Tim Hardin.

BIOGRAPHIE.

 

TIM HARDIN/Eugene (Oregon)

 

Tim hardin

Photo Plain Or Pan.

 

Né James Timothy Hardin, dit Tim Hardin.

Né le 23 décembre 1941 à Eugene (Oregon).

Décédé le 29 décembre 1980 à Los Angeles (Californie).

Actif entre 1960 et 1980.

Auteur-compositeur-interprète.

Label:Verve,Columbia.

Genre:folk,blues.

 

Père spirituel de la nouvelle génération.

Que la nouvelle génération, par le biais de 13 de ses artistes du moment, se soit prêtée, en 2013, à l’enregistrement d’un album hommage (Various Artists/Reason To Believe) au grand songwriter qu’il fut, dénote tout le respect que les Phoenix Fondation, Sand band, Diagrams, Johannes et Lanegan, Snorri Helgason, Smoke Fairies, Hanna Peel, entre autres, portent à la discographie de Tim Hardin qui se pose un peu comme s’il était leur père spirituel.

Hardin 2

Hardin 3

Tim hardin 4

Tim Hardin comptait parmi les auteurs-compositeurs  les plus influents de l’histoire du rock.

Dylan en personne, un incontestable expert en la matière, le considérait alors comme le plus grand compositeur vivant ; Joe Strummer, leader des Clash, voyait avant tout en lui un génie perdu de la musique.

Tim Hardin est mort à 39 ans (29/12/1980) et sa disparition n’a pas ému grand monde, sorti du cénacle des initiés. Tim Hardin, parti trois semaines après John Lennon, était condamné à l’ombre jusqu’à sa fin, malgré une œuvre majeure à son actif.

If I Were A Carpenter, c'est lui.

Pourtant, il en a suscité des vocations le Tim, un mec de la race des Buckley, des Drake, meurtri par l’amour, piégé par les écarts et les dérapages, dont l’émotion qu’il véhiculait reposait beaucoup sur sa voix émouvante.

L’auteur des mythiques If I Were A Carpenter, Red Balloon, Reason To Believe ou How Can we Hang On To A Dream a de tous temps été couvert par les plus grands, de Rod Stewart à Johnny Cash, de Joan Baez à Robert Plant en passant par les Byrds, Doc Watson, Tim Rose ou June Carter. En qualité de musicien folk-blues, ce fils d’Eugene en Oregon pose ses valises à Greenwich Village au début des années 60, après avoir fait sa période militaire dans le corps des marines.

Héroïnomane invétéré.

Déjà désespéré et addict à l’héroïne, Hardin se fait remarquer par sa sublime voix de jazz au vibrato si unique et par un petit répertoire de chansons déjà très simples dans leur structure, mais très expressives, qui réfère à ses déboires sentimentaux et à ses problèmes de drogue.

Instable notoire, artiste irrégulier en dépit d’un talent incroyable, mal dans sa peau, très troublé, il quitte New York pour la scène de Boston où il se fait remarquer par le producteur Erik Jacobsen, avant de revenir à Manhattan pour enregistrer, en 1964, quelques démos de blues pour le label Columbia auquel il a été recommandé. Ces titres feront l’objet plus tard, en 1969, d’un disque de Tim Hardin (Tim Hardin IV) que Verve essayera de faire passer pour un nouveau LP.

Hardin 1 et 2 : la perfection.

Avant ce leurre discographique, Tim Hardin a publié un premier opus en 1966 très orienté folk, le dénommé Tim Hardin 1, suivi de Tim Hardin 2 (en avril 1967) pour Verve Forecast et de This Is Tim Hardin (septembre 1967/Atco), lequel contient des titres enregistrés en 1963/64 bien avant la publication du premier LP.

Collection de titres live parmi lesquels Bird On A Wire dont Leo Cohen fera une excellente reprise trois ans plus tard, Tim Hardin 3, sorti en 1968,  précède le controversé volume 4 évoqué ci-dessus.

Suite For Susan Moore And Damion : à redécouvrir.

C’est dans sa période Columbia Records démarrée en 1969, qu’il signe le sous-estimé Suite For Susan Moore And Damion, un album concept qui aujourd’hui encore ne bénéficie que très peu des faveurs de ses fans. Et pourtant, cette déclaration de l’amour qu’il porte à sa femme et à son fils est d’une grande profondeur. Ce projet ambitieux et sincère vire en gros ratage dans la mesure où l’ensemble ne coule pas comme une suite. Ce gâchis incombe au fait qu’à l’époque des sessions d’enregistrement de ce disque, Tim Hardin voit ses rêves de famille s’écrouler et qu’il remet de plus belle le nez dans la dope. Tim Hardin est face à ses démons et ce disque lui correspond tellement. Reste un hommage en chansons certes décousu mais terriblement poignant qui mérite réhabilitation.

Hardin 1

"Les gens me comprennent à travers mes chansons. Elles sont mon seul moyen de communiquer."(Tim Hardin)

L'année Woodstock.

1969 est aussi l’année Woodstock. Tim a joué son set le vendredi 15 à 21 heures alors que la nuit tombait (If I Were A Carpenter et Misty Roses). Prévu pour jouer plus tôt, son passage a été reporté en raison d’une descente de trip difficile.

La drogue, comme on peut en juger, a sérieusement avili le parcours professionnel et personnel de Tim Hardin, un des plus grands compositeurs de son époque. Sa dépendance à l’héroïne a paralysé son aptitude à mener une carrière stable qui dans la première partie des années 70 se complète de trois nouveaux LP placés dans le ventre mou de sa discographie : Bird On A Wire (1971) qui révèle une nouvelle fois un chanteur délicieux et très touchant, Painted Head (1973) dans lequel le génial songwriter surprend son monde en ne proposant aucun nouvel original et Nine (1974), son dernier jet enregistré en Angleterre.

Réaction vaine et trop tardive.

Cette dernière production discographique montre un Tim Hardin qui essaie de donner un sens et de la discipline à sa carrière. Hélas, même s’il tente de lutter contre ses problèmes de dépendance aux drogues dures, il continue à tournoyer dans ses excès, passe une grande partie des 70’s dans la tourmente et meurt d’une overdose à la fin de l’année 1980 à Los Angeles.

Il nous reste, fort heureusement, ses chansons. Intemporelles, elles vivront toujours et l’ombre de cet exceptionnel artiste qui a vécu essentiellement pour son art planera toujours sur le rock (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1966

 

Tim hardin 1

 

TIM HARDIN

TIM HARDIN 1 – 1966  5/5

 

Publié en juillet 1966.

Produit par Erik Jacobsen.

Durée:27:21.

Label:Verve Forecast.

Genre:folk.

 

Vite, un trône pour Hardin !

 

Tim Hardin est un des meilleurs auteur-compositeurs que les States aient eu à nous proposer. C’est une bonne chose, me direz-vous, mais là où ça l’est moins, c’est qu’en dépit de son appartenance à l’élite du folk, son nom est encore très sous-estimé au vingt et unième siècle. Pas normal du tout !

Elément important de la mythique scène folk de Greenwich Village, dont les artistes les plus réputés sont Bob Dylan et les Mamas & Papas, Tim Hardin est surtout influencé par Fred Neil. Comme lui, il a suscité de nombreuses vocations ; comme lui, il est oublié ou rarement cité dès lors que le mot folk est lâché. Comme Fred, sa popularité ne franchira que peu souvent les limites de Greenwich et pourtant, tel le Petit Poucet de Perrault, Tim Hardin a jalonné son chemin d’un grand nombre de jolies petites pierres, dont les plus éloquentes sont If I Were A Carpenter, Reason To Believe ou Hang on  To A Dream.

Hélas, si ses airs semblent familiers à une majorité et identifiables dès la première note, leur origine est généralement ignorée du grand public. Il est vrai que Tim Hardin n’a jamais cherché à se faire une place au soleil, alors qu’il en avait incontestablement les moyens. Qu’il en soit pénalisé en retour n’explique pas tout.

A l’instar de la consommation abusive d’antidépresseurs affectant Nick Drake ou de la propension à l’alcool touchant Bert Jansch, tout juste un peu plus célèbres que lui, Tim Hardin se perd lui dans l’héroïne. Chienne de vie qui abandonne sur le bord de la route, les cadavres des plus affaiblis, les gens qui souffrent… Car Tim Hardin souffrait, comme l’autre Tim, je veux parler de Buckley, comme Clark, Martyn et tant d’autres qui ont laissé comme héritage à la musique, leur inestimable génie, leur incomparable talent, leur sensibilité déchirante, leur délicate poésie et ont ouvert aux quatre vents leur incomparable catalogue.

Parmi les plus de 60 versions recensées d’If I Were A Carpenter, toutes n’avaient pas pour vocation première d’honorer l’artiste… Rançon d’une gloire qu’il n’a pas eue, sauf peut-être, celle d’avoir pris part au Woodstock de 1969. D’y revoir la vidéo de sa prestation du moment, m’émeut toujours autant, car l’homme était alors au plus mal quelques instants auparavant.

Satanée héro qui l’a amené à retarder des concerts, quand ce n’était pas de les annuler purement et simplement. Saloperie d’héro, ramenée du Vietnam, dans son paquetage, par le Marine qu’il était alors et qui l’emporte six jours après son 39ème, non pas printemps, mais hiver. Sa vie n’était qu’hiver.

Pratiquant d’un folk-blues qu’il habille d’un songwriting toujours raffiné et qui en fait un des écrivains les plus talentueux qui soit, doublé d’un des chanteurs les plus expressifs de sa génération, cherchant et trouvant son inspiration auprès de  Susan Moore, son égérie, son amour, sa femme et de son fils (voir Suite For Susan Moore And Damion, un de ses meilleurs LP), Tim Hardin publie chez Verve Records, un premier album, sobrement intitulé Tim Hardin 1 (1966), court mais constitué de douze petites perles qui, déjà, éveillent sur le haut niveau d’écriture de l’artiste, sur son sens aiguisé à fabriquer des mélodies pleine de grâce.

Reason To Believe, How Can We Hang To A Dream, Misty Roses, Don’t Make Promises, How Long, Green Rocky Road sont autant de bonnes raisons qui justifient les motivations des uns et des autres à puiser dans cet écrin à bijoux.

Tim Hardin 1 et son suivant, baptisé Tim Hardin 2, sont les temps forts de sa carrière (avec Suite For Susan Moore And Damion). Ce n’est donc certainement  pas le moment de tourner les talons à un artiste qui s’est toujours contenté d’un modeste strapontin quand un trône, plus approprié à son talent, lui tendait les bras (RAZOR©).  

 

1. Don't Make Promises.

2. Green Rocky Road.

3. Smugglin' Man.

4. How Long.

5. While You're On Your Way.

6. It'll Never Happen Again.

7. Reason to Believe.

8. Never Too Far.

9. Part of the Wind.

10. Ain't Gonna Do Without.

11. Misty Roses.

12. How Can We Hang On to a Dream?

 

Tim Hardin:chant,guitare,claviers.

Gary Burton:vibraphone.

Bob Bushnell:basse.

Earl Palmer:batterie.

Buddy Salzman:batterie.

Jon Wilcox:batterie.

John Sebastian:harmonica.

Phil Kraus:choeurs.

Walter Yost:basse.

Artie Butler:arrangements cordes.

DISCOGRAPHIE ANNEXE.

LP Compilation - 1994

 

Tim hardin hang on to a dream the verve recordings 2006

 

TIM HARDIN

HANG ON TO A DREAM: THE VERVE RECORDINGS (1964/66) – 1994  5/5

 

Publié en février 1994.

Enregistré entre 1964 et 1966.

Produit par Erik Jacobsen,Charles Koppelman,Don Rubin.

Durée:2:14:07.

Label:Polydor.

Genre:folk.

 

Confondant de beauté et émouvant.

 

Quand on ne peut pas mettre la main sur les albums originaux, on se tourne vers les compilations pour ne pas passer à côté du jackpot et avoir à le regretter un jour. Surtout quand on tient, en Tim Hardin, un très grand auteur-compositeur du renouveau de la place de Greenwich Village et des Etats-Unis réunis. Hardin, Neil, Dylan, Karen Dalton, c’est le gratin des lieux. Pas besoin de vous faire un dessin.

Si Fred Neil et Bob Dylan, ça parle à ceux qui s’intéressent de près ou de loin au rock, Tim Hardin n’est pas à proprement parler du genre très populaire. Il faut fréquenter la scène folk-blues américaine des 60’s pour pouvoir décliner le pédigrée d’un artiste, globalement méconnu de prime abord, plus familier pour peu que l’on gratte un peu, influent au regard des artistes qui ont couvert ses chansons  (Nick Drake, Tim Buckley, Leonard Cohen, Rod Stewart, Nico…), ou selon que l’on égrène quelques airs signés de sa main : If I Were A Carpenter, Reason To Believe ou Hang On To A Dream.

Hang On To A Dream (en écoute intégrale ici) nomme la collecte des années Verve Recordings que propose de revister ce disque de 1994. La période Verve porte sur la tranche d’années entre 1964 et 1966, autrement dit la période la plus marquante de Tim Hardin, pris en défaut par les drogues et l’alcool, mis chiffon par les chagrins d’amour, meurtri par une trop grande sensibilité, au point d’être délaissé par ses pairs et d’en clamser à 39 balais, en 1980, trois semaines après John Lennon.

Quand il est mort, peu de monde a tiqué ou fait le rapprochement entre l’homme et le mythe Hardin que Dylan qualifiait alors de plus grand songwriter vivant ; seuls quelques initiés ont versé des larmes. Aujourd’hui, il est gratifiant et rassurant de constater que l’œuvre d’Hardin suscite des convoitises auprès des générations actuelles.

Les années Verve sont celles du mythe Hardin. Pour faire simple et court, elles se traduisent par deux LP et un live tous aussi indispensables les uns que les autres. Cette tranche discographique vole très très haut. L’artiste est au sommet de son art. Retenez bien ces albums : Tim Hardin 1 (1966), Tim Hardin 2 (1967) et Tim Hardin 3 Live In Concert (1968). This Is Tim Hardin (1967) reprend des enregistrements de 1964 et est publié quand il obtient le succès chez Verve, mais n’est pas à considérer comme faisant partie de cette époque discographique juteuse, bien que lui-même très grand disque.

Notre (double) compil’ du jour s’appuie donc sur les deux premiers LP de Tim pour Verve (CD1). Dans l’ordre d’origine, apparaissent les 12 titres de Tim Hardin 1, enchainés avec les dix de son suivant. Deux versions alternatives de While You’re On Your Way et It’ll Never Happen Again terminent le travail.

Le CD 2 débute avec ce qui constitue une collection de démos pour Columbia Records (de 1à 8) et que Verve a publié comme un nouvel album maison. Hardin l’a trouvé saumâtre, car celle-ci n’a pas contribué à le rendre  plus populaire, ni à accroître son public. Dans les bacs, il porte le nom de Tim Hardin 4 (1969), mais n’a rien à voir avec Verve, sinon pour l’arnaque évoquée. De 9 à 23, l’éditeur a ratissé tout le matériel Verve que Tim Hardin n’avait jamais réalisé. On retiendra avant tout le côté historique de cette présente collecte qui couvre de 1964 à 1966 mais qui permet de bien évaluer le passage du blues traditionnel de ses débuts au folk qui l’a couronné.

Confondante de beauté et touchante, cette intégrale de studio labellisée Verve couvre l’essentiel d’une collaboration fructueuse entre « le génie perdu de la musique » (selon Joe Strummer, batteur des Clash) et l’employeur qui l’a révélé. Tout y est. Ne cherchez plus, il n’y a rien de meilleur, ni de plus complet pour réhabiliter l’œuvre de Tim Hardin. La moindre des choses, c’est d’y être, ça a du sens (RAZOR©).

 

Disque 1.

 

1. Don't Make Promises.

2. Green Rocky Road.

3. Smugglin' Man.

4. How Long.

5. While You're on Your Way.

6. It'll Never Happen Again.

7. Reason to Believe.

8. Never Too Far.

9. Part of the Wind.

10. Ain't Gonna Do Without.

11. Misty Roses.

12. How Can We Hang on to a Dream.

13. If I Were a Carpenter.

14. Red Balloon.

15. Black Sheep Boy.

16. The Lady Came from Baltimore.

17. Baby Close Its Eyes.

18. You Upset the Grace of Living When You Lie.

19. Speak Like a Child.

20. See Where You Are and Get Out.

21. It's Hard to Believe in Love for Long.

22. Tribute to Hank Williams.

23. While You're on Your Way.

24. It'll Never Happen Again.

 

Disque 2.

 

1. Airmobile.

2. Whiskey, Whiskey.

3. Seventh Son.

4. Danville Dame.

5. House of the Rising Sun.

6. Bo Diddley.

7. I Can't Slow Down.

8. Hello Baby.

9. Rolling Stone.

10. You Got a Reputation.

11. Keep Your Hands off Her.

12. Nobody Knows You When You're Down and Out.

13. (I'm Your) Hoochie Coochie Man.

14. So Glad You're Mine.

15. You Can't Judge a Book.

16. She Ain't Home.

17. You Say You Love Me.

18. How Time Flies.

19. You Can Ruin a Man.

20. If I Knew.

21. She's up to Something New.

22. Who'll Be the Man.

23. First Love Song.

 

Tim Hardin:chant,piano,guitare.

Gary Burton,Phil Krauss:vibraphone.

Bob Bushnell,Felix Pappalardi,Walter Yost:basse.

Earl Palmer,Buddy Saltzman,Sticks Evans:batterie.

John Sebastian:harmonica.

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