Arthur Lee Harper.

BIOGRAPHIE.

 

 

ARTHUR LEE HARPER/Melbourne (Floride – USA)

 

Arthur lee harper intro

 

Né le 8 septembre 1944 à Melbourne (Floride),décédé le 11 janvier 2002 à Palmdale (Californie).

Actif entre 1967 et 1969.

Label:LHI Records,Nocturne,Papa's Choice,Light In The Attic.

Genre:pop psychédélique,pop baroque,folk psychédélique,folk.


Une étoile filante dans le folk ricain.

La vie est parfois mal faite et terriblement injuste. Chanteur-compositeur de talent, auteur de deux magnifiques et touchants disques folk sortis à la fin des 60's, Arthur Lee Harper aurait normalement dû passer à la postérité au regard de la qualité d'un travail n'ayant rien à envier aux maîtres du genre ou, a minima, capitaliser sur son œuvre et faire une carrière honorable.

Au lieu de ça, alors qu'il est promu au plus bel avenir, il passe complètement entre les gouttes avant de disparaître du paysage musical ; son parcours se révèle alors aussi fugace qu'une étoile filante dans le ciel d'un Hollywood qui lui est alors promis. Le jeune Harper a l'infortune de miser sur le mauvais cheval, Lee Hazelwood et son label angelin LHI Records, monté suite à son succès avec Nancy Sinatra.

Arthur lee harper dreams and imageUn premier album bluffant en 1968.

Arthur lee harper love is the revolutionLove Is The Revolution a encore des restes hippies.

Mauvaise pioche.

La maison de disques indépendante, distribuée initialement par Decca et malgré un rapprochement avec ABC (3 LP dont celui de International Submarine Band de Gram Parsons), rencontre alors des problèmes de promotion.

Pire, elle se vautre en 1971 avec pour conséquence d'occasionner des dommages collatéraux à ses artistes-maison, dont Harper. Le pygmalion de Sinatra en profite pour s'expatrier vers la Suède afin d'échapper à la conscription, d'une part, et aux ennuis découlant de la faillite de ses affaires, de l'autre.

Pour Harper, sa carrière est tuée dans l’œuf, terminée bien avant l'heure. Il se consacre alors à la foi chrétienne (il écrit des chansons religieuses) et à fonder une famille.

Énième loser...

Rentré dans le rang, ingénieur dans le milieu spatial puis professeur d'éducation spécialisée, Harper est devenu un anonyme parmi tant d'autres et coule des jours heureux loin du business de la musique quand sa femme Lora, le 10 janvier 2002, se tue sur la route.

Coïncidence tragique, dans la nuit qui suit ce drame, il décède d'une crise cardiaque dans l'indifférence générale. Harper aurait dû être une star, il n'est finalement qu'un énième loser du rock. Pour les initiés, il reste le Roi Arthur et son héritage discographique est incontournable pour les folkeux.

Natif de Floride, Arthur Lee Harper y passe toute son enfance (à Melbourne) avant, suite au divorce de ses parents, de partir vivre chez sa grand-mère, avant de déménager en Californie.

Ce n'est pas pour déplaire au jeune ado pour lequel Los Angeles est l'occasion de se remettre de ces moments difficiles. Il a des rêves en lui dont celui de devenir un artiste de la scène musicale d'Hollywood.

Hazelwood plutôt que les Beach Boys.

Alors que son choix de faire carrière dans la Cité des Anges comme chanteur-compositeur et interprète est arrêté, il rencontre d'autres jeunes idéalistes avides de vedettariat et embarqués dans la même galère que lui, Stephen John Kalinich, arrivé en Californie en 1964, et Mark Lindsey Buckingham.

Après avoir partagé un peu de temps ensemble, leurs routes se séparent : Kalinich notamment se rapproche des Beach Boys (Beach Boys Brothers Records) avec lesquels il va collaborer.

Harper, quant à lui, aurait pu également en être, mais il préfère répondre favorablement à Lee Hazelwood dont il préfère l'expertise de studio et auquel il force la main pour obtenir de lui une audition.

Ce dernier fricote alors avec la gloire ; il a des projets grandioses plein la tête après le succès, entre les mains de Nancy Sinatra, de sa chanson These Boots Are Made For Walking (N°1 aux Etats-Unis et au Royaume-Uni/1966).

Doux rêveur...

Le fortuné Hazelwood le signe et lui offre l'opportunité de réaliser, dès la fin de l'année 1967 (sessions des 21 et 22 novembre), son premier album, bizarrement publié sous Arthur.

Harper s'y emploie en alimentant son opus de chansons qu'il a écrites depuis qu'il traîne sur L.A et bien dans le ton folk psychédélique de ce que propose le Summer Of Love ambiant : l'amour, la paix, le partage et l'harmonie. Doux rêveur, romantique, utopiste, pacifiste, Harper est ce ceux qui pensent alors qu'on peut changer la face du monde à coup de gratte sèche et de mots.

Un poète quoi ! Un de ces multiples idéalistes du moment qui enfile les nippes du zonard, gratte le vernis de la société pour nourrir son écriture et étaler son amertume, sa colère et sa frustration.

Arthur lee harper stephen john kalinich portraitStephen John Kalinich.

"Arthur était un pacifiste. La paix, l'amour et l'harmonie étaient son credo. Idéaliste comme beaucoup d'artistes de l'époque, il était de ceux qui s'imaginaient pouvoir changer le monde. Dans la deuxième moitié des 60's, nous étions nombreux dans ce cas à penser que nous pouvions œuvrer pour la paix." (Stephen John Kalinich)

Le Roi Arthur.

Dreams And Images (1968) est le miroir de cet état d'esprit mais ne fait pas grand chose pour assouvir ses aspirations de gentil rebelle. Les mots de ce grand sensible ne hurlent jamais (Sunshine Soldier), la personnalité qui se profile derrière l'écriture est d'une infinie douceur, d'une grande délicatesse.

Artefact du poète hippie fabriqué par Hazelwood, il n'en est pas moins un acteur très touchant dans cette intimité qu'il couche sur ce premier acétate. Il ne se prend pas pour un autre ou pour ce qu'il n'est pas et se satisfait déjà d'être là.

Il laisse aux autres (certains des musiciens de session préférés d'Hazelwood) et notamment à Don Randi, l'arrangeur-maison, le soin de donner de la mysticité, de la grandeur et de la subtilité baroque à son œuvre : tantôt des cordes (Blue Museum, Children Once Were You), tantôt un orgue et un clavecin (Open Up The Door), tantôt une ambiance médiévale (Dreams and Images)...

Harper se contente de poser une voix angélique sur les mélodies trottant dans une tête alors là-haut dans les nuages ; à charge pour le technicien de traduire les idées de l'artiste.

Si le résultat de Dreams And Images est assez bluffant, il ne permet pas des retombées commerciales juteuses, faute d'une vraie promotion de LHI, un label trompe-l’œil, fertile dans sa phase ABC, mais globalement un gros ratage.

On est d'ailleurs en droit de se demander ce qu'il serait advenu de ce binôme pour peu qu'une maison de disques plus attentionnée ait mieux encadré Arthur Lee Harper, dont la musique n'est pas mise en cause dans son échec.

Seul disque réalisé pour LHI, Dreams And Images est rejoint au catalogue par Love Is The Revolution (1969), sorti chez Nocturne Records, un label de Santa Monica (Los Angeles) consacré au jazz de la West Coast.

Un peu plus rock que l'album précédent, cet opus, comme son titre le souligne, a encore quelques fluxions hippies. A l'instar de Dreams And Images, il n'imprime pas auprès du public, donnant à son auteur un argument supplémentaire pour mettre fin à ses illusions de devenir star à Hollywood (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE SOLO 60'S.

LP Studio 1 - 1968

 

Arthur lee harper dreams and image

 

ARTHUR

DREAMS AND IMAGES – 1968  4/5

 

Publié en 1968.

Produit par Lee Hazelwood.

Durée:23:45.

Label:LHI Records.

Genre:folk,pop-rock,folk psychédélique,pop baroque.

 

La tête dans les nuages.

 

Pour son premier album, Dreams And Images, paru en 1968, il n'est encore qu'Arthur. Il devient Arthur Lee Harper quand il accroche un deuxième tome à son catalogue, dès l'année suivante : Love Is The Revolution (1969).

Ces deux pièces sont malheureusement les seules traces qu'il nous reste de cet artiste dans la veine de ce qui se fait à son époque, doux rêveur, idéaliste et qui, au moindre pet de lapin, est toujours partant pour changer le monde à coups de gratte et de mots. Des comme lui, la période hippie en a engendré des caisses, une minorité est passée entre les gouttes.

Une foison d'artistes a, comme Tutur, tenté sa chance dans la musique et fait le job, avant de rentrer dans le rang la queue entre les jambes puis, revenus de leurs illusions, de disparaître corps et âme ou de passer à autre chose. Certains losers du rock n'ont même pas eu le loisir de transposer leur rébellion sur acétate. Arthur oui, échappant ainsi à un anonymat qui, selon l'expression beaucoup d'appelés, peu d'élus, était écrit d'avance.

Dreams And Images et son suivant n'ont pas non plus vocation à faire grimper aux rideaux, faut pas pousser mémère dans les orties, elle est en short... Accordons-leur néanmoins le mérite d'exister, ce qui est déjà pas mal puisque ça permet à feu notre poète (il est mort en janvier 2002), à défaut d'avoir agité la presse musicale d'hier, de connaître son heure de gloire dans nos colonnes du jour.

Le premier des deux albums qu'il nous laisse en héritage est folk psychédélique (l'autre est un peu plus rock). Pour que ce disque, alimenté par une matière mise au chaud en attendant le grand saut, voit le jour, Tutur ne s'est pas privé de forcer les portes, celles du label LHI Records notamment. LHI comme Lee Hazelwood Industries, la maison d'édition flambant neuve que vient de s'offrir Lee Hazelwood, chaud patate et excité comme une puce après le succès de son These Boots Are Made For Walking entre les mains de Nancy Sinatra.

Si Hazelwood est convaincu par le talent de ce traîne-savates qui, malgré des années de galère, entrevoit toujours de devenir star du Strip, lui-même, fort de ses succès en duos et avec les femmes, prend le melon, dépense sans compter et met très vite en difficulté ce qu'il vient de fonder. Il entraîne, hélas, dans sa chute tout ce qui gravite de près ou de loin à son label.

Contraint de prendre la fuite pour échapper à sa conscription autant qu'aux ennuis financiers nés de ses largesses, Hazel condamne dans le mouvement Arthur, auquel il ne reste que les yeux pour pleurer, son disque n'ayant pas fait l'objet de l'attention qu'il aurait méritée.

Il a de la cuisse cet opus autobio, sorti à une période où les hippies remisent progressivement au clou leurs guitares, jettent leurs guenilles à la poubelle et déversent le patchouli dans la cuvette des ouatères. Hazelwood avait peut-être le démon de la flambe mais côté studio, il savait trier son personnel technique et l'adapter au premier quidam venu.

C'est le cas ici avec l'équipe qu'il réunit, Don Owens et Tom Thacker à la prod' et Don Randi aux arrangements. Le trio dote les touchantes compos d'Arthur, la tête visiblement dans les nuages, d'une très belle richesse orchestrale. Ce qu'il en ressort est finement ciselé, d'une grande douceur, d'une grâce judicieuse, d'un mysticisme étrange. Mis entre des mains aussi expertes, Children Once Were You et Sunshine Soldier passent du même coup d'un statut de belles chansons à celui de succulentes petites gâteries.

Le reste du lot n'a pas à rougir de ne pas connaître le même sort. C'est un album dans son entièreté qui mérite les lauriers. La chanson-titre, Open Up The Door, Pandora traduisent avec une conviction égale le potentiel de son auteur et la subtilité des techniciens à mettre en application les idées du Jack Kerouac de service, par ailleurs touchant dans son chant.

Au final, il en découle un disque avec lequel on fait vite copain-copain et dont on aurait aimé qu'il y ait une suite du même acabit. Love Is The Revolution, plus rock, ne répond pas à cette doléance, sans que sa qualité ne soit montrée du doigt un seul instant (RAZOR©).

 

1. Blue Museum.

2. Children Once Were You.

3. Sunshine Soldier.

4. A Friend Of Mine.

5. Open Up The Door.

6. Dreams And Images.

7. Pandora.

8. Wintertime.

9. Living Circa 1920.

10. Valentine Gray.

 

Arthur:guitare,chant.

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