une denrée rare. Il a façonné, en utilisant uniquement guitares acoustiques, banjo et harmonies vocales (que les Beach Boys, experts en la matière, leur enviaient), la musique folklorique et populaire américaine ; mieux même, il l'a révoluionnée stricto sensu.

Ses intentions intiales étaient de s’amuser, de chanter, se divertir et de passer un foutu bon moment. Et ils l’ont fait ! Premier groupe à s’accaparer de vieux airs du patrimoine folklorique US, à les revisiter, quitte à en changer les paroles, le Kingston Trio est un cas dans la musique américaine. On ne dira jamais assez l’influence de ce trio. Magnéto Serge !

Entre les débuts en 1957, la tempête médiatique qui va déferler dans la continuité de leur version du légendaire Tom Dooley (octobre 58) et 1964, l’année de la fin d’un partenariat avec Capitol Records que l’on pense alors sceller à vie, Bob Shane, Nick Reynolds et John Stewart règnent, via le collectif Kingston Trio, sur les charts de la planète.

14 de leurs singles finissent dans le top 10, le public est demandeur. Aucune autre formation du genre ne fera jamais fait mieux, ni ne créera autant le besoin sur ce créneau. Il faut l’arrivée des Beatles pour l’en déloger. Alors, quand le trio passe chez le voisin Decca, on se dit que, plus jamais…

Les trois dernières années de la mouture la plus populaire de Kingston Trio (Dave Guard est remplacé par John Stewart en 61), alors véritable phénomène musical et culturel, se font chez Decca jusqu’en 1967, année d’une dissolution du groupe, qui réapparaîtra cependant deux ans plus tard sous la bannière de The New Kingston Trio.

Aujourd’hui encore, il est une des rares formations du moment à avoir survécu aux mutations du monde musical, retrouvant même, depuis quelque temps, un regain de popularité. Le trio (remodelé suite aux décès) tourne toujours une trentaine de semaines l’an, drainant autour de son nom un effectif toujours croissant de nouveaux fans.

Fin 1964, année de sortie dans les bacs de l’album The Kingston Trio, appelé également Nick Bob John, et du début d’une nouvelle ère discographique pour les américains, ils ont déjà réalisé 18 albums (dont 4 live) pour la seule Capitol.

La british invasion bat alors son plein. Les doutes sont vite dissipés : le passage sous la tunique concurrente n’altère en rien leur popularité. Leur premier album sous Decca répond aux attentes ; en connaissant encore un franc succès, le trio est un des seuls à contrer la main mise des Scarabées sur l’Amérique. Il est toujours au sommet de son art et réalise un des meilleurs disques pop/folk de son catalogue.

Ouvert par le traditionnel The Midnight Special, ici plus acoustique (mais moins bon, à mon sens) que l’adaptation faite par John Fogerty et ses CCR sur Willy And The Poor Boy (1969), ce Nick Bob John, à l’excellente qualité sonore, enregistré à San Francisco, est toujours très convaincant à écouter près de 50 ans plus tard.

Farewell (Fare The Well) de Sieur Dylan est une belle reprise, tout comme la ballade romantique Someday Soon, écrite par Ian Tyson cette même année 64, et dont Judy Collins fait un hit en 69.

More Poems, le Tom Paxton de service My Ramblin’ Boy, Love’s Been Good To Me (Rod McKuen), Poverty Hill (du tandem Hellerman/Minkoff), l’engagé Little Play Soldiers (Martin Cooper) sont les faits saillants d’un lot de qualité duquel je retiens tout spécialement l’enjoué final au banjo (I’m Going Home) ainsi que le géant et séminal Gotta Travel On, sorti de l’imagination de Paul Clayton.

Pour mémoire, Buddy Holly, le grand Buddy Holly, en fit la chanson d’ouverture de sa dernière tournée de début 59, fatale rappelons-le, et qui l’emporta avec Ritchie Valens et Big Hopper. Toute une époque, dont le Kingston Trio est un des plus brillants fleurons. On ne s’en lasse jamais (RAZOR©).

 

1. Midnight Special.

2. Love's Been Good to Me.

3. Poverty Hill.

4. Someday Soon.

5. Gotta Travel On.

6. Hope You Understand.

7. Little Play Soldiers.

8. Love Comes a Trickling Down.

9. My Ramblin' Boy.

10. More Poems.

11. Farewell (Fair The Well).

12. I'm Going Home.

 

Bob Shane:guitare,chant.

Nick Reynolds:guitare,chant.

John Stewart:guitare,banjo,chant.

Dean Reilly:basse

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