Tom Paxton.

BIOGRAPHIE.

 

TOM PAXTON/ Chicago (Illinois – USA)

 

Tom paxton intro

 

Né Thomas Richard Paxton, le 31 octobre 1937 à Chicago.

Actif depuis 1962.

Labels:Elektra,Reprise,Vanguard,Rhino,Flying Fish,Rounder,Mountain Railroad,Sugar Hill,Appleseed.

Genre:folk.

Site officiel:tompaxton.com

 

Une fidélité au folk jamais démentie.

Né à Chicago, là où le blues classique du Delta s'est électrifié pour donner le jour au Chicago Blues, Tom Paxton, chanteur et compositeur folk américain, pilier de la scène de Greenwich Village, ne s'est jamais, à l'instar de certains de ses congénères new-yorkais, converti au folk-rock électrique, appelé de ses vœux par Bob Dylan.

Entre lui et la guitare sèche à laquelle il n'a jamais fait faux bond, c'est à la vie, à la mort. Le rock, ce n'est pas pour lui et laisse le folk-rock aux jeunes ambitieux ou blasés qui, en même temps que lui, dominent alors la scène de Manhattan pour, après y avoir fait toutes leurs classes, emprunter quelques années plus tard cette filière électrifiée dans la foulée du coup de force du Zim à Newport (1965).

S'il est aussi, depuis la première heure, un fidèle de ce légendaire rendez-vous musical estival, Tom Paxton est toujours resté dévoué au folk traditionnel, qu'il a alimenté de nombreuses et talentueuses compositions, étant considéré comme un des meilleurs songwriters de cette catégorie.

Tom paxton wight 69Tom Paxton à Wight (1969)

Tom paxton 1Toujours actif aujourd'hui.

Tom paxton portraitSpirituel, humoristique et léger.

Tom paxton bottle of wineBottle Of Wine repris en français par...

Tom paxton greame allwright...Graeme Allwright sous Jolie Bouteille.

Tom paxton heroesHeroes, son meilleur LP.

Un songwriter aussi spirituel, qu'humoristique et léger...

Lui, Bob Dylan, Fred Neil, Phil Ochs et Tim Hardin notamment, sont d'ailleurs les premiers de la nouvelle génération de folkeux d'alors (le folk revival du début des années 60) à écrire du matériel original.

Son écriture, toujours surprenante, fait partie aujourd'hui de l'héritage culturel américain ; elle a été reprise par des générations entières d'artistes. Parmi eux, Joan Baez, Willie Nelson, Pete Seeger, Dolly Parton, pour n'en citer que quelques-uns... En France, le regretté franco-néo-zélandais Graeme Allwright adapte, traduit et chante le répertoire de Paxton, comme il le fait également de celui de Dylan et de Cohen.

Souvenons-nous plus particulièrement de « Qu'as-tu appris à l’école, mon fils » (What Did You Learn In School Today?) ou de « Jolie bouteille, sacrée bouteille » (Bottle Of Wine)...

Ce dernier titre, si populaire dans l'hexagone, fait dire à son auteur américain que les français sont toujours persuadés que c'est un classique issu du patrimoine hexagonal.

Par ailleurs, Claude François porte, entre le 26 février et le 4 mars 1966, son « jouet extraordinaire » en tête du hit parade francophone. L'auteur du titre est, une fois encore, Tom Paxton (The Marvelous Toy).

L'incarnation de l'esprit de la musique folk.

Auteur-compositeur spirituel, humoristique et léger comme en atteste le lot de chansons précédemment évoqué, Tom Paxton n'en est pas moins, dans le même temps, un songwriter engagé, porté à gauche, comme la plupart des chanteurs protestataires de la vague ambiante de Greenwich (Pete Seeger, Bob Dylan Joan Baez, Phil Ochs).

Quand le conteur Paxton (il a écrit beaucoup de chansons pour les enfants) devient virulent messager et voix de sa génération, il aborde, sans concessions et les yeux dans les yeux, les questions d'injustice, les problèmes politiques et les sujets militants. Paxton écrit comme il parle. Ses chansons ont fait le tour du monde et s'il en est un qui, mieux que tout autre, incarne l'esprit de la musique folk dans ce qu'il a de plus authentique et de plus noble, c'est bien Tom Paxton.

Tom Paxton a longtemps habité (depuis ses 10 ans), avec sa famille, dans l'Oklahoma où il fréquente l'université de cet état, au sein de laquelle il suit une spécialisation dans le théâtre. C'est vers la musique folklorique notamment qu'il oriente son avenir.

Un auteur-compositeur majeur de la scène de Greenwich.

Enrôlé dans une base américaine du New Jersey pour les besoins de son service militaire, Thomas Richard Paxton profite de ses permissions pour fréquenter les clubs et cafés folkloriques de Manhattan.

A la fin de sa mobilisation, il choisit de rester sur New York où la place musicale et culturelle de Greenwich Village est en plein renouveau. Il y trouve là toutes les conditions pour démarrer sa carrière de chanteur folk.

Le Gaslight et le Bitter End lui ouvrent leurs portes. Tom Paxton est un des premiers acteurs de la nouvelle vague folk du début des 60's à fouler les planches de ces clubs légendaires. Il se produit alors avec un répertoire brodé autour du folk traditionnel, du répertoire de Woody Guthrie et de Pete Seeger.

Comme il compose déjà ses propres titres, Paxton insère progressivement et avec parcimonie ses originaux, ce qui lui permet petit à petit d'élargir son auditoire et de se faire remarquer quand ses compositions deviennent majoritaires dans les concerts qu'il donne.

Si le chanteur commence à faire parler de lui, l'auteur-compositeur ne laisse, par ailleurs, pas insensible. Son écriture séduisant au-delà de son public, ses textes sont également publiés dans les magazine folk new-yorkais du moment, Song Out ! et Broadside, signe de la recevabilité de ses mots.

Une discographie impressionnante.

Son talent d'interprète n'échappe pas à la vigilance de Milt Okun, alors directeur musical du Chad Mitchell Trio qui, au départ de Mike Pugh, sollicite Paxton pour le suppléer (printemps 1962).

Le poste échoit finalement à Joe Frazier, tandis que le chicagoan entame véritablement sa carrière solo à la fin de cette année 62.

Il signe un album, I'm The Man Who Built The Bridges (Gaslight Records/automne 1962) enregistré live au Gaslight Cafe et en tirage limité.

Fort de 12 titres dont 10 originaux (seules Columbus, GA et Mary Ann appartiennent au répertoire folk trad), cet opus ouvrant un catalogue impressionnant (65 disques studio et live en 2019 et beaucoup plus de compilations et divers enregistrements ou collaborations) montre d'emblée la maturité de l'artiste dans son écriture.

Ramblin' Boy, articulé autour de topical songs (chansons d'actualité), est toutefois son premier LP studio. Publié en 1964 chez Elektra, il devient vite un disque séminal du folk revival de Greenwich avec ses 3 classiques du genre : The Last Thing On My Mind, I Can't Help But Wonder Where I'm Bound et le morceau-titre.

Avec Elektra, Paxton engage alors un partenariat qui couvre 7 albums, Ramblin' Boy ouvre cette collaboration. Derrière, l'artiste sort Ain't That News (1965), Outward Bound (1966), Morning Again (1968) avec un des rares écarts folk-rock de Paxton (Clarissa Jones), The Things I Notice Now (1969), Tom Paxton 6 (1970).

Tom paxton portrait 2

« J'ai été l'un des premiers de ma génération à composer mes propres chansons. Cela ne m'a pas semblé quelque chose d'unique à l'époque. Bien sûr, je chantais plusieurs d'entre elles. Il m'a toutefois fallu de nombreuses années avant que mes concerts ne se composent que de mes originaux. » (Tom Paxton)

The Compleat Tom Paxton, live enregistré au Bitter End (1971), referme ce rapprochement, au moment même où Elektra commence à connaître des problèmes et où le folk classique n'est plus tellement en vogue.

Installé en Angleterre, Paxton, qui vient d'assurer une tournée britannique et de participer au Festival de Wight (69) où il a fait la nique aux groupes de rock du moment, rebondit chez Reprise (début des 70's).

Si son séjour londonien le rapproche des folkeux grands-bretons comme Danny Thompson et Ralph McTell, son partenariat avec Reprise, est plombé d'entrée.

Après trois albums, How Comes The Sun/71, son meilleur album américain (N°120 au Billboard), Peace Will Come/72 et le live New Songs For Old Friends/73, enregistré au Marquee (Londres), l'auteur-compositeur, peu considéré par les étiquettes majeures, reprend son bâton de pèlerin.

Jusqu'à la fin de la décennie, l'artiste enchaîne une grosse poignée de LP pour diverses maisons de disques : Children's Song Book, premier disque de chansons pour enfants (Bradley/74), Something In My Life (Private Stock/75), Saturday Night (MAM/1976), le live New Songs From The Briarpatch (1977) et, celui qui est certainement considéré comme son meilleur travail, Heroes (1978), tous deux sortis chez Vanguard. Il réalise enfin Up And Up (Mountain Railroad/79) avec Bob Gibson, un ami de la première heure.

Sa discographie s'enrichit de 13 opus durant les 80's, puis de 16 la décennie suivante. L'arrivée dans le nouveau millénaire ne ralentit en rien sa boulimie vinylique. Une vingtaine d'albums vient encore se greffer au catalogue.

Un immense chanteur populaire enfin reconnu.

Bien que l'artiste n'ait jamais été un gros vendeur, ce qui est un non-sens au regard de son brillant CV, son travail et sa carrière sont depuis estimés à une plus juste valeur comme en attestent les honneurs et récompenses amassés au XXIème siècle : nomination (une première alors qu'il est âgé de 65 ans) aux Grammy Awards pour Your Shoes My Shoes dans la catégorie Musique pour enfants (2002), nomination également pour Looking For The Moon (2003) au titre de meilleur album folk contemporain, admission au Life Achievement Award (American Society Of Composers Artists And Publishers/2002), Wammies Award (l'équivalent des grammies à Washington) à trois reprises pour Under American Skies (2001 avec Anne Hills) dans les classes Meilleure Voix Masculine dans folk traditionnel, Musique pour Enfants et Meilleur Disque Folk Trad de l'année.

Tom Paxton reçoit également, en décembre 2008, un Lifetime Achievement Award à l'occasion de la 51ème édition annuelle des Grammy Awards tandis que son soixantième LP (Comedians & Angels) est nominé par la même institution dans la catégorie Meilleur Album Folk Traditionnel, l'année suivante (2009).

On notera encore, de l'autre côté de l'Atlantique où il a laissé une trace vivace, un Lifetime Achievement Award pour son songwriting aux Folk Awards de la BBC 2 (Londres/2005), une récompense pour l'ensemble de son œuvre folk, décernée en 2006 par la North American Folk Music and Dance Alliance. Paxton a même droit à un hommage officiel du Parlement britannique (2007) lui reconnaissant le statut d'immense chanteur populaire.

Au regard de cette reconnaissance, tardive, il faut bien l'admettre, il ne fait aucun doute que Tom Paxton est un des derniers survivants et le meilleur symbole d'un folk classique auquel il s'est voué corps et âme toute sa vie. Sans jamais succomber lui-même au folk-rock, comme nombre de ses congénères...(RAZOR©2021).

DISCOGRAPHIE 70'S

LP Studio 11 - 1978

 

Tom paxton heroes

 

TOM PAXTON

HEROES – 1978  4,5/5

 

Publié en 1978.

Produit par Maynard Solomon.

Durée:29:18.

Label:Vanguard.

Genre:folk.

 

Plus Paxton que jamais.

 

Après avoir fait, entre 1964 et 1971, 7 albums pour Elektra, le label fait comprendre à Tom Paxton qu'il ne peut continuer à soutenir l'artiste, peu vendeur, en dépit d'être la voix du folk traditionnel depuis le début des 60's et d'être un songwriter reconnu dans le genre.

Il y sort alors ses meilleurs titres avant de rebondir chez Reprise pour lequel il enregistre 3 albums au début des 70's, mais l'éditeur ne correspond pas vraiment au profil d'un musicien qui a refusé, contrairement à beaucoup de ses congénères de la place de Greenwich Village, de prendre la voie du folk-rock.

Resté cantonné dans son registre de prédilection et dans sa configuration préférée (guitare sèche et chant), Paxton n'intéresse plus que son auditoire de fidèles de la première heure, même si son travail reste toujours très solide.

Son mandat avec Reprise dure deux ans après quoi il se fixe en Angleterre et passe de labels britanniques en labels américains, généralement indépendants et mineurs.

A la fin des 70's, Vanguard Records, au passé folk glorieux (Joan Baez, Richard & Mimi Farina, Ian & Sylvia) tente de redorer son blason, et Tom Paxton cherche à se relancer.

Un accord de partenariat est trouvé qui aboutit à la réalisation de deux LP : un live (New Songs From The Briarpatch/177) et, un an plus tard, le présent album, Heroes, douzième levée studio du catalogue. Un Best Of The Vanguard Years suivra en 2000 qui réunit ces deux disques.

Heroes dévoile un Tom Paxton très convaincant, plus mature et bonifié musicalement parlant. De l'avis général, il est le meilleur opus réalisé par le natif de Chicago, incomparable songwriter dont la matière est ici encore de très haut niveau.

Le soutien de Kenneth Kosek (violon), d'Herb Bushler (basse), de Gary Chester (et Gary Mure) à la batterie et du regretté banjoïste Eric Weissberg (Duelling Banjos, B.O du film Deliverance/1972) contribuent à faire de l'inventif Heroes le disque plus populaire et le plus réussi du catalogue de Paxton.

Certains des titres de ce LP resté dans la mémoire collective, participent tout autant à sa popularité : Phil, l'hommage chaleureux rendu à son pote de l'ère Greenwich, Phil Ochs, décédé deux ans auparavant (suicide) ou au militant anti-apartheid sud-africain (The Death Of Stephen Biko), Anita O.J, qui réfère à Anita Bryant, Miss Oklahoma, opposé aux droits des homosexuels, l'écolo There Goes The Mountain, les environnementales Winter Song et A Day In The Country, Not Tonight Marie, belle chanson d'amour, ou le léger Hand Me Down My Jogging Shoes. Rien ne s'écarte dans ce lot très Paxton dans les mots (RAZOR©).

 

1. Presbyterian Boy.

2. A Day In The Country.

3. Anita O.J.

4. Winter Song.

5. The Death Of Stephen Biko.

6. Hand Me Down My Jogging Shoes.

7. Phil.

8. Lucy, The Junk Dealer's Daughter.

9. Not Tonight Marie.

10. There Goes The Mountain.

 

Nancy Lee Baxter;voix.

Herb Bushler:basse.

Gary Chester,Gary Mure:batterie.

Kenny Kosek:violon.

Ray Mantilla :percussion.

Tom Paxton:chant,guitare acoustique.

Eric Weissberg:banjo,dobro,mandoline,guitare.

  • 1 vote. Moyenne 5 sur 5.

Commentaires