Tim Buckley.

BIOGRAPHIE.

 

TIM BUCKLEY/Bell Gardens (Californie)

 

Tim buckley

 

Né Timothy Charles Buckley, le 14 février 1947 à Washington.

Mort le 29 juin 1975 à Los Angeles.

Auteur-compositeur-interprète.

Années actives:1996/1975.

Labels:Elektra,Straight,DiscReet,Rhino.

Genre:folk,rock expérimental,jazz-rock,funk,soul.

Site:timbuckley.net

 

Tel père, tel fils.

La Grande Faucheuse n’a pas pris de gant avec les Buckley. Elle n’a pas daigné attendre les lois de la nature et l’avancée dans l’âge pour les prendre, jetant son dévolu sur deux jeunes aux portes de la trentaine. Pas encore atteinte pour Tim, juste franchie pour Jeff. En cela, père et fils ont eu une destinée parallèle, comme dans un scénario réglé d’avance. Seules les conditions de leur décès s’opposent radicalement. Si pour le rejeton, la fatalité a voulu qu’il disparaisse accidentellement par noyade dans un bras mort réputé dangereux de la zone portuaire de Memphis, pour le géniteur, l’histoire était écrite d’avance au regard de l’instabilité de son mode de vie rythmée par la drogue.

Buckley 1

Buckley 2

Devenu culte à titre posthume.

Tim Buckley a consacré le peu de temps de sa vie à une musique hybride d’une grande beauté, articulée autour d’un mélange de folk, de rock psychédélique ou expérimental, de jazz et de soul. Une overdose d’héroïne, le 29 juin 1975, a mis fin à une carrière en tous points remarquable jusqu’en 1973, ponctuée de 7 LP de gros calibre dont certains sont des chefs d’œuvre. Seuls Sefronia (1973) et Look At The Fool (1974), les deux albums précédant sa disparition et qui marquent l’errance du moment de l’artiste, échappent à ce constat.

Devenu culte après sa mort, Tim Buckley était généralement incompris de son vivant. Sauf d’une minorité qui avait très tôt flairé toute la charge émotionnelle véhiculée par le personnage. Mais Buckley père avait le don d’irriter le plus tolérant de ses supporters.

Un artiste déconcertant pour ses fans.

A peine laissait-il une belle empreinte psyché dans le folk, qu’il basculait aussitôt dans le baroque, se réfugiait dans le jazz ou empruntait une voie résolument expérimentale.

De quoi dérouter le fan le plus assidu, voire s’en détourner carrément tant le californien d’adoption n’était jamais là où on l’attendait. Malgré ces revirements artistiques déstabilisants pour l’auditoire, pénalisants pour l’auteur-compositeur-interprète alors en activité, l’œuvre de Buckley, reconnue sur le tard, est une des plus belles du rock. L’œuvre d’un artiste talentueux et unique en son genre, à la vision musicale moderne.

Buckley 3

« Tout ce que je sais, c’est que je suis libre et ça, c’est génial ! » (Tim Buckley)

Une carrière en trois actes...

Son catalogue discographique s’inscrit entre 1966 et 1974. Tout ce qui vient après les 9 LP studio de ce créneau correspond au répertoire posthume de Tim Buckley qui, dès 1975, s’est enrichi, comme par enchantement, de live et d’inédits qui nous permettent d’en connaître un peu plus sur un acteur du rock qui en cherchant à repousser les limites de la musique de son époque a lui-même induit la confusion qui s’attache à son travail.

Trois phases distinctives caractérisent son parcours artistique. La première 1966/1969 couvre la période folk dite classique d’un musicien bien dans l’esprit de son époque. Il est alors chez Elektra, label pour lequel il signe l’éponyme Tim Buckley en 1966, puis Goodbye And Hello en 1967, deux pièces aux arrangements baroques, et enfin, Happy Sad en 1969 dont la base toujours folk s’habille de teintes blues et jazz. Les fans commencent à y perdre leur latin.

Tim entre alors avec une trilogie free-jazz ponctuée par trois disques ambitieux produits par Frank Zappa et pour l’étiquette Straight Records : l’émouvant Blue Afternoon (fin novembre 1969) se place dans la mouvance folk-jazz de Happy Sad. Lorca (mai 1970) se veut aussi avant-gardiste que son suivant, Starsailor (novembre 1970) est difficile d’accès. La voie exigeante et complexe prise par un Buckley de plus en plus instable l’éloigne de ses auditeurs de la première période. Cette orientation artistique peu lucrative l’amène même à remettre en cause son avenir dans la musique ; malgré Song To The Siren, repris par ses confrères, Tim Buckley est obligé de changer de métier pour survivre.

Deux ans plus tard, il revient en force avec Greetings From L.A. (1972), le septième maillon de son catalogue. Buckley s’annonce plus sexe and soul, démontre une confiance en lui qu’on ne lui connaissait pas. Bref, il est en forme et signe un album qui l’extirpe de la production confuse qui lui colle à la peau et a même du temps sur les ondes. C’est la dernière fois que Buckley se montre à son avantage.

Jusqu'au fatidique 29 juin 1975.

Alors que tout semble aller pour le mieux, Buckley réalise alors en 1973 et en 1974, deux LP à mourir d’ennui, indigents, que sa voix jusque magique n’arrive même pas à sauver. Sefronia et Look At The Fool ne sont pas dignes d’intérêt. Arrive ce fatidique 29 juin 1975, qui n’a pas dû faire trois lignes dans les presses tant le binôme Buckley et son œuvre a alors prêté à la controverse. Depuis, il est culte au-delà de tout ce que l’on peut imaginer (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1966

 

Tim buckley 1966

 

TIM BUCKLEY

TIM BUCKLEY – 1966  5/5

 

Publié en octobre 1966.

Produit par Jac Holzman,Paul A. Rotschild.

Durée:34:05.

Label:Elektra Records.

Genre:folk-rock.

 

A tomber sur son séant.

 

Dans le club nécrologique des 27, Tim Buckley est souvent oublié. Pourtant, comme Jones, Morrison, Hendrix, Joplin, plus près de nous Cobain et dernièrement Winehouse, Tim Buckley, ce mec qui ne marchera jamais dans les clous, a également bouffé les pissenlits par la racine pour une fin identique et à un âge approchant, si ce n’est au même âge.

La Grande Faucheuse l’a emporté pour les mêmes écarts que ses voisins de palier d’aujourd’hui : l’abus massif de drogue, d’alcool. En 1966, cette belle gueule de 20 printemps, fils d’irlandais né à Washington et installé à Los Angeles, figure de proue respectée de la scène folk-rock américaine du moment, nous donne un aperçu de l’étendue de son talent de compositeur, de sa déjà grande maturité, de la clarté de sa voix, du raffinement de ses mélodies, par l’entremise d’un LP éponyme (en écoute intégrale ici) sorti deux jours avant que Jeff, son rejeton (artiste mort à 30 ans de noyade), ne vienne au monde.

Il est éponyme, d’approche folk-rock, débloque son compteur personnel studio et se fait sous label Elektra, où il côtoie Paul Butterfield Blues band, Judy Collins, Love, les Doors. Buckley, pour une première, agite, au nez et à la barbe d’un public médusé une feuille de route remarquable, variée, mûre, riche, attachante parce que fragile, marquée du sceau de l’ambition et de la liberté.

Valentine Melody, Understand Your Man, Song Slowly Song, Strange Street Affair Under Blue  et l’extraordinaire Song Of The Magician placent Tim Buckley largement devant ses rivaux artistiques du moment. Compte tenu de sa jeunesse et que nous avons affaire à une première salve discographique, c’est à tomber sur son séant (RAZOR©).

 

1. I Can't See You.

2. Wings.

3. Song of the Magician.

4. Strange Street Affair Under Blue.

5. Valentine Melody.

6. Aren't You the Girl.

7. Song Slowly Song.

8. It Happens Every Time.

9. Song for Jainie.

10. Grief in My Soul.

11. She Is.

12. Understand Your Man.

 

Tim Buckley:guitare,chant.

Lee Underwood:guitare,claviers.

Jim Fielder:basse.

Van Dyke Parks:piano,céleste,clavecin.

Billy Mundi:percussions,batterie.

LP Studio 3 - 1969

 

Tim buckley happy sad

 

TIM BUCKLEY

HAPPY SAD – 1969  5/5

 

Publié en juillet 1969.

Produit par Zal Yanovsky,Jerry Yester.

Durée:44:43.

Label:Elektra Records.

Genre:folk jazz,folk-rock.

 

Une étape dans le folk-jazz.

 

Après que l’album éponyme initial (1966), installé dans une mouvance folk, ait contribué à révéler un artiste talentueux et précoce, doté d’une voix extraordinaire, la musique de Tim Buckley évolue vers un rock mâtiné de folk qui laisse une grande liberté à l’expérimentation (Goodbye & Hello-1967), puis vers un univers influencé par le blues et le jazz, auquel les fréquentations nocturnes de sa vie dissolue du moment (Miles Davis et Thelonius Monk) ne sont pas étrangères.  C'est Happy Sad (en écoute intégrale ici), punlié en juillet 1969

Instable notoire, animé par un perpétuel besoin de ne jamais rester les deux pieds dans le même sabot, Buckley fait une étape dans le folk-jazz comme le révèle ce troisième LP de 1969. Il sautera les pieds joints dans le free jazz, propice aux improvisations dont il raffole, comme pour prendre son pied à déboussoler un auditoire qui a de plus en plus de mal à le suivre.

Happy Sad conserve une assise folk mais  est un exemple tangible de cette nouvelle orientation. Les titres figurant au répertoire de ce disque ne sont jamais rejoués, très souvent improvisés, enregistrés en une prise unique et leur interprétation est très influencée par la manière de jouer du jazz qui laisse libre cours aux impros, qui étire les morceaux et privilégie les soli étirés, fussent-ils de vibraphone.

Tim Buckley s’attache ici les services d’un vibraphoniste mais se prive de batteur, à l’instar de John Martyn avec lequel il a de nombreux points communs. Je vous laisse juge du swing incroyable qui colle à cet album à l’atmosphère mélancolique. C’est fabuleux.

Grâce à ce travail recensé parmi ce que l’artiste a fait de mieux, Buckley fidélise son parterre d’habitués de la maison,  tout en s’ouvrant à une élite d’experts impitoyables. En 6 titres et 45 minutes, Tim Buckley nous emmène vers les sommets. Fort, très fort (RAZOR©) 

 

1. Strange Feelin'.

2. Buzzin' Fly.

3. Love from Room 109 at The Islander (on Pacific Coast Highway).

4. Dream Letter.

5. Gypsy Woman.

6. Sing a Song for You.

 

Lee Underwood:guitare.

David Freedman:vibraphone,marimba.

John Miller:contrebasse.

Carter C.C. Collins:congas.

Tim Buckley:guitare douze cordes,chant.

LP Studio 7 - 1972

 

Tim buckley greetings for l a

 

TIM BUCKLEY

GREETINGS FROM L.A. – 1972  5/5

 

Publié en octobre 1972.

Produit par Jerry Goldstein.

Durée:39:38.

Label:Straight Records.

Genre:funk,jazz-rock.

 

Bien le bonjour de Tim.

 

Septième LP de Tim Buckley, Greetings From L.A (en écoute intégrale ici) n'a pas connu le succès commercial qu'il était en droit d'espérer, bien qu'il soit un des préférés de ses fans.

Dans un disque constitué de 7 titres seulement, dont quatre au-delà des six minutes, Tim Buckley transpire moins le folk dont il est alors coutumier et s'oriente cette fois vers la soul et le R & B. Le changement vers le funk est si radical qu'il faut tendre l'oreille pour admettre la vérité: cette voix est bien celle de Tim, car pour le reste, il faut être balaize pour le deviner.

Quoi qu'il en soit, cet album à la couverture et au titre "carte postale" est une petite délicatesse. Plus abordable et plus commun que ses travaux précédents, Greetings From L.A. est un allié pour la popularité d'un artiste jusqu'alors très introverti, souvent en souffrance, essentiellement expérimental et aventureux.

Cantonné dans un répertoire caractérisé par la complexité, le Tim Buckley de ce LP de 1972 semble avoir tiré les leçons d'une situation qui l'affecte au plus haut moins: l'insuccès. Tim Buckley est un génie, Tim Buckley est un visionnaire, mais Tim Buckley ne vit pas d'un art qu'il a placé haut selon les spécialistes du catalogue de ce fils d'Irlandais.

Depuis deux ans, il exerce divers métiers (il est même chauffeur pour Sly Stone). Or il doit manger...Greetings From L.A. est un compromis sarcastique entre les impératifs commerciaux (sa maison de disques ne lui pardonnerait pas un échec supplémentaire) et son épanouissement musical personnel.

Le Tim Buckley subtil, incompris, à l'émotion à fleur de peau, fait donc place à un interprète moins audacieux et loin d'exprimer tout ce qu'il véhicule en lui. Mais Buckley reste Buckley, autrement dit, on ne lui met pas les fers aux pieds comme ça.

Ce Greetings from L.A., même s'il est moins profond que tout ce que l'on connaît de sa production passée, il va le visiter à sa manière, directe certes, mais décalée, en concédant à peine un once de la liberté qui l'habite et l'habitera toujours (il meurt à 28 ans d'une overdose).

Même en étant très contrasté par rapport aux albums antérieurs, ce disque est excellent. L'enfant maudit de Washington relève le défi: son opus, fait de soul et de sexe, est un délice de swings et de rythmiques funky, et ce, même si le genre auquel il touche n'est pas son terrain d'expression favori, bridant par moments son inventivité légendaire.

C'est ce qui fait parfois l'inégalité de ce disque dont Sweet Surrender, l'entraînant Move With Me taillé pour les radios, Make It Right, Devil Eyes, et l'incroyable et époumoné Get On Top sont les magnifiques joyaux.

Buckley chuchote, crie, gémit, saute du grave à l'aigu avec aisance, les chansons sont mélodiques, le line-up a de la trempe. J'aime ce disque atypique d'un mec atypique qui fut l'égal des plus grands du folk de son époque. Aujourd'hui, en revisitant son œuvre, on se rend mieux compte de cette évidence (RAZOR©).

 

1. Move with Me.

2. Get on Top.

3. Sweet Surrender.

4. Nighthawkin'.

5. Devil Eyes.

6. Hong Kong Bar.

7. Make It Right.

 

Tim Buckley:guitare,chant.

Lee Underwood:guitare,claviers.

Venetta Fields,Clydie King,Lorna Willard:choeurs.

Joe Falsia:guitare.

Reinhold Press,Chuck Rainey:basse.

Harry Hyams, Ralph Schaeffer:viola.

Louis Kievman,William Kurash:violon.

Robert Konrad:violon,guitare.

Jesse Ehrlich:cello.

Kevin Kelly:orgue,piano.

Paul Norros,Eugene Siegel:saxophone.

Jerry Goldstein:percussions.

Carter Collins:congas.

Ed Greene:batterie.

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