Fat Mattress.

BIOGRAPHIE.

 

FAT MATTRESS/Folkestone (Angleterre)

 

Fat mattress 2

 

Actif entre 1968 et 1970.

Labels:Polydor,Atco,Sequel,Esoteric.

Genre:folk-rock psychédélique,rock psychédélique,rock progressif.

 

L'après Hendrix de Redding.

Quand le bassiste du Kent (Folkestone), Noël Redding, a dans l'idée de monter Fat Mattress, il est encore dans l'écurie d'Hendrix, le mythique Jimi Hendrix Experience, pour lequel le guitariste américain a également recruté également le batteur anglais Mitch Mitchell, tenant là une des pus grandes rythmiques de rock de tous les temps. Nous sommes en 1968 quand Redding décide de quitter le gaucher de Seattle, les relations entre eux s'étant salement tendues.

Le bassiste, à l'origine guitariste, a tout connu en deux ans et des avec le JHE ; il est des plus gros coups commerciaux d'Hendrix comme Hey Joe, Purple Haze, The Wind Cries Mary, Burning Of The Midnight Lamp, All Along The Watchtower ; il est des albums cultes du trio, à savoir Are You Experienced, Axis : Bold As Love et Electric Ladyland, ainsi que du légendaire festival de Monterey de juin 1967. L'anglais a fait le tour de la question avec le fabuleux guitariste et réciproquement. Hendrix prépare Band Of Gypsys et son virage soul. Redding joue son dernier concert avec le Yankee à Denver (juin 69), bien que le power trio rival de Cream soit déclaré dissous deux mois plus tôt (avril 69).

Fat mattress 1

Fat mattress redding 2

Fat mattress lp

Né sur l'active scène de Folkestone.

Redding rebondit sur le projet de carrière solo qu'il a en tête et, peu avant la fin de l'Expérience, recrute trois musciens britanniques avec lesquels il entretient, depuis le début des 60's, une relation d'amitié mais également artistique : Jim Leverton, Neil Landon et Pete Kircher.

Jim Leverton (futur Juicy Lucy, Savoy Brown, Blodwyn Pig, Caravan et Rory Gallagher) quitte l'école en 1964 pour rebondir comme apprenti-maçon mais son avenir est dans la musique et, au début des années 60, il intègre des formations semi-professionnelles dans la région de Dover (Douvres en français) comme les Big Beats (62/63), avant de rejoindre les Burnettes, groupe de la très active scène de Folkestone dont la guitare est tenue par Noël Redding. Ils passent un an et demi ensemble (deux singles) puis Leverton rejoint The Loving Kind (1965/67). Redding s'engage alors avec Hendrix.

Neil Landon a lancé les Burnettes qui a tourné jusqu'en 1965 en se produisant notamment en Allemagne. De son vrai nom Pat Cahill, Landon y côtoie Redding mais aussi Pete Kircher, le batteur de Fat Mattress qui, pour les fans de Status Quo, n'est pas un inconnu ; il s'est retrouvé, en effet, entre 1982 et 1985, batteur du groupe de Rossi.

Neil Landon et les Burnettes comptent deux singles à leur actif. Landon intègre ensuite The Ivy League avant de migrer vers le virtuel Flower Pot Men (Let's Go To San Francisco/67) et de se mettre au service du projet solo de Redding en signant quelques chansons. L'année 1968 s'achève quand Fat Mattress voit le jour.

Pour l'anecdote, le nom réfère, selon Leverton, à un sac de couchage bourré de hashich que des amis à lui auraient, quelques années avant, expédié vers l'Angleterre, depuis un safari au Maroc.

Une tournée américaine avec le JHE. Redding reprend le poste par lequel tout a commencé pour lui, la guitare, tandis que la basse échoit à Leverton, le chant à Landon et la batterie à Kircher.

Ceux-ci se partagent également les harmonies vocales. Kircher étant également partie prenante dans Honeybus, il ne fait qu'une brève apparition au sein de Fat Mattress, Eric Dillon prenant sa suite.

A noter que Martin Barre, guitariste de Jethro Tull, est également passé par le groupe de Redding, juste avant qu'il ne remplace Mick Abrahams pour le deuxième LP de la bande à Ian Anderson.

Fat Mattress livre ses premières joutes publiques en ouvrant pour Jimi Hendrix à l'occasion d'une tournée américaine. Cet engagement vaut à Redding de se produire dans les deux formations mais aussi au groupe anglais de se faire remarquer. Polydor Records les signe (octobre 1968) et, après la scène, s'emploie à montrer de quoi il est capable en studio.

Fat mattress redding

« Les séances d'enregistrement viraient au chaos et sur scène, ça devenait ridicule. Quand Jimi a annoncé à un journaliste qu'il voulait étoffer le groupe mais sans Mitch et moi, c'est la goutte d'eau qui a fait débordé le vase. Nous étions en concert à Denver et j'ai dit à Jimi que c'était fini, que je prenais le premier vol pour Londres. Il n'en croyait pas un mot mais je l'ai fait. Malgré son insistance pour que je revienne, j'ai donné la priorité à Fat Mattress que nous avions activé à la fin de l'année précédente avec Leverton, Dillon et Landon. » (Noël Redding)

500.000 exemplaires et patatras.

Rapidement un premier LP, éponyme et d'obédience west-coast, est publié durant l'été 1969 sur le marché anglais et en octobre de la même année aux Etats-Unis via Atco. L'essentiel de l'écriture est assuré par Landon et Redding à l'époque où le projet consistait en une entreprise solo de l'ex bassiste d'Hendrix. Depuis, le concept a été revu et l'opus en question est devenu une vraie démarche de groupe.

Au même moment sort Magic Forest, single-phare de l'album et titre majeur de la carrière de Fat Mattress qui fait 11 en Hollande. Le LP, situé dans une mouvance folk-rock psychédélique, pourtant agréable à écouter, n'est pas non plus une grosse réussite commerciale, bien que prenant une 17ème place au Royaume-Uni.

S'il s'installe à un modeste 134ème rang dans le Billboard américain, il s'écoule néanmoins à 500.000 exemplaires chez l'Oncle Sam, mais la tournée de promo est une catastrophe. 25 des 30 dates américaines sont annulées.

Malgré une apparition devant les 120.000 personnes du festival de Wight (août 1969) et une participation au Beat Club, émission rock populaire en Allemagne (septembre 1969), Fat Mattress ne convainc pas. Cette situation affecte le moral d'un groupe qui a alors évolué très en deça de son potentiel et l'album suivant ne fera rien pour sauver la situation.

Une fin en eau de boudin.

Fat Mattress II (Polydor/1970) n'a pas les arguments pour infléchir le cours des événements ; pire, en plein milieu de l'enregistrement, c'est la brouille entre Leverton et Redding, tout deux démissionnaires et remplacés par Mike Weaver et Steve Hammond. Après coup, il apparaît que Redding n'aura pas été le leader du groupe comme on aurait pu le penser.

Faible, sans inspiration ni dicté par une quelconque motivation, Fat Mattress II clôt l'histoire de cette formation qui n'a pas vraiment profité de l'aura pourtant énorme de son initiateur, le regretté Noël Redding (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1969

 

Fat mattress lp

 

FAT MATTRESS

FAT MATTRESS – 1969  3,5/5

 

Publié le 15 août 1969.

Produit par Fat Mattress.

Durée:36:60.

Label:Polydor,Atco.

Genre:folk rock, folk rock psychédélique,rock psychédélique,rock progressif.

 

L’après Hendrix.

 

Il est des artistes dont le nom ne pourra jamais être dissocié de l’histoire du rock, ayant contribué à la façonner. Les lauriers, ce sont généralement leurs leaders qui les ont récoltés, eux se sont souvent contentés d’évoluer dans leur ombre. Une fois l’aventure terminée, beaucoup sont rentrés dans le rang, beaucoup aussi ont disparu de la circulation.

Les plus belles pages de sa carrière, Noel Redding, le blanc au look afro, les écrit au côté de Jimi Hendrix, au sein de l’Experience (avec Mitch Mitchell, mort en 2008) dans lequel il évolue de 1966 jusqu’en juin 1969 (remplacé par Billy Cox, pote de régiment d’Hendrix), qu’il quitte pour désaccord avec le boss sur la manière dont ce dernier fait du studio un foutoir, ouvert à tout le monde lors des séances d’enregistrement.

Sa notoriété dans le JHE, c’est à la basse qu’il l’atteint alors qu’à la base, il est guitariste. C’est d’ailleurs à la guitare qu’il officie dans le Neil Landon & The Burnettes (1962) ou le Loving Kind (1965) et pour tenir cet instrument qu’il postule pour la nouvelle mouture des Animals d’Eric Burdon (The New Animals) en 1966.

Recalé parce que le poste vient juste d’être pourvu, il échoit le même jour chez Hendrix qui monte son groupe, mais en qualité de bassiste où il va s’en sortir au-delà de toute espérance.

L’après Hendrix se poursuit sous l’étendard Fat Mattress, monté juste avant la rupture avec Hendrix (Redding sentait alors que son aventure avec le guitariste de Seattle était faisandée) et réunissant les potes des premières heures, Neil Landon (chant), Jim Leverton (basse) et Pete Kircher (batterie) avant qu’il ne cède les fûts à Ric Dillon.

Deux albums ponctuent la vie après l’Experience de Noel Redding, décédé en 2003 à 57 ans : l’éponyme Fat Mattress (1969) et Fat Mattress II, un an plus tard. Dans cette nouvelle vie professionnelle, son appartenance passée au prestigieux groupe emmené par Hendrix, le sert indéniablement.

A double titre : au niveau de la popularité qu’il continue à rencontrer auprès de la presse et des fans, et de par le fait que Fat Mattress ouvre pour le JHE sur sa tournée américaine. Imaginez Noel Redding passer de la guitare électrique de l’un à la basse dans l’autre… Cocasse !

La musique pratiquée par Fat Mattress diffère du rock psychédélique de JHE sublimé par les prouesses et les extravagances de son leader. Elle se situe plus dans un registre folk-rock psychédélique façon West Coast, avec des incursions dans le rock prog. Polydor est séduit et les signe fin 68.

Sort alors un premier album, éponyme, qui s’écoule quand même à plus de 500 000 pièces dans la perfide Albion, avant qu’une participation au festival de Wight ne vienne concrétiser leur popularité. La tournée de promo de ce LP aux States tourne malheureusement en eau de boudin. Le bide est retentissant, beaucoup de dates prévues sont annulées.

Dans la foulée, le groupe se démotive, en dépit de la publication de Fat Mattress II, très en deçà des possibilités de ses capacités. Fat Mattress est donc l’album de cette formation où il faut être. Il est bon, sans casser trois pattes à un canard et sans se démarquer des masses de la production discographique du moment.

Meilleurs titres : All Night Drinker, qui bénéficie de la belle flûte de Chris Wood (Traffic), I Don’t Mind, Bright New Day et Magic Forest. 3,5 me semble justifié (RAZOR©).

 

1. All Night Drinker.

2. I Don't Mind.

3. Bright New Day.

4. Petrol Pump Assistant.

5. Mr Moonshine.

6. Magic Forest.

7. She Came In The Morning.

8. Everything's Blue.

9. Walking Through A Garden.

10. How Can I Live?

 

Eric Dillon:batterie,percussions.

Neil Landon:chant.

Jim Leverton:basse.

Mitch Mitchell:percussions.

Noel Redding:guitare,chant.

Chris Wood:flûte sur 1.

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