Chad & Jeremy.

BIOGRAPHIE.

 

CHAD & JEREMY/ANGLETERRE

 

Chad jeremy

 

Actif entre 1960 et 1968, entre 1983 et 1997, de 2003 à 2015.

Genres:folk, soft rock, pop, pop-rock.

Labels:Ember (U.K),Word Artists,Columbia,Sidewalk,Rockshire (U.S.A)

Site officiel: www.chadandjeremy.net

Chad & Jeremy, acteur de la British Invasion.

Les Beatles, en étant les premiers à titiller les américains lors de leur tournée de févier 1964, ouvrent la brèche dans laquelle s’engage la fameuse British Invasion, terme inventé par la chaîne CBS pour traduire l’hystérie qui accompagne l’arrivée des Fab Four à l’aéroport JFK.  Cet élément déclencheur voit une flopée d’artistes et de groupes britanniques aller défier la culture musicale ambiante chez l’Oncle Sam, c'est-à-dire celle du milieu des années 60. De par leur vision et leur son, ces derniers ont contribué à changer pour toujours la culture populaire.

Dans le sillage de Beatles qui, fait exceptionnel pour des britanniques, trustent pour la première fois et en tir groupé, les meilleurs rangs des charts américains avec I Want To Hold Your Hand, She Loves You et Can’t Buy My Love (printemps 1964), une déferlante venue du Royaume-Uni s’abat sur le rock yankee alors moribond et déjà has-been.

Entre 1964 et 1966, 28 des chansons pointant en tête des hit-parades U.S viennent d’Europe: Beatles, Rolling Stones, Herman’s Hermits, Petula Clark, les Animals, les Troggs, Dave Clark Five et Donovan. Certains, ils constituent l’essentiel de ce mouvement invasif, ont flirté avec le haut du podium. Les Kinks, les Zombies, les Hollies de Graham Nash. Et puis il y a ceux dont on parle moins, mais qui ont autant contribué que les leaders à alimenter un marché ricain hystériquement vorace à l’endroit des artistes d’outre-Atlantique et que l’avènement des Monkees ramène à la raison.

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11 hits U.S. entre 1964 et 1966.

Parmi eux, Chad & Jeremy, un duo folk/folk-rock a pris sa part dans cette insurrection partie d’Angleterre en plaçant 11 titres dans les classements U.S entre 1964 et 1966. Yesterday’s Gone ouvre le bal en 1964, en s’installant au 21ème rang, mais c’est son suivant A Summer Song qui retient le plus l’attention du public américain en faisant N°7 quand, dans le même temps, il occupe une brillante 6ème place au Royaume-Uni.

La même année, Willow Weep For Me connait le même sort (15). Au cours des deux années suivantes, pas moins de 8 chansons reproduisent cette bonne habitude.

Chad & Jeremy, entendez par là Chad Stuart et Jeremy Clyde, c’est alors le genre de mecs dont toutes les mères rêvent pour leur fille. Propres sur eux, tronches de premiers de la classe, sapés Mylord qui, pour marquer leur territoire étasunien, pratiquent une folk-pop subtile, raffinée, luxuriante même et gentillette devant lequel les minettes en chaleur se pâment et qui trouve un écho favorable auprès des presses ados du moment.

Toujours actif en 2015.

Le duo est alors vendu auprès des jeunes amerloques comme un binôme sans problèmes, intelligent, au charme anglais irrésistible. Dans cette optique promotionnelle, Chad est vendu comme rangé des voitures tandis que Jeremy est le play-boy de service. Qu’importe, sa pop sophistiquée et acoustique se démarque alors de la concurrence pop-beat nationale des Searchers, des Gerry And The Pacemakers, des Freddie & The Dreamers.

C’est certainement ce qui a fait la longévité de Chad & Jeremy, toujours actifs aujourd’hui et impliqués en 2015 dans le Bristih Invasion 50th Anniversary Tour mis sur pied par Peter Asher (Peter & Gordon) avec Denny Laine (Moody Blues), Billy J. Kramer, le protégé de Brian Epstein (Beatles), Mike Pender (Searchers) et Terry Sylvester (Hollies).  Stuart et Clyde se sont rencontrés à la Central School Of Speech and Drama, qui a vu passer notamment Laurence Olivier, et se lient rapidement d’amitié.

L’un comme l’autre aspire à être acteurs mais, après que le premier, un fan des Shadows dont il joue Apache les yeux fermés, ait enseigné quelques rudiments de guitare au second, les deux compères, en 1963, forment d’abord un groupe, les Jerks, mis à l’arrêt contraint et forcé après que Clyde ait rejoint le Dundy Repertory Theatre, dans le nord de l’Ecosse.

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« Quand vous pensez à tous les groupes qui se sont désagrégés, nous avons eu plus de rentrées que Barbra Streisand. Si nous étions restés toutes ces années ensemble, nous ne nous parlerions plus aujourd’hui. » (Chad Stuart)

Les débuts chez Tina’s.

Un an plus tard, après que ce dernier soit devenu un intermittent du spectacle pour raison de chômage et que Stuart ait lâché ses études pour bosser comme pianiste, puis se consacrer à l’arrangement pour un éditeur musical et à l’écriture de chansons avec Russell Franks,  ils se constituent en duo et se lancent sur le circuit coffeehouses londoniens, où ils se font vite remarquer.

Chez Tina’s notamment où ils commencent, pour 15 livres par semaine et le repas gratuit, à chanter des chansons. N’importe lesquelles, tant qu’ils les aiment et que leur audience les apprécie. Chad, celui qui chausse alors des lunettes, se charge des plus hautes harmonies tandis que Jeremy chante la mélodie. De cette époque, leur deuxième album, Chad & Jeremy Sings For You (1965) restitue deux titres qui témoignent du romantisme de leur répertoire d’alors : le folklorique israélien Donna, Donna et Four Strong Winds.

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Chad Stuart.

Yesterday’s Gone, premier single.

Mi-1963, Chad & Jeremy tape dans l’œil du modeste label indépendant anglais, Ember Records, que vient de rejoindre John Barry, compositeur des musiques de James Bond. Il y signe son premier single, Yesterday’s Gone, lequel fait son entrée dans le Top 40 britannique (37) à l’automne 1963. Chad est alors âgé de 20 ans, Jeremy de 19. Il s’y installe sept semaines et précède Like I Love You Today (début 1964) qui ne connaît pas la même réussite. Malgré ces bons débuts, Ember ne peut rivaliser avec les gros labels nationaux comme Decca, Pye, Philips, EMI. Barry se voit contraint de racheter son contrat et de céder ses poulains à Shel Talmy, producteur américain alors en poste à Londres.

Les portes des States s’ouvrent à eux par la voie de World Artists Records, l’étiquette de Lou Guarino, venu superviser en personne le duo dans le coffee house  pour les signer et acquérir les droits pour le nord de l’Amérique.

Dans la foulée, Yesterday’s Gone est publié sur le sol américain et entre au 21ème rang des charts. Un mois après, fin juillet 1964, tombe l’album, le premier, qui reprend le nom du single à succès : Yesterday’s Gone alimenté par des airs classiques que le duo a toujours voulu enregistrer. Puis un second single U.S., A Summer Song en août de la même année. Il fait encore mieux que son prédécesseur : 7ème du Billboard 100.

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Jeremy Clyde.

A eux l’Amérique.

TV en prime, radios, interviews, séances photos, les U.S.A déroulent le tapis rouge à ce duo dont l’album marche bien également puisqu’il se classe au rang 22 du classement des LP. Willow Weep For Me est le troisième single à faire top 20 (15) en un an. Chad et Jeremy sont alors délocalisés vers la Californie où, sur les conseils de John Hartman de la William Morris Agency, signe avec le rusé Allen Klein, derrière d’autres acteurs de la British Invasion du moment, lequel négocie le rachat de leur contrat avec World Artists pour Columbia. Au terme d’une  négociation malhonnête, le duo se fait spolier. 

L’année suivante, en 1965, World Artists, avant que le contrat avec Columbia ne prenne effet, met à disposition un studio new yorkais pour que le duo enregistre son deuxième LP. C’est le Chad & Jeremy Sings For You évoqué par ailleurs. Jimmy Haskel le produit. Cette année 65 est marquée par la sortie de 7 singles dont 5 occupent les charts américains, notamment If I Loved You (23) et Before And After (17), respectivement édités en janvier et en avril. Ce dernier titre donne son nom au troisième album du duo, produit par Lor Crane, et qui traduit les débuts officiels pour Columbia.

Le temps des interrogations.

La même année, au printemps, Chad Stuart contracte une mononucléose qui le contraint à lever le pied. Pour permettre à son partenaire de récupérer, Jeremy Clyde accepte un rôle dans une comédie musicale, Passion Flower Hotel, composée par John Barry (avec Jane Birkin notamment), rôle qui l’oblige à s’éloigner neuf mois de Chad. Parallèlement, un nouvel album est rapidement enregistré en avril/mai pour meubler l’attente de la guérison de Stuart : I Don’t Want To Lose You Baby, apparu dans les bacs en novembre 1965.

I Have Dreamed (91) et la chanson titre (35) sont les points forts d’un album décevant, moins vendeur et qui amène le duo à s’interroger sur la suite artistique à donner à son parcours. Pendant que Jeremy est à Londres jusqu’en février 1966, il en profite pour travailler, avec Barry, sur un single extrait de la comédie musicale à laquelle il prend part (I Love My Love) ; Chad, en convalescence aux Etats-Unis choisit cette trêve  pour enregistrer un disque avec sa femme Jill.

Ces démarches individuelles sont vues comme une séparation. Dans des interviews respectives, en Angleterre comme aux States, le binôme rassure ses fans, mais le ver est dans le fruit. Des tensions sont latentes entre un artiste qui veut pousser plus loin dans la musique et aux Etats-Unis et un acteur qui freine des quatre fers pour cette option.

Dans l’esprit de l’époque.

Dans cette optique d’apaisement, Stuart et Clyde mettent les choses à plat et y vont d’un cinquième LP, en 1966, le très beau Distant Shores. Le duo, sous le charme du Sgt Peppers des Beatles, s’aventure alors dans une pop légèrement colorée de psych, plus ambitieuse, qui prépare au sublime pop-folk baroque psychédélique qu’est son suivant Of Cabbages & Kings (1967). Le duo BCBG s’encanaille et se met, comme tous les autres à taper dans la boite à sucrettes qui font rire. De quoi se cramer définitivement auprès des mamans et ouvrir son travail à une clientèle in. La critique apprécie, le public moins.

The Ark, qui suit en 1968, se situe dans une veine psychédélique proche de son prédécesseur. Ambitieux, parfois même prétentieux, il ne règle pas les problèmes en interne ; Chad & Jeremy n’y résiste pas, il splitte dans la foulée de l’album, après avoir encore assuré la musique du film Three In The Attic (1968).

50 ans ensemble, qui dit mieux ?

Chad s’est alors consacré à la comédie musicale et à la radio tandis que Clyde s’est tourné vers la télévision, le cinéma et le théâtre. Le duo s’est réuni ponctuellement en 1983 à l’occasion d’un projet de commémoration de la naissance de la Bristish Invasion, une seconde en 2003, toujours dans le même cadre.

Les années 2000 voient les supports numériques réactiver le catalogue de Chad & Jeremy, ce qui resserre des liens distendus entre les deux hommes et relance l’idée d’une reformation. C’est le cas depuis 2003. Le duo se reconstitue le temps de quelques mois et repart sur la route.

En 2008 sort Ark-Eology, destiné à commémorer le 40ème anniversaire de leur dernier album, qui reprend The Ark et Of Cabbages And Kings. Deux ans plus tard, c’est au tour de Fifty Years On de relancer le catalogue à l’occasion de leur 50 ans ensemble. Leur partenariat dure depuis, Chad & Jeremy étant un des acteurs actifs de la tournée du 50ème anniversaire de la British Invasion (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 7 - 1968

 

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CHAD & JEREMY

THE ARK – 1968  4/5

 

Publié en août 1968.

Produit par Gary Usher.

Durée:40:29.

Label:Columbia.

Genre:pop-rock,pop baroque,sunshine pop,pop psychédélique.

 

Album tentaculaire.

 

Pour ceux qui ne connaissent pas Chad & Jeremy, faisons simple. Chad, c’est Stuart et Jeremy, c’est Clyde. Propres sur eux, bien mis, polis, BCBG, ils sont les ados parfaits que les parents rêveraient d’avoir pour leur fifille. Plus populaire aux States que dans son Old Albion natale pour faire partie du lot brillant des britanniques ayant investi la scène ricaine lors de la british invasion, le duo se fait remarquer par son pop-rock soft (Yesterday Gone, A Summer Song) et ses douces harmonies vocales. Distant Shores de 1966 est là pour le rappeler.

Et puis un jour, alors qu’il trace sa route tranquillement auprès des ados et de leurs mamans, le Sergent Pepper’s des Beatles installe une nouvelle norme qui modifie le paysage sonore de la planète rock. Sous le choc de cet album, le tandem se met à taper dans la boite à pharmacie, au grand dam de ses fans. C’est dans cette direction que se fera leur avenir professionnel. Of Cabbages & Kings (1967), une pièce-concept en 5 mouvements  marque le passage dans le pop-folk baroque psychédélique ; c’est à tomber sur le cul.

Les comparaisons avec leur source d’inspiration ou avec les Zombies d’Odessey & Oracle vont bon train, d’autant plus que, dans la foulée, The Ark (1968) enfonce le clou en la matière. Deux incursions dans le psyché  et voilà nos teenagers bubblegum solidement installés dans l’acid folk. Sur l’instant, ce changement de cap artistique ne fait pas deux lignes dans la presse, pas plus qu’il n’influe sur les ventes. Seules les mamans anglaises, comme des merlans frits, écarquillent les yeux de surprise. Las, elles s’en détournent, comme de nombreux fans d’alors qui ne comprennent rien au film. Of Cabbages & Kings fait un flop terrible et son suivant, The Ark (en écoute intégrale ici), ne s’en sort pas mieux. Chad et Jeremy tombent dans l’indifférence totale. C’est le moment choisi par les deux complices pour arrêter les frais.

Et c’est regrettable d’en finir de la sorte, d’autant plus que ce binôme discographique est certainement la chose la plus musicalement aboutie et la plus ambitieuse inscrite à son catalogue. Les critiques ont, depuis, revu leur copie et retiennent plus facilement cette phase finale que le parcours nunuche d’avant. Difficile de leur donner tort.

The Ark se situe dans les mêmes strates psychédéliques et expérimentales que son devancier. Album tentaculaire, le plus surprenant de Chad & Jeremy, The Ark, produit par Gary Usher, entérine les promesses entretenues précédemment en termes de psych ; elles ne sont cependant pas toujours bien concrétisées. Trop d’ambition peut parfois tuer l’ambition. Celle ici affichée tourne occasionnellement à la complexité voire à la prétention, d’où certaines petites incohérences perceptibles et un statut de disque déconcertant. N’est pas lysergique qui veut. Peut-être Chad & Jeremy n’étaient-ils tout simplement pas faits pour une musique qui demande de se mettre l’esprit à l’envers, moyennant pharmacopée, façon Wilson ou Lennon.

Même si ce disque au titre référant à la Bible n’est pas le plus homogène, il n’en est pas moins un travail attirant et intéressant. Ses défauts font son intérêt et son charme. Ils ont eu au moins le mérite de s’y atteler, avec leurs moyens, avec leurs compétences et s’en sortent mieux que d’autres à fond dedans. Je les préfère dans ce registre que dans leur costume de musiciens pour fils à papas.

Le son oscille entre psychédélisme baroque et sunshine pop. De ce répertoire richement orchestré émergent la chanson-titre, Painted Dayglo Smile, The Emancipation Of Mr. X, The Raven, Pipe Dream, le californien Sunstroke, Paxton Quigley’s Had The Course. Belle entreprise de pop-psych, on ne l’oubliera pas au moment du décompte (RAZOR©).

 

1. The Emancipation Of Mr. X.             

2. Sunstroke.            

3. The Ark.               

4. The Raven.           

5. Imagination.          

6. Painted Dayglo Smile.             

7. Pipe Dream.          

8. Transatlantic Trauma 1966.             

9. Sidewalk Requiem, Los Angeles, June 5th And 6th.              

10. Pantheistic Study For Guitar And Large Bird.            

11. Paxton Quigley's Had The Course.          

12. You Need Feet.

 

Teressa Adams:cello.

Jeremy Clyde:guitare,chant.

Victor Feldman:percussions.

Bill Fritz:bois,anche.

Jim Gordon:batterie.

Jim Horn:bois,anche.

Stephens la Fever:basse.

Lincoln Mayorga:claviers.

Michel Rubini:claviers.

Chad Stuart:guitare,chant.

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