The Modern Folk Quartet.

BIOGRAPHIE.

 

THE MODERN FOLK QUARTET/Honolulu (Hawaii – USA)

 

Mfq intro

 

Actif entre 1962 et 1966,1975/1978,1985/1991,2003.

Labels:Warner Bros,Dunhill.

Genre:folk,folk-rock.

 

Des stars en devenir.

Derrière l'acronyme MFQ se devine le Modern Folk Quartet, un groupe réunissant des artistes ayant plus brillé dans leur carrière ultérieure que lors de leur passage dans le folk revival américain sous cette identité.

En effet, Chip Douglas, Henry Diltz, Cyrus Faryar et Jerry Yester (qui succède à Stan White, écarté pour raisons de santé), ça parle à ceux qui pratiquent le rock depuis les 60's. Aux autres, moins.

Chip Douglas s'est fait connaître par sa collaboration avec les Turtles (Happy Together), dont il fut le bassiste et avec les Monkees, en qualité de producteur, alors qu'Henry Diltz est devenu un des plus grands photographes du rock des 60's/70's.

On lui doit notamment une série de clichés restés célèbres sur Laurel Canyon, Woodstock, et, entre autres, les photos de couverture de l'album Crosby Stills & Nash, du LP Buffalo Springfield, de Desperado (The Eagles) et de Morrison Hotel (The Doors).

Si Cyrus Faryar (quelques albums solos pour Elektra Records, quelques sessions pour Fred Neil et Linda Ronstadt) est le moins populaire d'entre eux, Jerry Yester, passé préalablement par les New Christy Minstrels (1963), brillera à la production avec The Association, The Turtles, Tim Buckley ou encore Tom Waits, mais surtout avec le Lovin Spoonful, au sein duquel il remplace Zal Yanovsky.

Mfq honoluluUn groupe né à Honolulu.

Mfq 1964L'idée d'un quatuor acoustique germe rapidement...

Mfq 1...passé au folk-rock au milieu des 60's.

Mfq changesChanges, le deuxième LP (1964).

Mfq nowDernier tour de piste en 2011.

Entre acoustique et électrique.

Comme bon nombre de folkeux de l'époque, le Modern Folk Quartet a commencé dans une veine acoustique rehaussée d'harmonies à quatre voix, d'arrangements soignés, dans un moule identique au Kingston Trio, au Chad Mitchell Trio, aux Christy Minstrels ou aux Limeliters, avant de prendre le train de l'électrique, initié par Bob Dylan à Newport, et, dans la foulée, du folk-rock développé par les Byrds.

Le quatuor de la période initiale a réalisé deux albums pour Warner Brothers, alimenté par des reprises de musique traditionnelle et par du matériel puisé dans le répertoire des songwriters alors en vogue (Bob Gibson, John Stewart, Dino Valenti, Phil Ochs) ou des jazzmen (Anthony Ortega).

En basculant de manière un peu précipitée et sous la contrainte dans le folk-rock, le quatuor a perdu de son identité et n'a jamais eu le temps, ni l'organisation, pour évoluer à un niveau similaire à celui de son incarnation initiale, tombant de fait dans l'oubli et accélérant la dispersion de ses membres.

Honolulu, base de lancement du MFQ.

C'est à Honolulu que l'idée du MFQ se fomente. Cyrus Faryar y tient, depuis 1957, un café beat, le Greensleeves Coffeehouse, devenu le lieu de rassemblement de tous les musiciens, artistes, écrivains et poètes de la cité hawaïenne.

Les premiers contacts entre Cyrus et Chip, natif de San Francisco mais qui a grandi à Honolulu, et Henry, universitaire en psychologie à Hawaï, se nouent dans cet établissement.

Quand Stan White, joueur de flamenco hawaïen, se rapproche de Chip Douglas et Diltz, un trio se constitue qui anime les soirées au Greensleeves Coffeehouse.

Cyrus Faryar, alors débarrassé du bar et engagé auprès de Dave Guard (ex Kingston Trio et pote depuis le lycée de Punahou), au sein des Whiskeyhill Singers, se joint à eux quand il revient de tournée, comme c'est le cas au Dolan's Steakhouse de Waikiki.

Herb Cohen,premier manager du MFQ.

L'idée d'un quatuor est alors dans l'air qui offre plus de libertés vocales : The Modern folk Quartet voit le jour en 1962 et déménage sur Los Angeles où il se fait remarquer lors d'une hootnanny au Troubadour devant tout le gratin décisionnaire de la place angeline.

En proie à des problèmes de bipolarité, Stan White vit mal le succès du quatuor et reproche à Albert Grossman, manager de Dylan, d'exploiter ses protégés.

L'affaire fait grand bruit et manque de mettre à terre tous les efforts faits par le groupe pour lancer sa carrière. .

White est écarté au profit de Jerry Yester lequel n'est pas un inconnu sur la scène folk (The Yester Brothers, The New Christy Minstrels, The Baxter's Balladeers).

Éminente personnalité de la musique, Herb Cohen entame alors sa légendaire carrière (Zappa, Tim Buckley, Tom Waits, Linda Ronstadt...) en devenant le manager du MFQ.

Deux beaux albums folk.

Celui-ci permet au quartet, désormais installé à Greenwich Village, d'enregistrer son premier album, un LP éponyme sorti en 1963 pour le compte de Warner Brothers Records et produit par Jim Dickson, futur manager des Byrds et acteur séminal de la scène folk et folk-rock des 60's. Le premier album, articulé autour de chansons traditionnelles (Ox Driver) et d'adaptation de standards folk, réalisé avec une variété d'instruments comme le banjo, la guitare, le ukulélé et d'autres, soutenu par des harmonies vocales à quatre voix (Sassafras, Brandy), montre de la fraîcheur et de la modernité (Swing Down Chariot).

Il met Faryar, Diltz, Douglas et Ester sur la bonne voie, lesquels se produisent régulièrement dans les endroits de la place de Manhattan comme le Bitter End et font leur apparition au cinéma dans Palm Springs Week End (novembre 63). Ils y interprètent leur propre rôle dans la séquence au Jack's Casino et deux chansons dont The Ox Driver's Song, figurant sur l'opus initial.

Si son suivant, Changes (1964), annonce du changement, le Modern Folk Quartet place toutefois son deuxième LP dans une filière identique, à savoir un mélange de chansons folkloriques traditionnelles et de reprises revisitées de titres piqués à la génération ambiante des auteurs-compositeurs (Bob Dylan, Phil Ochs, Dino Valenti, John Stewart...), ainsi que des arrangements vocaux en plusieurs parties. La seule différence entre les deux jets réside dans le changement au niveau de la production, Curly Walters prenant le relais de Dickson.

Mfq henry diltz

« Quand je suis sorti de West Point, je suis allé à Hawaï. On m'a dit de chercher Cyrus Faryar qui avait ouvert un bar à Waikiki. Je venais d'acheter un banjo et je l'ai apporté avec moi. J'avais appris un peu du livre How to Play the 5 String Banjo de Pete Seeger. Je débutais. Je suis entré, l'ai fait demander et la première chose qu'il a remarquée, c'était mon banjo. A partir de là, nous étions les meilleurs amis et la collaboration a débuté. » (Henry Diltz)

Le MFQ passe à l'électrique.

En 1965, le groupe délaisse alors le créneau folk acoustique pour basculer dans un registre plus folk-rock, imitant en cela les Byrds, précurseur en la matière et de nombreux autres formations qui ont pris ce pli.

Cette mutation vers l'électricité s'avère cependant moins mémorable d'autant que le Modern Folk Quartet ne publie plus aucun autre LP qui puisse y référer.

Malgré l'entrée d'un batteur, Eddie Hoh, des collaborations avec Phil Spector ou Jack Nitzsche, des ouvertures pour le Lovin' Spoonful ou Donovan, quelques apparitions à la TV, un changement de label, début 66, (de Warner Brothers à Dunhill Records), quelques singles (Every Minute Of Every Day, Night Time Girl/Lifetime, Don't You Wonder/I Had A Dream Last Night), la bande à Douglas rentre progressivement dans le rang, avant de se séparer dans le courant l'été de la même année.

Une inspiration pour Stephen Stills.

Chacun des membres se projette alors sur sa propre carrière : les Monkees pour Douglas, Lovin' Spoonful pour Yester, un parcours solo pour Faryar et la photo pour Diltz. Une reformation a lieu en 1975 qui dure trois ans, durant lesquels est enregistré un live (At The Ice House/1978).

Dix ans plus tard (1988), le frère de Jerry Yester intègre le MFQ à nouveau reconstitué dès 1985 et jusqu'en 1991. Les dernières retrouvailles remontent à 2011, à l'occasion d'une tournée japonaise.

De 60's à aujourd'hui, le Modern Folk Quartet a parcouru un long et tortueux chemin musical qui, s'il ne les a jamais menés au sommet des charts, n'en a pas moins permis à ses membres d'avoir en retour le respect et l'affection de ses pairs de la profession et du public.

Ainsi Stephen Stills a toujours dit qu'entendre le MFQ était pour lui une inspiration pour obtenir le son de Crosby Stills & Nash. Maigre consolation, mais tellement révélateur de la pertinence de ce quatuor (RAZOR©2020).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 1 - 1963

 

Modern folk quartet modern folk quartet 1963

 

THE MODERN FOLK QUARTET

THE MODERN FOLK QUARTET – 1963  4/5

 

Publié en 1963.

Produit par Jim Dickson.

Durée:29:43.

Label:Warner Bros.

Genre:folk,folk revival,folk-pop.

 

Frais et moderne.

 

L'histoire du quatuor (Cyrus Faryar, Chip Douglas, Henry Diltz et Stan White) a débuté à Honolulu un an avant la sortie de ce premier album du MFQ, entendez par là Modern Folk Quartet.

Depuis, Alan White a été écarté, remplacé par Jerry Yester et le groupe a migré aux États-Unis. A Los Angeles d'abord où il enflamme le Troubadour, puis à Greenwich Village où il contribue à lancer le folk revival.

Son premier LP (Changes est son suivant/1964), éponyme, s'appuie sur un répertoire sélectionné de standards du genre ou de classiques revisités à la sauce MFQ et de reprises d'auteurs-compositeurs contemporains, autrement dit brodés autour de magnifiques harmonies à quatre voix.

On est dans un registre proche de Kingston Trio, des Limeliters, des New Christy Minstrels ou du Chad Mitchell Trio. Produit par Jim Dickson, le Brian Epstein des Byrds, le disque montre de la fraîcheur et de la modernité pour l'époque. Il bénéficie de la grande largesse laissée par Dickson à la production.

En tête de pont de ce répertoire, Ox Driver, Road To Freedom (John Stewart), Yes I See (Bob Gibson), It Was A Very Good Year (Erwin Drake), Pennies (Dino Valenti, futur Quicksilver), ainsi que l'adaptation modernisée du Negro spiritual Swing Low Sweet Chariot (Swing Down Chariot) ou encore la ballade Sassafras. Ce disque annonce le Changes qui suit (1964), deuxième et dernier pan de la discographie des 60's de MFQ (RAZOR©).

 

1. Swing Down Chariot.

2. Sassafras.

3. Barandy.

4. Wanderin' Willie.

5. It Was A Very Good Year.

6. Ox Driver.

7. Pennies.

8. Road To Freedom.

9. To Catch A Shad.

10. Home Is Where The Heart Is.

11. Lee-Lo.

12. Yes I See.

 

Cyrus Faryar:guitare,chant.

Henry Diltz:banjo,clarinette,chant.

Chip Douglas:basse,banjo,ukulele,guitare,cloches,chant.

Jerry Yester:guitare,cymbales,chant.

1 vote. Moyenne 5.00 sur 5.