The Temptations.

BIOGRAPHIE.

 

 

THE TEMPTATIONS/Detroit (Michigan – USA)

 

The temptations with l r otis williams david ruffin eddie kendricks melvin franklin and paul williams 1965

 

Actif depuis 1960.

Label:Motown,Miracle,Gordy,Atlantic,United Artists.

Genre:soul,R&B,funk,soul psychédélique.

Site Internet officiel:temptationsofficial.com

 

Emblématique Papa Was A Rolling Stone.

Qu'elles étaient belles ces années 70 qui ont généré des palanquées de chansons aujourd'hui intemporelles, des brassées de musiques passées à la postérité.

Il en est une qui, plus que les autres et dès que ses premières notes retentissent dans les baffles de l'autoradio, vous incite à pousser un peu plus fort le volume et à accompagner ses pulsations en tambourinant sur le volant tout en dodelinant du chef, comme le chien à la tête remuante de la plage-arrière, rythmé par les secousses de la route. : Papa Was A Rolling Stone.

Amorcée par un battement régulier sur les cymbales Charleston, enchaînée par un riff prégnant et hypnotique de basse funky, relayée par des violons en fond, l'intro est prolongée par la pédale wah-wah de Melvin Watson Ragin, caractéristique du son soul des 70's (Michael Jackson, Marvin Gaye, Quincy Jones, Gloria Gaynor, Stevie Wonder...).

Le whacka-whacka de sa Cry Baby donne alors le ton du préambule pilo-érectile de la version tentaculaire (étirée à 12 minutes) du moderniste et inventif Norman Whitfield (grand architecte du son de la Tamla Motown), soutenu par des claquements de mains, puis des cuivres, avant que la voix rugueuse taillée dans le gospel de Dennis Edwards n'entre en lice, appuyée par les lignes vocales de Melvin Franklin, Damon Harris, Richard Street. Grandiose !

Papa Was A Rolling Stone brosse le portrait sombre et peu flatteur de l'absence du père, de l'irresponsabilité sociale et de l'instabilité.

Ses paroles, œuvre de Barrett Strong, ramènent à l'expression Rolling Stone (du proverbe Pierre qui roule n'amasse pas mousse), rattachée au vagabond, au globe-trotter, au oisif ou à l'infidèle que ce dernier rencontre régulièrement dans son quartier dans les 50's.

The temptations classice five 2Le Classic Five des Temptations...

The temptations otis williams...avec Otis Williams,toujours actif aujourd'hui.

The temptations berry gordy motownPlacé sous la férule de Berry Gordy...

The temptations norman whitfield visionnaire papa...et entre les mains du visonnaire Whitfield...

The temptations papa longIntemporel Papa Was A Rolling Stone...

The temptations all direction 1972...et un LP numéro 1 du Billboard 200.

Strong met cette thématique en scène ici, via le récit sincère croisé entre un enfant et sa mère sur le papa démissionnaire et les rumeurs désagréables nées de son absence.

Tour à tour, Dennis Edwards, Richard Street, Damon Harris et Melvin Franklin interrogent leur mère sur ce père dont ils ignorent tout.

Morceau de bravoure de 7 minutes dans son format single, étendue de près de 5 minutes supplémentaires dans sa version intégrale, l'emblématique Papa Was a Rolling Stone est un standard des clubs et discothèques de l'époque qui se hisse au sommet des ventes de disques américaines à la fin de l'année 1972.

Groupe vocal le plus populaire.

Le succès du titre (N°1 du Billboard 100 et 168ème meilleure chanson de tous les temps) s'accompagne de trois Grammy Awards (1973) et établit les Temptations comme le groupe vocal le plus populaire de la musique noire moderne américaine.

Groupe de doo-wop formé à Birmingham (Alabama) en 1955 par Wiley Waller, Kell Osbourne, Paul Williams et Eddie Kendricks, les Cavaliers, réduits à un trio quand le premier nommé quitte ses partenaires en 1957, déménagent à Cleveland (Ohio), avant de se fixer à Detroit (Michigan) où ils évoluent sous les Primes (1959).

Dans le même temps, Otis Williams & The Siberians, autre formation de Detroit est remaniée autour de son leader et forme les Distants. Deux Primes rejoignent les trois Distants. Ces nouveaux Distants se renomment The Elgins.

Sous la férule de Berry Gordy.

Eddie Kendricks, Paul et Otis Williams, Melvin Franklin et Elbridge Bryant en constituent l'ossature, marchepied menant aux Temptations, identité prise après la signature d'un contrat avec Miracle Records (1961), furtif label de Berry Gordy destiné à promouvoir le R&B au sein de l'écurie Motown.

La nouvelle mouture publie son premier single en janvier de cette même année (Oh, Mother Of Mine), suivi d'un second en novembre (Check Yourself) ; ils sont les seuls pour Miracle Records qui est arrêté dans la foulée.

Toute la production discographique suivante est, dès lors et jusqu'en 1988, publiée sous l'étiquette Gordy Records.

Celle-ci, particulièrement prolifique et brillante, se met en place dès 1962, après que Berry Gordy ait orienté ses protégés dans une direction différente, plus mid tempo et romantique, à l'image de (You're My) Dream Come True.

Le titre signé par le boss du label en personne ouvre la voie du succès aux Temptations, lesquels, avec celui-ci, se positionnent au 22ème rang des charts R&B américains.

La période Classic Five.

Le Billboard Singles pop 100 se refusant à lui, le groupe doit se contenter de retombées régionales, ce qui rend Elbridge Al Bryant nerveux, hésitant entre son avenir dans la musique et son emploi de laitier.

Rendu de plus en plus irritable et ingérable au motif de consommer beaucoup d'alcools, il est écarté momentanément du groupe après avoir fracassé une bouteille sur la tête de Paul Williams, au cours d'une énième dispute (1963) et ce, malgré la tentative de dédramatisation de sa victime.

Réhabilité, il est définitivement radié quand il récidive lors d'une soirée de Nouvel An 1964. Le mississippien David Ruffin le supplée et devient le chanteur principal du groupe de 1964 à 1968, durant la période Classic Five (1964/1970) des Temptations. Sa première session au sein de la formation s'effectue le 9 janvier 1964.

Dès le début de 1964 et deux semaines après le licenciement de Bryant, Otis Williams, Paul Williams, Eddie Kendricks, Melvin Franklin et David Ruffin se retrouvent en studio pour enregistrer The Way You Do The Things You Do et le publier dès la fin du mois.

Onzième du Billboard 100, cette chanson, dont UB 40 fait un N°6 des charts en 1990, est la première des Temptations à atteindre les classements nationaux officiels.

I'll Be In Trouble (avril 1964) et Girl (Why You Wanna Make Me Blue), sorti en août 1964, par lequel Ruffin devient officiellement le chanteur principal, enchaînent sur la bonne dynamique qui les anime alors et maintiennent les Temptations à un haut niveau.

My Girl (décembre) les porte là où Gordy (et le producteur et songwriter Smokey Robinson) rêve de les voir depuis le début de leur collaboration : en tête du Billboard.

C'est fait le 16 janvier 1965. Titre parmi les plus populaires du catalogue, My Girl est nominé aux Grammy Awards en 1998.

It's Growing, Since I Lost My Baby et My Baby, tous trois top 20 en 1965, Get Ready (N°29/1966), dont Rare Earth fait une version jamée de 21minutes et 30 secondes en 1969, Ain't Too Proud To Beg (mars 66/N°13), Beauty Is Only Skin Deep (N°3/août 1966), I Know (I'm Losing You), en septembre 1966, All I Need (avril 1967 et top 10), You're My Everything (N°6/juin1967), (Loneliness Made Me Realize) It's You That I Need (septembre 1967 et N°14), I Wish It Would Rain (décembre 1967 et N°4), I Could Never Love Another (After Loving You (avril 1968 et N°13) et Please Return Your Love To Me (N°26/juillet 1968)... le flux de singles envoyés au casse-pipe flirte avec le top des charts mais, pour Gordy, il faut faire mieux encore.

David Ruffin, en conflit larvé avec Berry Gordy pour des motifs financiers et des comportements égotiques, est congédié le 27 juin 1968 et remplacé par Dennis Edwards. Eddie Kendricks le supplée en qualité de chanteur principal.

En litige avec le label, Ruffin est contraint de respecter les modalités de son contrat et à le terminer en marge de ses anciens partenaires.

The temptations otis williams portrait

« La Motown nous a appris ce qu'était le show business. L'endroit était spécial, l'époque aussi et je suis heureux d'être encore ici pour rendre hommage à tous mes frères Temptations, plus particulièrement à Melvin, Paul, Eddie et David. Ils me manquent. Nous avons traversé tant de choses et vécu les sombres luttes du mouvement des droits civiques dans les 60's. Notre musique et nos fans nous ont aidés à gérer tout cela et à continuer toutes ces années. Je suis si heureux aujourd'hui de célébrer ce soixantième anniversaire. » (Otis Williams)

La patte de Norman Whitfield...

Après un intermède avec Diana Ross & The Supremes (Join The Temptations/1968), le groupe aborde les seventies en optant pour un son plus psychédélique, voulu par Norman Whitfield. Cette nouvelle incarnation diffère donc de celle qui précède.

Ce changement est perceptible dès Cloud Nine (6ème du Billboard et premier Grammy), édité en octobre 1968. La musique se met à wah-wahter, le rythme à durcir et à se faire plus entraînant.

L'émergence récente de Sly & The Family Stone influe énormément sur la nouvelle direction musicale prise et que porte Norman Whitfield, visionnaire moderne, stimulateur inventif ; ce dernier se voit confier la direction artistique des Temptations, à l'aube de la nouvelle décennie.

Sa patte donne un nouvel élan au groupe et l'emmène rapidement vers son apogée soul psychédélique avec les titres Just My Imagination (1971) et, surtout, Papa Was A Rolling Stone (1972). Ce titre est le dernier grand classique des Temptations.

Une fin en eau de boudin.

Richard Street est de cette aventure pour avoir remplacé Paul Williams au début des 70's. Celui-ci, atteint d'une maladie respiratoire et d'un alcoolisme avancé affectant ses prestations publiques, voit sa voix se détériorer, aussi l'encadrement décide de sa mise à l'écart. Cet évincement provisoire bascule en remplacement définitif quand des examens médicaux décèlent une tâche au foie.

Kendricks, à l'instar de Ruffin précédemment, prend la décision de voler de ses propres ailes en 1971 ; Ricky Owens des Vibrations, puis très rapidement Damon Harris (1971/1975) s'invitent dans l'effectif dont Melvin Franklin est alors le seul membre du line-up d'origine. Edwards ne tarde pas à les imiter.

Ces premiers mouvements de personnel en annoncent d'autres, sans jamais toutefois déstabiliser le groupe. A ces mutations s'ajoutent un changement de label (passage de Motown à Atlantic, puis retour à la case départ en 1979), des choix surprenants de producteurs différents.

Ceux-ci ne permettent pas aux Temptations de redorer un blason de plus en plus terni par les problèmes sanitaires des uns et des autres et dont l'alcool et les drogues sont le dénominateur commun.

Seul Otis Williams...

Ainsi Paul Williams se suicide en 1973, Elbridge Bryant succombe à une cirrhose du foie (1975), David Ruffin à une overdose (1991), Kendricks a un cancer du poumon (1992).

Tombé dans le coma, Melvin Franklin est retrouvé à son domicile mort en février 1995. Harry McGilberty (1996/2003) et Ali Woodson (1988/1996) meurent respectivement en 2006 et 2010, tandis que l'année 2013 voit Damon Harris et Richard Street disparaître à leur tour. Dennis Edwards rejoint ses anciens partenaires cinq ans plus tard (2018).

Il appartient désormais à Otis Williams, seul rescapé du groupe originel, de continuer à promouvoir le nom aux quatre coins de la planète. Les Empereurs de la soul en sont, cette année, à célébrer leur soixantième anniversaire (RAZOR©2021).

MON CHOIX DISCOGRAPHIQUE.

LP Studio 16 - 1972

 

The temptations all direction 1972

 

THE TEMPTATIONS

ALL DIRECTIONS – 1972  5/5

 

Publié en juillet 1972.

Produit par Norman Whitfield.

Durée:33:33.

Label :Tamla Motown (Berry Gordy).

Genre:soul,funk,soul psychédélique.

 

La patte de Norman Whitfield.

 

On peut compter sur les doigts d'une main les albums soul ayant occupé le premier rang des charts du Billboard 200, au tout début des 70's. J'entends par là le classement global et non pas celui par catégories et je prends en considération la même période (1971/72).

Au doigt mouillé, et si ma mémoire ne me fait pas faux bond, on peut réserver ce privilège à Isaac Hayes pour Shaft ainsi qu'à Sly & The Family Stone (There's A Riot Goin' On (1971) et Curtis Mayfield (Super Fly/1972).

Même la belle discographie de Stevie Wonder (Music Of My Mind et Talking Book sortis en 1972) ou l'album soul culte What's Going On (Marvin Gaye/1971) qui a marqué un tournant dans la musique soul et le R&B et vu comme un des plus grands disques de musique pop du 20ème siècle, ne sont pas parvenus à égaler ce que All Directions des Temptations a réalisé, à savoir être N°1 du Billboard.

Faut-il y voir la présence du mythique Papa Was A Rolling Stone ? Il y a des chances que ce soit le cas mais il est évident que figurer au générique du 16ème volume studio du catalogue joue incontestablement en faveur de All Directions mais pas que.

L'album vaut également pour l'intérêt que suscite le travail créatif du producteur avant-gardiste Norman Whitfield, qui, dès la fin des 60's, influe considérablement sur le son de la Motown et établit la base de la soul psychédélique.

Whitfield, cheville ouvrière de la Motown entrée dans l'ère psychédélique, fait des Temptations de l'après David Ruffin, son terrain d'expérimentation.

Les singles et LP qu'il produit avec l'arrivée de Dennis Edwards au chant (1968) déplacent les Temptations vers un son plus dur et plus sombre, sorte de mélange entre rock psychédélique et funk, inspiré des travaux de Sly & The Family Stone et de Funkadelic.

Sa production se veut ambitieuse et engagée. Elle se révèle brillante et atteint même son apogée ici dans ce disque monstrueux, articulé avec bonheur autour de sa pièce historique de 12 minutes et qui redonne du souffle à la carrière de leurs interprètes.

Les Temptations, à propos desquels on s'interroge alors sur le devenir à court terme, se relancent merveilleusement grâce à All Directions. Ils retrouvent un second souffle et le doivent à Whitfield, dont le grandiose Papa Was A Rolling Stone est le couronnement. La Motown a rarement fait mieux depuis

Ajoutez-y l'ouvreur Funky Music Sho Nuff Turns Me On, Run Charlie Run, Mother Nature, I Ain't Got Nothing, Do Your Thing, autant de joyaux gérés avec beaucoup de finesse, de sensiilité et d'intelligence et vous obtenez l'album que le Billboard a plébiscité de son temps. Et bien, figurez-vous que c'est pareil pour moi et aujourd'hui encore ! (RAZOR©2021)

 

1. Funky Music Sho Nuff Turns Me On.

2. Run Charlie Run.

3. Papa Was A Rolling Stone.

4. Love Woke Me Up This Morning.

5. I Ain't Got Nothing.

6. The First Tile Ever.

7. Mother Nature,

8. Do Your Thing.

 

Dennis Edwards,Damon Harris,Richard Street,Melvin Franklin,Otis Williams:chant.

The Andantes:chœurs sur 4.

Billy Cooper,Eddie Willis,Joe Messina,Melvin Wha Wah Ragin,Paul Warren,Robert Ward,Robert White:guitares.

Bob Babbitt,James Jamerson,Leroy Taylor:basse.

Aaron Smith,Andrew Smith,Richard Pistol Allen,Uriel Jones:batterie.

Eddie Brown:bongos,congas.

Johnny Griffith:orgue.

Earl Van Dyke:piano.

Jack Brokensha:timbales,vibrations,cloches.

Jack Ashford:tambourin,maracas,percussion.

Maurice Davis:trompette.

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