Eric Andersen.

BIOGRAPHIE.

 

ERIC ANDERSEN/Pittsburgh (Pennsylvanie)

 

Eric andersen 4

 

Né le 14 février 1943 à Pittsburgh (Pennsylvanie).

Actif depuis 1963.

Label:Vanguard,DBK Works,Columbia,Arista,Appleseed,Meyer.

Genre:folk,folk-rock,blues.

Site officiel:www.ericandersen.com

 

Le plus élégant des chanteurs.

Fin avril 2013, quand Sony publie le cinquième volet de la collection des  Essentiels de Pete Seeger (The Essential/Sony), les notes de pochette (liner notes) sont confiées à Eric Andersen, lequel connaît son Seeger sur le bout des doigts pour avoir, bien que plus jeune que la légende folk et activiste américaine, partagé une grande partie de la scène de Greenwich Village des 60's et quelques titres de son catalogue avec son illustre aîné.

Considéré comme le plus élégant des chanteurs par Rolling Stone Magazine, vu par Bob Dylan comme un grand chansonnier de ballades, doublé d'un grand écrivain, qualifié d'auteur-compositeur et interprète de premier rang par le New York Times, Eric Andersen est sur le pont depuis plus de 50 ans. La considération de ses pairs de la profession vaut à son répertoire d'avoir été enregistré par d'illustres stars du milieu musical américain comme le Blues Project, Peter Paul & Mary, Ricky Nelson, Rick Danko, Le Kingston Trio, Judy Collins, Grateful Dead, Bob Dylan, Johnny Cash, Linda Ronstadt, anglais comme le Fairport Convention, Sandy Denny et Linda Thompson, français comme Françoise Hardy.

Petit-fils d'émigré norvégien et fils d'un métallo dans la chimie, Eric Andersen naît le jour de la Saint Valentin 1943 à Pittsburgh (Pennsylvanie), une scène rock de très bonne réputation internationale qui influera sur l'artiste et sur son parcours. Il passe toutefois sa jeunesse dans la périphérie de Buffalo (Etat de New York) où il apprend la guitare et le piano. Adolescent, il tombe alors sous le charme des idoles de l'époque, les Buddy Holly ou autres Everly Brothers.

Les premiers pas.

C'est cependant avec Elvis Presley qu'il se sent le plus d'affinités ; Andersen suit avec émerveillement sa prestation à l'auditorium de Buffalo avec ses parents très ouverts aux choses de l'art musical comme pictural. Cet épanouissement familial favorise l'éclosion, plus tôt que prévue, d'Andersen. Il fonde très tôt un groupe folklorique reprenant des balades folk traditionnelles et des airs popularisés par les vedettes du moment, Woody Guthrie et Pete Seeger, puis s'implique un peu plus dans des petites formations locales. Tout cela en s'engageant parallèlement dans des petits boulots pour survivre.

A la même période, il s'entiche de la littérature alors en vogue, celle des poètes comme Rimbaud et Baudelaire ainsi que celle des écrivains de la Geat Generation via Jack Kerouac et Allen Ginsberg. La littérature fait naître en lui la matière qui va alimenter ses premiers écrits, mais c'est à San Francisco qu'il a rejoint en stop pour tenter sa chance, que sa carrière va se dessiner. Seul.

Eric andersen dylan

« Eric Andersen est un grand interprète de ballades et un tout aussi grand songwriter » (Bob Dylan)

Un pilier de Greenwich.

En partant en 1963 sur les traces des poètes de la Beat Generation, Andersen rencontre Tom Paxton qui, ayant eu vent de ses chansons, l'exhorte à le suivre sur la scène folk revival qui monte : celle de Greenwich Village. Il y est présenté au cercle huppé du songwriting de la place, celui des Dave Van Ronk, Phil Ochs, Fred Neil, Bob Dylan ou encore Ramblin' Jack Elliott. Tom Paxton va même jusqu'à lui céder son appartement quand lui et son épouse partent vivre quelque temps en Angleterre.

Son premier concert new yorkais est effectué en ouverture de John Lee Hooker au Gerde's Folk. Nous sommes en 1964 et Andersen passe déjà dans le milieu pour un brillant auteur-compositeur et interprète. On le retrouve alors régulièrement à gratter et chanter dans les hootenannies de Manhattan, auprès des cadors de l'endroit.

Eric andersen 1

Eric andersen 2

Vanguard se l'approprie.

Le public l'aime bien, qui s'éprend de ses premières chansons comme Violets Of Dawn, Come To My Bedside, et Thirsty Boots que Judy Collins, John Denver, le Kingston Trio et, surtout, Bob Dylan sur son album Self Portrait ont tour à tour couvert dans leur carrière. La presse aussi et notamment le critique musical du New York Times Robert Shelton lequel intercède auprès de Vanguard Records pour que le label le signe. Ce qu'il fait après une audition.

Le label n'eut jamais à s'en plaindre et, avec ce recrutement, engage un partenariat durable avec l'artiste, fort de 5 LP entre 1965 et 1969, avant qu'il ne prenne la direction de Warner Bros. Cette première partie de discographie installe Eric Andersen comme une figure majeure de Greenwich Village, du folk en général, même s'il reste malheureusement dans l'ombre de Bob Dylan.

Entre 1964 et 1969, au Gerde's, au Gaslight, au Village Gate ou au Village Vanguard, clubs où il fait sa percée, Andersen voit ainsi défiler tout ce que cette magnifique scène folk et blues compte d'experts. Sa période d'apprentissage se traduit par des participations dans les meilleurs festivals folks du moment, comme celui de Newport en 1966 et par l'intérêt que lui porte Brian Epstein, ni plus ni moins que le manager des Beatles. Sa disparition fait capoter le projet.

La succulente période 1972/73.

N'empêche, Andersen réalise une jolie carrière ponctuée de plus de 25 albums Pour les seules années 60 et 70, il en accroche une dizaine à son catalogue, tous de niveau équivalent, bons, mais aucun n'approche réellement son meilleur ouvrage, fait pour CBS en 1972 : Blue River.

Point de repère des auteurs-compositeurs-interprètes de folk-rock, ce disque réussi tant artistiquement que commercialement, révèle un Andersen à son apogée. Sans la perte des bandes enregistrées par Columbia entre décembre 72 et février 73, qui devaient alimenter l'album suivant, tout aussi convaincant, Andersen aurait vraisemblablement fait coup double.

Resurgis en 1990, ces enregistrements originaux forment l'ossature de Stages, The Lost Album, paru en 1991 et produit par Norbert Putnam. Ces sessions réunissent alors des musiciens chevronnés comme Rick Danko et Garth Hudson du Band, comme Dan Fogelberg, Leon Russell ou Joan Baez.

Silence radio jusqu'à la fin des 80's.

Ce contretemps scelle la fin de la relation avec Columbia. Anderson se tourne alors vers Arista pour la fin des années 70 (Be True To You/1975 et Sweet Surprise/1976). Sans succès. Il s'exile en Europe et disparaît alors des écrans radars américains jusqu'à ce que la réalisation de Ghosts Upon The Road, en 1989, puis l'exhumation des enregistrements de Stages, The Lost Album, en 1991, ne le replongent sous les feux de l'actualité, alors qu'il vit et poursuit sa carrière depuis la Norvège au sein d'un trio de folk-rock international avec le canadien Rick Danko et le norvégien Jonas Fjeld (2 LP). Il s'engage ensuite dans une nouvelle carrière solo qui vient d'accoucher, en 2014, d'un nouvel album, Shadow And Light Of Albert Camus (Meyer Records), inspiré, intelligent, mais complexe et réservé à une élite. En comparaison, Blue River et Greenwich Village paraissent à des années-lumière (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 8 - 1972

 

Eric andersen blue river 72

 

ERIC ANDERSEN

BLUE RIVER – 1972  3,5/5

 

Publié en février 1972.

Produit par Norbert Putnam.

Durée:46:43.

Label:Columbia.

Genre:folk-rock.

 

Le plus élégant des chanteurs pour Rolling Stone, un auteur-compositeur-interprète de premier plan pour le New York Times, magnifique chanteur de ballades et énorme songwriter pour Dylan… Dans ses lettres posthumes, le manager des Beatles Brian Epstein, qui avait l’œil sur lui, avance même que sa musique le rend heureux…

Eric Andersen doit avoir les chevilles qui enflent. Rassurez-vous, depuis son entrée dans le métier en 1963, le natif de Pittsburgh, une trentaine d’albums confondus, septuagénaire toujours sur le pont, a la tête suffisamment bien faite pour ne pas sombrer dans ce nombrilisme insupportable qui affecte trop souvent les artistes d’aujourd’hui.

Eric Andersen a été, est et sera encore une source d’inspiration pour ses pairs. Aux quatre coins de la planète, le répertoire de ce fils de métallo a servi, sert et servira encore, qui à boucler un projet, qui à relancer une carrière, qui à briller tout simplement en piochant dans un catalogue dont les initiés savent la richesse : de Judy Collins aux Dead, de Linda Thompson à Sandy Denny, de Johnny Cash à Peter Paul & Mary, du Kingston Trio au Fairport Convention, tous sont des Andersen Addicts notoires.

Plus près de nous, Françoise Hardy aimait beaucoup les travaux d’Eric, artiste folk (piano et guitare) et écrivain débarqué à Greenwich Village au cours de l’hiver 64, où il se fait une place dans le cercle artistique huppé des lieux, parmi les Van Ronk, Ochs, Dylan, Neil, Elliott et autres poètes de la Beat Generation, les Kerouac, Ginsberg...

Influencé par le Kingston Trio et les Weavers, fan de Woody Guthrie et de Pete Seeger dont il reprend les chansons pour les besoins de ses premières apparitions sur des scènes estudiantines, mais surtout exhorté, parallèlement à ses études, à embrasser la carrière musicale par des parents qui croient dur comme fer en ses qualités, Eric Andersen éclot rapidement avec son propre matériel.

Les résultats scolaires battant de l’aile, il s’engage plus fermement dans cette quête musicale qui va le mener d’abord vers Frisco et Haight-Ashbury (63), une étape importante de son cheminement spirituel. Son écriture ne laisse personne indifférent, suscite même l’intérêt de Tom Paxton de passage dans la région qui le redirige vers les coffeehouses de Manhattan et l’héberge aussi.

Le Gerde’s Folk City est son point de chute new yorkais initial, en première partie de John Lee Hooker (64). S’enchaînent alors des hootnannies sulfureuses dont il devient un régulier, avec l’aréopage de Greenwich cité ci-dessus, un contrat avec Vanguard Records, un des principaux labels indépendants jazz/blues des States, créé en 1950 par la fratrie Solomon (Maynard et Seymour) et qui s’ouvre depuis peu à la vague folk (Joan Baez, Buffy Sainte-Marie, Country Joe & The Fish, Ian & Sylvia, Mimi & Richard Farina), ainsi qu’ un LP, Today Is The Highway (1965).

Puis un deuxième ‘Bout Changes ‘N’ Things, bien meilleur (sur lequel figurent  les excellents Violets Of Dawn, I Shall Go Unbouded et le célèbre Thirsty Boots), en 1966, et qui lui vaut le droit de participer au Newport Folk Festival, enfin, un troisième en 1967 (le volume 2 du précédent).

Régulièrement, Eric Andersen nourrit son catalogue de nouvelles pièces. Trois albums bouclent la fin des sixties : un quatrième pour Vanguard, More Hits From Tin Can Alley (68), avant le passage chez Warner Brothers pour une doublette, l’éponyme Eric Andersen (68), et Avalanche (69). Vanguard s’offre enfin un dernier coup avec A Country Dream (69). Mais rien de bien probant toutefois que l’éventail folk/pop/country ne puisse vraiment retenir. Après un intermède californien, la naissance de sa fille, quelques piges télévisées dans le Johnny Cash Show, il revient à New York.

C’est Blue River publié en 1972, qui permet à un Andersen désenchanté d’émerger vraiment. Cette part du gâteau de la popularité, il va la chercher chez Columbia Records, comme d’autres folkeux avant lui (Rush, Hardin). Eux savent y faire au moins, question promotion (quand ils ne perdent pas les bandes comme c’est arrivé pour le deuxième LP prévu dans cette maison).

La présence derrière ce dernier du producteur-magicien Norbert Putnam (l’homme qui a enregistré 36 faces en une nuit !) n’est pas étrangère à ce retour fructueux, encore inscrit aujourd’hui comme son œuvre la plus aboutie (ce que je conteste). Putnam lui ouvre effectivement  les portes de l’historique Quad Studios Nashville, endroit d’enregistrement qu’il a fraîchement créé (1971) avec David Briggs, un des plus chauds du pays, là même où ont lieu les sessions d’Harvest de Neil Young.

Aux premières notes, Blue River, pour lequel une tripotée de cadors officie avec simplicité et efficacité, aux instruments majeurs (Buttrey, Bromberg, Briggs, avec l’appoint ponctuel de Joni Mitchell pour les voix) est plaqué de frappantes réminiscences de James Taylor et on se frotte les mains.

Comme Taylor, la plupart des chansons sont belles, détendues, s’égrènent doucement autour du thème de l’amour et du désir, visiblement vécues, eu égard au degré d’émotion qu’elles suscitent souvent, et contribuent à élever l’artiste au rang de vedette auprès du public. Il est venu pour ça.

Mais bon, personnellement, j’aurais aimé un lot plus convaincant de titres pour en faire le disque que d’aucuns voient comme son graal artistique, là où je constate, parfois et à regrets, une décevante prestation à la John Denver.

Il aurait fallu d’autres Sheila, Is It Really Love At All, Blue River, More Often Than Not. Il aurait fallu des Wind And Sand ou des Faithfull supplémentaires, voire même des gemmes précieuses du rang de son Violets Of Dawn de 66 pour revendiquer les cinq étoiles accordées aux travaux majeurs et mémorables.

La matière ici proposée me laisse un peu sceptique sur le niveau qu’on lui prête généralement. Pour moi, c’est propre, agréable, d’une belle qualité sonore, un peu trop moelleux à mon goût, mais pas mémorable. Je pense qu’une bonne compil du meilleur d’Andersen situerait mieux le talent indéniable de cet auteur-compositeur-chanteur doué, mais par trop inégal et sans véritable direction, ni plan de carrière.

Ce n’est toutefois pas une raison suffisante pour faire l’impasse sur le bonhomme, d’où mon 3,5/5 pour bien marquer mon soutien à ce binôme folk qui donne l’impression de tourner en rond dans le genre folk, pop, rock et country (RAZOR©).

 

1. Is It Really Love at All.

2. Pearl's Goodtime Blues.

3. Wind and Sand.

4. Faithful.

5. Blue River.

6. Florentine.

7. Sheila.

8. More Often Than Not.

9. Round the Bend.


Eric Andersen:chant,guitare acoustique,harmonica,piano,choeurs.

Andy Johnson:guitare électrique,vibraphone,choeurs.

Eddie Hinton:guitare électrique,guitare acoustique.

Grady Martin:guitare acoustique.

Weldon Myrick:steel guitare.

David Bromberg:dobro,guitare acoustique.

Kevin Kelly:accordéon.

Deborah Andersen:piano,choeurs.

Glen Spreen:orgue,clavecin,claviers.

David Briggs:orgue,celeste,claviers.

Farrell Morris:vibraphone,choeurs.

Mark Sporer,Norbert Putnam:basse.

Kenneth Buttrey:batterie,tambourin,percussions.

Jim McKevitt,Richard Schlosser:batterie.

Gerry Carrigan:percussions.

Joni Mitchell:chant,choeurs.

The Holidays,Temple Riser,The Jordanaires,Millie Kirkham:choeurs.

Laverna Moore,Sonja Montgomery,Florence Warner:choeurs.

DISCOGRAPHIE ERE MODERNE.

LP Studio - 2004

 

Eric andersen 2004

 

ERIC ANDERSEN

THE STREET WAS ALWAYS THERE – 2004  3,5/5

 

Publié le 21 septembre 2004.

Produit par Robert Aaron.

Durée:63:20.

Label:Appleseed Records.

Genre:folk,folk-rock.

 

Hommage aux années Greenwich.

 

J’ai The Street Was Always There (2004) dans ma ligne de mire depuis un certain temps déjà. Eric Andersen, c’est la scène folk new yorkaise des années 60, des ballades (Violets Of Dawn, Come To My Bedside ou Thirsty Boots) et un LP mémorables (Blue River/1972) ; Dylan l’avait à la bonne et de nombreux artistes ne se sont pas gênés pour faire leurs courses dans sa boutique : de Linda Ronstadt au Dead en passant par le Blues Project et Fairport Convention, tous étaient clients du natif de Pittsburgh (Pennsylvanie).

La pochette ne trompe d’ailleurs personne. On est bien dans Greenwich Village, un terreau qui lui est familier et sur lequel il a forgé son style et bâti sa réputation d’excellent songwriter. Pour tout dire, nous sommes même à l’angle de la Bleesker Street, célèbre pour avoir été la rue de la bohême américaine avec la MacDougal Street de Dave Van Ronk, mémorable pour y avoir abrité les cafés cultes et bars souterrains des réjouissances folkloriques et beatniks : le Bitter End, le Village Gate, le Red Fish, le Back Fence, le Café A Go Go… Certains subsistent encore.

La rue est toujours là, comme l’indique le titre de cet album et l’artiste n’a pas oublié d’où il vient, ceux qu’il a côtoyés alors, avec lesquels il devait jouer des coudes pour se faire une place sur un podium enfumé souvent improvisé ou avec lesquels il a vraisemblablement partagé les têtes d’affiche des hootnanies des lieux.

Par la force de sa plume, Andersen y fit son trou. Avec le recul, Andersen apparaît même comme un artiste qui a laissé un impact fort sur le genre, un de ses auteurs-compositeurs de premier rang de la place et du patrimoine ricain.

S’il fallait une preuve supplémentaire de son affection pour cette époque, cette scène de Greenwich et ses inoubliables acteurs, Andersen la fournit en revisitant à sa sauce le répertoire de ses confrères folkeux, les Phil Ochs, Tim Hardin, Richard Farina, Bob Dylan, Paul Siebel, Buffy Sainte-Marie, Patrick Sky, David Blue, Tom Paxton, John Sebastian, Tom Rush, Peter La Farge et… Lou Reed qui a fait ses débuts dans le coin.

The Street Was Always There est le premier des deux volumes consacrés aux figures marquantes et grands oubliés de Greenwich. Dont lui-même. La suite s’appelle Waves : Great American Song Series Vol. 2 (2005)

Si la démarche est louable et excitante pour les fans de ce créneau spatio-temporel mythique, dans les actes, Andersen s’est aussi un peu pris les pieds dans le tapis dans la réinterprétation de certains de ces classiques. En honorant le répertoire judicieusement ciblé de ses contemporains du folk, à propos duquel on ne discutera pas l’indiscutable savoir-faire, il nous ramène aux plus belles heures de cette mouvance folk souvent protestataire et militante, en plein cœur de cette sphère légendaire qui n’avait pour arme de rébellion la guitare, le chant et l’écriture.

J’avoue qu’aux premières notes, j’ai failli tout plaquer parce qu’on est loin du folk dépouillé d’alors. Si le folk amerloque renaît l’espace de ce disque, il nous revient ici dans une traduction modernisée qui privilégie le surcroît d’instruments et moi, ça ne me plaît pas toujours. Par contre, ce qui peut constituer un frein dès les premières mesures, s’estompe assez vite pour laisser le champ à un univers plaisant et qui s’écoute sans contrainte.

Mais bon, il faut le savoir, certaines versions sont par trop édulcorées et, dans le cas de la ballade, que dis-je, de l’hymne antimilitariste de Phil Ochs I Ain’t Marching Anymore, le grand renfort de cornemuses, sifflets tend à dénaturer la force du message de son auteur.

Sous l’angle abordé, ce titre semble sortir tout droit de la fanfare des Etudiants de l’Ohio University à la mi-temps d’un match de soccer. Comme ce n’est pas ce que je suis venu chercher ici, il me laisse de marbre malgré sa signification saisissante. Il en va ainsi de deux trois titres d’où mon 3,5/5 pour l’ensemble du sujet.

Le mieux est d’en faire abstraction, de se placer dans l’élan de modernité et de rafraîchissement qu’Andersen a voulu donner à son travail de mémoire et de ne pas trop rechercher la nostalgie engendrée par ces originaux qui ont balisé, et nos vies, et les parcours artistiques de tas de générations. Fions-nous à la belle voix de baryton d’Andersen, un des survivants de ces années dorées du folk U.S. Il est plutôt bon guide (RAZOR©).

 

1. Little Bit of Rain.

2. These 23 Days in September.

3. Universal Soldier.

4. Johnny Half-Breed.

5. Waves of Freedom.

6. I Ain't Marching Anymore.

7. Louise.

8. Misty Roses.

9. White Boots Marching in A Yellow Land - Wyclef Jean.

10. A Hard Rain's A-Gonna Fall - Carole Sylvan.

11. Many A Mile.

12. The Other Side of This Life.

13. The Street Was Always There.

14. Phil Ochs Speaks.

 

Eric Andersen:chant,guitare électrique.

Jean Wyclef:guitares,basse.

Robert Aaron:guitare électrique,basse,flûte,clarinette,saxophone,claviers.

Eddy Jo Martinez:guitare électrique.

Donald Guillaume,Frank Valardi,Willt Martinez,Richard Dworkin:batterie.

Ismael Bruno:congas,bongos,shaker.

Kevin Tooley:shaker.

Carole Sylvan:choeurs.

Pete Kennedy:guitare acoustique,guitare électrique,slide guitare.

Happy Traum:guitare acoustique.

Patrick Sky:cornemuse.

John Sebastian:harmonica.

Raul Agraz:trompette.

A.J. Mantas:vibraphone.

DJ Leon Higgins:scratches.

Phil Ochs:voix.

1 vote. Moyenne 5.00 sur 5.