Don McLean.

BIOGRAPHIE.

 

DON MCLEAN/New York (USA)

 

Don mclean intro

 

Actif depuis 1969.

Labels:United Artists,EMI.

Genre:folk,rock,folk-rock.

Site officiel:don-mclean.com


 

Le jour où la musique est morte.

Le 3 février 1959, Buddy Holly, Ritchie Valens et The Big Bopper disparaissent dans le crash de l'avion qui les mène de Clear Lake (Iowa) où il se produisent pour une dernière fois, à Fargo (Dakota du Nord).

Roger Peterson, pilote peu expérimenté, décolle alors qu'une tempête de neige se lève ; l'appareil, un Beechcraft Bonanza loué en dernière minute pour pallier la défaillance du bus de la tournée, s'écrase peu de temps après le décollage. Tous les passagers sont morts sur le coup.

Buddy Holly a alors 22 ans et est une figure légendaire du rock 'n' roll avec, à son crédit, plusieurs dizaines de millions de disques déjà vendus. Ritchie Valens (La Bamba) a 17 ans et The Big Bopper, 28. Déclinant le siège que ce dernier est prêt à lui céder, Waylon Jennings échappe à une mort irrémédiable.

Ce fait dramatique tombe à un moment où le rock 'n' roll, à la suite de scandales ayant émaillé son image, traverse une sérieuse crise de popularité et où le jeune Buddy Holly fait déjà figure de has been. Le rock 'n' roll ne sera plus jamais pareil.

Don mclean jeuneDon en famille.

Don mclean 1La fin du rêve américain ?

Don mclean 67Un songwriter talentueux et...

Don mclean 2...une attraction du début des 70's.

Don mclean pete seegerLe soutien de Pete Seeger.

Don mclean american pie singleAmerican Pie (1971) : le jackpot.

Don mclean nowUn nouveau LP est annoncé pour 2018.

American Pie : la contre-culture en mode pop.

13 ans après cet événement, l'auteur-compositeur-interprète Don McLean écrit une chanson référant, sans les citer nommément, à ces disparus et désignant ce 3 février 1959 comme le jour où la musique est morte. Il met également un tacle appuyé au rêve américain, les idéaux des 60's s'effaçant au profit du cynisme de la décennie suivante.

American Pie, que reprendra plus tard Madonna, est enregistré en mai 71 et publié la même année. Il passe pour la première fois sur les ondes le 26 juin, la veille de la fermeture du Fillmore East new yorkais, auquel il est supposé rendre également hommage.

Avec ce titre épique de près de 8 minutes 30, Don McLean s'installe quatre semaines en tête des charts US (du 15 janvier au 5 février 1972) et au 2ème rang au Royaume-Uni.

Tout en sous-entendus, cette chanson racontant l'histoire du rock 'n' roll est aujourd'hui entrée dans le patrimoine culturel américain. Malgré le décorticage en règle des paroles par les spécialistes, le mystère sur l'identité des personnages ou les faits auxquels il est ici fait allusion, n'a jamais été clarifié, et encore moins révélé, par son auteur.

Le soutien des Weavers.

Né en octobre 1945 dans la banlieue de New York, Don McLean baigne très tôt dans la musique puisqu'il est encore enfant qu'il écoute déjà les disques paternels et passe son temps suspendu à la radio familiale. Ses influences initiales ont pour nom Frank Sinatra, les Weavers et Buddy Holly. American Pie n'est donc pas un hasard.

Atteint d'une maladie respiratoire, sa scolarité est perturbé par de longues absences, mais il pousse malgré tout ses études jusqu'à l'Université (Villanova), satisfaisant ainsi aux exigences paternelles. Manquer les cours de musique notamment devient alors un véritable crève-coeur pour lui, qui a l'infortune de perdre son père à cette époque.

Dès l'âge de 16 ans, après la disparition de son père, il s'achète une première guitare et se voit offrir par sa sœur des cours d'opéra. Il noue alors ses premiers contacts avec le milieu du folk et se rapproche notamment d'Erik Darling et de Fred Hellerman, tous deux membres des Weavers.

L'écurie d'Harold Leventhal, Greenwich Village, Newport, Pete Seeger...

Puis il entame son apprentissage auprès d'Harold Leventhal, le légendaire promoteur de la musique folk dont l'écurie est une constellation de stars : Joan Baez, Bob Dylan, Neil Young, Woody et Arlo Guthrie, Johnny Cash, Judy Collins, les Mamas & Papas, Tom Paxton, Phil Ochs, Odetta, Peter Paul & Mary, Earl Scruggs et les Weavers.

On le voit alors régulièrement sur les scènes de Manhattan, le Bitter End et le Gaslight, de Washington (The Cellar Door), de Philadelphie, de Los Angeles (Le Troubadour et l'Ash Grove) ainsi que dans les grands festivals comme Newport. Il partage alors les affiches avec les plus grands du genre et du moment comme Brownie McGhee et Sonny Terry, Melanie, Arlo Guthrie, Janis Ian, Steppenwolf ou Pete Seeger.

Au contact de ce dernier, Mclean va, entre la fin des années 60 et le milieu des 70's, apprendre à gérer le statut de vedette qui lui tend les bras dès 1969 et la publication de son premier LP solo, Tapestry (Mediarts), double succès critique et commercial avec son lot de chansons déjà très convaincant : Respectable, Three Flights Up, Magdalene Lane, Castles In The Air, No Reason For Your Dreams, Bad Girl, General Store et le classique And I Love You So, largement repris depuis (Elvis Presley, Harry Connick Jr, Shirley Bassey, Emmylou Harris, Johnny Mathis...).

Attraction majeure du début des 70's.

Le succès tombe en 1971 avec American Pie, chanson doublement inspirée par les événements tragiques du 3 février 1959, le jour où la musique, le rock plus particulièrement, est morte et par l'album mythique des Beatles, Sg Pepper's.

Ce titre aux paroles vainement décortiquées au fil des décennies pour en trouver le sens réel tombe à pic pour son auteur, alors dans une phase de doute ; il a le soutien des radios. N°1 aux Etats-Unis, il fait alors basculer Don Mc Lean dans un autre monde : celui des stars internationales.

Renforcé par le succès de son second single Vincent (N°12 – USA), à propos de Van Gogh, et par la réussite dans les bacs de l'album American Pie (7 semaines en tête du Billboard et 53 semaines de rang au Royaume-Uni en 1972), Don McLean devient une attraction majeure du moment. Au Royal Albert Hall de Londres, il signe (le 12 juin) un des concerts les plus mémorables de l'année 1972.

Sa discographie initiale est incontournable.

Le succès aidant, l'album Tapestry est réédité (février 1972) tandis que l'artiste signe un troisième LP, éponyme, très personnel.

Assez sombre, ce disque tombe dans les bacs en novembre 1972. Via The Pride Parade, il fait la démonstration, si besoin est, que Don McLean ne se laisse pas griser par la popularité et que sa vision du monde est toujours aussi pertinente.

Quatrième levée discographique, Playin' Favorites (octobre 1973/United Artists), plus optimiste que son devancier, s'appuie non plus sur des originaux, mais sur une collection de chansons reprises à d'autres comme Buddy Holly ou Hank Williams, ainsi qu'au folklore traditionnel.

Orienté folk et bluegrass, il séduit avec ses airs accrocheurs comme Mountains O' Mourne, All The Days, Living With The Blues, Ancient Story ou Sitting On The Top Of The World.

Bien que différent des trois LP auxquels il succède, cet excellent album couronne une année 73 encore très bénéfique pour sa notoriété mais, par artiste interposé, puisque Perry Como fait de son And I Love You So Long un N° 5 en Angleterre et un top 30 au Billboard.

L'ambitieux Homeless Brother (1974) fait encore partie de la discographie huppée de l'artiste, celle qui réunit ses 5 premiers LP. Il concentre une palanquée de titres parmi les meilleurs de Don McLean, tels que Winter Has Me In Its Grips, que la chanson-titre (avec son maître à penser Pete Seeger), que Wonderful Baby écrite en hommage à Fred Astaire, Tangled (Like A Spider In Her Hair), le gospel Crying In The Chapel (de Darrel Glenn), dont Elvis Presley fit une adaptation en 1960.

Don mclean portrait

« Le monde musical a changé. Nous sommes dans un monde vidéo aujourd'hui. Tout est différent. Je regarde ces vidéos, j'aime beaucoup les regarder, mais ce n'est pas mon monde. C'est celui des jeunes d'aujourd'hui ; ils ont ce qui leur correspond, ce que la technologie et la société leur ont légués. Demain, on passera à autre chose. Pourquoi pas des hologrammes ou toutes sortes de choses ? Vous irez à un concert et vous aurez en face de vous un hologramme de l'artiste ou du groupe. » (Don McLean)

Un double live, enregistré pendant la tournée anglaise d'octobre 1973 (Manchester, Bristol, Londres, Oxford) vient alors s'intercaler dans le catalogue studio. Sorti en octobre 1976, ce très bon disque est le dernier à atteindre un niveau acceptable jusqu'à la fin des années 70.

Virage vers la country.

C'est dire si Prime Time (1977) qui marque le passage de McLean de United Artists à Arista et son suivant, Chain Lightning (décembre 1978) sont de grosses déceptions, malgré le succès de Crying ( N°1 - UK en juin 80 et N°5 – USA en 1981).

Durant les années 80, l'américain connaît encore de belles heures de gloire avec le réenregistrement de Castles In The Air, les sorties de Since I Don't Have You et de It's Just The Sun, mais amorce un virage plus country que folk.

Malgré des albums qui ne sont plus de grosses réussites commerciales, Don McLean continue, au cours des décennies suivantes, à attirer les foules. Au Royaume-Uni, il signe, en 2015, sa vingtième tournée britannique.

Nouveauté en 2018 ?

A 72 ans, il n'est pas encore disposé à passer la main. Il annonce, 8 ans après son dernier opus (Addicted To Black/2009), un nouvel album studio pour 2018 et une tournée supplémentaire pour le promouvoir. On n'a donc pas fini d'entendre parler de lui et d'American Pie, désigné depuis mars 2017 comme trésor national par la Bibliothèque du Congrès et digne de figurer dans le patrimoine américain (RAZOR©).


 

DISCOGRAPHIE SOLO 70'S.

LP Studio 2 - 1971

 

Don mclean american pie lp

 

DON MCLEAN

AMERICAN PIE – 1971  5/5


 

Publié en 1971.

Produit par Ed Freeman.

Durée:35:36.

Label:United Artists Records.

Genre:folk-rock.

 

Mémorable.

 

Bye, bye Miss American Pie
Drove my Chevy to the levee but the levee was dry
Them good ole boys were drinking whiskey in Rye
Singin' this'll be the day that I die
This'll be the day that I die...”

Mille putois puants, quel refrain ! Mémorable chorus d’une chanson hommage devenue hymne tentaculaire dans le sillage immédiat de sa publication, que n’ai-je pas souvent éraillé mes cordes vocales, en 72, à déclamer à tue-tête ces quelques lignes, avec les potes, dans la cour du bahut.

Dédicacé, par l’adolescent Don McLean à Buddy Holly, qui, avec Ritchie Valens et The Big Hopper, trouvent la mort dans un accident d’avion le 3 février 1959, l’autobiographique American Pie ouvre l’album du même nom, publié la même année. Une tuerie !

L’accrocheur American Pie, épopée folk-rock de 8 minutes et des, enregistré en mai 71, c’est le patrimoine musical amerloque. Comme McLean, compositeur et chanteur US de folk-pop et de country, on ne touche pas. Aux States, c’est ultra-populaire, c’est dans les gènes, donc c’est sacré.

En maintenant le silence et en entretenant le suspense autour de son air le plus célèbre, McLean préserve son statut vénérable. On n’en saura donc jamais plus sur cette chanson qui a popularisée cette fameuse expression : The Day The Music Died, le jour où la musique est morte, en référence à cet événement tragique. Et c’est mieux ainsi.

Deuxième LP du protégé de Pete Seeger venant après un convaincant Tapestry (70), pourtant mal récompensé en termes de retombées commerciales, American Pie a du répondant.

C’est un classique, doté de superbes pistes, marqué par une belle cohérence et qui engendre beaucoup de plaisir à l’écouter.

Si American Pie, la chanson, est l’élément tracteur du disque, j’ai personnellement un gros faible pour Vincent, autre titre star de McLean. Cette plage au titre alternatif de Starry Starry Night, écrite en hommage à Van Gogh, me hérisse le poil à chaque passage.

Succès international plus marqué qu’American Pie, ce numéro 1 au Royaume-Uni et 12 chez l’Oncle Sam, est avant tout une œuvre délicate, d’une profondeur émotionnelle exceptionnelle, il n’est qu’à l’entendre interprétée dans le Château de Stormont (Belfast), par l’irlandais Brian Kennedy aux funérailles de l’enfant terrible du foot british George Best (3/11/2005). A soulever les tripes.

La chanson, arrangée par le producteur Ed Freeman (aujourd’hui photographe), réfère au tableau « La nuit étoilée » du néerlandais, à sa santé mentale troublée, à son suicide et témoigne d’une admiration sans borne de McLean pour le peintre, d’une part, mais pour l’homme surtout. Portée par le chant pur de McLean, elle est une pure merveille, une des trois plus grandes chansons de mon top perso.

Et dire que derrière ces nanans se profilent des surprises délicieusement folk-rock comme Till Tomorrow, le up-tempo Everybody Loves Me Baby, les introspectifs Crossroads et Empty Chairs, poignant, ce dernier ayant inspiré Killing Me Softly With His Song (repris par Roberta Flack en 73), le contestataire The Grave, Sister Fatima, Winterwood, chanson d’amour simple, ou Babylon. En un mot : inoubliable (RAZOR©).


1. American Pie.

2. Till Tomorrow.

3. Vincent.

4. Crossroads.

5. Winterwood.

6. Empty Chairs.

7. Everybody Loves Me, Baby.

8. Sister Fatima.

9. The Grave.

10. Babylon.

 

Don McLean:chant,guitare,banjo.

Warren Bernhardt:piano sur 4.

Ray Colcord:piano électrique.

Tom Flye:batterie sur 9.

Ed Freeman:arrangement cordes,producteur.

Paul Griffin:piano sur 1.

Mike Mainieri:marimba,vibraphone.

Roy Markowitz:batterie,percussions.

Gene Orloff:concert master.

Bob Rothstein:basse,chant.

David Spinozza:guitare électrique sur 1.

West Forty Fourth Street Rhythm and Noise Choir:choeurs.

1 vote. Moyenne 5.00 sur 5.