Ian Matthews.

BIOGRAPHIE.

 

IAN MATTHEWS/Scunthorpe (Angleterre)

 

Ian matthews

Photo Chris Walter.

 

Né Iain Matthews McDonald,dit Ian ou Iain Matthews.

Né le 16 juin 1946 à Scunthorpe (Lincolnshire/England).

Actif entre 1967 et 2015.

Labels:Decca/Deram,Polydor,Vertigo,Elektra,Columbia,Mushroom,Windham Hill,Mooncrest,Brilliant.

Genre:folk rock,rockabilly,country-rock,soft rock,folk-rock,rock alternatif,surf rock, jazz.

Site officiel:iainmatthews.com

Iain Matthews, le regard tourné vers l’Amérique.

Il est connu sous Iain Matthews, mais Ian, sans le i, ça passe aussi. Parfois, on l’appelle également Ian Matthew ou Ian Matthews, voire Ian Matthew McDonald ou Ian Matthews McDonald. Pour compliquer les choses, il a démarré sous Ian McDonald pour évoluer vers Ian Matthews avant de revenir, plus tard, vers son prénom d’origine, Iain. Difficile de s’y retrouver, mais cette petite précision n’est pas vaine quand on sait que le bonhomme a traversé cinq décennies dans le rock. Mieux vaut le savoir, ça peut servir.

Pour moi, c’est Iain Matthews, musicien et compositeur anglais, chanteur du légendaire Fairport Convention, avant d’être à la tête de son excellent Matthews Southern Comfort (1969), puis d’avoir l’heureuse idée de former Plainsong (1971), rare formation britannique à faire dans le country-rock.

Influencé par la musique folk et le rock, Iain Matthews s’épanouit dans le Fairport Convention d’origine, celui qui a le regard tourné vers l’American West Coast (1967/68) et façonné en ce sens par le producteur Joe Boyd. Lui-même fervent admirateur des travaux de Mitchell (Joni), de Dylan et des Byrds, il a été recruté pour étoffer le line-up du Fairport dans l’optique de densifier le projet américain.

Matthew fairportFairport Convention.

Matthews southern comfort 1Matthews Southern Comfort.

Matthew plainsongPlainsong.

Le Fairport comme tremplin.

Ian Matthews est alors Ian McDonald, chanteur et le Fairport n’a pas encore migré vers l’option folk anglaise. Il y reste jusqu’à l’arrivée de Sandy Denny à partir de laquelle vont s’orienter les desseins artistiques des britanniques, en même temps qu’elle lui donnera ses lettres de noblesse dans la musique folklorique traditionnelle.

Le Fairport n’ayant plus besoin de ses services, Mat’ McDo quitte la bande à Nicol, Hutchings et Thompson en plein enregistrement d’Unhalfbricking (69), faisant le choix de continuer seul et dans la direction folk-rock, country-rock américaine, seule voie à réellement le sensibiliser et à émoustiller ses dispositions pour le songwriting.

La filière folk-rock/country-rock.

Matthews se sent capable d’explorer ce filon west-coast ; il n’a pas de plan précis pour le faire mais un rêve, une vision et une grande détermination pour y parvenir ainsi que les coudées franches. Après une période de tâtonnements, de réflexion, il réunit pour un premier LP, Matthews Southern Comfort, quelques musiciens proches dont Ashley Hutchings, Simon Nicol et Richard Thompson du Fairport, visiblement pas rancuniers.

Il monte alors le groupe du même nom, Matthews Southern Comfort, dont la musique emprunte beaucoup au country-rock, créneau alors peu exploité dans l’Old Albion du moment et comme l’attestent ses albums Second Spring (69) et Later That Same Year (70).

Sa carrière se poursuit ensuite sous son propre nom ; elle est ponctuée, jusqu’à Valley Hi de 1973, de trois beaux LP, tous sortis en 1972 : If You Saw Thro’ My Eyes/Tigers Will Survive et l’excellent Journey From Gospel Oak (fait en 5 jours). Matthews s’offre également un intermède avec Plainsong, des britanniques férus comme lui de country-rock.

Un très bon album en découle, In Search Of Amelia Earhart (72), une de ses plus belles pièces. Plainsong est une expérience qui aurait mérité un meilleur sort. Valley Hi arrive en 1973. Il est aussi un grand moment de son œuvre, certainement le meilleur album de west-coast réalisé de l’autre côté du Channel.

Les années anglaises.

Matthews est un enfant du Lincolnshire. Comme Margaret Thatcher. Natif de Scunthorpe, il profite de la vague pop du milieu des années 60 pour rejoindre Londres dès 1966 où il a dans l’idée de faire carrière dans la musique. Son installation dans la capitale passe par des petits boulots et par une série de groupes mineurs dans lesquels il se fait les dents.

Sa première vraie formation consiste en un trio, The Pyramid, auteur d’un single (The Summer Of Last Year/Summer The Evening - 1967) dans la filière surf américaine. On sent déjà la patte de Matthews, lequel s’engage alors dans l’épisode Fairport Convention sur l’insistance d’Ashley Hutchings, bassiste-fondateur qui ambitionne d’associer McDonald/Matthews à la voix féminine du groupe, Judy Dyble dans un premier temps, puis Sandy Denny lorsque le Fairport s’embarque dans une voie folk traditionnel à laquelle n’adhère pas du tout Ian.

Deux LP studios rappellent son appartenance à l’une des plus grandes formations britanniques de tous les temps : l’éponyme Fairport Convention (1968) et What We Did On Our Hollydays (1968). Quant au troisième album sur lequel il est crédité, Unhalbricking (1969), Ian y a une présence vraiment très réduite, limitée à assurer les chœurs.

Matthews

“Le jour où j’ai rencontré le Fairport pour la première fois, j’ai débarqué au Sound Techniques, le studio londonien où il était réuni pour enregistrer son premier single, avec, dans une main une valise et dans l’autre, calés sous le bras, une douzaine d’albums comme Tim Hardin, Richie Havens, Tim Buckley, les Byrds, David Ackles.

Je crois que ceux-ci ont contribué à ce que j’ai le poste parce que je partageais leurs goûts. » (Iain Matthews)

La phase américaine.

La phase Matthews Southern Comfort prend le relais. Elle répond, dès 1969, à la détermination obsessionnelle de Matthews d’en découdre avec la musique américaine du moment, la seule qui vaille pour lui. Il emprunte à Joni Mitchell son Woodstock, que Crosby Stills Nash & Young propulse au 7ème rang aux Etats-Unis. Sa version, plus modeste, se contente de briller sur le Vieux Continent. Elle se place au 23ème rang des charts.

Matthews 2

Outre Woodstock, l’anglo-californien signe également Mare Take Me Home (96 en 1971), Tell Me Why (98-1971), Da Doo Ron Ron (96 en 1972), Shake It (96-1972) et Give Me And Inch (67 en 1979).

Ce succès le conforte néanmoins sur le choix de ce positionnement sur cette scène américaine et confirme ses indéniables dispositions pour l’écriture. Les trois LP hérités de cette première expérience à la tête d’un groupe sont autant de recommandables pièces de folk-rock/country-rock.

L’après 70.

Tout comme le sont ses travaux en solo engagés à la suite de Matthews Southern Comfort et entrecoupés par l’intermède Plainsong qui, malheureusement explose en plein vol. Jusqu’à la fin des 70’s, Ian poursuit seul et sa discographie (inégale) s’enrichit de quelques albums supplémentaires dont le très bon Stealin’ Home (1979).

La suite, c’est deux ans au sein de Hi-Fi, groupe de rock formé à Seattle avec David Surkamp, ancien de Pavlov’s Dog ; il revient alors en Europe pour créer No Grey Faith à la fin des années 90, puis de former le trio More Than A Song. Il revient alors au Matthews Southern Comfort et à ses projets solos. Son compteur discographique affiche aujourd’hui plus d’une quarantaine de LP, tout confondu. Dernier en date, The Art Of Obscurity est sorti en 2014. Il est son 25ème album solo, 43 ans après celui de 1971 et s’avère aussi bon que l’ensemble de son répertoire d’hier (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE SOLO 70'S.

LP Studio 5 - 1973

 

Ian matthews valley hi 1973

 

IAN MATTHEWS

VALLEY HI – 1973  5/5

 

Publié en août 1973.

Produit par Michael Nesmith.

Durée:35:54.

Label:Elektra.

Genre :folk-rock,country-rock.

 

Un rêve devenu réalité.

 

Ian (ou Iain) Matthews a été un membre du Fairport Convention dans la version évolutive voulue par Joe Boyd, son producteur (67/68), pour étoffer le line-up du groupe. Ian Matthews est alors Ian McDonald, chanteur et le Fairport pratique dans un folk-rock à l’américaine. Il y reste jusqu’à l’arrivée de Sandy Denny qui va donner une autre orientation aux anglais, en même temps que ses lettres de noblesse dans la musique folklorique traditionnelle.

Le Fairport n’ayant plus besoin de ses services, Mat’ McDo quitte la bande à Nicol, Hutchings et Thompson en plein enregistrement d’Unhalfbricking (69), faisant le choix de continuer seul et dans la direction folk-rock, country-rock américaine, seule voie à réellement le sensibiliser et à émoustiller ses dispositions pour le songwriting.

Matthews se sent capable d’explorer ce filon west-coast ; il n’a pas de plan précis pour le faire mais un rêve, une vision et une grande détermination pour y parvenir ainsi que les coudées franches. Après une période de tâtonnements, de réflexion, il réunit pour un premier LP, Matthews Southern Comfort, quelques musiciens proches dont Ashley Hutchings, Simon Nicol et Richard Thompson du Fairport, visiblement pas rancuniers.  Il monte alors le groupe du même nom, Matthews Southern Comfort, dont la musique emprunte beaucoup au country-rock, créneau alors peu exploité dans l’Old Albion du moment et comme l’attestent ses albums Second Spring (69) et Later That Same Year (70).

Sa carrière se poursuit ensuite sous son propre nom ; elle est ponctuée, jusqu’à Valley Hi de 1973, de trois beaux LP, tous sortis en 1972 : If You Saw Thro’ My Eyes/Tigers Will Survive et l’excellent Journey From Gospel Oak (fait en 5 jours). Matthews s’offre également un intermède avec Plainsong , des britanniques férus comme lui de country-rock. Un très bon album en découle, In Search Of Amelia Earhart (72), une de ses plus belles pièces. Plainsong est une expérience qui aurait mérité un meilleur sort. J’y reviendrais dans une prochaine chronique.

Valley Hi arrive en 1973. Il est aussi un grand moment de son œuvre, certainement le meilleur album de west-coast réalisé de l’autre côté du Channel. Les Matthews déménagent pour Los Angeles où ils retrouvent Michael Nesmith, l’ex-Monkees qui, en prenant en main le projet de Ian, n’est pas étranger à son succès. Album abouti qui rapproche la vision folk-rock britannique de Matthews vers les douces et cristallines sonorités californiennes, Valley Hi déroule une très belle collection de pièces que la critique voit d’un très bon œil. Moi aussi.

Son répertoire s’appuie sur trois titres portant sa signature (Keep On Sailing/Leaving Alone/Save Your Sorrows), du traditionnel (Old Man At The Mill) et des reprises. De Richard Thompson (Shady Lies), de Jackson Browne (These Days), de Steve Young (Seven Bridges Road), de Randy Newman (What Are You Waiting For?), de Don Gibson (Blue Blue Day) et du producteur-guitariste Michael Nesmith (Propinquity).

Du costaud solidifié par un groupe de soutien aguerri aux choses de la west-coast : Red Rhodes dont on louera ici la très belle prestation à la steel guitare, Byron Berline, venu avec son violon, le claviériste Dave Barry, Billy Graham à la basse, les batteurs Dany Lane et Robert Warford, le guitariste Jay Lacy, les anciens sauront de quoi on cause…

L’idée qu’a Matthews de fusionner les écoles anglaise et américaine tombe ici sous le sens. Transposition réussie de sa vision, le résultat est exceptionnel et ce n’est pas sa voix un peu trop fluette par endroits qui pourra discréditer quoi que ce soit.

Partant de là, c’est avec beaucoup de plaisir que l’on posera son séant dans un bon fauteuil moelleux pour se la jouer en tête à tête avec ce disque apaisant, agencé intelligemment pour que tout s’écoule de la meilleure manière qui puisse être. Je vous promets du grand. Et du très grand. Mention spéciale à These Days, Propinquity, Seven Bridges Road, Keep On Sailing, Old Man At The Mill, Save Your Sorrows. Le rêve de Matthews  est enfin devenu réalité (RAZOR©).

 

1. Keep On Sailing.

2. Old Man at the Mill.

3. Shady Lies.

4. These Days.

5. Leaving Alone.

6. Seven Bridges Road.

7. Save Your Sorrows.

8. What Are You Waiting For.

9. Propinquity.

10. Blue Blue Day.

 

Ian Matthews:guitare,chant.

Michael Nesmith:guitare.

Red Rhodes:steel guitare.

Byron Berline:violon.

David Barry:claviers.

Billy Graham:basse,violon.

Danny Lane:batterie.

Robert Warford:guitare.

Jay Lacy:guitare.

1 vote. Moyenne 5.00 sur 5.