Fapardokly.

BIOGRAPHIE.

 

FAPARDOKLY/PISMO BEACH (Californie-USA)

 

Fapardokly 1

 

Actif entre 1964 et 1967.

Label:UIP Records,Sundazed,5 Hours Back.

Genre:folk-rock,pop psychédélique.

 

A l'avant-garde du folk-rock californien.

Imaginez un seul instant que les Beatles, au lieu de s'appeler Beatles, aient pris les premières lettres de leurs patronymes et les aient mises en enfilade : LE comme Lennon, MAC comme MacCartney, HA comme Harrison et STA comme Starr. On aurait eu droit à Lemachasta.

Avouez que ça entretient le flou et que ça ne sonne pas comme un groupe de rock une telle identité. Dans cet ordre d'idées, Fankauser, Parrish, Dodd et Lee ne se sont pas posé ce genre de questions pour nommer leur réunion : ce sera Fapardokly, un point c'est tout.

Fa comme Fankhauser, Par comme Parrish, Do comme Dodd et Kly comme Dick Lee. On ne peut pas faire plus simple. Même s'il fut un fleuron de la scène psychédélique californienne des années 60, son nom, n'a en aucun cas, pesé sur sa popularité. D'ailleurs a-t-il vraiment existé sous cette identité ? Ou n'est-ce qu'un effet de manche ou un subterfuge de l'éditeur pour sortir, sans risque d'être contesté ultérieurement, un disque dont la matière a été préalablement enregistrée par le Merrell Fankhauser battant alors pavillon Exiles ?

Fapardokly fankhauser 3Merrell Fankhauser des Impacts.

Fapardokly merrell fankhauser 1Merrell Fankhauser, un visionnaire.

Fapardokly lpUn seul LP.

Le visionnaire Merrell Fankhauser à la baguette.

Merrel Fankhauser. Voilà un nom qui parle dans le landerneau californien du rock et de l'époque. Qui compte même. Un visionnaire comme on dit. Chanteur, guitariste, auteur-compositeur, le Kentuckien élevé à San Luis Obispo, à trois heures de Los Angeles, après avoir été l'un des premiers artistes de surf rock, s'affirme par la suite comme une figure avant-gardiste légendaire du mouvement psychédélique américain ; il y est considéré comme l'égal des maîtres du genre.

Fapardokly, dans l'esprit Byrds, la belle aventure sous HMS Bounty, le sublime album éponyme MU (1971), groupe monté avec l'ancien Captain Beefheart Jeff Cotton et sa belle carrière solo engagée dès le milieu des 70's, sont là pour le rappeler. Son problème ? Avoir été confronté professionnellement à des faisans qui l'ont roulé dans la farine et dépossédé d'une partie de son œuvre.

Merrell Fankhauser débute sa carrière au début des années 60 avec les Impacts, groupe de surf-rock influencé par les Ventures qu'il intègre après avoir gagné un concours. Les Impacts (Merrell Fankhauser, Steve Evans, John Olliver, Jack et Steve Metz, Martin Brown, Joel Rose) deviennent rapidement la coqueluche des ados.

De la musique pour surfeurs.

Le Peppermint Twist West, club qui réunit les jeunes le week-end, propose aux Impacts d'être la formation résidente de l'établissement. Même les starlettes de Los Angeles se déplacent pour découvrir ce qui devient vite un phénomène.

Très populaires, les Impacts sont réclamés partout ; ils se produisent alors régulièrement dans une salle de 1200 places, le Rose Garden Ballroom. Leur nouveau statut les oblige à sortir du registre dans lequel ils sont jusque là cantonnés, les reprises et la surf music, pour commencer à écrire leurs propres titres. L'écriture, c'est Fankhauser qui l'assume.

Dès 1962 sort Wipe Out (Del-Fi Records), un album alimenté essentiellement par ses instrumentaux. Le disque marche bien mais les Impacts ne voient jamais la couleur des royalties, ni même ne sont crédités. Il faut attendre 1994 pour que Fankhauser et ses partenaires soient enfin rétablis dans leur droit.

De la plage au désert.

En déménageant dans la zone désertique de Lancaster, ce dernier se sépare des Impacts qui, dans la foulée, disparaissent de la circulation. Il y rencontre, en 1963, Larry Willey, Randy Wymer et Mark Thompson avec lesquels il fonde Merrell And The Exiles (deux singles : Send Me Your Love et Tomorrow's Girl).

Au fil de l'évolution du groupe, le groupe, influencé par la british invasion, s'étoffe avec les arrivées de John Day, mais surtout de Jeff Cotton et de John French (Sorry For Yourself/I Saw Suzie Cryin'/1965 et Can't We Get Along/That's All I Want From You/1965), sur le point de rejoindre Don Van Vliet (Captain Beefheart) et son projet de Magic Band, l'année suivante.

Des intentions psychédéliques.

Pour Merrell, l'étape suivante s'appelle Fapardokly. Elle se concrétise en 1967 quand Merrell revient sur les terres où il a commencé avec les Impacts et avec le bassiste Dan Parrish (puis John Olliver), le batteur Dick Lee et le guitariste Billy Dodd.

Fapardokly merrell fankhauser portrait

« Nous avons fait une photo assez drôle du groupe. Nous étions dans le motel où l'on vivait alors. On a mis sur nous des rideaux, des chapeaux et des perruques et nous sommes sortis dans cet état pour faire les photos. Au moment de revenir dans notre chambre, on ne nous a plus laissés rentrer. On nous a même demandé nos identités. Je m'en souviens bien, c'était assez comique. » ( Merrell Fankhauser)

Les intensions sont plus psychédéliques et elles se traduisent aussitôt au Cove, un petit club de la cité balnéaire de Pismo Beach (1966), dans le comté de St Luis Obispo qui a vu grandir Merrell. Le groupe, sans se fixer sur un nom particulier, ni officialiser celui extravagant de Fapardokly, y fait ses premiers pas avant de s'y produire plus régulièrement et de taper dans l'oeil des gens de Los Angeles, public comme professionnels.

Ayant eu vent de la popularité du groupe, Glen MacArthur, un producteur de disque local avec lequel les Exiles ont enregistré quelques pistes en avril 1964 dans un studio de Palmdale, relance alors Fankhauser. Il dirige désormais une nouvelle compagnie de disques, UIP Records, et invite le leader de Fapardokly à sortir un album en reprenant les chansons de l'époque et en le complétant par des morceaux plus récents.

Merrell Fankhauser, un artiste à découvrir.

Merrell adhère au projet et l'alimente d'une matière supplémentaire :No Retreat, Gone To Pot, The War et The Music Scene. Quelques mois plus tard, l'album crédité à Fapardokly tombe dans les bacs de la région.

Ce sera la seule trace laissée par ce groupe éphémère. Il est aujourd'hui l'objet d'une chasse au trésor incroyable des collectionneurs. Merrell Fankhauser rebondit lui sur HMS Bounty et MU, des passages obligés pour tous ceux qui apprécient le bon folk-rock psychédélique (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio unique - 1967

 

Fapardokly lp

 

FAPARDOKLY

FAPARDOKLY – 1967  4/5

 

Publié en 1967.

Produit par Dan Boller,Glen Mac Arthur.

Durée:36:50.

Label:UIP Records.

Genre:beat,rock psychédélique.

 

Une belle curiosité.

 

Le guitariste Merrell Fankhauser est une figure majeure du rock. Quand la surf music inondait les ondes juste avant la British Invasion, il était là à pratiquer un surf rock instrumental et psychédélique novateur. En 2016, il est toujours d’actualité.

Auteur de Wipe Out, fleuron de l’histoire de la musique surf (avec les Impacts), Merrell a eu son mot à dire sur la scène folk psychédélique dans les années 60/70. Tour à tour, il apparaît sous Merrell & The Exiles, Merrell & HMS Bounty (68), MU (69), Fankhauser-Cassidy Band, collabore au passage avec Jeff Cotton (futur guitariste du Magic Band de Captain Cœur de Bœuf, alias Beefheart), avec Cipollina, la star du Quicksilver, avec Pete Sears du Jefferson Starship, John McEuen du Nitty Gritty Dirt Band.

On lui prête d’autres collaborations dont il serait fastidieux de tenter l’énumération. C’est un grand bonhomme auquel on doit surtout, et c’est ce qui nous réunit, un bien bel album édité en 1967 sous l’identité de Fapardokly (en écoute intégrale ici).

Beaucoup s’interroge sur la véracité de l’existence cette formation, à savoir si Merrell tournait sous ce nom. Oui, ce groupe a bien existé. Selon son leader, il s’est produit un an durant au club The Cove à Pismo Beach en Californie et ce au plus fort de l’ère psychédélique.

Pour coller au plus près à l’époque, ceux qui étaient alors les Merrell & The Exiles changent d’identité et optent pour un nom à coucher dehors : Fapadorkly qui donne le nom de l’album (et du groupe derrière celui-ci) que je vous propose de découvrir ici : Fa comme Fankhauser, Par comme Parrish,Do comme Dodd et Kly comme Dick Lee.

L’histoire dit que le producteur aurait omis de mettre le nom de Merrell & The Exiles sur la pochette… d’où la sortie sous Fapardokly. Cette confusion trouve une explication plausible à la lecture du répertoire qui constitue l’album en question.

5 titres sont de Merrell & The Exiles (Sorry For Yourself, Tomorrows Girl, Suzie Cryin’, Too Many Heartbreaks et When I Get Home). The Music Scene, Gone To Pot et No Retreat portent le label Fapardokly. Lila, Glas Chandelier, Mr Clock et Supermarket appartiennent à un lot de chansons n’ayant jamais fait l’objet d’aucun enregistrement et sont vraisemblablement à créditer à Don Aldridge, Gary Lotspeich et Merrel Fankhauser.

Ce disque est, je vous l’accorde, un peu déboussolant (parfois inégal) de par son mélange de titres anciens avec des plus récents (à l’époque), de styles (il alterne pop et folk psych/folk rock entre 1964 et 1967) et par les changements qui affectent les line-up qui s’y succèdent.

N’empêche, il est prisé des collectionneurs, il est souvent très bon et son rendu n’est pas sans évoquer les Byrds et les Zombies, rien que ça. Lila ouvre en beauté, Sorry For Yourself, Tomorrows Girl, Suzie Cryin’ et Too Many Heartbreaks ont également mes préférences.

Même si on peut regretter son aspect rafistolé, il n’est pas dénué d’intérêt, loin s’en faut, surtout dans sa facette folk-rock psychédélique qui représente quasiment la moitié du disque.

La partie pop, un peu en retrait, a ses moments comme Lila, Tomorrows Girl et Super Market. Une belle curiosité que ce Fapardokly (RAZOR©).

 

Face 1.

1. Lila.

2. The Music Scene.

3. Sorry For Yourself.

4. Glass Chandelier.

5. Tomorrows Girl.

6. Suzie Cryin'.

 

Face 2.

1. Mr Clock.

2. Gone To Pot.

3. No Retreat.

4. Too Many Heartbreaks.

5. When I Get Home.

6. Supermarket.

 

Don Aldridge,Gary Lotspeich,Larry Willey:choeurs.

Jim Ferguson,Jody Cobb,John Oliver,Larry Willey:basse.

Dick Lee,Gregg Hampton,John Drumbo French,Randy Wimer:batterie.

Mark Thompson:guitare.

Jeff Cotton:guitare,choeurs.

Merrell Fankhauser:guitare,chant.

John Day:orgue.

Bruce Ulch:trompette.

1 vote. Moyenne 5.00 sur 5.