Trees.

BIOGRAPHIE.

 

TREES/Londres

 

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Actif entre 1969 et 1973.

Label:CBS.

Genre:folk-rock,folk progressive,rock progressif.

 

Deux p’tits 33 tours et puis s’en va…

La scène folk des années 60’s/70’s a permis, dans le sillage ou dans l’ombre de ses deux grandes figures Fairport Convention et Pentangle, l’éclosion d’une généreuse brochette de formations. Sa grande densité a créé une belle confusion sur cet échiquier éclectique dont on ne sait plus parfois qui a fait quoi tant les chevauchements et les croisements sont légion. Néanmoins, elle a aujourd’hui pignon sur rue.

On parle de la scène folk britannique comme de celle revival de Greenwich. Avec le même respect. Trees, partagé entre l’exploitation du patrimoine folk britannique traditionnel, comme beaucoup, et son propre répertoire, est l’un des fleurons ayant contribué à magnifier ce genre.

Comme Pentangle avec Sandy Denny ou Jaqui McShee, comme Maddy Priot avec Steeleye Span, comme Judy Dyble au début du Fairport Convention, comme avec Mandy Morton, Polly Bolton, Barbara Gaskins ou Anne Steuart, c’est autour d’une voix féminine que s’articule son folk-rock prog planant, celle de Celia Humphris.

Dans l’œil des grands labels.

Trees se retrouve dans le collimateur des éditeurs discographiques de la première vague de folk expérimental. Le quintet s’articule alors autour de David Costa, un guitariste nord-londonien qui, étudiant en Arts Plastiques à l’Université d’East Anglia de Norwich, fait la connaissance d’un autre guitariste, Barry Clarke. Quelques semaines après leur rencontre sur les marches de la cathédrale Saint Paul, ils décident de fonder un groupe.

Trees celia humphris

Tobias « Bias » Boshell, alors colocataire de Clarke adhère à l’idée et prend la basse. Unwin Brown, batteur et la chanteuse Celia Humphris se joignent au projet. Celle-ci met un terme à sa scolarité pour pouvoir rejoindre le groupe en question.

Trees se met en place dès 1969 ; avant même d’avoir effectué ses premiers concerts, le groupe décroche un contrat d’enregistrement. Il ne manque pas de propositions puisque Dandelion et Liberty lui font des offres intéressantes. C’est pourtant pour le plus important label de la place et du moment qu’il s’engage : CBS.

Entre folk traditionnelle et originaux.

Par ce partenariat, CBS cherche surtout à se positionner sur le folk psychédélique alors en vogue et Trees, pour le label, a tous les arguments pour retenir l’attention du public. Le contrat, s’il avantage surtout CBS financièrement et en termes de droits, ne déplaît pas à Trees qui s’en fait pas une affaire d’argent.

Trees rentre aussitôt en studio pour enregistrer la base de ce qui va constituer son premier LP. Tout ce qui passe par la tête est consigné : de la musique folk traditionnelle, des originaux encore bruts de décoffrage de Boshell, de l’électrique, de l’acoustique. En deux temps, trois mouvements, The Garden of Jane Delawney (avril 1970) bascule dans les bacs.

Trees 2 celia humphris

« Si, par succès, on entend le fait de caracoler dans les charts, alors Trees n’a pas été un groupe à succès. Par contre, nous avons joué dans tous les plus grands festivals et côtoyé les meilleurs comme Black Sabbath ou Hawkind.

Passer après eux, imaginez la difficulté. Nous avons également fait des tournées en première partie de Fleetwood Mac, des Faces ou de Fotheringay. Du succès, nous en avons eu, mais notre gros problème a été que nous n’avions pas d’argent. » (Celia Humphris)   

Mal enregistré, presque trop élémentaire parfois, cet album de folk psychédélique d’une grande douceur est dominé par le timbre vocal de Celia Humphris. Porté par la sublime chanson titre dont Françoise Hardy fait une reprise encore plus exceptionnelle, il se positionne dans la filière Fairport. Ce répertoire sert de base pour alimenter les premières sorties en public. Au début, celles-ci s’accompagnent de quelques tâtonnements techniques créés par un déséquilibre entre les volumes des parties acoustique et électrique.

Trees 3

Trees delawney

Trees soigne sa musique.

Le rodage effectué, Trees entre en octobre 70 au Sound Techniques Studio de Chelsea pour l’enregistrement d’un second album : On The Shore, publié à cheval entre la fin de l’année 70 et le début de 1971. L’intérêt premier de ce disque plus sophistiqué que son devancier réside dans la reprise inventive d’une dizaine de minutes du morceau fondateur du folk-rock anglais, Sally Free and Easy, que Dylan, Marianne Faithfull, Pentangle, parmi tant d’autres, comptent aussi à leur répertoire.

Il est resté depuis comme étant la grande signature de Trees avec The Garden of Jane Delawney. Malgré les critiques élogieuses de la presse, les ventes ne suivent pas.

CBS donne alors à Trees les moyens de son ambition : nouveau manager américain, nouvel équipement et ouverture pour les Byrds. L’annulation de cette première partie scelle toutefois le délitement d’une formation alors en proie à des difficultés financières. Jeune marié, Costa n’a plus la possibilité de poursuivre dans ces conditions.

A sec.Trees, limité pour pouvoir donner libre cours comme il se doit à sa créativité et à sa productivité, à la croisée des chemins, tire alors sa révérence. Unwin et Bias quittent le groupe à leur tour, laissant Humphris et Clarke continuer un peu.

En 1972, c’en est fini de la belle histoire de ce quintet anglais auteur d’un couple d’albums que les fans de folk s’arrachent aujourd’hui.

Dans une seconde incarnation et jusqu’en 1973, Trees évolue avec Celia Humphris, Barry Clarke, David Costa, Chuck Fleming, ancien de la maison écossaise JSD Band ainsi que Barry Lyons et Alun Aden, transfuges de Mr Fox. Sans plus de succès (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1970

 

Trees delawney

 

TREES

THE GARDEN OF JANE DELAWNEY – 1970  3,5/5

 

Publié en avril 1970.

Produit par Bias Boshell.

Durée:47:28.

Label:CBS.

Genre:folk,folk rock,folk progressive.

 

Rien que pour Jane…

 

Dans la famille folk, The Garden Of Jane Delawney tient largement son rang. Pour un premier jet, j’adhère sans rechigner. C’est dans la veine du Fairport, ça passe bien.

Malgré une durée de vie assez courte, Trees a eu le temps de sortir deux albums de très belle tenue. Si le premier est encore un peu brutal et surtout mal enregistré, le second amène à regretter que Trees n’ait pas pu aller plus loin et, surtout, qu’il n’ait pas pu disposer de vrais moyens pour aller plus loin sur le plan de la créativité.

Tributaire d’un contrat mal négocié avec le label, les membres du groupe ont ramé comme des malades pour tenter de durer ; à un moment, ça ne passe plus, d’où un dépôt de bilan tombé plus tôt que prévu, malgré l’obstination à poursuivre de Celia Humphris, sa chanteuse.

Les deux LP qui leur sont affectés ont de la gueule et Internet les a remis sur le devant de la scène, ce qui n’est pas plus mal pour ceux qui, comme moi, sont passés à côté à l’époque. The Garden Of Jane Delawney est le premier des deux.

Egalement réparti entre des adaptations du répertoire populaire et traditionnel, et des chansons de leur composition, ce premier album est bercé par le magnifique timbre vocal de Celia Humphris (également musicienne).

Surprenant de par son ambiance douce, son écoute est un véritable ravissement et il n’étonnera personne que notre Françoise Hardy nationale, très curieuse de cette scène folk britannique, ait jeté son dévolu sur cette splendeur qu’est la chanson-titre.

De Nothing Special à Snail Lament, ce disque procure un grand plaisir à l’écouter malgré quelques imperfections sonores (RAZOR©).

 

1. Nothing Special.

2. The Great Silkie.

3. The Garden of Jane Delawney.

4. Lady Margaret.

5. Glasgerion.

6. She Moved Through the Fair.

7. Road.

8. Epitaph.

9. Snail's Lament.

 

Bias Boshell:guitare,basse,chant.

Unwin Brown:batteur,chant.

Barry Clarke:guitare.

David Costa:guitare.

Celia Humphris:claviers,chant.

LP Studio 2 - 1971

 

Trees on the shore

 

TREES

ON THE SHORE – 1970  4/5

 

Publié en janvier 1971.

Produit par Tony Cox.

Durée:49:11.

Label:CBS.

Genre:folk-rock,folk progressive.

 

Respect.

 

On peut dire tout ce que l’on veut de Trees. Pour reprendre un terme de cyclisme, qu’ils sont des suceurs de roue, qu’ils ne sont pas originaux, qu’ils ne sont que vilains plagieurs du Fairport Convention, leur modèle. On peut le dire, mais ça ne changera pas grand-chose à l’affaire.

Les deux albums qu’ils ont faits sont un, dignes d’intérêt, deux, très bons, surtout pour le second. Après The Garden Of Jane Delawney, On The Shore apporte la preuve que Trees peut manger à la table des grands. Et on s’en tape comme de sa première chemise qu’ils soient suiveurs de Pierre, Paul, Jacques. Ce qu’ils proposent, ils le font bien. Que demande le peuple ?

Même s’ils ne se prennent pas pour le nombril du monde, ils ont des choses à faire entendre. Avec des musiciens qui, même s’ils ne sont pas les meilleurs du monde, ni les plus connus, ne sont pas des peintres pour autant. Les prestations vocales de Celia Humphris ne sont, en rien, inférieures à celles de Sandy Denny, son homologue du Fairport.

Leur naïveté toute relative, en regard du professionnalisme du Fairport, est délicieusement retranscrite dans ce disque folk rock psychédélique, magnifique de bout en bout.

Barry Clarke nous gratifie d’un excellent jeu de guitare, soutenu par un toucher en douceur de David Costa sur sa 12 cordes électrique. Bias Boshell (basse, acoustique 12 cordes et piano) et Unwin Brown (batterie) font le reste, sobrement, sans en rajouter, mais avec brillance.

Tantôt puisé dans le chant traditionnel, le répertoire d’On The Shore révèle aussi un talent à l’écriture (Bias Boshell) pour ce qui est de la part des originaux attribuée à Trees.

Soldiers, Murdoch, Polly On The Shore, Sally Free And Easy, Fool, Geordie… ça tient la route et il n’y a pas à nourrir le moindre complexe avec le Fairport ou d’autres.

On The Shore est une très jolie performance de Trees, qui, s’il n’avait pas splitté si vite, aurait sûrement marqué, d’une empreinte un peu plus forte, l’histoire du rock. Il mérite le plus grand respect, mais surtout pas l’oubli ou la moquerie (RAZOR©).

 

1. Soldiers Three.

2. Murdoch.

3. Streets of Derry.

4. Sally Free and Easy.

5. Fool.

6. Adam's Toon.

7. Geordie.

8. While the Iron is Hot.

9. Little Sadie.

10. Polly on the Shore.

 

Bias Boshell:guitare,piano,guitare acoustique 12 cordes,chant.

Celia Humphris:chant.

Barry Clarke:guitare.

Unwin Brown:batterie,percussion,choeurs.

David Costa:guitare acoustique,guitare électrique 12 cordes,dulcimer.

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