Bob Neuwirth.

BIOGRAPHIE.

 

BOB NEUWIRTH/Akron (Ohio – USA)

 

 

Bob neuwirth intro

 

 

Né Robert Neuwirth, le 20 juin 1939 à Akron (Ohio).

Actif depuis les 60's.

Labels:Asylum,Gold Castle,Watermelon,Dreamsville.

Genre:folk.

Site officiel:www.bobneuwirth.com

 

Artiste, oui, mais peintre avant tout.

 

Quand la peinture mène à la musique... c'est un peu comme ça que l'on pourrait résumer le parcours professionnel de Bob Neuwirth. Artiste-peintre, le natif de l'Ohio se définit d'abord comme tel, avant de se considérer comme chanteur folk.

 

La peinture est, depuis son entrée dans une école d'art de Boston en 1959, son activité principale, celle à laquelle il consacre l'essentiel de son temps, la musique et le chant ayant toujours été, dans son esprit comme dans les faits, une occupation annexe.

Bob neuwirth bob dylanUne figure discrète de Greenwich (ici avec Dylan).

Bob neuwirth lpUn seul LP durant les seventies.

Bob neuwirth janis mercedesAuteur de Mercedes-Benz pour Janis.

Bob neuwirth havana midnightLe caribéen Havana Midnight.

Bien qu'influencé par la musique country, c'est par la voie de la folk-music que Robert Neuwirth finance ce qu'il aime le plus au monde : peindre. Cerise sur le gâteau, l'homme a également des dispositions pour l'écriture de chansons.

 

Il se sert de ce don parallèle pour entamer, sans aucune ambition particulière, sans plan de carrière défini, un parcours dans la musique.

 

Cette orientation lui vaut, notamment, de co-signer Mercedes Benz pour Janis Joplin.

 

Un pilier cantonné dans l'ombre.

 

Rapidement, Neuwirth devient un pilier de la scène blues-folk de Cambridge du début des 60's, puis de Greenwich Village, sans être pour autant considéré comme un pur produit du genre.

 

Durant ce qui peut être vu comme ses meilleures années, Neuwirth, qui a flirté avec le gratin de Manhattan, n'a jamais sorti le moindre LP pour son compte, se satisfaisant alors de rester dans l'ombre.

 

Son amitié avec Bob Dylan conforte toutefois ce sentiment d'appartenance au milieu folklorique new yorkais, Neuwirth ayant été de la tournée anglaise 1965 du Zim (Don't Look Back) et, dix ans plus tard, chargé de réunir les musiciens d'accompagnement du Rolling Thunder Revue Tour (1975).

 

Un gros potentiel de songwriter.

 

Sa priorité a toujours été le pinceau, pas la guitare, comme le rappelle fort justement son catalogue discographique famélique... N'empêche, sans jamais avoir fait les gros titres, Neuwirth a toujours été au cœur de la musique folklorique et l'a fait avec infiniment de passion, de délicatesse, de sincérité et de talent.

 

En s'y consacrant un peu plus conséquemment, il est patent que cet artiste à la voix nasillarde se confondant parfois avec celle de Neil Young (écoutez l'excellent Back To The Front/1988), aurait boxé dans la même catégorie que les Townes Van Zandt, Willie Nelson, Gordon Lightfoot ou Guy Clark... rien que ça.

 

La peinture dans les gènes.

 

Né le 20 juin 1939 à Akron (Ohio), Robert Neuwirth est épris de peinture depuis son adolescence. Cette passion, générée par la pratique de cet art par sa mère et sa tante, l'amène à entrer à l'école des Beaux-Arts de Boston, poussé en cela par Jim Dine, représentant du Pop-Art, ohioain comme lui, et alors assistant d'un de ses professeurs.

 

Neuwirth y passe deux ans, avant de se rendre à Londres et à Paris, deux mois durant, il s'imprègne des maîtres de la peinture classique et impressionniste exposés à l'Orangerie et au Louvre.

A son retour sur Boston, alors qu'il est plus que jamais convaincu que la peinture est son truc, il se retrouve à partager son quotidien avec les folkeux et countryistes de la scène de Cambridge.

Au contact des sudistes venus travailler dans les usines chimiques, il apprend la guitare et le banjo. Bourse en poche, il va se servir de cette piste musicale pour arrondir ses fins de mois.

La musique pour vivre de ses toiles.

Le folk lui donne l'opportunité de faire ses premiers pas sur les scènes des bars et clubs d'une place qui a vu Joan Baez et Geoff Muldaur débuter leur carrière. Neuwirth pousse alors jusqu'à se produire également à New York et à San Francisco, autres échiquiers très actifs.

Bob neuwirth portrait

« Mercedes Benz, c'était un coup de chance. Quand Janis est décédée, le label CBS n'avait pas assez de titres pour boucler l'album posthume Pearl, alors il l'a rajouté dessus pour sortir quelque chose à tout prix. La chanson n'était pas soignée comme elle l'aurait été si Janis avait eu la possibilité de la travailler différemment. Mais rien n'était terminé quand la mort l'a frappée» (Bob Neuwirth)

Tandis qu'il vit un temps à Berkeley (1964), il répond favorablement à un appel de Bob Dylan (qu'il a rencontré pour la première fois en mai 1961 à l'Indian Neck Folk Festival) qui lui propose de le rejoindre pour sa tournée anglaise (1965), laquelle fait l'objet d'un film, Don't Look Back, réalisé par Donn Alan Pennebaker (le même qui a fait Woodstock et Monterey Pop) et publié en 1967. Ce qu'il fait en février 1964. Il devient, par la même occasion, gérant de la tournée et bras droit du Zim.

Figure discrète de la place new yorkaise.

Au terme de ce périple anglais, Neuwirth emménage à Manhattan où, par l'entremise de Brice Marden, un artiste qu'il connaît depuis les Beaux-Arts de Boston, il est introduit dans le milieu new yorkais et intègre un cénacle dans lequel figure Andy Warhol.

Ces accointances avec les membres de la Factory valent à Bob de nouer, jusqu 'au début de l'année 67, une relation amoureuse avec Edie Sedgwick, la Femme Fatale de Lou Reed, la cible de Just Like A Woman (elle figure en photo dans l'album Blonde On Blonde qui abrite ce titre), l'égérie de Warhol.

A la peinture et la musique, Neuwirth ajoute le cinéma en collaborant avec Pennebaker et le documentariste Richard Leacock, avant de réaliser lui-même certains courts métrages.

Un catalogue famélique, un premier LP réussi.

Côté musique, le songwriter et interprète qu'il est, s'est avec le temps forgé un public de fidèles, même si c'est auprès de Dylan, John Cale, Janis Joplin, T-Bone Burnett, Kris Kristofferson, Peter Case ou Patti Smith qu'il s'est fait plus remarquer.

 

Son compteur personnel, il le débloque avec un excellent album éponyme en 1974, réalisé pour Asylum Records, sans toutefois y donner une suite jusqu'à la fin des 80's et Back To The Front (Gold Castle/1988).

 

Il se montre plus prolifique dans les années 90, décennie au cours de laquelle il publie 4 LP, 99 Monkeys (Gold Castle/1990), Last Day On Earth avec John Cale (MCA Records/1994), Look Up (Watermelon Records/1996) et le caribéen Havana Midnight (Dreamsville Records/1999).

 

Bien qu'ayant enregistré épisodiquement, ses travaux ont toujours trouvé un écho favorable auprès des initiés, notamment son dernier opus, Havana Midnight qui a pour lui la douceur, la discrétion, la subtilité et d'être l'endroit à partir duquel le profane se met en quête de fouiller sa discographie, tellement c'est bien foutu (RAZOR©2020).

 

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1974

 

Bob neuwirth lp

 

BOB NEUWIRTH

BOB NEUWIRTH – 1974  3,5/5

 

Publié en 1974.

Produit par Thomas Jefferson Kaye.

Durée:33:40.

Label:Asylum Records.

Genre:folk,pop-rock,folk-rock, country-rock.

 

Globalement agréable.

 

C'est à l'occasion du festival de Newport 1963 que Bob Neuwirth fait la connaissance de Bob Dylan. Celui-ci se présente à un jeune homme qui, comme lui, joue de la guitare et de l'harmonica.

 

Une amitié naît alors qui va s'étendre sur des décennies et donner le jour à la troupe bohémienne de la Rolling Thunder Revue, une idée de Dylan pour laquelle Neuwirth joue un rôle de rabatteur. Sa mission consiste à convaincre des proches comme le guitariste Mick Ronson et Ramblin' Jack Elliott notamment, de rejoindre le noyau venant de jouer sur les sessions de Desire pour une tournée canadienne et nord-américaine, à l'automne 75.

Des amitiés avec le gratin folk (et country), il en tissera bien d'autres après sa rencontre avec Dylan. C'est pourquoi, sans être réellement en première ligne sur la scène de Greenwich, il en est néanmoins un des acteurs les plus virulents. Mais dans l'ombre...

 

Son album, le seul des années 70, est le reflet de cette proximité avec les artistes du moment et du respect qu'il suscite auprès d'eux (Jeff Skunk Baxter, Rita Coolidge, Cass Elliot, Don Everly, Richie Furay, Richard Greene, Chris Hillman, Booker T. Jones, Ben Keith, Kris Kristofferson, Ian Matthews, Geoff Muldaur, Dusty Springfield...). Une pléiade de musiciens s'invite en effet sur ce premier LP du catalogue, l'éponyme Bob Neuwirth (1974), d'obédience folk-rock/country-rock.

 

L'état d'esprit qui régit cette réunion d'étoiles dénote les intentions récréatives de son auteur, nullement habité par le désir ou la volonté de vendre à tout prix, même si tous les droits qu'il touche, servent à financer son activité principale, celle qui prime sur la musique : la peinture.

 

Même si l'homme est reconnu par ses pairs (Kris Kristofferson, Roger McGuinn et Booker T. Jones notamment) comme un excellent songwriter, le lot qu'il propose ici est bon, certes, mais ne permet pas de grimper aux rideaux. Mercedes Benz qu'il a co-écrit avec et pour Janis Joplin, n'a pas la même saveur que dans la bouche de Pearl. Sa voix est, d'autre part, un peu noyée dans le flot des invités choristes présents et des cuivres abondants.

 

Agréable malgré tout, les chansons ici compilées permettent de passer un bon moment. On reprochera cependant que Country Livin' et Rock & Roll Rider, destinées à faire l'appoint pour boucler le disque, viennent un peu ternir la bonne sensation qui ressort globalement de l'écoute de ce disque (RAZOR©).

 

1. Rock And Roll Time.

2. Kiss Money.

3. Just Because I'm Here (Don't Mean I'm Home).

4. Honky Red.

5. Hero.

6. Legend In My Time.

7. Rock & Roll Rider.

8. We Had It All.

9. Country Livin'.

10. Cowboys & Indians.

11. Mercedez Benz.

 

Bob Neuwirth:chant,guitare.

Jerry Jumanville:saxophone ténor,arrangements cuivres.

Donald Cooke:trombone.

Plas Johnson:saxophone baryton.

Richard Blue Mitchell:trompette.

Clifford Scott:saxophone ténor.

Clifford Salomon:saxophone ténor.

Jeff Shunk Baxter,John Beland,Stephen Bruton,Priscilla Coolidge,Rita Coolidge,Sammy Creason,Cass Elliot,Don Everly,Donnie Fritts,Richie Furay,Richard Greene,Chris Hillman,Booker T. Jones,Ben Keith,Clydie King,Kris Kristofferson,Bobby Lichtig,Ian Matthews,Jerry McGee,Geoff Muldaur,Terry Paul,Frits Richmond,Timmy Schmit,Dusty Springfield,Mike Utley,Danny Weis,Cory Wells:artistes invités.

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