Brewer & Shipley

BIOGRAPHIE.

 

BREWER & SHIPLEY/Usa

 

Brewershipley

Brewer & Shipley (photo brewerandshipley.com)

 

Actif de 1967 à 1978 et de 1995 à aujourd'hui.

Label:Kama Sutra,A & M, Capitol.

Genre:folk rock.

Site officiel:brewerandshipley.com

 

Plus qu'une marque, un label.

Michael Brewer et Tom Shipley… voilà une entité musicale qui a secoué les foules de son temps. Brewer & Shipley c’est une marque. Mieux un label de qualité façonné par deux guitares et deux voix fusionnées pour ne faire qu’un. Quatre décennies plus tard, ce duo aux harmonies vocales et grattes entrelacées arpente toujours les scènes, remplit toujours les salles. Autour de l’amour et de la liberté de faire et de penser, Brewer & Shipley a apporté sa touche personnelle au folk rock ambiant et a laissé au genre une flopée de chansons intemporelles. Chacun de ses albums regorge de pièces d’orfèvrerie.

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Rencontre en 1964, mais...

Michael Brewer, natif d’Oklahoma débute comme batteur dans un groupe scolaire mais il opte finalement pour la guitare en 1960 et prend la direction du circuit folk pour montrer qu’il sait en user.

Songwriter débutant, il rencontre Tom Shipley en 1964 mais leur association ne prend pas effet à cette date. Il faut encore patienter un peu car Brewer, alors installé en Californie, a un projet avec Tom Mastin (1965) qui l’amène à l’enregistrement d’un premier LP sous Mastin And Brewer.

Un style et un son fabuleux.

Artiste d’A & M Records, le nouveau label d’Alpert et de Moss, Brewer fait venir à lui Shipley devenu son voisin, dont l’écriture plaît à l’encadrement de la maison de disques.

Les cadres d’A & M les exhortent même à enregistrer leur propre matériel tant leur style et leur son sont fabuleux.

Au service du duo.

Tom Shipley vient de l’Ohio et abandonne la trompette pour la guitare après avoir flashé sur la musique folk dont il sillonne également le circuit ce qui l’amène à croiser occasionnellement la route de son futur partenaire.

Après avoir écrit pour Nitty Gritty Dirt Band et HP Lovecraft entre autres, Tom est convaincu par son entourage de mettre son écriture au service du binôme.

Un excellent catalogue.

Brewer & Shipley est né sous le soleil de Californie où il côtoie les Byrds, Buffalo Springfield ou The Association (Grace Slick) ; un premier LP, Down In L.A (A & M records/1968), auquel prennent part Leon Russell et Jim Messina notamment, vient concrétiser cette union, mais la vie angeline n’étant pas de leur goût, le tandem se retire dans le Missouri où il fonde Good Karma Productions avant de se voir proposer un nouveau contrat d’enregistrement avec l’étiquette new yorkaise Kama Sutra Records (1964/1976). Quatre beaux albums découlent de ce partenariat : Weeds (1969), Tarkio (1970) sur lequel on retrouve le tumultueux One Toke Over The Line, Shake Off The Demon (1971) et Rural Space (1972). La suite se fait sous Capitol Records pour deux LP, ST-11261 (1974) et Welcome To Riddle Bridge (1975).

Michael brewer

"A l'époque, je ne pouvais pas, ne serait-ce, qu'aller à l'épicerie en voiture sans être arrêté et fouillé par la police de Los Angeles. A pied, c'était pareil." (Michael Brewer)

Séparation en 1979, mais...

Le duo se sépare à l’amiable dans la foulée, en 1979, non sans avoir très fortement marqué la musique américaine. Chacun a continué sa route de son côté jusqu’à ce qu’ils ne soient réunis à nouveau pour un concert spécial à la demande d’une stadio de radio de Kansas City souhaitant marquer le coup pour sa première année de fonctionnement (1987). Pari réussi, des milliers de fans ont honoré un rendez-vous à propos duquel le duo ne croyait pas qu’il puisse susciter un tel engouement. Rançon de leur gloire, dirons-nous.  

... le duo enflamme toujours les scènes.

A partir de là, Brewer et Shipley vont se remettre à travailler ensemble donnant le jour à deux nouveaux albums, Shangai (1993) et Heartland (1997) sous leur propre label One Toke Productions, à tourner de temps en temps, à enrichir son catalogue personnel, notamment Michael Brewer, Tom Shipley devenant producteur TV et patron de sa société de production Tarkio Communications. Ce dernier profite maintenant de sa retraite, s’accordant quelques piges dans le milieu selon l’occasion sans toutefois renoncer à reformer le duo à la demande et à enflammer un public toujours preneur plus de 40 ans après (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1968

 

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BREWER & SHIPLEY

DOWN IN L.A - 1968  5/5

 

Publié en 1968.

Produit par Allen Stanton et Jerry Riopelle.

Durée:29:20.

Label:A & M Records.

 

Un signe qui ne trompe personne.

 

Pouvait-on imaginer meilleur départ dans la carrière? S’offrir pour son premier LP, Jim Messina du Buffalo Springfield, puis de Poco et Loggins & Messina, Hal Blaine homme de Presley, dans le giron des Byrds, des Mamas & Papas, des Beach Boys, des Carpenters, le bassiste, entre autres, de Bridge Over Trouble Water (Simon & Garfunkel) Joe Osborn, le batteur de Derek & The Dominos Jim Gordon et le coquin de Leon Russell qui apparaît sous Russell Bridges, n’est pas donné à n’importe qui.

Encore faut-il avoir de la crédibilité pour attirer à soi un tel parterre de musiciens (le fameux Wrecking Crew) et en faire son unité d’accompagnement comme c’est le cas pour Down In L.A (1968).

Mike Brewer et Tom Shipley ont cette particularité d’avoir toujours réuni des artistes de renom sur leurs premiers albums. C’est évidemment un signe qui ne trompe personne.

Brewer (Oklahoma) & Shipley (Ohio), c’est du sérieux, du crédible, ça joue dans la cour des grands. Ainsi, sur Weeds (69), le LP qui suit, Nicky Hopkins et Mike Bloomfield viennent à leur tour y faire la pige. Jerry Garcia et Paul Butterfield apparaissent ensuite sur Tarkio (70), le numéro 3 du catalogue. John Cipollina, Spencer Dryden, David LaFlamme et José Chepita Areas sont fidèles à cette bonne habitude sur le suivant, Shake Of The Demon (71).

Le duo folk-rock est tenu en haute estime sur la familiale scène californienne et il y a de quoi. On ne suscite pas le respect des siens par la seule volonté du Saint-Esprit. Encore faut-il être pétri de talent, imaginatif et inspiré, et produire la matière pour le valoriser.

En fait, il s’agit bien là de tout ce que l’on reconnaît à ce duo prometteur, et qui va motiver, au fil du temps, une pioche en règle de son répertoire par des pairs avisés (The Poor, The AFEX, Black Sheep, Glenn Yarbrough, Noel Harrison, Bobby Rydell ou le Garden Club de Ruthann Friedman et Tom Shipley) et sûrs d’y dénicher une pépite ou de quoi contribuer à manger. HP Lovecraft (Keeper Of The Keys), Nitty Gritty Dirt Band (Truly Right) ainsi que les Byrds et Manassas (Bound To Fall) notamment, s’y sont essayé avec réussite. Mike et Tom ont des prédispositions précoces incontestables pour le songwriting. Il n’en faut pas plus et il ne faut pas attendre plus longtemps pour qu’A & M Records leur fasse les yeux doux. D’autant plus que leur style comme leur son sont uniques. L’éditeur les exhorte à travailler pour leur propre crémerie.

Un premier LP est rapidement publié en octobre 1968 : Down In L.A. dans lequel chaque titre est déjà très soigné. Le duo accorde une attention presque maladive et un respect total à tout ce qu’il produit et qui va alimenter son premier jet. Il veille à hausser son niveau personnel et prend soin de bien s’entourer. Aucun détail n’est négligé jusqu’à la production. Tout est mesuré, dosé, calculé, réfléchi, analysé.

Down In L.A. (à écouter ici) est leur première belle vitrine qui avalise tous mes propos élogieux précédents. Suivront les fantastiques Weeds et Tarkio pour mieux les étayer et par là même confirmer. Ce travail fascinant et qui n’a d’égal que le haut de la pyramide folk-rock, quoi que légèrement pop et country par bribes, s’appuie sur de lumineuses harmonies vocales, sur une belle section rythmique, sur une beauté incomparable d’écriture et de subtiles orchestrations.

En dehors du gothique final Mass For M’Lady,  toutes les pièces contribuent à doter l’album d’un ton général plaisamment tranquilou. S’il n’a pas bougé les foules à sa publication, et on peut bien se demander pourquoi il a été négligé à ce point, Down In L.A n’en est pas moins la première marche très aboutie de la sublime carrière de ces artistes mémorables.

La suite se fait pour Kama Sutra Records et le meilleur est alors à venir. Avis aux amateurs, les trois premiers Brewer & Shipley sont incontournables (RAZOR©).   

 

1. Truly Right.

2. She Thinks She's a Woman.

3. Time and Changes.

4. Small Town Girl.

5. I Can't See Her.

6. Green Bamboo.

7. An Incredible State of Affairs.

8. Keeper of the Keys.

9. Love, Love.

10. Dreamin' in the Shade.

11. Mass for M'Lady.

 

Mike Brewer:chant,guitare,percussions.

Tom Shipley:chant,guitare,percussions.  

Nick DeCaro:cordes,cor.

Jim Gordon,Hal Blaine:batterie.

Milt Holland:percussions.

Lyle Ritz,Jim Messina,Joe Osborn:basse.

Russell Bridges (Leon Russell):piano électrique,orgue

Mike Melvoin:orgue.

Lance Wakely:harmonica,guitare électrique.

LP Studio 2 - 1969

 

Brewer shipley weeds

 

BREWER & SHIPLEY

WEEDS – 1969  5/5

 

Publié en 1969.

Produit par Nick Gravenites sous le nom de Nicky Gravy.

Durée:30:56.

Label:Kama Sutra Records.

 

Une offre généreuse en pépites.

 

Brewer & Shipley, c’est un coup à ressortir la deudeuche bariolée ou la coccinelle taguée de l’indissociable symbole Peace And Love, d’y charger les grattes sèches et de prendre la direction des gorges de l’Ardèche pour aller s’encanailler avec quelques herbes aromatiques, autour d’un feu de camp. Brewer, c’est Michael et Shipley, Tom.

Leurs parcours respectifs débutent sur la scène folklorique américaine des sixties et plus particulièrement dans la région de L.A. où ils constituent le duo qui les réunit encore aujourd’hui.

Enregistré dans la baie de San Francisco, Weeds (1969) est le second album d’un duo qui va s’inscrire sur la liste noire du gouvernement Nixon et être placé dans le collimateur du Vice-Président  Spiro Agnew, qui voit en eux des sujets subversifs pour les jeunes ricains et de dangereux mécréants. Tout ça pour avoir appuyé, avec un peu plus de pression, là où ça fait mal et où il y a gêne: le social, le sexe et la drogue (One Toke Over The Line). Ces remous tapageurs et amplifiés autour de son nom ont incontestablement servi les intérêts de Brewer & Shipley qui n’a jamais eu meilleure promo durant sa carrière.

Weeds réunit un arsenal de beaux fusils. Aux commandes, Nick Gravenites (Electric Flag, Big Brother & The Holding Company), collaborateur sur des projets avec Paul Butterfield Blues Band, producteur sur le coup, qui ne débarque pas les mains vides.

Jugez plutôt du pédigrée qui compose l’unité spéciale : Mike Bloomfield (guitariste), Mark Naftalin (claviériste), Ricard Greene (violoniste), plus Nicky Hopkins (pianiste) et pour Orville Red Rhodes, un fameux expert en pedal steel guitare, il suffit de regarder du côté du Notorious Byrd  des Byrds de 1968… Excusez du peu, mais quand ça fait le déplacement un bataillon comme celui-là, ça n’est jamais pour des nèfles. Ces soldats n’iraient pas se compromettre dans une affaire qui risquerait de leur péter dans les dents au moindre pet de travers, alors vous pensez bien…

Weeds n’a rien des mauvaises herbes de son titre. Au contraire, il est une des plus belles surprises que j’ai pu découvrir. Fabuleux métissage entre le style folk-rock cher à Brewer & Shipley et l’apport technique élitaire spécialement trié sur le volet par le général Gravy Nicky, Weeds se situe un peu dans la filiation de CSNY.

Il est une longue enfilade de petites perles : le rapide Lady Like You, la belle ballade aux allures byrdiennes Rise Up (Easy Rider), le Boomerang aux relents de country qui vous revient en pleine tronche, Indian Summer et son violon magique, le All Along The Watchtower de Dylan reconverti à la mode hip, le surprenant up-tempo enflammé et final Wichi-Tai-To dont Robert Charlebois livre une version différente sur Solidaritude (1973), l’énergique Pig’s Head. L’offre est si  généreuse en belle substance que je ne peux que vous inciter à cramer quelques kopeks dans l’affaire (RAZOR©).

 

 
 

1. Lady Like You

2. Rise Up (Easy Rider).

3. Boomerang.

4. Indian Summer.

5. All Along the Watchtower.

6. People Love Each Other.

7. Pig's Head.

8. Oh, Sweet Lady.

9. Too Soon Tomorrow.

10. Witchi-Tai-To.

 

Mike Brewer:chant,guitares.

Tom Shipley:chant,guitares.

Mike Bloomfield,Fred Olson:guitare électrique.

Mark Naftalin,Ira Kamin:piano,orgue.

John Kahn,Robert Huberman:basse.

Bob Jones:batterie.

Orville 'Red' Rhodes:pedal steel guitare.

Richard Greene:violon.

AppleJack:harmonica.

Rienol Andino:congas.

Nicky Hopkins:piano.

LP Studio 3 - 1970

 

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BREWER & SHIPLEY

TARKIO - 1970  5/5

 

Publié en 1970.

Produit par Nick Gravenites.

Durée:36:43.

Label:Kama Sutra Records.

 

Dans la ligne de mire de Nixon.

 

Encore une nouvelle occasion de se la jouer pour Brewer & Shipley, ce qui n’est pas dans la nature du duo, mais bon, il aurait pu montrer les muscles avec un tel travail. Ce motif de fierté a pour identité Tarkio ou Tarkio Road, c’est selon, publié en 70 et qui est à considérer comme un troisième LP de haut rang consécutif pour le couple d’artistes.

Il a généré ce titre sulfureux qu’est One Toke Over The Line, le grand succès du catalogue Brewer & Shipley. Tarkio se place quasiment dans la même lignée sonore que Weeds auquel il succède et bénéficie toujours de la contribution de Nick Gravenites à la production, d’un parterre d’invités prestigieux, présentement de Jerry Garcia à la pedal steel guitare, de John Kahn et Bill Vitt souvent vus dans l’entourage du Dead.

Avec le Dead, l‘Airplane ou leurs moutures dérivées constamment dans les parages du studio d’enregistrement san franciscain, le Wally Heider Recording Studio le binôme a pu travailler dans une ambiance familiale qui profite amplement à Tarkio.

L’endroit scindé en quatre studios est alors très prisé. La même année 70, CSNY y enregistre Déjà Vu, Santana le légendaire Abraxas, le Dead le très bel American Beauty, Creedence Clearwater revival son Cosmo’s Factory.

Au sein de cette mythique production, Tarkio ne souffre aucunement de la comparaison. Il ne dépareille pas dans ce contexte huppé. A l’instar de son prédécesseur, il a encore de solides arguments à opposer : outre One Toke Over The Line, on a grand plaisir à y retrouver des titres comme Tarkio Road, Song From Platte River, Oh Mommy, Don’t Want To Die In Georgia, Fifty States Of Freedom. Ce deux-en-un a mille raisons de commencer une vie pépère sur votre étagère (RAZOR©).

NB : One Toke Over The Line (1970) a valu à leurs auteurs Brewer & Shipley d’être dans le collimateur de la présidence américaine. Jugée subversive pour la jeunesse amerloque par le gouvernement Nixon, cette chanson folklorique  réfère à la marijuana, un Toke étant un taf sur une cigarette de marie-jeanne. Au départ, elle a été écrite dans un esprit bon enfant, pour la déconne et, au final, elle a fait un ramdam pas possible auprès de la société bien mise. Brewer et Shipley considèrent encore aujourd’hui le tintouin alimenté autour de ce titre comme le moyen de promotion de leur nom qu’il n’aurait pas pu se payer. Comme quoi…

 

1. One Toke Over the Line.

2. Song from Platte River.

3. The Light.

4. Ruby on the Morning.

5. Oh Mommy.

6. Don't Want to Die in Georgia.

7. Can't Go Home.

8. Tarkio Road.

9. Seems Like a Long Time.

10. Fifty States of Freedom.

 

Mike Brewer:guitares,chant.

Tom Shipley:guitares,chant.

Mark Naftalin:piano,orgue.

John Kahn:basse.

Paul Butterfield,Fred Burton:guitares électriques.

Bill Vitt,Bob Jones:batterie.

Noel Jewkes:flûte.

Jerry Garcia:pedal steel guitare.

LP Studio 4 - 1971

 

Brewer shipley shake off the demon 1971

 

BREWER & SHIPLEY

SHAKE OFF THE DEMON – 1971  4/5

 

Publié en novembre 1971.

Produit par Brewer & Shipley.

Durée:31:28.

Lebel :Kama Sutra Records.

 

Dans le style maison.

 

Pour les cotateurs les plus fréquemment visités sur la Toile, le numéro 4 de Brewer & Shipley, Shake Off The Demon (1971), ne culminerait pas à plus de 3 sur une valeur maximale de 5. Donc, à peine plus que la moyenne. Objection, Votre Honneur ! Pas tout à fait d’accord avec vous.

Si je peux me permettre, on peut raisonnablement rallonger la sauce et passer à 4 ce troisième volume réalisé chez Kama Sutra, aux motifs que la qualité de l’écriture ne faiblit pas, que les harmonies sont toujours aussi solides que leur jeu de guitare demeure costaud, que les mélodies se renouvellent encore et toujours et que l’apport des notables de la baie de Frisco est une vraie plus-value ici. David LaFlamme (Natural Child) fait le déplacement avec son violon électrique, John Kahn pointe (et comment !) à la basse, Mark Naftalin gère les claviers comme personne, Spencer Dryden, Jose Chepita Areas et John Cipollina contribuent comme aux plus belles heures de leur carrière.

Hormis Rock Me On The Water emprunté au régional Jackson Browne, Shake Off The Demon affiche 9 originaux dus au duo Mike Brewer et Tom Shipley. On reproche généralement à ce répertoire de vite s’enliser et de générer de l’ennui en dépit d’une entrée en matière assez tonique.

Personnellement, je suis allé toujours au bout de l’écoute sans renâcler et avec beaucoup de plaisir en prime, même si certaines bondieuseries ambiantes ne constituent pas ma tasse de thé.

Du bon morceau titre d’introduction à l’intéressant Sweet Love  final, on ne peut pas ne pas être subjugué par les Back To The Farm, Natural Child, When Everybody Comes Home. Sweet Love, pour ne citer que lui et qui referme ce LP. C’ est une petite beauté bien dans le style maison. Il me semble bien que l’on soit un peu dur à l’égard de ce disque pas inférieur à ce que le duo a fait dans l’après Tarkio. L’heure n’est pas à jeter la pierre à ces artistes que Nixon et ses sbires ont tenté d’installer comme de subversifs mécréants (RAZOR©).

 

1. Shake Off The Demon.

2. Merciful Love.

3. Message From The Mission (Hold On).

4. One By One.

5. When Everybody Comes Home.

6. Working On The Well.

7. Rock Me On The Water.

8. Natural Child.

9. Back To The Farm.

10. Sweet Love.

 

Mike Brewer:chant,guitare,piano,harmonica,percussion.

Tom Shipley:chant,guitare,banjo,basse.

Mark Naftalin:piano,orgue,effets.

John Kahn:basse.

John Cipollina:guitare électrique,slide guitare sur 1.

Spencer Dryden,"Little John" Harteman III,Glen Walters:batterie.

Jose "Chepita" Areas:congas,bongos,timbales.

David LaFlamme:violon électrique.

LP Studio 5 - 1972

 

Brewer shipley rural space 1972

 

BREWER & SHIPLEY

RURAL SPACE – 1972  3,5/5

 

Publié en 1972.

Produit par Brewer & Shipley.

Durée:31:49.

Label:Kama Sutra Records.

 

Quoi qu’en en dise, ça reste bon.

 

Rural Space (1972) du duo Brewer & Shipley n’apparaît quasiment nulle part dans les commentaires. Et quand vous tombez sur un avis autorisé (AMG), c’est matraquage en règle. Laissons à ces gens la paternité de leurs respectables propos auxquels on n’est pas obligé d’adhérer. Pas plus qu’aux miens, j’en conviens tout à fait. Quand je fais œuvre de mauvaise notation, on ne se gêne pas pour me le faire savoir. Je suis responsable de ce que je dis, pas de ce que les autres veulent bien entendre. Dont acte, pour ce qui est de cet album aujourd’hui passé en revue. Les goûts et les couleurs…vous connaissez le refrain ?

En presque 40 ans d’un indéfectible soutien à ce lumineux tandem, jamais le cénacle réduit de ses supporters n’a manifesté de mauvaises critiques à son endroit. C’est un signe qui ne trompe pas ; l’ensemble de leur catalogue est respecté : la période Kama Sutra certainement plus que toutes les autres.

Tarkio (1970) est passé par là et a semé le trouble dans les esprits. Shake Off The Demon (1971), pas si vilain que ça, souffrait déjà d’être publié dans le sillage de la référence de Brewer & Shipley. Deux ans plus tard, le soufflé n’étant pas retombé, Rural Space subit le même sort, malgré le fait qu’il véhicule encore de bien belles et douces  ballades, la spécialité maison de Brewer & Shipley.

Très bon mélange de lentes chansons mélodiques et de titres country-folk mid-tempo rehaussés d’une pointe de guitare électrique, Rural Space n’a pas la prétention d’égaler la tierce magique initiale du duo.

Moins accrocheur, transitoire et expérimental (d’autres instruments s’invitent ici), il se pose cependant en bon album à 3,5/5. Jamais de la vie à deux étoiles. Il y a suffisamment de grain à moudre ici pour prendre son panard, comme Fly Fly Fly, Yankee Lady de Jesse Winchester, Black Sky, le grégorien Have A Good Live, Blue Highway, Where Do We Go From Here, Sleeping On The Way, Crested Butte, When The Truth Finally Comes.

Les harmonies vocales qu’on leur connaît continuent à faire mouche, l’inventivité est un peu plus présente, ce qui se traduit par un sentiment étrange de naviguer sans véritable cap. Le duo s’éloigne quelque peu de ce qu’il avait l’habitude de nous servir. Doit-on le saquer pour autant ? Non, bien sûr et je pense ce répertoire encore très crédible n’a jamais rebuté leurs plus fidèles aficionados. Rural Space, enregistré aux studios Wally Heider de San Francisco, se doit donc de trôner en bonne place sur votre étagère (RAZOR©).

 

1. Yankee Lady.

2. Sleeping On The Way.

3. When The Truth Finally Comes.

4. Where Do We Go From Here.

5. Blue Highway.

6. Fly Fly Fly.

7. Crested Butte.

8. Got to Get Off The Island.

9. Black Sky.

10. Have A Good Life.

 

Mark Naftalin:accordéon sur 6,piano sur 5.

Mike Brewer:guitare acoustique sur 5/6/7/9,cloches sur 10,chant,tambourin sur 4,guitare 12 cordes sur 4,guitare sur 1et 2,guitare électrique sur 3.

Tom Shipley:guitare acoustique sur 5/6/7/9,basse sur 1 et 2,chant,guitare 12 cordes sur 3,guitare électrique sur 4/10,chant.

John Kahn:basse sur 3/9,arrangements cordes sur 4.

Phil Howe:clarinette sur 4.

Leon Oakley:cornet sur 4.

Bill Vitt:batterie sur 5/7/9

Prarie Prince:batterie sur 2/3/8.

Billy Mundi:batterie sur 1.

Fred Burton:guitare électrique sur 5/9.

Phil Howe:saxophone soprano sur 6.

Buddy Cage:pedal steel guitare sur 7.

Turk Murphy:trombone sur 4.

James Maihack:tuba sur 4.

LP Studio 6 - 1974

 

 Brewer shipley st11261 1974

 

BREWER & SHIPLEY

ST11261 – 1974  3,5/5

 

Publié en 1974.

Produit par John Boylan.

Durée:34:08.

Label:Capitol Records.

 

Une bonne sortie.

 

Duo de ce que l’Americana compte de meilleur, Michael Brewer et Tom Shipley ont laissé au rock une musique intemporelle qui émerveille depuis quatre décennies et des. Comme quoi avec deux guitares, deux belles voix, de belles harmonies vocales et quelques potes qui sont toujours prêts à rappliquer pour filer le coup de main, on peut bâtir les plus belles entreprises, d’autant que leurs compositions ont souvent été un atout supplémentaire.

ST11261 est leur sixième LP. Il n’est pas le plus connu, Weeds (1969) et surtout Tarkio (1970) remplissant cette fonction de popularité avec One Toke Over The Line, leur single à succès.

Album au titre codé qui réfère au numéro d’inscription au catalogue Capitol, car c’est chez Capitol Records que ça se fait après A & M et Kama Sutra,  ST11261 constitue une bonne sortie pour le duo. C’est un beau disque au regard des titres sympas qu’il véhicule.

La palme revient à l’acoustique Bound To Fall, un morceau que le Stephen Stills de Manassas convertit en chef d’œuvre. Le leur, écrit par Michael Brewer du temps où il tournait avec Tom Mastin (1966), a deux ans de retard, mais il ne souffre d’aucun complexe.

It Did Me In appartient au florilège ici sélectionné. Emprunté à un certain Mark Baysinger, cette chanson leur va comme un gant. Leur interprétation raffinée est un des temps forts de ST11261. Idem pour l’acoustique Shine So Strong, d’une douceur incroyable et la ballade lancinante Oh So Long, genre dans lequel ces artistes sont d’éminents et de mémorables experts. Pour en finir avec la première face, How Are You se montre convaincant.

On peut retenir aussi le blues écolo Eco-Catastrophe Blues, au message plus que jamais d’actualité, qui ouvre une deuxième partie, qui tient en haleine de par le lumineux Keeper Of The Keys, Bound To Fall et Oh So Long, comme dit précédemment.

Non cités dans le gratin de ce répertoire, l’intro Fair Play de Steve Canaday (Ozark Mountain Daredevils) et la clôture récréative Ballad Of A Country Dog valent également le détour. A aucun moment on a envie que ça s’arrête et c’est ce qui fait la force de cette musique facile à vivre. Bel album d’un très grand duo (RAZOR©)

 

1. Fair Play.

2. It Did Me In.

3. Look Up, Look Out.

4. Shine So Strong.

5. How Are You.

6. Eco-Catastrophe Blues.

7. Keeper Of The Keys.

8. Bound To Fall.

9. Oh So Long.

10. Ballad of a Country Dog.

 

Mike Brewer:chant,guitare.

Tom Shipley:chant,guitare.

Gary Mallaber,Russ Kunkel:batterie.

Jesse Ed Davis:guitare électrique.

John Boylan:claviers.

Doug Haywood:basse.

Sneaky Pete Kleinow:pedal steel guitare.

LP Studio 7 - 1975

 

Brewer shipley welcome to riddle bridge 1975

 

BREWER & SHIPLEY

WELCOME TO RIDDLE BRIDGE – 1976  4/5

 

Publié en 1976

Produit par Norbert Putnam.

Durée:30:16.

Label :Capitol Records.

 

Du Yonger et Bresson…

 

Le seul regret que Tom Shipley de l’Ohio, peut aujourd’hui invoquer à propos de sa carrière et notamment de son association avec Michael Brewer, d’Oklahoma City, c’est de ne pas avoir insisté un peu plus sur l’Europe où il reste encore très en retrait en termes de popularité. Pourtant, Brewer et Shipley, c’était du lourd à cette époque et chez l’Oncle Sam. Certainement un des trois meilleurs duos de folk-rock des années 70, je vous en fiche mon billet.

Articulé autour de leurs deux guitares acoustiques et de leurs voix complémentaires, ce couple de la scène californienne des années 60/70, formé en 1967, après avoir, depuis 1962 et leur rencontre au Blind Owl Coffehouse (Kent), écumé le circuit folk US et canadien, mérite pourtant mieux que la méconnaissance qu’on lui prête généralement. Brewer & Shipley, au son et au style qui lui sont personnels, a ouvert pour les plus grands, a été repris par de nombreux artistes et groupes en vogue et a fréquenté et travaillé avec le gratin des musiciens de Los Angeles (Michael Bloomfield, Jerry Garcia, Leon Russell, Jim Messina…). Il a pignon sur rue sur la scène West-coast, personne ne peut lui contester même si on sait peu de choses sur lui.

Connus pour leurs superbes harmonies vocales, leur musique mélodique, leurs travaux de guitare complexes, pour leurs textes réfléchis, sensibles aux interrogations des jeunes de leur génération (politique, social, liberté, drogue, Vietnam), Brewer et Shipley présentent un catalogue fort de 7 LP entre 1968 et 1976. Et pas des moindres, notamment le tryptique initial Down In L.A (68/A & M Records), Weeds (69) et Tarkio (70) les deux premiers de la période Kama Sutra (4 albums) qui comprend aussi Shake Off The Demon (71) et  Rural Space (72).

Le tandem migre alors pour Capitol Records pour deux LP, ST11261 (74) et Welcome To Riddle Bridge (76) avant de capituler en 78. Depuis 1987 (pour les besoins d’un concert), le couple a repris du service, mais c’est en 1995 qu’il reconduit vraiment son partenariat dans l’Americana sous sa propre étiquette (One Took Productions), et ce, pour la plus grande joie de ses fans.

La grande majorité d’auditeurs ayant déjà entendu parler de Brewer & Shipley, a surtout retenu son inoubliable titre folk-pop One Toke Over The Line, seul hit de leur catalogue à avoir pénétré le Top Ten en 1971. S’il est vrai qu’il tient pour beaucoup dans leur popularité, il lui a surtout attiré les foudres de la présidence des Etats-Unis lequel a vu dans cette chanson liée à la drogue et dans leurs auteurs, un dangereux axe de subversion contre le système en place et pouvant affecter la jeunesse du moment.

Si la trilogie discographique de départ a souvent été commentée pour sa qualité, notamment Tarkio, le plus attractif d’entre eux, la phase terminale n’a pas fait l’objet de beaucoup d’attention. Pourtant au fil des ans, Brewer & Shipley a toujours porté la ballade à un haut niveau.

Welcome To Riddle Bridge, ultime album studio du duo, publié début 76, regorge encore de succulentes pièces. Il n’est pas une œuvre qui porte leur signature qui ne soit pas digne d’intérêt. Tout le catalogue de ces artistes se distingue par le grand soin et la belle subtilité apportés à la conception.

Welcome To Riddle Bridge soigne également son image, à savoir celle qui sert de support à la pochette de ce septième album dont le titre rend hommage… à Riddle Bridge. Le dessin, dont ils sont aussi les concepteurs, les fixe debout sur ce pont enjambant la Gasconade River dans le comté de Pulaski (Missouri).

Appuyé par un alléchant parterre de requins de studios comme David Briggs, Kenny Buttrey, Charlie McCoy, Paul Franklin, Mike Leech, Norbert Putnam, Weldon Myrick, Brewer & Shipley la joue ici folk-rock, country-rock simple, mais beau, à l’instar de Hearts Overflowing. Ou drôle comme Brain Damage, voire mystique comme So Satisfied. Don’t Feel Like Heaven, Brighter Days, Indian Summer, Crying In The Valley, On The Road In Kansas City, Commercial Success… vous ne voudriez quand même pas cracher dessus, non ? C’est du Brewer & Shipley. Comme on dirait, c’est du Yonger & Bresson, du Rivoire & Carret, du Tintin & Milou…(RAZOR©)

 

1. Commercial Success     

2. Indian Summer.

3. On The Road In Kansas City.

4. Brighter Days.       

5. So Satisfied.

6. Brain Damage.

7. Crying In The Valley.      

8. Rock & Roll Hostage.      

9. Don't It Feel Like Heaven.       

10. Hearts Overflowing.

 

Michael Brewer:guitare,chant.

David Briggs:claviers.

Kenny Buttrey:batterie.

Harrison Calloway,Ronnie Eades:cuivres.

Charlie Rose,Harvey Thompson:cuivres.

Paul Franklin:steel guitare.  

Ginger & Mary Holladay:choeurs.

Shane Keister:synthétiseur.

Mike Leech:basse.

Chris Leuzinger,Weldon Myrick,Reggie Young:guitare.

Charlie McCoy:harmonica..

Farrell Morris:percussions.

Norbert Putnam:basse,production.

Tom Shipley:guitare,basse,choeurs.

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