Van Morrison

BIOGRAPHIE.

 

VAN MORRISON/Belfast (Irlande du Nord)

 

Van morrison

 

Né George Ivan Morrison, dit Van Morrison.

Né le 31 août 1945 à Belfast (Irlande).

Actif depuis 1958.

Labels:Decca,Band,Warner,Exile/Polydor,Lost Highway,EMI.

Genre:rock,blue-eyed-soul,rhythm & blues,folk,blues,jazz,country,celtic music.

Site officiel:vanMorrison.co.uk

 

Gloria à 18 ans.

A quelques mois d’entrer dans le cercle fermé des septuagénaires du rock encore en activité, il aura 70 balais le 31 août 2015, Van Morrison n’en finit plus d’enchaîner les albums et de changer de labels. Si son compteur, fin 2014, affiche 35 LP, réalisés pêle-mêle pour RCA, Mercury, EMI, Decca, Warner, Blue Note, bang, sa carrière se chiffre en décennies. Depuis ses débuts au début des années 60, il en a consommées cinq et largement attaqué la sixième.

Van morrison themVan Morrison avec Them.

Van morrison soloVan Morrison en solo.

Van morrison it s too late 1Van Morrison, bête de scène.

Van morrison sirVan Morrison aujourd'hui adoubé.

Le chanteur de Gloria, titre qu’il a composé à 18 ans, et de Domino, n’est pas disposé le moins du monde à ralentir son activité. Toujours plein de vitalité, ce mythe du rock irlandais enfile toujours les concerts, mais sur un rythme désormais adapté à son âge et tenant compte de ses contraintes géographiques, comme il aligne, avec toujours autant d’inspiration et de perspicacité, les compositions de qualité.

Un auteur fertile et influent.

Comptant parmi les auteurs les plus prolifiques et talentueux au monde, Van The Man n’a jamais cessé d’écrire. Le stylo et la feuille ne sont jamais loin. Born To Sing : Plan B, son dernier LP paru en 2012, confirme qu’il na pas perdu la main et qu’il est plus que jamais dans le coup.

Un nouvel album est annoncé pour 2015. Par ailleurs, des tractations sont en cours, dans le cadre du EastSide Arts Festival de Belfast, pour organiser un concert intime, fin août (tiens, tiens…), non loin de Cyprus Avenue…

Artiste parmi les plus importants de sa génération, contributeur influent du rock des années 70, Van Morrison est un genre musical à lui tout seul. Durant son parcours, il a chanté du rock, du blues, de la soul, du folk, de la country, du jazz. Difficile de le caser dans un registre plus qu’un autre. Si la guitare l’accompagne souvent, s’il est un orfèvre du saxophone, son meilleur instrument reste sa voix. L’organe vocal est vigoureux et le souffle qu’il imprime sur la musique se veut aussi puissant que le vent d’Irlande sur la lande.

Them comme première expérience.

Né en 1945, le cowboy de Belfast a baigné très jeune dans une ambiance musicale. Son père ayant été un grand admirateur de blues, de country et de gospel, il se nourrit d’artistes comme Hank Williams, Muddy Waters, Leadbelly, Jimmie Rodgers ou Mahalia Jackson.

Très tôt aussi, il joue de la guitare, chante et foule les scènes de Belfast. Dans des petites formations d’abord comme The Javelins, The Monarchs ou The Gamblers, ces derniers devenant les Them qui, grâce à l’irlandais débarqué dans le groupe en 1964 et comme saxophoniste, va s’établir comme une formation majeure du R & B britannique.

Them sert de terrain de formation pour le jeune Morrison qui, outre ses énormes dispositions vocales, s’y révèle talentueux songwriter. Durant cette expérience placée entre 1964 et 1966, le rouquin de Belfast va signer deux titres qui vont devenir des classiques de son répertoire et du rock : Gloria et Here Comes The Night.

Une belle carrière solo.

Quand il quitte Them, durant l’été 1966, c’est pour s’engager dans une carrière individuelle pour laquelle le producteur yankee Bert Berns joue les hommes providentiels. Tombé du ciel, ce dernier demande à Van de lui proposer quelques chansons et de venir les enregistrer à New York où il choisit de s’installer. Berns, rencontré à l’époque Them, employé pour Atlantic mais propriétaire du label Bang Records, tombe d’accord pour produire son premier album tombé en septembre 1967. Les sessions de Blowin’ Your Mind, qui contient son premier gros succès solo, Brown Eyed Girl (juillet 1967), bien que révélant un artiste encore hésitant, préparent déjà le monumental Astral Weeks à venir. De ses sessions, on retiendra également le mémorable et émouvant T.B. Sheets qui a fait fondre en larmes son auteur lors de son enregistrement. Elle est, en effet, une des plus grandes chansons traitant de la mort que j’ai jamais entendues.

Astral Weeks, modèle de mysticisme.

Avec la mort brutale de Berns, terrassé par une crise cardiaque fin 1967, la collaboration avec Bang prend fin. Morrison, parti pour la région de Boston avec femme (Janet Planet) et enfant, monte une formation acoustique au début de l’année 1968 avec le contrebassiste Tom Kielbania et le flûtiste John Payne. Ils donnent des concerts expérimentaux autour d’une surprenante synthèse de jazz, de rock et de poésie. Recommandée à Warner, Van Morrison s’engage avec ce label pour deux disques et via la société Inherit Productions. Les bandes dont il dispose pour ce faire datent des sessions avec feu Berns ; elles ne sont pas finalisées, sont improvisées pour certaines. Retravaillées avec des musiciens de jazz jouissant d’une grande considération dans le milieu, ses pièces folk-jazz  donnent le jour à l’anthologique et ambitieux Astral Weeks (1968), un modèle de romantisme, de mysticisme et d’impressionnisme.

Van morrison ted templeman

« J'ai vieilli de dix ans en produisant trois de ses disques. » (Ted Templeman)

Van a la main chaude.

Un deuxième LP étant prévu dans l’accord passé avec Warner, il revient à Moondance (1970) d’occuper le terrain. Au petit jeu du « et s’il fallait n’en emporter qu’un seul sur une île déserte », Moondance se pose en sérieux candidat avec son prédécesseur. Pour un artiste de 24 ans seulement, son coup double discographique positionne l’irlandais comme un artiste incontournable du gratin rock de la période fin 60’s, début 70’s. Il est dans une phase créative absolument époustouflante.

Van morrison astral weeks 1Astral Weeks : disque culte de 1968.

Van morrisn duets 2015Duets (2015) : dernier LP en date.

Parti vers la Californie, le rouquin, qui n’a jamais fait beaucoup de concessions dans sa carrière et à toujours évolué à sa guise avant tout, entre alors dans une phase expérimental. Parce qu’il veut faire un disque a cappella, il s’appuie sur le Street Choir pour, avec une seule guitare comme accompagnement, enregistrer un lot de nouvelles chansons. Le projet, publié sous His Band And The Street Choir, sort en novembre 1970. Il ne marque pas les esprits, malgré une trente-deuxième place dans les charts U.S. et la présence de Domino qui fait 9 dans les classements de singles américains.

Sans concessions.

En novembre 1971 apparaît au catalogue studio le numéro 5 de Van : Tupelo Honey. Influencé par sa vie à la campagne, ce virage pop et country est le savoureux reflet d’une vie à la cool et champêtre auprès de sa bienaimée. Il génère deux singles populaires : Wild Night et Tupelo Honey, respectivement 28 et 47 aux States. L’album, lui, prend place au rang 27 chez ces mêmes ricains, mais Van Morrison n’a jamais caché sa déception à son endroit, évoquant un manque d’implication de sa part.

En atteignant la quinzième place des ventes de disques américaines, l’inspiré Saint Dominic’s Preview (1972) fait mieux encore. Pourtant Van ne s’en satisfait que moyennement, l’estimant légèrement bâclé, la faute aux contraintes de temps en studio. Sans concessions, le barde !

A ce stade de sa carrière, il pourrait chanter l’annuaire téléphonique qu’il en ferait un chef d’œuvre… Jackie Wilson Said, Lion, Gypsy, Almost Independance Day ou Redwood Tree parlent d’eux-mêmes.

Un Van en demie teinte.

Il faut qu’il soit affecté par des problèmes conjugaux pour que Van Morrison baisse un peu de pied. Pour la première fois, Hard Nose The Highway (1973) lui permet un contrôle artistique total. Autumn Song, Snow In San Anselmo ne permettent cependant pas de tirer l’album plus vers le haut. Malgré cela, il reste un de mes préférés de l’artiste. Le Caledonia Soul Orchestra, monté pour les tournées américaine et européenne de 1973 qui vont donner le jour au double live Its Too Late To Stop It Now, est reconduit pour cet album, le septième du catalogue. Certains des membres de ce groupe signeront un long bail avec l’irlandais.

Le pastoral Veedon Fleece (1974) coïncide avec un bref retour dans son Irlande natale. Le contexte musical de cet album y réfère beaucoup, alimenté qu’il est de multiples renvois à la musique traditionnelle celtique. Excellent disque sur lequel Van Morrison paraît néanmoins accuser un coup de mou physique, Veedon Fleece, matraqué par la presse rock, est pointé en cinquante troisième position des classements yankees.

Fin de décennie laborieuse.

Premier LP en deux ans et demi, A Period Of Transition (1977), orienté jazz et R & B, se fait avec un artiste qui a rechargé ses accus, mais le retour est un peu souffreteux malgré quelques grandes compositions comme Flamingos Fly, Heavy Connection, The Eternal Kansas City ou Cold Wind In August. Pour la première fois, les fans se posent des questions et commencent à parler de l’irlandais au passé, comme s’il était fini.

Si Wavelength, paru en 1978, n’appartient pas vraiment à la discographie majeure de Morrison, on trouve encore du grain à moudre dans l’album mystique folk-jazz qui referme les seventies, Into The Music (1979), mais force est de reconnaître que la fin de la décennie s’avère assez pénible au regard du succès qu’il a jusqu’alors connu.

Depuis le début des années 80, près d’une trentaine d’albums sont venus enrichir un répertoire comptant parmi les plus prolifiques, les plus vénérés et les plus influents de tous les temps. Chapeau l’artiste ! (RAZOR©)

DISCOGRAPHIE 60'S..

LP Studio 1 - 1967

 

Van morrison blowin your mind

 

VAN MORRISON

BLOWIN’ YOUR MIND – 1967  3,5/5

 

Publié en 1967.

Produit par Bert Berns.

Durée:36:40.

Label:Epic/Legacy.

Genre:folk-rock.

 

Des débuts difficiles.

 

Soyons réalistes, les débuts sont difficiles pour Van Morrison. Le premier album qu’il enregistre, Blowin’ Your Mind (en écoute intégrale ici), publié en 1967, traduit un artiste qui se cherche encore. Il vient d’en finir avec l’épisode Them, groupe sur le reculoir après avoir occupé le devant de la scène et surtout squatté les charts avec le planétaire Gloria :

"And Her Name is G.(G), L.(L), O.(O), R.(R), I(I), A(A),

yé-yé-yé-yé G.L.O.R.I.A (Gloria)…"

A ce stade de son parcours, il ne sait pas trop quelle direction artistique viable et intéressante,  donner à sa carrière. A 22 ans, quoi de plus normal. En 1967, Bert Berns, une connaissance de l’époque Them, met les pieds dans le plat et  l’attire vers l’étiquette qu’il vient de créer, Bang Records.

Il le signe, lui propose de produire quatre 45 tours, soit huit titres, ce à quoi l’artiste adhère avec empressement, même s’il aurait souhaité pouvoir exercer un contrôle plus marqué sur cet engagement. Le temps de prendre l’avion pour les States (New York), d’enregistrer en deux jours, les 28 et 29 mars 1967, une matière dans laquelle Van s’investit énormément  (une vingtaine de chansons) et l’affaire est dans le sac.

Sauf que Bert Berns procède à un remodelage des titres sans l’accord de l’irlandais. Van Morrison parlera même de massacre. Berns pousse le bouchon jusqu’à sortir une partie de ces sessions compilées (le reste figure dans la compilation T.B Sheets). C’est l’album Blowin’ Your Mind (1967), que l’artiste a encore aujourd’hui en travers de la gorge et que Berns met sur le marché pour réagir sans attendre au succès du single Brown Eyed Girl.

Pourtant à y regarder de plus près, le prédécesseur d’Astral Weeks, la référence du catalogue Van Morrison, a des atouts pour lui et pas des moindres. Pas sa pochette, qui est à vomir, dixit le Van. Non, les arguments en sa faveur, il faut aller les chercher dans deux titres qui sortent incontestablement du lot : T.B Sheets et Brown Eyed Girl.

Si le second nommé, Top 20 aux U.S.A, devient rapidement un élément essentiel de sa discographie, c’est pour le premier que j’ai toujours eu le coup de foudre. Son passage pour la première fois sur RTL, en fin de soirée, et sur un vieux transistor qui grésillait, sifflait et restituait tant bien que mal, est toujours en moi.

Ce blues, étiré à près de 10 minutes,  est d’une rare intensité, lancinant, émouvant et étouffant. Il compte parmi les plus profonds que je connaisse et il n’a certainement pas eu l’avenir qu’il méritait. Sortir un calibre comme ça à 21/22 ans, c’est fort. Très fort.

A côté de ces deux monstres sacrés du répertoire du rouquin, les autres chansons peuvent faire pâle figure. Même si elles n’ont pas l’aura de leurs voisines de vinyle, les six autres pièces ont une tenue suffisante pour lui attribuer une cotation à 3,5/5. Elles sont plus dans l’esprit du Van Morrison des Them, notamment Spanish Rose, Ro Ro Rosey, Who Drove The Red Sport car 

Non content de s’être fait rouler par Berns, le gamin succombe une seconde fois aux sirènes du producteur de Bang  pour des sessions supplémentaires (novembre 67). Berns étant emporté par un accident cardiaque un mois plus tard, s’est feue son épouse qui fit pression sur l’artiste pour que le contrat soit respecté.

Vert de rage, à nouveau artistiquement bridé durant la suite de ces sessions, Van Morrison s’est  sciemment sabordé sur le projet qui se cache sous The Complete Bang Sessions.

Pour revenir à nos moutons, j’aime l’esprit de ce disque passionné de blues et R & B qui découvre un Van ne maîtrisant pas encore tout. Il fait simple, avec une voix soul distincte, sans jamais à se prendre pour un black (RAZOR©).

 

1. Brown Eyed Girl.

2. He Ain't Give You None.

3. T.B. Sheets.

4. Spanish Rose.

5. Goodbye Baby (Baby Goodbye).

6. Ro Ro Rosey.

7. Who Drove the Red Sport Car.

8. Midnight Special.

 

Van Morrison:guitare,chant.

Eric Gale:guitare.

Gary Chester:batterie.

 

LP Studio 2 - 1968

 

Van morrison astral weeks

 

VAN MORRISON

ASTRAL WEEKS – 1968  5/5

 

Publié en novembre 1968.

Produit par Lewis Merenstein.

Durée:47:10.

Label:Warner Bros.

Genre:folk-rock.

 

Hors norme pour l'éternité.

 

Alors là, les petits loups, avec Astral Weeks (en écoute intégrale ici), on tutoie le hors-norme, l’exceptionnel. On joue dans la cour des génies et tout le monde s’accorde à le dire : le public, la critique, les confrères, le milieu discographique. Astral Weeks est un chef d’œuvre du rock sans être un disque de rock.  Blues, oui. Jazz, ok, ou encore folk, pop, mais pas rock ! Sa manière de synthétiser et de dompter les genres amène à cette œuvre d’art.

Bref, inclassable, quoi.  Sorti en 1968 et deuxième du catalogue de Van Morrison, ce disque de presque 48 minutes enfile 8 perles différentes, et des sacrées. Des modèles de créativité, des spécimens de sensibilité. Dont quelques-unes qu’il étire comme pour faire durer le plaisir : Astral Weeks, Cyprus Avenue, Madam George ou Ballerina.

Pas de hits ronflants comme Gloria et plutôt destinés à une clientèle populaire. Non, ici c’est de la haute couture, de l’orfèvrerie. Une réussite artistique pour une élite de puristes et d’esthètes. D’où son échec commercial, le cousu-main s’accommodant plus de la fine fleur que de la masse.   

C’est l’album d’une maturité qu’on ne soupçonne alors pas chez Van Morrison, 23 piges seulement. Là où la maison de disques, Warner Bros ayant racheté son contrat chez Bang, recrute du musicien de jazz chevronné pour encadrer le projet et sans le nommer, surveiller du coin de l’œil l’irlandais, pour éviter de faire durer l’enregistrement et ainsi limiter les frais de location de studio et les rétributions, Van laisse à ces acteurs les coudées franches, ce qui vaut à Astral Weeks de donner l’impression de flirter constamment avec l’improvisation. Mais Van sait ce qu’il cherche, supervise l’ensemble et canalise cet esprit libertaire pour ne pas risquer de verser dans la jam.

Jay Berliner, Connie Kay, Richard Davis, Warren Smith Jr., les pointures jazz en question, déroulent tranquillement sous la direction bienveillante du cowboy de Belfast qui se contente gentiment de montrer la voie à suivre, et autour de la basse omniprésente de Richard Davies. Van Morrison pose sa voix aux frontières du blues, du folk et de la tradition irlandaise, sur ce canevas instrumental et interprète le lot dans un registre émotionnel qui confine au sublime. Sa voix, toujours à la limite, est un instrument dont il use pour porter les émotions. Quoi qu’il en soit, on est loin des contraintes initiales fixées par Warner.  

23 ans et déjà tête de lard et déterminé à mener sa barque comme il l’entend. Van Morrison, et on retrouvera ce trait de caractère tout au long de sa carrière, n’est pas homme à concéder quoi que ce soit. Dès lors, vous pensez bien que l’artiste est encore moins disposé à l’être.

Dans cet environnement raffiné mais univers de douleur et de manque surtout, Astral Weeks, pour laquelle l’irlandais disait qu’elle était une de ces chansons où l’on peut voir la lumière au bout du tunnel, touche la perfection et fait figure d’intouchable. Que nenni. Ici toutes les compositions sont hors du commun, les arrangements soignés : Madam George, Cyprus Avenue, Ballerina qui cristallise toutes les émotions humaines (lé désir, l’espoir, la joie, la crainte…), Beside You et ses arpèges de guitare classique, le jazzy Sweet Thing, The Way Young Lovers Do et son vibraphone ou Slim Slow Rider.

La grande force de la musique de Van tient dans son originalité, sa profondeur et sa liberté. Nul autre de ses albums ne traduit mieux ce constat manifeste. C’est peu de dire qu’il a influencé des générations entières de musiciens et remis sur pied des âmes perdues. Dans le même genre, on peut le mettre en balance avec son suivant Moondance, l’album de la plénitude. Une confidence ? C’est par Moondance que je suis arrivé à Astral Weeks. Quand vous l’écouterez, vous n’en serez pas surpris outre mesure (RAZOR©).

 

1. Astral Weeks.

2. Beside You.

3. Sweet Thing.

4. Cyprus Avenue.

5. The Way Young Lovers Do.

6. Madame George.

7. Ballerina.

8. Slim Slow Slider.

 

Van Morrison:chant,guitare acoustique.

Jay Berliner:guitare 12 cordes,guitare classique.

Richard Davis:double basse.

Larry Fallon:clavecin sur 4.

Connie Kay:batterie.

Barry Kornfeld:guitare acoustique sur 5.

John Payne:flûte,saxophone soprano sur 8.

Warren Smith Jr:percussions,vibraphone.

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 3 - 1970

 

Van morrison moondance

 

VAN MORRISON

MOONDANCE – 1970  5/5

 

Publié le 28 février 1970.

Produit par Van Morrison,Lewis Merenstein.

Durée:38:14.

Label:Warner Bros.

Genre:soul,pop,jazz,irish folk.

 

Inzepocket !

 

Avec un disque phénoménal comme Astral Weeks dans la besace, la première question que l’on est en droit de se poser à propos de Van Morrison, c’est : et maintenant ? Quand on publie, à 23 ans, une œuvre qui vaut référence dans la musique rock, quand on établit une norme artistique qui l’amène à figurer depuis, régulièrement et sans discontinuer, dans les classements des meilleurs disques de tous les temps, à quel lendemain doit-on s’attendre ?

Le jour d’après Astral Weeks s’appelle Moondance (en écoute intégrale ici). Il sort fin février 1970 et Van The Man est à peine plus vieux pour aborder son troisième LP studio qu’il ne le fut sur le précédent, n’affichant pas encore 25 ans au compteur.

La valeur n’attend pas le nombre des années. Au rendez-vous de ce disque, jamais proverbe n’a eu autant de sens. La jeunesse et l’inexpérience de l’artiste ne constituent pas des freins à sa fertilité créative. Au contraire, boosté par les commentaires dithyrambiques suscités par l’unicité et la grâce d’Astral Weeks, l’irlandais juge opportun de surfer sur cette vague d’inspiration mystique plutôt que de vivre sur son acquis.

Au confort qui aurait été admis et compris, Van Morrison oppose une exigence supplémentaire, un regain de sensibilité, renforce sa poésie, déborde d’énergie et d’émotion, accroît sa performance vocale (écoutez Crazy Love) et réoriente sa musique. A la brillance d’Astral Weeks, il rajoute l’optimisme et la plénitude.

Partant de là, Moondance réitère dans le haut de gamme, mais culmine également à une très belle vingt-neuvième place au Billboard, là où Astral Weeks s’était alors fait plus discret. Cette percée commerciale sert de catalyseur aux débuts de Morrison et va l’installer comme un des artistes majeurs du moment. A ce stade de sa carrière, resituons le contexte : l’irlandais est jeune marié et sur le point d’être père, il tourné le dos à Belfast et vit aux Etats-Unis.

Artisanal, chaleureux, mélancolique, doté de beaux arrangements, Moondance est un deuxième sans fautes de rang. Sa phase initiale frise la perfection avec And It Stoned Me qui ouvre idéalement l’album, l’érotique chanson-titre, le délicat Crazy Love, Caravan, hymne puissant taillé pour la radio et Into The Mystic, sublime invitation au voyage. Ces 5 titres qui l’habillent sont si grandioses que, pour peu, ils rendraient la face 2 insipide. On n’en est bien sûr pas là, loin s’en faut, car c’est pour l’ensemble de son travail que Van signe un tour de force époustouflant au regard de sa jeunesse.

Il est sûr que l’on focalisera plus sur la première partie de Moondance, de par le lot de morceaux devenus des classiques du barde. En ce sens, Come Running, pourtant encore très bonne entame, paraît avoir peu d’arguments à opposer à Into The Mystic, par lequel on est encore habité au moment du changement de côté. Mais que l’auditeur se rassure : de These Dreams Of You à Glad Tidings en passant par Brand New Day, tout converge vers l’exceptionnel avec des chansons aériennes, des rythmes délicats, une interprétation exquise par un blanc-bec, roi de la ballade, qui bouscule les codes du rythme and blues.

Des cuivres soutiennent efficacement le chant, les guitares sont essentiellement acoustiques, la section rythmique soul et le piano jazz. Bis repetita, après Astral Weeks, Van Morrison signe un chef d’œuvre supplémentaire en trois apparitions en studio. Peu d’artistes peuvent revendiquer une telle fécondité à ce même âge. C’est fort (RAZOR©).

 

1. And It Stoned Me.

2. Moondance.

3. Crazy Love.

4. Caravan.

5. Into the Mystic.

6. Come Running.

7. These Dreams of You.

8. Brand New Day.

9. Everyone.

10. Glad Tidings.

 

Van Morrison:chant,guitare,guitare rythmique,tambourin,harmonica.

Jack Schroer:saxophone alto et soprano.

Collin Tilton:flûte,saxophone ténor.

Jef Labes:orgue,piano,clavinet.

John Platania:guitare,guitare rythmique.

John Klingberg:basse.

Gary Mallaber:batterie,vibraphone.

Guy Masson:conga.

Emily Houston,Judy Clay,Jackie Verdell:choeurs 3/8.

 

LP Studio 4 - 1970

 

Van morrison his band and street choir

 

VAN MORRISON

HIS BAND AND THE STREET CHOIR – 1970  3,5/5

 

Publié le 15 novembre 1970.

Produit par Van Morrison.

Durée:41:40.

Label:Warner Bros.

Genre:folk-rock, R & B, blues.

 

Coup de mou ?

 

Astral Weeks et Moondance qui précèdent His Band And The Street Choir (en écoute intégrale ici), comptent parmi les plus grands disques de tous les temps du rock. Faire un hat trick relève de la gageure. Van Morrison, en s’éloignant du mysticisme ambiant de ses deux chefs d’œuvre et en redescendant de son petit nuage, dans tous les sens du terme, n’y pense même pas.

His Band And The Street Choir, son quatrième LP studio publié en novembre 1970, n’a pas cette vocation. Le présent crédo du rouquin irlandais, qui jouit depuis Moondance d’une liberté artistique quasi-totale, c’est de réaliser un disque a cappella, orienté R & B, et rien d’autre. Il n’envisage par ailleurs rien de vraiment novateur et son nouveau projet n’a visiblement d’autre visée que celle de se faire plaisir. C’est d’ailleurs cet état d’esprit qui l’anime à cette période, étant depuis juillet 1970, papa d’une petite Shannon. Son bonheur familial du moment se traduit dans son écriture.

Cette troisième levée de sa production pour Warner Bros, par ailleurs sa deuxième de l’année 70, Van Morrison l’autoproduit, signe qu’il prend de plus en plus d’envergure dans la maison et qu’il veut tout contrôler de A à Z.

Par ce disque, Van Morrison rentre dans une série de travaux qui seront très bons, mais qui n’auront jamais plus l’aura des numéros 2 et 3 de son catalogue. Pour tout vous dire, j’ignorais même, de son temps, l’existence de ce disque intercalé entre Moondance (1970) et Tupelo Honey (1971). Je l’ai découvert plus tard, au début des années 80, à une époque où j’ai décroché avec le rock.

De cette lignée vinylique d’après Moondance, His Band And The Street Choir, revisité hors contexte, m’apparaît comme le moins bon des disques que l’irlandais a réalisés durant les 70’s.

En refaisant son histoire, il s’avère que ce disque sous influence américaine, plaisant de par son côté cool et optimiste, a fait l’objet de pratiques discutables du label qui serait intervenu sur les bandes sans l’assentiment de l’irlandais et qu’au final, le rendu n’était pas du tout à la hauteur de ce que voulait traduire l’auteur. Dixit Van Morrison       

On y retrouve donc du bon rhythm and blues comme Give Me A Kiss, Blue Money, Sweet Jannie, de la soul (If I Ever Needed Someone) et du funk 0 l’image du tonique I’ve Been Working. Les morceaux sont superbement construits (Gypsy Queen), pleins de vie, les orchestrations bien maîtrisées. D’autre part, des morceaux comme Domino, Blue Money et Call Me Up In Dreamland entreront dans les charts US.

Van Morrison respire le bien-être et la joie de vivre, la liberté. On ne s’ennuie pas un seul instant ici. C’est certes moins inspiré que ce qui précède, mais comme c’est facile à écouter, pourquoi faire l’impasse ? (RAZOR©)

 

1. Domino.

2. Crazy Face.

3. Give Me a Kiss (Just One Sweet Kiss).

4. I've Been Working.

5. Call Me Up in Dreamland.

6. I'll Be Your Lover, Too.

7. Blue Money.

8. Virgo Clowns.

9. Gypsy Queen.

10. Sweet Jannie.

11. If I Ever Needed Someone.

12. Street Choir.

 

Van Morrison:guitare,harmonica,saxophone,chant.

Judy Clay,Emily Houston, Jackie Verdell:choeurs sur 11.

Alan Hand:piano,orgue,céleste.

Keith Johnson:trompette,orgue.

John Klingberg:basse.

John Platania:guitares,mandoline.

Jack Schroer:saxophones, piano.

Dahaud Shaar (David Shaw):batterie,percussions,clarinette basse,choeurs.

The Street Choir (Larry Goldsmith,Janet Planet,Andrew Robinson,Ellen Schroer,Dahaud Shaar (David Shaw),Martha Velez:choeurs.

 

LP Studio 5 - 1971

 

Van morrison tupelo honey

 

VAN MORRISON

TUPELO HONEY – 1971  5/5

 

Publié en octobre 1971.

Produit par Van Morrison,Ted Templeman.

Durée:40:42.

Label:Warner bros.

Genre:rock,folk rock,blue-eyed soul,country.

 

Les bienfaits de l'air californien.

 

Egal succès critique que réussite commerciale, Tupelo Honey d’octobre 1971 amène deux constats. Un, au regard de la pochette, la famille Morisson file le bonheur conjugal parfait, celle-ci s’étant agrandie avec l’arrivée d’une petite Shannon à l’été 70. Deux, à son écoute, la musique de Van profite bien de l’air californien où le couple a posé ses valises après avoir résidé un temps à Woodstock. Cet exode du rock vers les espaces ruraux est dans l’air du temps.

C’est d’ailleurs dans le paradis hippie de Woodstock, où il vivait à côté des stars de l’endroit comme Dylan ou le Band, qu’il compose la majorité des titres qui figurent sur ce cinquième pli du catalogue, exception faite de You’re My Woman, écrit durant les sessions d’enregistrement de Tupelo Honey. Le ton et le songwriting du nouveau disque de l’irlandais traduisent la félicité ambiante restituée par la pochette : You’re My Woman, Old Old Woodstock, Tupelo Honey, Starting A New Life.

La famille Morrison vient de déménager de la région de New York, trop populaire à son goût, pour se fixer à Marin County, en Californie sur les hauteurs de San Francisco, au milieu des séquoias. Ce cadre champêtre se prête magnifiquement à la phase casanière, calme et de repli du rouquin de Belfast auprès de Janet Planet Rigsbee et de sa fille. Moins à sa femme. Van Morrison, populaire depuis Astral Weeks et Moondance, échappe du même coup à la pression médiatique et à celle de sa maison de disques, Warner Bros, qui exige toujours plus de lui.

Enregistré principalement en direct studio, Tupelo Honey devait être à l’origine un disque aux influences country plus marquées. Si elles se devinent plus qu’elles ne se dévoilent, notamment au travers des lignes de  pedal steel présentes sur certains titres (Wild Night, Moonshine Whiskey, Straight To Your Heart), elles cohabitent cependant avec un mélange de R & B, de soul, jazz, de blue-eyed soul, de rock et de folk. Dans ce genre hybride, Van Morrison va bâtir la suite immédiate de sa carrière.

Tupelo Honey a bien marché aux States, en atteignant le vingt-septième rang du Billboard et en touchant l’or. Les singles Wild Night, mélange de soul, de R & B et de country, qui ouvre l’album et qui suscite toutes les promesses pour s’engage derrière, soutenu par la guitare fluide et douce du métalleux Ronnie Montrose ainsi que le soul Tupelo Honey, à la mélodie fort accrocheuse, sucrée comme le miel auquel elle réfère, ont respectivement été 28 et 47 dans les charts américains.

Album accessible s’il en est, qui plus venant d’un grincheux assez hermétique, préférant une discrète salle de 100 personnes aux stades remplis jusqu’à la gueule, évitant les apparitions live autant que faire se peut et réfutant le statut de star, Tupelo Honey est le point de départ d’une apogée artistique qui va durer jusqu’au milieu des années 70.

Van Morrison est alors un cas à part dans le rock et Ted Templeman dira, à son propos, avoir vieilli de dix ans en produisant trois de ses disques. Templeman est aux manettes de l’autobiographique et du détendu Tupelo Honey qui fait appel également à des fidèles comme le batteur Connie Kay, présent sur Astral Weeks, ou comme Jack Schroer, dont le saxo suit l’irlandais depuis deux albums et Gary Mallaber que l’on retrouve sur Moondance. A leurs côtés pointent aussi le guitariste Ronnie Montrose et le joueur de pedal steel, John McFee.

Wild Night, disais-je plus haut, annonce de jolies choses. Tupelo Honey et ses sept minutes en est une première. Outre sa douce flûte, la chanson titre vaut par l’interprétation que Van en fait. Elle saisit à la première note et desserre son étreinte qu’une fois son dernier souffle expulsé. C’est une des plus grandes pièces signée par l’irlandais. Une de ses plus inventives et touchantes.

Franc, direct, joyeux et mélancolique, Tupelo Honey verse aussi dans une atmosphère pastorale et nostalgique appréciée (Old Old Woodstock) pour se plonger dans le romantisme avec les sublimes You’re A woman (un des chefs d’œuvre de la carrière de l’irlandais). Rajoutez-y Starting A New Life et vous aurez là le gratin de l’album. Touché par la grâce, Van Morrison rend beau tout ce qu’il touche ; Tupelo Honey en est l’exemple (RAZOR©).

 

1. Wild Night.

2. (Straight to Your Heart) Like a Cannonball.

3. Old Old Woodstock.

4. Starting a New Life.

5. You're My Woman.

6. Tupelo Honey.

7. I Wanna Roo You (Scottish Derivative).

8. When That Evening Sun Goes Down.

9. Moonshine Whiskey.

 

Van Morrison:guitare rythmique,harmonica,chant.

Ronnie Montrose:guitare électrique,guitare acoustique,mandoline,choeurs.

Bill Church:basse.

Rick Shlosser:batterie.

Connie Kay:batterie sur 3/4/6/8.

Jack Schroer:saxophones.

Mark Jordan:piano,piano électrique.

Gary Mallaber:percussions,vibraphone.

John McFee:pedal steel guitare.

Ted Templeman:orgue sur 6.

Bruce Royston:flûte.

Luis Gasca:trompette.

"Boots" Houston:flûte,choeurs.

Ellen Schroer,Janet Planet:choeurs.

 

LP Studio 6 - 1972

 

Van morrison saint dominic s preview

 

VAN MORRISON

ST DOMINIC’S PREVIEW – 1972  4,5/5

 

Publié en juillet 1972.

Produit par Ted Templeman, Van Morrison.

Durée:41:12.

Label:Warner Bros.

Genre:folk-rock,R & B,soul.

 

Un récidiviste notoire.

 

Fin Juillet 1972 arrive chez bibi, par la Poste et en import s’il vous plaît, le sixième album de Van Morrison : Saint Dominic’s Preview (en écoute intégrale ici), retenez-bien ce nom. A ce stade discographique de l’irlandais et à cette époque, hormis Blowin’ The Night et His Band And The Street Choir, les quatre LP historiques du rouquemoute de Belfast, je les ai là dans ma discothèque, parmi le lot de vinyles bien mieux rangés que le reste de ma chambre, désordre qui fait répéter à la voix paternelle que l’armée (qui s’approchait) allait me faire le plus grand bien. Tu parles Charles, l’avenir révèlera que je me suis habilement fait exempter au motif d’une surdité, bien évidemment simulée et exagérée sur laquelle j’ai joué jusqu’au moment de franchir le poste de garde de l’endroit du recrutement.

Le Van de 68/74, c’est sacré pour moi. Saint Dominic’s Preview réunit en quelque sorte tout ce qui précède. Astral Weeks, Moondance et Tupelo Honey notamment. Trois albums, deux mythes et un très grand disque derrière lesquels n’importe qui aurait pu se croûter. Pas lui qui, après avoir mis le monde musical à ses pieds à deux reprises, puis confirmé son immense talent dans l’album né de son installation en Californie (Tupelo Honey, sa plus belle chanson d’amour), récidive presque 4 ans après son graal pour nous sortir une merveille de disque tissé autour d’un mix hybride de soul-pop, de R & B, d’un tantinet de jazz et de country, parfois enrichi de chœurs gospel et d’influences mystiques. Saint-Dominic’s Preview synthétise tout ce que l’on a aimé jusqu’alors du barde.

Cependant, si l’album affirme encore une fois une grande richesse, s’il est essentiel dans la carrière de Van pour son côté charnière, s’il n’égale pas ses œuvres légendaires, il s’en approche fortement.    

Réalisé avec un parterre de musiciens assez impressionnant qui autorise une rotation entre les titres, sans que cela affecte le moins du monde sa cohérence, Saint Dominic’s Preview est construit autour de 7 pièces dont 3 très étirées qui culminent au-delà des 6 minutes, c’est le cas du morceau titre notamment, voire de la dizaine de minutes à l’image d’Almost Independant Day (10:05) et de Listen To The Lion (11:07).

C’est par son adoration pour Jackie Wilson, artiste parmi les plus influents du R & B, auquel on doit le lien entre ce genre et la soul music, que se fait l’entame du sixième LP studio de Van. Le simple et efficace Jackie Wilson Said (I’m In Heaven When You Smile) montre d’emblée ce que l’irlandais a dans le sac et dans le gosier, et corrobore l’idée que l’auditeur n’a pas fait le voyage pour rien.

L’exotique Gypsy et le blues I Will Be There qui lui succèdent confirment l’impression de départ : Van Morrison est au top de sa forme, inspiré, prolifique, inimitable interprète. Que dire alors de Listen To The Lion ? Un must du répertoire qui donne l’opportunité à son auteur et acteur-chanteur de laisser libre cours à son registre vocal époustouflant. Le gratiné de la présente collection souligne par ailleurs la diversité du matériel concocté par le rouquin. Quatre titres, quatre line-up, quatre ambiances différentes.

La chanson titre, belle ballade mélodique au refrain punchy, introduit une face B occupée par trois chansons. Saint-Dominic’s Preview et l’introspectif Almost Independence Day écrabouillent malheureusement la jolie RedWood Tree qui a bien du mal à exister en préambule du titre star du disque, le plus long aussi, le frénétique Almost Independence Day.

Subtil et surprenant mélange d’un étonnant Van Morrison, Saint Dominic’s Preview prend place dans le haut du panier de l’artiste. Tout près des Astral Weeks, Moondance sur lequels les trois pièces étirées n’auraient pas dépareillé. Grande prestation, grand disque. A un poil de cul près, il gagnait ses galons de chef d’œuvre (RAZOR©).

 

1. Jackie Wilson Said (I'm in Heaven When You Smile).

2. Gypsy.

3. I Will Be There.

4. Listen to the Lion.

5. Saint Dominic's Preview.

6. Redwood Tree.

7. Almost Independence Day.

 

Van Morrison:chant,guitares,choeurs sur 4.

Jules Broussard:saxophone ténor,flûte.

Lee Charlton:batterie sur 7.

Bill Church:basse.

Ron Elliott:guitare acoustique sur 7.

"Boots" Houston:saxophone tenor,choeurs.

Mark Jordan:piano sur 4.

Connie Kay:batterie sur 4.

Bernie Krause:synthétiseur moog sur 7.

Gary Mallaber:batterie,percussions,vibraphone.

John McFee:steel guitare sur 5.

Doug Messenger:guitare électrique et acoustique.

Ronnie Montrose:guitare acoustique,choeurs sur 4.

Mark Naftalin:piano,synthétiseur moog.

Pat O'Hara:trombone sur 2/5.

Janet Planet,Ellen Schroer:chœurs.

Tom Salisbury:piano,orgue.

Rick Shlosser:batterie.

Jack Schroer:saxophones alto et baryton.

Mark Springer,choeurs sur 5/6.

Leroy Vinnegar:double basse sur 7.

 

LP Studio 7 - 1973

 

Van morrison hard nose the highway

 

VAN MORRISON

HARD NOSE THE HIGHWAY – 1973  4/5

 

Publié en août 1973.

Produit par Van Morrison.

Durée:42:52.

Label:Warner Bros.

Genre:folk-rock,R & B.

 

Van sur une autre Planet.

 

Comment Van Morrison pourrait-il ne pas être habité par une confiance inébranlable à l’appel d’Hard Nose The Highway (en écoute intégrale ici), septième LP de l’irlandais ? Quand on se retourne sur le chemin jusqu’alors parcouru, son bilan fait valoir une discographie exceptionnelle et qui fait, à n’en pas douter, des envieux.

La seule chose qui pourrait mettre à mal et le bonhomme et l’artiste, c’est l’amour dont on sait avec quelle profondeur il l’a traité dans un passé récent : Ballerina, Beside You, Crazy Love, You’re My Woman, The Way Young Lovers Do.

L’amour, c’est à sa rousse irlandaise qu’il le réserve en exclusivité et s’il à choisi de vivre reclus, c’est à cause de sa belle qu’il ne veut pas exposer, faisant de sa relation avec Janet Planet Rigsbee, rencontrée à l’été 66, un mystère médiatique savamment entretenu. Van ne veut pas de l’exposition à la Yoko Ono/Lennon ou Linda et Paul McCartney.

Las, Janet s’éclate quand elle accompagne les tournées de son mec ; elle prend goût à ces sorties et semble aimer le milieu de la musique et des studios où on la retrouve régulièrement parmi les choristes sur les disques de Van. Sauf ici et pour la première fois.

En fait, leur romance commence  à battre de l’aile ; elle n’est idyllique que d’apparence, Janet étouffe dans l’isolement dans lequel son irascible mari la confine trop souvent. La pochette de Tupelo Honey (1971) dévoilant ce qui semble s’apparenter à un bonheur conjugal parfait, les chansons qui ont alimentées ses albums sont donc du flanc ?

Pas vraiment. Mais depuis quelques mois, leur mariage est rythmé sur la courbe des montagnes russes et là, en 1973, Janet n’en peut plus au point, de larguer son chéri à l’automne de cette année, en embrauqnat Shana, alors qu’ Hard Nose The Highway vient de sortir durant l’été.

La stabilité, c’est dans son métier que l’irlandais va aller la chercher. D’abord en assemblant un line-up bien huilé de 11 pièces et d’une grande cohésion musicale, avec cordes et cuivres, qui va s’avérer être le meilleur groupe que l’irlandais ait jamais eu en soutien : le Caledonia Soul Orchestra. Orientez-vous vers le sublime double LP de 1974, It’s Too Late To Stop It Now, live parmi les plus anthologiques de tous les temps.

Puis en réceptionnant son home studio 16 pistes construit spécialement pour lui, histoire d’avoir, une fois pour toutes, le contrôle de toute la chaîne d’enregistrement. L’irlandais n’est pas homme à se laisser abattre. Le légendaire fighting spirit cher à sa race et sa réponse aux accusations dont on l’affuble d’avoir un peu trop de proximité avec Jackie DeShannon, c’est dans son travail qu’il va les livrer. Donc dans Hard Nose The Highway, l’enregistrement en cours sur lequel Jackie DeShannon… apparaît dans les chœurs. Loin de moi l’envie de jouer les fouille-merdes façon magazines people, mais en l’occurrence, ses excuses sont aussi crédibles que celles de notre Pépère 1er casqué, pris en flag d’escapade nocturne rue du Cirque à Paris.

Ce contexte de rupture, l’irlandais le digère en tournée. Etats-Unis, Europe… Van retrouve même la Grande-Bretagne pour la première fois qu’il a quitté Them. Il y savoure son immense popularité et donne le meilleur de sa personne dans des concerts mémorables dont l’inoubliable live mentionné plus haut.

En studio, chez lui donc, il déroule en laissant à ses musiciens une grande latitude pour improviser. Il a son idée pour Hard Nose The Highway qu’il veut plus jazzy que ce qu’il a fait jusqu’à présent. D’où les cuivres et la grande liberté dont jouit le pianiste virtuose Jeff Labbes. Van tient son son et la matière qu’il a en stock s’appuie sur six titres de sa composition et deux autres extérieurs : Bein’ Green de Joe Raposo, standard américain, écrit à l’origine (1970) pour Kermit la grenouille du Muppet’s Show et Purple Heather, variante d’un air traditionnel écossais (Wild Mountain Thyme), qu’ont également couvert Dylan, les Byrds, Marianne Faithfull ou Joan Baez. En s’appropriant cette dernière, l’irlandais qui, de par ses origines celtes joue sur ses points forts, la réinvente en en faisant une intéressante adaptation personnelle, teintée d’une magnifique touche soul.

Hard Nose The Highway aurait pu être double ; ses problèmes personnels ne semblent pas affecter sa prolificité, ni freiner son élan. Album à ambiances différentes d’une face à l’autre, il propose une face A plus grave et dure sur la réalité de son métier tandis que la deuxième partie s’annonce plus légère et plus tendre.

De cet opus émergent le divertissant Warm Love et The Great Deception, particulièrement réussis et qui se posent en leader de l’album, ainsi que des chansons dignes d’un intérêt plus marqué comme Purple Heather, le doux et apaisant Snow In San Anselmo (et sa chorale classique d’Oakland), le lent Wild Children (à propos de son expérience d’enfant de la guerre), Autumn Song et ses 10 minutes de musique romantique sur les splendeurs de l’automne, la reprise Bein’ Green, Hard Nose The Highway.

En atteignant le rang 27 du Billboard, Van Morrison continue son petit bonhomme de chemin mais sans l’amour qu’il avait pour habitude d’accrocher à son écriture. Pas ici. Qu’importe, il dispose d’encore assez d’arguments pour capturer son auditoire.

Aimé du public, passionnant pour la presse rock, le barde reste à un niveau de qualité et d’inspiration constant, malgré ses déboires. Si j’étais vous, je ne ferais pas l’impasse sur Hard Nose The Highway : Snow In San Anselmo est tellement grandiose que ça serait regrettable de s’en priver (RAZOR©).

 

1. Snow in San Anselmo.

2. Warm Love.

3. Hard Nose the Highway.

4. Wild Children.

5. The Great Deception.

6. Bein' Green.

7. Autumn Song.

8. Purple Heather.

 

Van Morrison:chant,guitare,claviers,saxophone,chœurs.

David Hayes:guitare basse.

Jules Broussard:cor,saxophone.

Bill Atwood:harmonica.

Marty David:guitare basse.

Jackie DeShannon:chœurs.

Joe Ellis:cor.

Nancy Ellis:cordes,violon alto.

Michael Girling:violon.

Jeff Labes:piano,claviers.

Gary Malaber:percussions,batterie.

Zaven Malikian:violon.

Zovan Melikian:cordes.

John Platania:guitare.

Nathan Rubin:cordes.

Rick Schlosser:batterie.

Jack Schroer:piano,cor,saxophone.

John Tenney:cordes,violon.

 

LP Studio 8 - 1974

 

Van morrison veedon fleece

 

VAN MORRISON

VEEDON FLEECE – 1974  3,5/5

 

Publié en octobre 1974.

Produit par Van Morrison.

Durée:47:36.

Label:WarnerBros.

Genre:folk-rock.

 

Van Morrison n’est décidément pas fait du même bois que les autres artistes de sa génération et du moment. Ne lui parlez pas de rendre sa musique plus commerciale, il s’en tape comme de sa première chemise. Ne lui parlez plus de son ex dont il vient de se séparer ; ses déboires conjugaux, il est allé les régler du côté de sa terre natale, la verte Erin où il s’est accordé une brève pause, fin 1973, pour recharger les accus et qu’il met à profit pour la visiter. La tournée enchaînée en Europe après les Etats-Unis et qui a induit le légendaire double live It’s Too Late To Stop Now (1974), a laissé des traces physiques. Van Morrison n’est pas le seul à en payer les pots cassés, puisque le Caledonia Soul Orchestra, pour d’autres raisons, est congédié.

C’est donc là-bas, du côté de l’Irlande, une terre qu’il découvre alors meurtrie, qu’il va puiser l’inspiration générant la matière destinée à alimenter son nouvel album : Veedon Fleece d’octobre 1974.

En effet, de ce court séjour irlandais, il revient avec en tête, huit titres de la dizaine de pièces figurant au programme de son huitième LP studio. L’esprit gravite autour de la redécouverte de son pays natal tant dans le songwriting (Country Fair, Fair Play, But You Don’t Push The River, Streets Of Arklow, You Don’t Pull No Punches) que dans la musique, plutôt folk-rock, qui réfère beaucoup à la tradition celte.

Soyons clair, avec son côté «j’emmerde tout le monde, je fais ce que je veux », Van Morrison ne s’est pas fait que des potes dans la presse rock. Le retour de manivelle, c’est pour maintenant. La critique ne pardonne pas à l’irlandais de s’éloigner de ce qu’il a si bien fait jusqu’alors et le rhabille pour l’hiver. Les fans ne comprennent pas trop, non plus, la direction artistique prise via Veedon Fleece qui se veut plus acoustique et plus celtique. Plus personnel aussi. J’avoue moi-même avoir été de son temps, non pas déçu mais surpris. Il m’a fallu un temps d’adaptation à ce Van Morrison là ; d’ailleurs, c’est à partir de cet album que j’ai lâché du lest avec le rouquemoute.

Si Veedon Fleece n’est pas un disque majeur du catalogue, il n’a rien pour autant d’un disque à bâtardiser. Plus mélancolique, voire tutoyant parfois la déprime, mid-tempo pour la majorité des chansons, il est celui par lequel la période dite classique de son répertoire s’achève. Pour l’anecdote, seuls cinq des titres de Veedon Fleece ont été repris en concert. Il est vrai que, spontanément, il peine à accrocher. Rares sont les pièces à marquer les esprits au sortir de son écoute. Ceci explique peut-être cela.

Maintenant, je dois dire qu’avec le temps, Veedon Fleece a repris des couleurs dans mon estime. A sa publication, je n’aurais certainement pas coté cet album aussi haut. Mais depuis, il est devenu un compagnon des jours de pas bien, alors…

La voix de Van y apparaît plus ronde et plus pleine qu’auparavant, à la limite de l’essoufflement parfois, ce qui dénote une certaine fatigue chez l’irlandais. Dans ce contexte particulier, il doit s’écouter dans son intégralité et l’auditeur ne doit pas se contenter que du meilleur.

Le meilleur est ici représenté par des titres comme Fair Play (une ballade en signe d’hommage masqué à propos d’un ami proche qui usait de cette expression), l’éthéré Country Fair (l’enfance heureuse) et le folk irlandais Streets of Arklow (hommage à la ville historique irlandaise), que l’éloignement aux States et le déracinement ont générés. You Don’t Pull No Punches, But You Don’t Push The River (près de 9 minutes où piano, flûte et saxo se taillent la part du lion) situe un Van au sommet de son art. Linden Arden Stole The Highlights (puisé dans la mythologie) est d’une beauté pure qui émeut (dommage qu’il soit court).

L’enjoué country Bulbs,  le jazzy Cul De Sac, Comfort You (une simple ballade d’amour), Come Here My Love complètent cet album d’un Van Morrison très énigmatique.  Fort heureusement, tout le monde ne partage pas mon avis. Sinnead O’Connor dit de cet album qu’il est le disque le plus évident qu’il ait jamais fait sur l’Irlande. Une chose est cependant sûre : Veedon Fleece ne déparera pas votre discothèque, loin s’en faut ! (RAZOR©).

 

1. Fair Play.

2. Linden Arden Stole the Highlights.

3. Who Was That Masked Man.

4. Streets of Arklow.

5. You Don't Pull No Punches, But You Don't Push the River.

6. Bulbs.

7. Cul de Sac.

8. Comfort You.

9. Come Here My Love.

10. Country Fair.

 

Van Morrison:chant,guitare.

David Hayes,Joe Macho:guitare basse.

John Tropea,Ralph Walsh:guitare.

Jeff Labes:claviers,arrangements cordes et flûtes.

Jim Rothermel:flûte.

Nathan Rubin,Terry Adams:cordes.

Jack Schroer:saxophone soprano.

Allen Schwarzberg,Dahaud Schaar:batterie.

David Shaw:clarinette,percussions.

James Trumbo:claviers.

 

LP Studio 9 - 1977

 

Van morrison a period of transition 77

 

VAN MORRISON

A PERIOD OF TRANSITION – 1977  3/5

 

Publié en avril 1977.

Produit par Van Morrison,Dr.John.

Durée:34:12.

Label:Warner Bros.

Genre:folk-rock,R & B.

 

Retour souffreteux.

 

Veedon Fleece (1974) aura été le dernier LP de Van Morrison que j’ai acheté dans les années 70. Donc au rendez-vous d’A Period Of Transition (en écoute intégrale ici), en 1977, je n’y étais déjà plus, après en avoir croqué depuis les Them. A la différence de son prédécesseur, le temps n’a, en l’occurrence,  rien fait pour que cet album, acheté bien plus tard en CD, soit réhabilité dans mon esprit.

Veedon Fleece présentait les stigmates d’un essoufflement de la carrière de l’irlandais. A Period Of Transition, sorti trois ans après, indique que le mal était plus profond qu’il n’y paraissait. Le syndrome de la page blanche touche désormais un artiste dont la fertilité était jusque là louée de tous.

Mais bon, loin de moi l’intention, plus encore l’envie, de jeter le bébé avec l’eau du bain. Van Morrison nous a faits voler avec les aigles ; difficile de se satisfaire d’un envol de moineaux. Le fait d’avoir pris congé du barde en passant par la grande porte et d’y revenir, longtemps après, en empruntant l’accès de service, ne fait que compliquer le jugement sur un disque et une carrière dont on s’est complètement désolidarisé de son temps.

C’est donc en marge du contexte ambiant que ce disque est remonté jusqu’à moi. Il faut en tenir compte et le recul nous apprend des choses alors inconnues comme il en confirme d’autres.

Que l’artiste Van Morrison, à ce stade de sa carrière, à 32 ans, n’a plus rien à prouver. L’essentiel de son œuvre est derrière lui et quelle œuvre ! Que les signes de son affaiblissement, le premier à s’en apercevoir, c’est quand même bien lui qui, depuis Tupelo Honey n’a jamais réellement été satisfait de son travail. Les déboires conjugaux de l’homme Van Morrison, venus se greffer là-dessus, ont certainement eu des répercussions beaucoup plus profondes que celles avouées. L’amour, un des thèmes forts de l’irlandais, n’a plus jamais eu le même sens, ni la même force dans son écriture. Je ne suis pas sûr que ce thème ait été encore repris par la suite. Le divorce d’avec Janet Planet a fait des ravages insoupçonnés qu’en macho et tête de lard irlandaise qu’il est, il a cherché à minimiser.

Qu’il s’octroie après Veedon Fleece une pause de trois ans, révèle un réel besoin de souffler. Qu’il l’ait fait parce que son inspiration était en berne n’aggrave pas pour autant son cas ; c’est même plutôt sage plutôt qu’aller se fourvoyer dans des projets discographiques plombés d’avance.

Qu’il ait intitulé l’album de son retour après ce long silence, A Period Of Transition est, ça n’engage que moi, révélateur du trouble et du manque de confiance qui l’animent. La transition en question, avec force cuivres, choristes et atmosphère funky, est l’écran de fumée derrière lequel il se réfugie pour revenir aux affaires et masquer ses doutes et ses faiblesses de l’instant.

Mais Van Morrison est un pro. Vous lui donner des rogatons pour se nourrir qu’il en fait bombance. La faute à une voix, une interprétation et un sens du rythme hors du commun. Il pourrait effectivement chanter l’annuaire comme disait un internaute. Sauf qu’ici, il n’est pas aux bonnes pages et fait avec. Il s’en sort parce que c’est Van Morrison, mais la matière, défaillante pour l’heure, et l’ambiance léthargique qui y règne font défaut et peinent à accrocher. Cette indigence lyrique rejaillit sur tout le disque, le premier de son répertoire à être réellement moyen. Son écoute, en même temps que je chronique, corrobore mon détachement d’alors. Le recul opéré sur Veedon Fleece n’était donc pas qu’un point de détail.

Van Morrison l’a compris qui s’est mis à faire autre chose pendant trois ans. Il se change les idées, lève le pied, avant de signer un come-back souffreteux, n’ayant pas les antisèches promptes à guérir ses maux et à retrouver les mots pour le dire.

De là à dire que l’irlandais est bon pour la casse, il n’y a qu’un pas. Je ne le franchirais pas. Malcolm Rebennack, plus connu dans le métier sous le nom de Dr. John, produit l’album des retrouvailles, sans apporter vraiment un plus. Sa présence amicale ne parvient pas à sauver de l’ennui ce neuvième album.

Heavy Connection, le a capella The Eternal Kansas City, Joyous Sound, Cold Wind In August étayent la thèse selon laquelle la période dorée, c’est du consommé, mais que la page Van Morrison n’est pas définitivement tournée et qu’il a encore de beaux restes. Mais là, c’est indéniable, même des décennies plus tard, c’est à un Van en sursis que l’on a affaire (RAZOR©).

 

1. You Gotta Make It Through the World.

2. It Fills You Up.

3. The Eternal Kansas City.

4. Joyous Sound.

5. Flamingos Fly.

6. Heavy Connection.

7. Cold Wind in August .

 

Dr. John:claviers.

Gregg Wright:choeurs.

Ollie E. Brown:batterie,percussions.

Gerald Garrett:choeurs.

Marlo Henderson:guitare.

Jerry Jumonville:saxophone.

Roger Kenerly-Saint:choeurs.

Reggie McBride:basse.

Tony McVey:choeurs.

Robbie Montgomery:choeurs.

Van Morrison:guitare,claviers,saxophone,chant.

Candy Nash:choeurs.

Paulette Parker:choeurs.

Joel Peskin:saxophone.

Joseph Powell:choeurs.

Mark Underwood:trompette.

Carlena Williams:choeurs.

 

LP Studio 10 - 1978

 

Van morrison wavelength 78

 

VAN MORRISON

WAVELENGTH – 1978  3/5

 

Publié en septembre 1978.

Produit par Van Morrison,Mick Glossop.

Durée:49:32.

Label:Mercury (U.K),Warner Bros (U.S).

Genre:pop rock,R&B.

 

Attention à la rechute !

 

Dans la langue de Sir Bobby Charlton, Wavelength (en écoute intégrale ici) signifie longueur d’ondes. Est-ce qu’un message codé envoyé par Van Morrison pour nous signaler que ça va mieux dans sa vie et dans sa musique, après sa mise en retrait de trois ans, entre 74 et 77, et un retour souffreteux (A Period Of Transition/77) ? Que c’est désormais à nouveau l’osmose entre lui et son parterre encore bien achalandé de fans ? Qu’au travers de son dixième LP, on retrouve l’irlandais au moins comme on l’avait quitté avant sa pause ?

S’il faut bien admettre que le rouquin s’est refait la cerise depuis son soporifique Period Of Transition, dire que la mariée qui nous tombe entre les pattes est canon, il y a une marge, un juste milieu.

Wavelength marque un regain de santé, mais le valétudinaire nous a quand même habitués à beaucoup, beaucoup mieux. Van est convalescent et manque encore de souffle, même s’il est incontestable qu’il recouvre une grande partie de ses moyens ici en souscrivant à un accessible pop-rock alimenté, il faut s’y habituer, aux synthés et de guitares électriques.

L’album, libéré en septembre 78, a quelques rares éclairs de classe (Take It Where You Find It, Natalia, Santa Fe/Beautiful Obsession), preuve que le talent et la créativité ne se sont pas envolés comme par mauvaise magie. De quoi ravir les supporters, mais le label (Mercury/Warner Bros), car Wavelength fait 28 dans les charts.

Si certains s’en satisfont, j’avoue avoir du mal avec ce Van là qui, à mon avis, se perd quand même en s’enfermant dans un registre qui lui convient pour sa simplicité, mais qui situe malgré tout ses limites du moment.

Si convalescence il y a, elle est très fragile. Van Morrison ne sait pas trop où il va. La rechute guette (RAZOR©).

 

1. Kingdom Hall.

2. Checkin' It Out.

3. Natalia.

4. Venice U.S.A..

5. Lifetimes.

6. Wavelength.

7. Santa Fe/Beautiful Obsession.

8. Hungry for Your Love.

9. Take It Where You Find It.

 

Van Morrison:chant,guitare acoustique,piano électrique,saxophone alto.

Peter Bardens:claviers,synthétiseur.

Bobby Tench:guitare électrique,chœurs.

Herbie Armstrong:guitare rythmique ,choeurs.

Mickey Feat:basse.

Peter Van Hooke:batterie.

Garth Hudson:orgue,synthétiseur,accordéon.

Ginger Blake,Creamer Laura,Linda Dillard:choeurs.

Mitch Dalton:guitare espagnole sur 9.

Kuma:basse sur 7/9.

 

LP Studio 11 - 1979

 

Van morrison into the music 79

 

VAN MORRISON

INTO THE MUSIC – 1979  3,5/5

 

Publié en août 1979.

Produit par Van Morrison,Mick Glossop.

Durée:49:30.

Label:Warner Bros (U.S),Mercury (U.K).

Genre:pop-rock,R & B,celte.

 

Van s’en remet à Dieu.

 

Le Van Morrison de la deuxième moitié des seventies n’est que l’ombre de lui-même. Je pense que je n’offusquerais personne en avançant ce constat. Depuis son retour aux affaires en 1977, après un break supposé être régénérateur pour son inspiration, l’irlandais peine à mettre un pied devant l’autre ; il ne faut pas se mentir.

Le léthargique A Period Of Transition et son suivant Wavelength, un peu mieux, n’ont pas totalement résolu ses problèmes. Van Morrison est allé se fourvoyer dans un pop-rock visiblement pas sa tasse de thé, mais il faut coûte que coûte sortir la tête de l’eau et, surtout, il faut bien vivre.

En ce sens, Wavelength a rassuré le label, le rouquin est encore populaire et l’orientation vers un pop-rock accessible pour un plus grand nombre, est certainement sa bouée de sauvetage du moment. Mais le genre dans lequel il évolue sur Into The Music (en écoute intégrale ici), sorti en 1979, est totalement différent de ce pour quoi il a brillé avant Veedon Fleece. Presse et public lui en font alors le grief.

Pour peu que l’on gratte un peu, sans chercher pour autant pas à comparer systématiquement  avec le passé glorieux de Van, on trouvera encore du grain à moudre dans Into The Music, onzième studio, publié dans le contexte punk ambiant et alors que le public a tourné le dos aux artistes des années 60/70, fussent-ils des monstres sacrés du rock.

Into The Music est porté par une bonne dynamique et animé d’une saine spiritualité. Sans jouer les moralisateurs, le Van Morrison de 1979 s’en remet pieusement au Seigneur pour sortir de l’ornière musicale vers laquelle son parcours cahotique récent l’a mené. Tiens, tiens… comme le Dylan de la même année (Slow Train Coming), succombant au christianisme pour relancer sa carrière. Y a de ces coincidences, quand même…

Côté musique, c’est du rouquin moyen +, charpenté à la soul music et au folk celtique. J’ai une prédilection toute particulière pour ce qui constituait la face B du vinyle : Angeliou, And The Healing Has Begun, It’s All In The Game et You Know What They’re Writing About. Le vrai retour de Van Morrison, c’est plus ici qu’il s’opère que sur les deux disques précédents. Mais bon, dans un registre pop-rock, Van The Man n’est pas vraiment le grand Morrison (RAZOR©).

 

1. Bright Side of the Road.

2. Full Force Gale.

3. Steppin' Out Queen.

4. Troubadours.

5. Rolling Hills.

6. You Make Me Feel So Free.

7. Angeliou.

8. And the Healing Has Begun.

9. It's All in the Game.

10. You Know What They're Writing About.

 

Van Morrison:chant,guitare,harmonica.

 Herbie Armstrong:guitare,choeurs.

 Pee Wee Ellis:saxophone.

 David Hayes:basse.

 Mark Isham:trompette,cor,trompette piccolo.

 Mark Jordan:piano.

 Katie Kissoon:choeurs.

 Toni Marcus:mandoline,violon,viola.

 Peter Van Hooke:batterie.

 John Allair:orgue sur 8.

 Ry Cooder:slide guitare sur 2.

 Zakir Hussain:tabla sur 1 et 3.

 Robin Williamson:flageolet sur 4/5.

Kurt Wortman:batterie sur 4.

COMPILATION 70'S.

LP Compilation - 1973

 

Van morrison t b sheets

 

VAN MORRISON

T.B. SHEETS – 1973  4/5

 

Publié en 1973.

Enregistré en 1967.

Produit par Bert Berns.

Durée:42:52.

Label:Bang Records (U.S), London Records (U.K).

Genre:rock,blues,R & B.

 

L’odeur de la mort.

 

“The cool room, Lord is a fool's room.
The cool room, Lord is a fool's room.
And I can almost smell your T.B. sheets
And I can almost smell your T.B. sheets
On your sick bed.”

 

Un hôpital, une chambre de malade, une odeur de mort qui rôde autour du lit d’une personne atteinte de tuberculose…c’est le blues hypnotique T.B. Sheets, une longue et bouleversante incantation, une attente interminable, des draps collés par la sueur, des expectorations, la souffrance, le désespoir, la phase terminale de la maladie, la fin…

9 minutes 35 psychédéliques lourdes, étouffantes, pendant lesquelles vous avez la sensation d’être dans cette pièce, d’assister à une fin en direct et de ne pas pouvoir en sortir.

Obsessionnelle, T.B.Sheets (en écoute intégrale ici) raconte l’histoire vraie d’une femme (avec laquelle il aurait vécu), sur son lit de mort, atteinte de tuberculose. C’est l’une des chansons sur  la mort les plus profondes qu’il m’ait été donnée d’entendre.

Orgue, harmonica strident et plaintif, basse qui ronronne, un tempo, toujours le même qui n’en finit pas de revenir et une voix qui hurle et râle comme un mourant. Je n’ai jamais entendu Van Morrison aussi poignant que dans cette chanson. Ces neuf minutes et des, il faut les avoir écoutées une fois dans sa vie. Poignant.

Pleine de fatalisme, de tristesse, suffocante, plaintive, puissante, émouvante, chargée de culpabilité et d’impuissance, aux relents claustrophobes (Laissez-moi respirer…), ce titre figure en bonne place dans le film Bringing Out The Dead de Martin Scorsese, sorti en 1999.

Elle fait partie, avec sept autres morceaux, d’une compilation de Van Morrison publiée en 1974 (T.B. Sheets), certains originellement enregistrés en 1967 (Bangs Records) pour paraître sur le premier album solo de l’irlandais Blowin’ Your Mind et deux autres originaux (Beside You et Madame George) que l’on retrouve sur Astral Weeks (1968).

Pour le reste de l’album, T.B Sheets trempe fortement dans le blues, la soul, le jazz et le rock. Cet album préfigure ce que ce sera le monument Astral Weeks (Madame George et Beside You). Ecoutez avec plaisir He Ain’t Give You None au caractère un peu psyché, un Beside You et un Madame George (Madame Joy à l’origine) acoustiques, le jazzy-blues Who Droved The Red Sports Car, Ro Ro Rosey, hard blues bien dans le style de ce disque, l’original d’une des plus belles chansons écrites par l’irish song-writer incomparable, Brown Eyed Girl.

A l’écoute de cet album, il est bon de se rappeler qu’à cette époque Van Morrison était jeune, en pleine croissance artistique. Compte tenu de l’âge précoce, c’est aussi impressionnant que les premiers travaux de Dylan au même âge. Incomparable compil’.

 

“The cool room, Lord is a fool's room.
The cool room, Lord is a fool's room.
And I can almost smell your T.B. sheets
And I can almost smell your T.B. sheets
On your sick bed.” (RAZOR©)

 

1. He Ain't Give You None.

2. Beside You" (original take).

3. It's All Right.

4. Madame George" (original take).

5. T.B. Sheets.

6. Who Drove the Red Sports Car?.

7. Ro Ro Rosey.

8. Brown Eyed Girl.

 

Van Morrison:chant,guitare.

Eric Gale,Hugh McCracken,Al Gorgoni,Donald Thomas:guitare.

Bob Bushnell,Russell Savakas:basse.

Herbie Lovelle,Gary Chester:batterie.

George Devins:percussions,vibraphone.

Artie Butler,Paul Griffin:claviers.

Seldon Powell,Artie Kaplan:flûte,saxophone.

Jeff Berry:tambourin,choeurs.

The Sweet Inspirations:choeurs.

Bert Berns,Brooks Arthur:choeurs.

DISCOGRAPHIE LIVE 70'S.

LP Live 1 - 1974

 

Van morrison its too late to stop now 74

 

VAN MORRISON

IT’S TOO LATE TO STOP NOW – 1974  5/5

 

Publié en février 1974.

Enregistré entre le 24 mai et le 24 juillet 1973 (Los Angeles, Santa Monica et Londres).

Produit par Van Morrison,Ted Templeman.

Durée:92:33

Label:Warner Bros.

Genre:folk-rock,R&B,rock.

 

Préparez-vous à être sur le cul.

 

En pleine procédure de divorce d’avec Janet Planet, Van Morrison ne semble pas affecté par les événements. Engagé dans une tournée qui le mène des Etats-Unis en Europe, il résulte de ce circuit un double disque live absolument phénoménal : It’s Too Late To Stop Now (en écoute intégrale ici), sorti en février 1974.  Une des plus grandes performances en public existantes dans le rock !

Sont-ce toutefois les conditions de la rupture, amenant son ex à lui réclamer son dû pour avoir contribué au développement de sa carrière, qui motivent cette excitation intérieure, source de la qualité du spectacle qui en découle ?

Van Morrison chante avec une telle passion que, conjuguée à la confiance qu’il dégage et au plaisir qui l’anime, on tient là l’apogée du rouquin de Belfast. La prestation d’ensemble est parfaite, les galons de live légendaire d’It’s Too Late To Stop Now ne prêtent à aucune contestation.

Durant cette tournée mémorable de 3 mois, Van Morrison a le soutien du Caledonia Soul Orchestra, des cadors de force 9 sur l’échelle de Richter. Recruté quelques mois auparavant, le groupe comme magnétisé par son leader, affiche une grande intensité musicale, une rare cohésion et surtout une osmose totale avec son chanteur. Ces arguments, qui en font le plus grand groupe que l’irlandais ait eu à son service, ne suffiront pas à conserver l’effectif qui volera en éclat à l’appel de Veedon Fleece, le LP studio qui s’annonce. Et ce, au motif que la formation, après avoir pratiqué pendant 4/5 ans ensemble, avait atteint son point culminant. Van Morrison fait du Van Morrison. Seul le bassiste et le batteur en réchapperont.

Disque au titre inspiré des derniers mots de Into The Mystic sur Moondance (1970), It’s Too Late To Stop Now traduit l’intensité et le niveau d’une tournée débutée en Californie et sensée promouvoir l’album Hard Nose The Highway (1973). Quelque chose d’exceptionnel s’est passé durant ce Tour 73 ; le rouquin a emmené son public dans des sphères insoupçonnées. Pour quelqu’un alors connu pour rencontrer des problèmes pour jouer en live et dans sa relation avec le public, qu’on me dise où et en quoi. Sa performance est optimale et il est capable d’étirer comme il l’entend n’importe quel morceau. Quand on dit de lui qu’il pourrait chanter l’annuaire, c’est une évidence ici.

Ecoutez les deux versions pharamineuses et enchaînées de Here Comes The Night et Gloria, les épiques interprétations de Caravan, Saint Dominic’s Preview, Listen To The Lion, les suffocantes reprises de Sam Cooke, Ray Charles, Willie Dixon, Sonny Boy Williamson…  et vous comprendrez mieux.

Pour couronner le tout, on a droit à un final de toute beauté, une sublime montée en puissance, ponctuée d’un Caravan de plus de 9 minutes et de l’Astral Weeks de service, Cyprus Avenue.  Quand je dis anthologique, je pèse mes mots…

Les enregistrements collectés pour réaliser le double tant attendu du barde de Belfast ont été captés au Troubadour de Los Angeles (entre les 24 et 27 mai 73), au Civic Auditorium de Santa Monica (le 29 Juin 1973) et à Londres au Rainbow Theatre, les 23 et 24 juillet de la même année. 

Van Morrison, contre vents et marées, continue à enfiler les merveilles, à étoffer son public, à faire le job avec sincérité, sans tricher ni rechercher la lumière, comme il l’entend car il sait ce qu’il veut et à snober la profession. En bon caractère de cochon qu’il est… et dans le cochon, tout est bon, non ? Plus de 40 ans après, mon cœur bat toujours violemment pour ce disque et apparemment je ne suis pas le seul (RAZOR©)     

 

1. Ain't Nothin' You Can Do.

2. Warm Love.

3. Into the Mystic.

4. These Dreams of You.

5. I Believe to My Soul.

6. I've Been Working.

7. Help Me.

8. Wild Children.

9. Domino.

10. I Just Want to Make Love to You.

11. Bring it on Home.

12. Saint Dominic's Preview.

13. Take Your Hands Out of My Pocket.

14. Listen to the Lion.

15. Here Comes the Night.

16. Gloria.

17. Caravan.

18. Cyprus Avenue.

 

Van Morrison:chant,guitare acoustique,claviers,saxophone alto.

David Hayes:basse,choeurs.

Teressa "Terry" Adams:violoncelle.

Bill Atwood:trompette,bugle,choeurs.

Nancy Ellis:violon alto.

Tom Haplin,Tim Kovatch:violon.

Jeff Labes:orgue,piano,claviers.

John Platania:guitare,choeurs.

Nathan Rubin:cordes,violon.

Jack Schroer:piano,saxophone.

David Shaw:clarinette,percussions.

Dahaud Shaar:batterie,choeurs.

James Trumbo:piano.

DISCOGRAPHIE ERE MODERNE.

LP Studio 34 - 2012

 

Van morrison born to sing no plan b 2012

 

VAN MORRISON

BORN TO SING: NO PLAN B – 2012.  4/5

 

Publié le 2 octobre 2012.

Produit par Van Morrison.

Durée:59:54.

Label:Blue Note Records.

Genre:jazz,blues,pop,rock,R & B.

 

Plus vert que jamais.

 

Quand un nouveau Van Morrison s’annonce dans les bacs, j’ai, passez-moi l’expression, l’appendice (jadis) reproducteur situé dans l’entrejambe qui réagit. A peine, au regard de l’âge, mais ça bouge.

Il faut dire que je n’ai jamais manqué un seul rendez-vous avec le rouquemoute irlandais de la grande période, celle de la fin des 60’s et première moitié des 70’s. Après c’est autre chose. Depuis Them, entre le barde de Belfast et moi, c’est, comme qui dirait, une longue histoire de fidélité à laquelle, il est vrai, j’ai mis pourtant un terme après Veedon Fleece (74), n’étant pas adepte de la phase pop-rock dans laquelle il s’est perdu à la fin des seventies.

Alors vous vous imaginez bien que cette trente-quatrième rencontre discographique, Born To Sing : No Plan B, je l’honore sans l’ombre d’une hésitation. Van Morrison a très rarement mis un coup de canif dans le contrat passé avec son public ; il est un des seuls anciens à pouvoir présenter, depuis cinquante ans, un catalogue quasi nickel-chrome, tout en faisant parallèlement preuve d’une grande linéarité dans ses publications.

Born To Sing: No Plan B (2012) est, une fois de plus, un excellent millésime. Van Morrison est né pour chanter. Il est fait pour ce métier et le démontre au travers de ce nouveau répertoire solidement ancré dans le jazz et le blues, ses influences viscérales.

Pour les besoins de ce deuxième album chez  Blue Note, sorti des studios de Belfast, ce représentant d’une espèce en voie de disparition multiplie les casquettes instrumentales puisqu’on le retrouve tout à tour au saxo, au piano ou à la guitare. Il s’entoure aussi d’une belle section de cuivres qui dote le disque d’une ambiance très cool, d’une atmosphère « boite de nuit » très appréciée.

Sa voix, on la connaît et on ne va pas revenir dessus ; elle affiche toujours une belle vigueur et demeure encore très solide malgré l’avancée dans l’âge. Dans la catégorie vétérans, il est toujours un des meilleurs chanteurs de blues blanc sur le circuit.

Ses textes prennent racine dans la crise économique qui frappe le monde (If In Money We Trust) et dans l’amour, un domaine dans lequel il a livré ses plus belles pages quand il fréquentait Janet Planet ; ses humeurs rythment donc les dix chansons.

Van Morrison se sent en bonne compagnie avec son public, aussi il étire ses morceaux pour faire durer le plaisir. Plus de la moitié va au-delà des six minutes ce qui permet à son line-up d’engouffrer dans cet espace supplémentaire, qui un saxo, qui une trompette, un piano ou une basse.

Born To Sing No Plan B, enregistré dans des conditions proches du live, est apaisant, chaleureux et mature. Ginger Van déroule sa musique tranquilou, passant, dans une grande facilité, de la soul (l’émouvant Open The Door), au jazz (Going Down To Monte Carlo, Close Enough For Jazz) ou au blues (End Of The Rainbow, Educating Archie, Pagan Heart).

Si ça ne sent pas le vécu, c’est à s’y méprendre. Il a de la bouteille le vieux, il sait faire et il le fait bien. Il n’est pas près de rejoindre l’hospice de Gouillette (référence aux Vieux de la Vieille), là où qu’y d’jà l’Blaise Poulossière, l’Baptiste Talon et l’Jean-Marie Pejat. Le Van Morrison de 2012 est en grande forme et toujours inspiré. Et je ne suis pas partisan quand je dis ça. Tiens, une heure après, ça frétille toujours… (RAZOR©).

 

1. Open the Door (To Your Heart). 

2. Going Down to Monte Carlo. 

3. Born to Sing. 

4. End of the Rainbow. 

5. Close Enough for Jazz. 

6. Mystic of the East. 

7. Retreat and View. 

8. If in Money We Trust. 

9. Pagan Heart. 

10. Educating Archie.

 

Van Morrison:saxophone alto,guitare,piano,chant.

Paul Moran:orgue Hammond,trompette,piano,claviers.

Alistair White:trombone.

Chris White:saxophone tenor,clarinette.

Dave Keary:guitare,guitare acoustique,slide guitare.

Paul Moore:basse.

Jeff Lardner:batterie,percussions.

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