Bread.

BIOGRAPHIE.

 

BREAD/Los Angeles (Californie)

 

Bread

 

Actif entre 1968 et 1973,1976/1978,1996/1997.

Label:Elektra Records.

Genre:soft rock,folk-rock.

 

Le porte drapeau du soft rock californien.

Formation de folk-rock américaine née en Californie, à Los Angeles notamment, Bread, composée dans un premier temps, autour du trio constitué de David Gates, Jimmy Griffin, Robb Royer, complété par Mike Botts (précédé par Jim Gordon) et Larry Knechtel, est un des plus sémillants porte-parole du soft rock du début des années 70.

Créé en 1968 par les trois premiers nommés, Bread porte surtout la signature de son auteur-compositeur et interprète, David Gates, grand mélodiste et déjà figure du milieu musical du début des 60’s (producteur, arrangeur), au moment où le groupe voit le jour. Gates représente la facette douce du groupe, Jimmy Griffin (soutenu par Robb Royer), l’autre compositeur ayant une tendance plus rock, plus dure. Entre 1970 et 1977, Bread place 13 titres dans les charts, dont 11 entre dans les trois premières années d’existence.

Bread 3

Bread 1

Chez Elektra.

Elektra Records a le privilège de capitaliser rapidement sur le talent de ces deux songwriters aux visions artistiques pourtant éloignées, pour ne pas dire opposées.

Dès le mois de septembre 1969, date de la sortie de l’album éponyme Bread, soit quelques mois après leur engagement pour le label de Jac Holzman, l’étiquette des stars (Love, Queen, Doors, Buffalo Springfield…), le groupe californien fait parler de lui en portant son premier album, d’alignement pop psyché, au rang 127 du Billboard 200. C'est un excellent départ.

On The Waters, publié en juillet 1970, confirme, va même au-delà des promesses engendrées par l’album précédent en atteignant la douzième place du même classement.

Bread se positionne désormais comme un groupe majeur de la scène californienne.

Groupe majeur de la scène californienne.

En signant l’extraordinaire Make It With You, premier top ten de Bread et pièce maitresse de ce deuxième disque, David Gates rappelle qu’il est celui qui donne la direction soft-rock et l’impulsion au groupe, ravivant, dans le même temps, la concurrence interne et les tensions avec le tandem Griffin/Royer.

Mais la rivalité a du bon à en croire le rendu du troisième opus, Manna, tombé dans les bacs en 1971. L’écriture, portée dans une égale proportion et vers le haut par les deux clans, gomme leurs divergences artistiques. Malgré le contraste qui en émane, Manna est encore une merveille de Bread. If (David Gates), titre phare de Manna, tire magnifiquement son épingle du jeu en faisant 4 du Billboard 100.

Et c’est pas fini …

La réussite insolente de Gates amène le bloc Griffin/Royer à se fissurer et ce dernier à quitter le groupe. Il est alors remplacé par Larry Knechtel, pianiste de sessions (des Wrecking Crew), référence de la place angeline et célèbre pour avoir travaillé sur les parties de piano de Bridge Over Troubled Water (1970) de Simon & Garfunkel, pour entre autres, Phil Spector, Elvis et les Doors.

Bread gates

« Jac Holzman et Elektra n’ont jamais tenté de nous imposer quoi que ce soit, ni de nous dire ce que nous avions à faire. Nous étions libre d’aller et de faire quasiment tout ce nous pensions être le meilleur. Une chanson déteint sur la suivante, qui mène à la troisième, qui suggère la quatrième… c’est ce qui a fait de Bread un groupe de soft rock.

Nous avons tâté un peu de rock and roll et de matière plus up-tempo, mais quand Make It With You fait top ten et devient gros vendeur, cela a amené à réfléchir sur la voie à suivre. Les ballades, c’était nous, c’était Bread. Nous devions ne pas trop nous en éloigner. » (David Gates)

Comme le dit la pub : et c’est pas fini ! Bread y va, en 1972, d’un quatrième jet, Baby I’m A Want You pour lequel le duo du songwriting a l’intelligence de ne pas faire état de ses dissemblances en studio. Du coup, la nouvelle cuvée Bread s’inscrit comme le plus beau de ses millésimes, comme la plus aboutie de toute sa production. Une fois de plus, les contributions de Gates supplantent celles de Griffin. Quatre d’entre elles prennent place dans le top 40 du Billboard : Baby I’m A Want You (3), Everything I Own (5), Mother Freedom (15) et Diary (35).

Bread david gates 2

Bread jimmy griffin wc heroGates et Griffin, chien et chat de Bread.

Gates et Griffin, les Pif et Hercule de Bread.

Malgré les efforts entrepris pour masquer les tensions internes nées de la priorité donnée à ce qui marche, l’apport de Gates, Guitar Man (fin 1972) marque un premier coup d’arrêt de Bread.

Les titres signés de David Gates sont pourtant les compositions qui sauvent l’album de la disette.

Trois d’entre elles font top 15 : le morceau titre, Sweet Surrender et Aubrey. Pour l’encadrement de Bread, il devient impossible de continuer ainsi. 

Il en va de la cohésion et de la crédibilité même du groupe qui, en splittant dans le prolongement de ce cinquième LP (1973), s’épargne ainsi de tomber dans la médiocrité.

Elektra force la main pour des retrouvailles ; elles se nouent pour les besoins d’une sixième levée, Lost Without Your Love (1977), et impliquent Gates, Griffin, Botts et Knechtel, mais Gates qui a engagé une carrière solo (First /1973 et Never Let Her Go/1975) y prend part en renaudant.

Contraint, ce dernier n’y donne pas sa pleine mesure, préférant garder pour lui et son parcours personnel, son énergie, et réserver la primeur d’une écriture que l’on sait gagnante, à son public.

Adieu Jimmy, Mike, Larry…

Même si les différences sont mises  à la marge, le Bread de la reformation a une existence très furtive, loin, très loin même, des espoirs qu’elle a suscités au moment de la décision de cette réunion. Quand est éditée, en novembre 1977 et chez Elektra, histoire de faire encore un peu de monnaie, la compilation The Sound Of Pain : Their 20 Finest Songs, un constat s’impose : dans la filière soft rock californienne des 70’s, il est peu de formations à avoir autant marqué le genre que Bread.

Si des avis autorisés s’accordent à dire que Bread ne se reformera plus jamais, en 1996/97, Griffin et Gates prennent le contrepied de ce joli monde et engagent leurs troupes (Botts et Knechtel) dans une tournée internationale (Amérique, Afrique du sud, Europe, Asie) couronnée de succès, preuve supplémentaire de la haute estime en laquelle les californiens sont tenus.

Hélas, l’avenir, pour des raisons dictées par les lois de la nature et de la vie, n’est plus à une quelconque réunion, Griffin, Botts et Knechtel étant depuis décédés (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1969

 

Bread bread 1969

 

BREAD

BREAD – 1969  4,5/5

 

Publié en septembre 1969.

Produit par Bread.

Durée:35:29.

Label:Elektra.

Genre:soft rock,folk rock.

 

A l’aube d’une belle carrière.

 

On tient avec Bread la fine fleur du soft rock des Amériques. Quand le premier album (en écoute intégrale ici), Bread, tombe dans les bacs, avec ses compositions déjà bien affinées, des titres alors très accrocheurs au potentiel radiophonique indéniable, il ne fait pas l’ombre d’un doute que le trio Gates, Griffin, Royer, auquel Jim Gordon prête son concours à la batterie, a un avenir des plus encourageants. Ce disque très west coast, un des premiers actes du genre, fait naître des parallèles plutôt flatteurs, rapprochant ses auteurs de monstres sacrés comme Crosby Stills & Nash ou Byrds.

Avec David Gates à la manœuvre, Bread compte un musicien de session chevronné, doublé d’un songwriter prolifique, inspiré, efficace, et d’un technicien expert (producteur). L’homme, en 1969, a pour lui d’avoir préalablement bossé avec des artistes de premier plan, les Monkees, auxquels il concède son Saturday’s Child, mais aussi Elvis Presley, Merle Haggard, Brian Wilson, Captain Beefheart et d’avoir déjà signé quelques belles pièces pour d’autres.

La frustration de ne pas exploiter son propre répertoire l’amène à Bread avec Griffin et Royer, l’autre axe d’écriture d’un groupe qui ne cache pas ses ambitions et qui est armé pour les réaliser. Les californiens, articulés autour de ce noyau, publie en septembre 1969 l’éponyme Bread, une belle réussite.

Pop, avec une légère coloration psychédélique, nimbé d’agréables harmonies vocales, ce disque brillant collecte un lot de très bonnes chansons dont Gates signe seul six des 12 titres. Ce disque est déjà très mature.

Dismal Day, London Bridge, le puissant Move Over, It Don’t Matter To Me, le pop Look At Me, Any Way You Want Me et Family Doctor ont ce petit quelque chose supplémentaire qui augure une belle carrière. Et elle le sera (RAZOR©).

 

1. Dismal Day.

2. London Bridge.

3. Could I.

4. Look at Me.

5. The Last Time.

6. Any Way You Want Me.

7. Move Over.

8. Don't Shut Me Out.

9. You Can't Measure the Cost.

10. Family Doctor.

11. It Don't Matter to Me.

12. Friends and Lovers.

 

David Gates:orgue,basse,guitare, piano,violon,claviers,synthétiseur, chant.

James Griffin:guitare,percussions,claviers,chant.

Robb Royer:basse,flûte,guitare,percussions,piano,recorder,chant.

Ron Edgar,Jim Gordon:batterie.

LP Studio 2 - 1970

 

Bread on the waters

 

BREAD

ON THE WATERS – 1970  3,5/5

 

Publié en juillet 1970.

Produit par Bread.

Durée:37:19.

Label:Elektra.

Genre:soft rock,folk-rock,rock.

 

Si seulement Gates…

 

Pour On The Waters (en écoute intégrale ici), Bread repart sur les mêmes bases que celle qui ont permis à l’album éponyme précédent de laisser l’excellente impression que l’on connaît. Le répertoire envoyé au casse-pipes pour le deuxième LP se répartit équitablement entre Gates et le tandem Griffin/Royer. La douceur des ballades contre une musique un peu plus abrupte. Pas de jaloux.

Pour y remédier, Bread passe d’une structure à trois avec un batteur, à une vraie formation à quatre. Mike Botts est le quatrième, qui prend part aux décisions du groupe. Il est partie intégrante de Bread, à l’inverse de son prédécesseur derrière les fûts, qui faisait plus l’appoint qu’autre chose. L’intention du groupe est de faire de ce nouvel enregistrement, un disque qui colle bien aux années 70 naissantes, qui se démarque surtout des 60’s.

De ce fait, les habillages psychédéliques qui caractérisent le style pop du selftiled, sont abandonnés au profit d’une approche plus dure. Le clan Griffin/Royer rit sous cape, qui tire une bourre monumentale à Gates pour imposer ce cap à l’avenir.

Ironie du sort, la dot plus cotonneuse de Gates, et le soft rock Make It With You en l’occurrence, s’avère être la vedette de On The Waters. Il met carrément sous l’éteignoir le lot aménagé par Griffin et Royer et fait un tel parcours dans les charts que les retombées commerciales et financières  amènent à s’interroger sur le sens artistique que doit suivre Bread : rock ou soft rock ? D’autant que ce schéma tendra à se répéter au fil de la discographie du groupe.

Vilipendés par la critique du moment au motif d’être les représentants d’un style qui a le cul entre deux chaises, Bread passe aujourd’hui pour une des plus belles réussites du soft rock, un genre qui a toute sa place dans le rock. Ce que l’on a accepté à Eagles, pourquoi le verrait-on d’un mauvais œil pour Bread ? Les choses ont bien changé depuis ; la quinzaine de singles partis alimentés les charts entre 70 et 77 et la belle discographie des californiens plaident largement en sa faveur.

On the Waters pose les jalons du durcissement annoncé avec Why Do You Keep Me Waitin, mais derrière, Make It With You, dans son enrobage pus ouaté, déplace le débat sur la splendeur des ballades de Gates. Quand le renforcement vaut également pour ses compositions, celles-ci perdent aussitôt de leur saveur comme l’indique Blue Satin Pillow.

A l’inverse, quand Royer et Griffin pratiquent dans la ballade, ils ont aussi des arguments à faire valoir à l’image de Look What You’ve Done qui n’a de rock que son final. Cet album bride Gates, mais s’en sort finalement bien avec ses magnifiques harmonies, sa production soignée.

Gates est celui qui définit le mieux le style de Bread, aussi s’il avait assuré l’intégralité du répertoire proposé, nul doute que c’eut été une autre affaire. Ses compositions (Been Too Long On The Road, In The Afterglow, The Other Side Of Live et Make It With You) ont une autre allure que celles du tandem Griffin/Royer.

Là où Gates travaille en douceur, Griffin passe lui en force. Les fans de David Gates seront ravis d’y trouver des titres à la hauteur de son immense talent. Je serais moins élogieux pour ceux affectés au duo, plus laborieux et moins bons à mon humble avis. Cette rivalité impactera sur l’avenir du groupe (RAZOR©).

 

1. Why Do You Keep Me Waiting.

2. Make It with You.

3. Blue Satin Pillow.

4. Look What You've Done.

5. I Am That I Am.

6. Been Too Long on the Road.

7. I Want You With Me.

8. Coming Apart.

9. Easy Love.

10. In the Afterglow.

11. Call on Me.

12. The Other Side of Life.

 

David Gates:chant,guitare,basse,claviers.

James Griffin:guitare,chant,claviers.

Robb Royer:guitare,basse,claviers.

Mike Botts:batterie.

LP Studio 3 - 1971

 

Bread manna

 

BREAD

MANNA – 1971  5/5

 

Publié en 1971.

Produit par Bread.

Durée:36:08.

Label:Elektra.

Genre:rock,soft rock.

 

Du pain béni.

 

Sur le fond, Manna, publié en 1971, c’est bis repetita par rapport à On The Waters. Bread opte pour une ligne plus dure pour donner raison à Griffin et Royer, le tandem rock maison, mais à la fin c’est Gates qui gagne. Son pop-rock sort systématiquement vainqueur depuis trois albums et, argument non négligeable, les succès que son écriture engendre permettent à Bread de bien vivre. Le feu couve en interne, né de cette rivalité. Cette dernière va contribuer à désagréger le groupe.

Manna (en écoute intégrale ici) est le troisième étage de la fusée discographique studio du catalogue. Gates se met au niveau des exigences du duo de l’opposition Griffin/Royer ; il force sa nature pour alimenter en écriture un autre registre que ses légendaires ballades. C’est d’ailleurs un Gates en mode fortifié, mais au style drapé dans de jolies rondeurs vocales, qui allume la mèche de Manna avec Let Your Love Go.

Le naturel revient rapidement au galop et Gates revient à ce qu’il sait si bien faire comme le révèlent les He’s A Good Lad, She Was My Lady, What A Change et Come Again. Et puis, il y a If, point culminant du disque, un des sommets du fichier pop-rock qui met à mal, une énième fois, les projets de Griffin et Royer de faire briller Bread via le souffle donné par l’aile vitaminée qu’ils animent.

Le mutin If, en faisant 4 au Billboard, éclipse le contingent des antagonistes de la frange rock, pourtant pas le genre de quignons bons à jeter aux chiens. Si l’écot concrété du collectif bicéphale a du cœur et de la moelle, contribuant à tirer l’album vers le haut, il s’efface pourtant derrière la splendeur d’If qui, de par son long temps passé dans les charts, prolonge l’existence d’un groupe froissé par ses divergences artistiques, en emmagasinant les espèces sonnantes et trébuchantes.

La rivalité en interne profite donc bien au disque et on ne peut que se réjouir de constater que l’apport du tandem tend à se situer au même niveau que celui de l’opposant. Manna en bénéficie complètement qui devient, à ce stade de la carrière de Bread, le meilleur travail qu’il ait eu à proposer. Royer quitte Bread après ce disque. Il peut se satisfaire de l’avoir fait sur une excellente note artistique et dans un état d’esprit apaisé et conciliant (RAZOR©).

 

1. Let Your Love Go.

2. Take Comfort.

3. Too Much Love.

4. If.

5. Be Kind to Me.

6. He's a Good Lad.

7. She Was My Lady.

8. Live in Your Love.

9. What a Change.

10. I Say Again.

11. Come Again.

12. Truckin'.

 

David Gates:chant,guitare,basse,claviers.

James Griffin:chant,guitare,claviers.

Robb Royer:guitare,basse,claviers.

Mike Botts:batterie.

LP Studio 4 - 1972

 

Bread baby i m a want you

 

BREAD

BABY I’M A WANT YOU – 1972  5/5

 

Publié en janvier 1972.

Produit par David Gates.

Durée:34:52.

Label:Elektra.

Genre:rock,soft rock.

 

Enfant prodige.

 

Les années 70 ont donné le jour à de jolis bébés. Celui-ci, né en 1972, en est un beau spécimen. Baptisé Baby I’m A Want You (en écoute intégrale ici) par ses parents Bread, il est le quatrième d’une fratrie de six enfants et celui qui a le mieux réussi.

Chouchou de l’entourage proche (les fans), ce gosse prodige présente une double personnalité : il sait être doux et sentimental, peut se durcir à la demande, se faire même rebelle et contester, mais demeure toujours très agréable avec son interlocuteur. Que voulez-vous, c’est inscrit dans les gènes de ses concepteurs, David Gates et James Griffin, qui rangent au placard leurs tiraillements de couple.

Ce gosse des seventies a des classiques plein les poches, tantôt belles ballades, tantôt rock. Il partage ses meilleures friandises avec  infiniment de tendresse et distribue les claques sans ménagement. Malgré son jeune âge, il affirme un sacré caractère.

Conçu pour récolter les honneurs, il a largement répondu aux attentes de ses géniteurs et fait la carrière à laquelle on le prédestinait. A presque 40 piges, il en impose encore, il n’a pas pris une ride et respire toujours autant la santé (RAZOR©).

 

1. Mother Freedom.

2. Baby I'm-a Want You.

3. Down on My Knees.

4. Everything I Own.

5. Nobody Like You.

6. Diary.

7. Dream Lady.

8. Daughter.

9. Games of Magic.

10. This Isn't What the Governmeant.

11. Just Like Yesterday.

12. I Don't Love You.

 

David Gates:chant,guitare,basse,claviers.

James Griffin:chant,guitare,claviers.

Larry Knechtel:claviers,basse,guitare.

Mike Botts:batterie.

LP Studio 5 - 1972

 

Bread guitar man

 

BREAD

GUITAR MAN – 1972  4,5/5

 

Publié en octobre 1972.

Produit par Bread.

Durée:43:10.

Label:Elektra.

Genre:rock,soft rock.

 

Un p’tit dernier pour la route.

 

Le parcours de Bread jusqu’à Guitar Man (en écoute intégrale ici), son cinquième LP studio, révèle au moins une chose: que ce groupe avait largement les moyens d’aller titiller sur ses terres, ce qui est resté comme la référence folk-rock, soft rock du moment, Eagles. Ou Poco, que je lui préfère. En flirtant en plus avec le country-rock, cela renforce davantage mes convictions.

Avec David Gates aux manettes et en se dotant d’arguments supplémentaires avec le renfort d’un musicien de l’envergure de Larry Knechtel depuis le disque précédent, Bread était calibré pour jouer dans la cour de ces autres formations californiennes du moment. Le très beau Guitar Man qui découle de cette nouvelle association de bienfaiteurs renforce mes certitudes. C’est peu de dire tout le bien que je voue à ce groupe, victime malheureusement de ses tiraillements internes.

Guitar Man (1972) est donc le seul endroit où ce parterre opulent fait état des dispositions que je lui prête. Il n’aura pas le temps d’ambitions qu’il aurait dû concrétiser si l’avenir avait permis la reconduction de ce line-up. Bread  se défait juste après cet album ; j’aurais aimé voir où cela aurait pu les mener avec un Knechtel qui joue le plomb et un Gates qui avait de l’allure.

Il avait une putain de classe, ce mec. J’invite les sceptiques à se reporter sur la matière qu’il fournit ici : Aubrey, Guitar Man, Sweet Surrender, Your’s For Life et Make It Yourself (avec Griffin)... Si ça ne porte pas le sceau de l’élégance, si ça n’a pas du chien, autant se la prendre et se la mordre.

Guitar Man est habilement construit et Gates bénéficie d’une meilleure couverture que Griffin. Les répartitions artistiques discutables d’hier ont-elles enfin été comprises ? La carte à jouer, c’est Gates, sans qu’il faille pour autant réduire Griffin à un rôle de comparse. Il a quand même signé de belles pièces pour Bread et les parties plus viriles qu’il a concoctées sur Guitar Man sont également très agréables.

Ce dernier jet avant le baisser de rideau avive beaucoup de regrets chez moi. En choisissant l’option commerciale de faire figurer sur chaque LP de Bread un titre de Gates dont on était sûr qu’il allait marcher, au seul but de faire vendre l’album, on a alimenté une concurrence malsaine entre Gates et Griffin (et Royer). Si Bread s’est contenté de voir passer les Aigles, il ne le doit qu’à cette stratégie mercantile. En mettant toutes leurs compétences au service du collectif, l’histoire se serait écrite différemment (RAZOR©). 

 

1. Welcome to the Music.

2. The Guitar Man.

3. Make It by Yourself.

4. Aubrey.

5. Fancy Dancer.

6. Sweet Surrender.

7. Tecolote.

8. Let Me Go.

9. Yours For Life.

10. Picture in Your Mind.

11. Don't Tell Me No.

12. Didn't Even Know Her Name.

 

David Gates:chant,guitare,basse,claviers.

James Griffin:chant,guitare,claviers.

Larry Knechtel:claviers,basse,guitare.

Mike Botts:batterie.

LP Studio 6 - 1977

 

Bread lost without

 

BREAD

LOST WITHOUT YOUR LOVE – 1977  3/5

 

Publié en janvier 1977.

Produit par Bread.

Durée:36:14.

Label:Elektra.

Genre:soft rock.

 

Par la seule volonté du label.

 

Une réunion, quand on s’est bouffé le nez en coulisses pendant des années, ce n’est pas l’assurance que la hache de guerre (artistique) entre Gates et Griffin est définitivement enterrée. Ni que, pour l’occurrence, les deux leaders de Bread vont faire cause commune. Encore moins que la réunification des troupes va favorablement servir son sixième album. Gates a son style et ses idées, Griffin idem. Depuis 1970, Bread fonctionne plutôt bien autour de l’alternance entre la direction soft du premier et la voie plus rock du second.

Comme c’était prévu, Lost Without Your Love (en écoute intégrale ici), thème du premier repas de  famille depuis 1972, ne soulève pas les passions d’en découdre à nouveau sous le même étendard. Poussés au cul par Elektra, pour qui réaliser une dernière opération juteuse importe principalement, les acteurs ne se sentent pas très motivés. Gates arrive en traînant des pieds, ayant d’autres chats à fouetter pour avoir démarré depuis une carrière en solo.

Gates et Griffin, ceux qui portaient, avant la rupture, tout le poids de la formation californienne sur les épaules, ne sont pas beaucoup inspirés même s’ils jouent le jeu. Ou font semblant de le jouer. On sent bien que Gates n’a rien perdu de son talent, qu’il a toujours la main chaude et le sens de la mélodie.

En attestent ses belles ballades Hooked On You, Lost Without Your Love, Belonging. Mais son offre reste très limitée en termes de qualité, semblant  réserver la primeur de son talent à d’autres fidèles que ceux de Bread. Pour la première fois, il rend son soft rock parfois ennuyeux.

L’intérêt se perd au fil de l’écoulement des titres, d’autant plus que l’apport de Griffin me semble être plus du remplissage, qu’une volonté délibérée de s’imposer ou de rehausser ce niveau moyen. Les retrouvailles débouchent donc sur un échec. Bread aurait mérité une autre sortie (RAZOR©).

 

1. Hooked on You.

2. She's the Only One.

3. Lost Without Your Love.

4. Change of Heart.

5. Belonging.

6. Fly Away.

7. Lay Your Money Down.

8. The Chosen One.

9. Today's the First Day.

10. Hold Tight.

11. Our Lady of Sorrow.

 

David Gates:chant,guitare,violon,claviers.

James Griffin:chant,guitare,claviers.

Larry Knechtel:guitare,harmonica,claviers.

Dean Parks:guitare.

Michael Boddicker:claviers.

Michael Botts:batterie.

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