Cat Stevens.

BIOGRAPHIE.

 

CAT STEVENS/Londres (Angleterre)

 

Cat stevens 1

 

Né Steven Demetre Georgiou, appelé Cat Stevens, aujourd'hui devenu Yusuf Islam ou Yusuf.

Actif entre 1966 et 1978,depuis 2006.

Labels:Island records,A&M Records,Polydor,Mountain Of Light,Jamal Records.

Genre:folk-rock,pop.

 

De la guitare au Coran.

Hier, roi de la folk anglaise sous le surnom de Cat Stevens, Steven Demetre Georgiou, est aujourd'hui Yusuf Islam ou Yusuf. Sa conversion à l'Islam remonte à 1977 quand, parti pour le Maroc pour se ressourcer et trouver l'inspiration pour la suite de sa carrière, il décide de tout plaquer et de donner un autre sens à sa vie.

Avant d'en arriver là, en 12 ans passés dans l'industrie du disque, il écoule plus d'une soixantaine de millions d'albums. A 29 ans, l'auteur du mémorable Lady D'Arbanville et de Wild World troque ses habits de pop star pour la djelabbah, délaisse sa guitare au profit du Coran.

Né en juillet 1948 d'un père chypriote (Stavros) et d'une mère suédoise (Ingrid), tous deux restaurateurs, le jeune Steven étudie dans un environnement où la religion est un sujet de réflexion quotidien. Le papa est grec orthodoxe, la maman de confession luthérienne. Steven fréquente une école catholique à Londres. Le christianisme est alors sa religion et son mode de vie, même s'il est initié également au boudhisme et au taoïsme.

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Cat stevens lady d arbanville

De Steven Demetre Georgiou à Cat Stevens.

Durant son adolescence, il apprend le piano et la guitare, avant de se détacher progressivement de la religion. Il se produit alors avec succès le soir dans les bars de la capitale. Il a 17 ans et le jour il est étudiant dans une école d'arts graphiques. Au fil du temps, il se forge une bonne réputation sur Londres et devient rapidement une pop-star animée par les mêmes dérives que ses concurrents. Sa vie dissolue est rythmée sur la drogue et l'alcool, le sexe et l'argent.

Nommé Cat Stevens pour ses yeux de chat, il prend ce patronyme quand il est amené, à l'âge de 18 ans, à enregistrer ses premières chansons pour Mike Hurst (Marc Bolan), qui, dès 1965, le découvre et le signe pour Deram. Hurst produit ses 5 premiers singles dont I Love My Dog (N°27), Matthew And Son (N°2) en 1966, I'm Gonna Get Me A Gun, A Bad Night et The First Cut Is The Deepest (1967), passé entre les mains de la chanteuse noire américaine expatriée P.P. Arnold, pour la modique somme de 30 livres, et que celle-ci mène à une honorable 18ème position dans les charts.

Compositeur prolixe et parolier inspiré qui a pour modèle Bob Dylan, Simon & Garfunkel, Leonard Cohen ou Pete Seeger, multi-instrumentiste talentueux (flûte, bouzouki, mandoline, basse, percussions), Cat Stevens sort son premier album en mars 1967, un beau disque de pop 60's, intitulé du nom de son single alors le plus populaire : le fantaisiste et ensoleillé Matthew And Son (7éme des charts).

New Masters (décembre 1967) est, par contre, un échec commercial. Il n'entre pas dans les classements ; seul Kitty a une vie de single et encore, elle est assez modeste (N°47).

Lady D'Arbanville et Wild World.

Chanteur alors célèbre, Cat Stevens doit interrompre sa carrière en raison d'une tuberculose ; il frôle la mort et passe plusieurs mois à l'hôpital ; c'est un premier tournant dans sa vie spirituelle, l'amenant à s'interroger sur le sens de l'existence et de la sienne notamment.Une année de convalescence lui est nécessaire pour se rétablir. Son retour artistique se fait avec un troisième LP, Mona Bone Joke (juillet 1970) sur lequel vient contribuer Peter Gabriel.

A cette époque, Cat Stevens entretient une liaison avec l'actrice américaine débutante Patti D'Arbanville. Amoureux, Cat Stevens compose pour elle une chanson d'amour, sobrement appelée My Lady D'Arbanville, un de ses plus grands succès ; quand elle tombe dans les bacs à l'été 1970, la relation est déjà finie. Ce titre fait disque d'or des deux côtés de l'Atlantique et devient l'élément moteur de l'excellent album Mona Bone Joke. Une décennie triomphale s'annonce.

Affecté par cette situation sentimentale, Cat Stevens se retranche dans le travail et le mysticisme, sans, pour l'heure, trouver sa voie spirituelle. Il prépare un magnifique Tea For The Tillerman (novembre 1970) dans lequel se retrouve la deuxième chanson dédiée à Patti D'Arbanville, Wild World (N°11) et inspirée par la fin de leur romance.

Cat stevens yusuf islam

«  Qui ne penserait pas profiter du fait d'être le centre d'attention et l'objet d'adoration  ? Je sentais cependant que c'était une grosse responsabilité pour moi et j'ai changé souvent ma voie pour que les gens ne puisent pas prédire quelle serait la prochaine étape. Je ne savais pas moi-même la direction à prendre, mais j'ai toujours cherché à être sincère. » (Yusuf Islam)

Des hits à la pelle.

Ecolo, pacifiste, Cat Stevens devient un artiste très prisé de la génération baba cool et continue à enchaîner de grandes chansons : Father And Son, Sad Lisa (1970), Peace Train, Moon Shadow, Morning Has Broken en 1971.

Cette réussite dans les singles amène celle du 5ème album, Teaser And The Firecat (octobre 1971) qui a, une nouvelle fois, les faveurs du public (2ème aux Etats-Unis) et de la critique.

Sans hit notoire, son successeur discographique, Catch Bull At Four (septembre 1972) n'engendre pas le même enthousiasme, en dépit d'un positionnement en tête du Billboard 200 pendant 3 semaines de suite et d'une première place au Royaume-Uni.

Septième volet, Foreigner (juillet 1973) marque un changement qui traduit bien la lassitude animant alors Cat Stevens. Il va se fourvoyer dans un morceau épique de plus de 18 minutes (Foreigner Suite), produit son album sans aucune aide. Résultat : Foreigner est très moyen.

Buddha And The Chocolate Box (1974) annonce la voie spirituelle à venir. Album décevant, il révèle le dernier hit du troubadour : Oh Very Young. Son catalogue perd alors en qualité : le live Saturnight (1974), Numbers (1975), Izitso (1977) et Back To Earth n'offrent pas beaucoup d'intérêt.

Cat-Yusuf.

Depuis 1976 et ses vacances à Malibu, où il manque de se noyer, sa quête de Dieu s'est amplifiée ; Stevens se convertit à l'Islam fin 1977 et, pendant trois décennies, tourne le dos à la vie du show-biz qu'il considère comme futile.

Cat Stevens devient alors Yusuf Islam. Il revient à la musique dès les 90's et, grâce à l'agent qu'il partage avec Leonard Cohen, il se laisse convaincre de remonter sur scène (2006), puis de refaire des disques.

L'artiste revient en studio pour signer un bon Tell 'Em I'm Gone (2014) combinant blues et spiritualité. Preuve que Cat Stevens et Yusuf Islam peuvent cohabiter. Chaque année, les ventes d'albums de Cat Stevens rapportent encore 1,5 millions de dollars que Yusuf injecte dans des actions humanitaires (RAZOR©).

 

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 3 - 1970

 

Cat stevens mona bone jakon 70

 

CAT STEVENS

MONA BONE JAKON – 1970  5/5

 

Publié en avril 1970.

Produit par Paul Samwell-Smith.

Durée:35:15.

Label:Island,A&M.

Genre:folk-rock.

 

Le Cat nouveau est arrivé.

 

Cette poubelle cabossée sur fond gris-bleu me rappelle de grandes heures de mon adolescence passées à écouter en boucle ce 3ème LP de Cat Stevens, un artiste débarqué dans les foyers français du moment par le biais de la belle ballade du nom de Lady D'Arbanville.

Mona Bone Jakon vient après les débuts fulgurants de Matthew And Son (1966), non confirmés par son suivant New Masters, ce qui a le don de plomber le moral de ce prolifique compositeur. Qui plus est, Mona Bone Jakon est publié après une absence contrainte de pratiquement deux années pour cause de tuberculose et d’irrémédiables dégâts pulmonaires.

A 21 ans, Cat Stevens revient aux premières loges avec cette nouvelle levée discographique réalisée pour le compte du label jamaïcain Island Records.

Folk, plus intime et musicalement plus sobre, partisan d’un son plus épuré, auteur de chansons simples, plus sombres, mais d’une grande sincérité, le londonien depuis converti à l’Islam sous le nom de Yusuf Islam, s’éloigne ici de ses travaux précédents.

Le style et l’ambiance sont différents, la voix a changé aussi. Le line-up qui le soutient est également a minima : Alun Davies est un excellent deuxième guitariste, John Ryan tient la basse tandis que Harvey Burns prend place derrière les fûts. Pour compléter le tout, Peter Gabriel vient faire une pige à la flûte sur le tibétain Katmandu.

Mona Bone Jakon prépare, en quelque sorte, le phénoménal Tea For Tillerman qui sortira en novembre de la même année. Cat Stevens est plutôt prolifique et inspiré ayant en magasin, de quoi alimenter également le probant Teaser And The Firecat de 1971.

Le niveau du premier maillon de cette indispensable trilogie, Mona Bone Jakon y est déjà très élevé avec l’exceptionnelle ballade citée précédemment et écrite pour Patti, son amour du moment, et qui fait 8 dans les charts UK, le sublime Maybe You’re Right, un de ses meilleurs titres, l’ironique et léger Popstar, le très bon Trouble, que l’on retrouve dans la B.O d’Harold et Maude, I Wish I Wish, I Think I See The Light, le concis Time dont le final est mémorable.

Les magnifiques Fill My Eyes et Lilywhite referment dans la splendeur un album que je classe parmi les plus belles œuvres de l’artiste avec son suivant Tea For Tillerman (RAZOR©).

 

1. Lady D'Arbanville.

2. Maybe You're Right.

3. Pop Star.

4. I Think I See the Light.

5. Trouble.

6. Mona Bone Jakon.

7. I Wish, I Wish.

8. Katmandu.

9. Time.

10. Fill My Eyes.

11. Lilywhite.

 

Cat Stevens:guitare,piano,claviers,batterie,chant.

Alun Davies:guitare,chœurs.

John Ryan:basse.

Nicky Hopkins:claviers.

Harvey Burns:batterie,percussions.

Peter Gabriel:flûte traversière sur 8.

Del Newman:arrangements orchestraux.

LP Studio 4 - 1970

 

Cat stevens tea for the tillerman 70

 

CAT STEVENS

TEA FOR THE TILLERMAN – 1970  5/5


 

Publié en novembre 1970.

Produit par Paul Samwell-Smith.

Durée:36:49.

Label:Island,A&M.

Genre:folk-rock.

 

Le 2ème pan de la trilogie incontournable.

 

Un peu de douceur dans un monde de brutes… le Cat Stevens de Tea For The Tillerman (en écoute intégrale ici), c’est du singer-songwriter en état de grâce. On pourrait épiloguer des heures sur cette œuvre délicieuse et raffinée, sortir la boite à superlatifs, tant le niveau est élevé et générateur de plaisir.

Ce second disque de Cat Stevens, sorti fin 1970, constitue un merveilleux vivier pour y puiser de bonnes chansons folk, folk-rock; c'est un best of à lui tout seul : Where Do The Children Play ?, Wild World, Sad Lisa, Father And Son...

Entre Dylan, Neil Young, America, Carole King, Graham Nash, Joni Mitchell, James Taylor, Nick Drake et Cat Stevens, l’offre folk est généreuse et de qualité en ce début d'une décennie qui va sourire à l'auteur de Lady D'Arbanville.

Tea For The Tillerman propose un album parfaitement équilibré : la voix accroche, les mélodies greffées sur la gratte sèche sont somptueuses, les arrangements de cordes et de percussions précis et bien dosés, l'ambiance est feutrée.

Derrière cette démarche soignée se profilent des morceaux d’anthologie comme Wild World, autre titre dédiée à Patti D'Arbanville mais pour marquer la rupture du couple cette fois, le mélancolique Sad Lisa (piano, violon, chant), Father and Son traduisant l’incompréhension entre un père obtus et un fils aux rêves de liberté, ainsi que des chansons d’une grande beauté, telles que le message écolo Where Do The Children Play, Hard-Headed Woman (une ballade triste et virulente), Into White, On The Road To Find Out, Tea For Tillerman, Miles From Nowhere…

Tea For The Tillerman, son prédécesseur Mona Bone Jakon et son suivant Teaser And The Fire Cat constituent la trilogie incontournable de l'artiste avec son premier LP. En dehors de ça... (RAZOR©).

 

1. Where Do The Children Play ?

2. Hard Headed Woman.

3. Wild World.

4.Sad Lisa.

5. Miles From Nowhere.

6. But I Might Die Tonight.

7. Longer Boats.

8. Into White.

9. On The Road To Find Out.

10. Father And Son.

11. Tea For The Tillerman.

 

Cat Stevens:guitare classique,guitare acoustique,claviers,chant.

Alun Davies:guitare acoustique,choeurs.

Harvey Burns:batterie,congas,tambourin.

John Ryan:double basse.

Del Newman:arrangements de cordes.

Jack Rothstein:violon.

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