Ian Matthews.

BIOGRAPHIE.

 

IAN MATTHEWS/Scunthorpe (Angleterre)

 

Ian matthews

Photo Chris Walter.

 

Né Iain Matthews McDonald,dit Ian ou Iain Matthews.

Né le 16 juin 1946 à Scunthorpe (Lincolnshire/England).

Actif entre 1967 et 2015.

Labels:Decca/Deram,Polydor,Vertigo,Elektra,Columbia,Mushroom,Windham Hill,Mooncrest,Brilliant.

Genre:folk rock,rockabilly,country-rock,soft rock,folk-rock,rock alternatif,surf rock, jazz.

Site officiel:iainmatthews.com

Iain Matthews, le regard tourné vers l’Amérique.

Il est connu sous Iain Matthews, mais Ian, sans le i, ça passe aussi. Parfois, on l’appelle également Ian Matthew ou Ian Matthews, voire Ian Matthew McDonald ou Ian Matthews McDonald. Pour compliquer les choses, il a démarré sous Ian McDonald pour évoluer vers Ian Matthews avant de revenir, plus tard, vers son prénom d’origine, Iain. Difficile de s’y retrouver, mais cette petite précision n’est pas vaine quand on sait que le bonhomme a traversé cinq décennies dans le rock. Mieux vaut le savoir, ça peut servir.

Pour moi, c’est Iain Matthews, musicien et compositeur anglais, chanteur du légendaire Fairport Convention, avant d’être à la tête de son excellent Matthews Southern Comfort (1969), puis d’avoir l’heureuse idée de former Plainsong (1971), rare formation britannique à faire dans le country-rock.

Influencé par la musique folk et le rock, Iain Matthews s’épanouit dans le Fairport Convention d’origine, celui qui a le regard tourné vers l’American West Coast (1967/68) et façonné en ce sens par le producteur Joe Boyd. Lui-même, fervent admirateur des travaux de Mitchell (Joni), de Dylan et des Byrds, il a été recruté pour étoffer le line-up du Fairport dans l’optique de densifier le projet américain.

Matthew fairportFairport Convention.

Matthews southern comfort 1Matthews Southern Comfort.

Matthew plainsongPlainsong.

Le Fairport comme tremplin.

Ian Matthews est alors Ian McDonald, chanteur et le Fairport n’a pas encore migré vers l’option folk anglaise. Il y reste jusqu’à l’arrivée de Sandy Denny à partir de laquelle vont s’orienter les desseins artistiques des britanniques, en même temps qu’elle lui donnera ses lettres de noblesse dans la musique folklorique traditionnelle.

Le Fairport n’ayant plus besoin de ses services, Mat’ McDo quitte la bande à Nicol, Hutchings et Thompson en plein enregistrement d’Unhalfbricking (69), faisant le choix de continuer seul et dans la direction folk-rock, country-rock américaine, seule voie à réellement le sensibiliser et à émoustiller ses dispositions pour le songwriting.

La filière folk-rock/country-rock.

Matthews se sent capable d’explorer ce filon west-coast ; il n’a pas de plan précis pour le faire mais un rêve, une vision et une grande détermination pour y parvenir ainsi que les coudées franches. Après une période de tâtonnements, de réflexion, il réunit pour un premier LP, Matthews Southern Comfort, quelques musiciens proches dont Ashley Hutchings, Simon Nicol et Richard Thompson du Fairport, visiblement pas rancuniers.

Il monte alors le groupe du même nom, Matthews Southern Comfort, dont la musique emprunte beaucoup au country-rock, créneau alors peu exploité dans l’Old Albion du moment et comme l’attestent ses albums Second Spring (69) et Later That Same Year (70).

Sa carrière se poursuit ensuite sous son propre nom ; elle est ponctuée, jusqu’à Valley Hi de 1973, de trois beaux LP, tous sortis en 1972 : If You Saw Thro’ My Eyes/Tigers Will Survive et l’excellent Journey From Gospel Oak (fait en 5 jours). Matthews s’offre également un intermède avec Plainsong, des britanniques férus comme lui de country-rock.

Un très bon album en découle, In Search Of Amelia Earhart (72), une de ses plus belles pièces. Plainsong est une expérience qui aurait mérité un meilleur sort. Valley Hi arrive en 1973. Il est aussi un grand moment de son œuvre, certainement le meilleur album de west-coast réalisé de l’autre côté du Channel.

Les années anglaises.

Matthews est un enfant du Lincolnshire. Comme Margaret Thatcher. Natif de Scunthorpe, il profite de la vague pop du milieu des années 60 pour rejoindre Londres dès 1966 où il a dans l’idée de faire carrière dans la musique. Son installation dans la capitale passe par des petits boulots et par une série de groupes mineurs dans lesquels il se fait les dents.

Sa première vraie formation consiste en un trio, The Pyramid, auteur d’un single (The Summer Of Last Year/Summer Evening - 1967) dans la filière surf américaine. On sent déjà la patte de Matthews, lequel s’engage alors dans l’épisode Fairport Convention sur l’insistance d’Ashley Hutchings, bassiste-fondateur qui ambitionne d’associer McDonald/Matthews à la voix féminine du groupe, Judy Dyble dans un premier temps, puis Sandy Denny lorsque le Fairport s’embarque dans une voie folk traditionnelle à laquelle n’adhère pas du tout Ian.

Deux LP studios rappellent son appartenance à l’une des plus grandes formations britanniques de tous les temps : l’éponyme Fairport Convention (1968) et What We Did On Our Hollydays (1968). Quant au troisième album sur lequel il est crédité, Unhalbricking (1969), Ian y a une présence vraiment très réduite, limitée à assurer les chœurs.

Ian matthews 4

" Quand j’ai rencontré le Fairport pour la première fois, j’ai débarqué au Sound Techniques de Londres où il enregistrait, avec dans une main une valise et dans l’autre, calés sous le bras, une douzaine d’albums de Tim Hardin, Richie Havens, Tim Buckley, les Byrds, David Ackles. Ceux-ci ont contribué à ce que j’ai le poste parce que je partageais leurs goûts. " (Iain Matthews)

La phase américaine.

La phase Matthews Southern Comfort prend le relais. Elle répond, dès 1969, à la détermination obsessionnelle de Matthews d’en découdre avec la musique américaine du moment, la seule qui vaille pour lui. Il emprunte à Joni Mitchell son Woodstock, que Crosby Stills Nash & Young propulse au 7ème rang aux Etats-Unis. Sa version, plus modeste, se contente de briller sur le Vieux Continent. Elle se place au 23ème rang des charts.

Matthews 2Le regard tourné vers l'Amérique.

Outre Woodstock, l’anglo-californien signe également Mare Take Me Home (96 en 1971), Tell Me Why (98-1971), Da Doo Ron Ron (96 en 1972), Shake It (96-1972) et Give Me An Inch (67 en 1979).

Ce succès le conforte néanmoins sur le choix de ce positionnement sur cette scène américaine et confirme ses indéniables dispositions pour l’écriture.

Les trois LP hérités de cette première expérience à la tête d’un groupe sont autant de recommandables pièces de folk-rock/country-rock.

L’après 70.

Tout comme le sont ses travaux en solo engagés à la suite de Matthews Southern Comfort et entrecoupés par l’intermède Plainsong qui, malheureusement explose en plein vol. Jusqu’à la fin des 70’s, Ian poursuit seul et sa discographie (inégale) s’enrichit de quelques albums supplémentaires dont le très bon Stealin’ Home (1979).

La suite, c’est deux ans au sein de Hi-Fi, groupe de rock formé à Seattle avec David Surkamp, ancien de Pavlov’s Dog ; il revient alors en Europe pour créer No Grey Faith à la fin des années 90, puis de former le trio More Than A Song. Il revient alors au Matthews Southern Comfort et à ses projets solos. Son compteur discographique affiche aujourd’hui plus d’une quarantaine de LP, tout confondu. Récemment, en 2018, l'artiste s'est fendu d'un énième LP, une belle compilation, Thro' My Live, qui ne dépareille pas dans ce catalogue de grande qualité (RAZOR©2015).

DISCOGRAPHIE FAIRPORT CONVENTION 60'S.

LP Studio 1 - 1968

 

Fairport convention lp 68

 

FAIRPORT CONVENTION

FAIRPORT CONVENTION – 1968  4/5

 

Publié en juin 1968 (1970 aux USA).

Produit par Joe Boyd.

Durée:37:46.

Label:Polydor,Cotillion.

Genre:folk-rock,folk.

 

Fenêtre ouverte sur la west coast.

 

Ce groupe anglais, formé en 1967, devait avoir des gènes californiens, tant musicalement il colle à la west coast, dans ce premier album éponyme en tout cas. Il sonne si californien, qu’à la sortie du premier disque du groupe, Fairport Convention s’est vu affublé du surnom de « Jefferson Airplane anglais ». Vous pouvez en juger au travers de cet album éponyme de juin 1968 qui chemine dans des notes psychédéliques et fleuries à la Byrds.

Fairport Convention, constitué d’un poste chant bicéphale avec Judy Dyble et Ian Matthews (alias Ian MacDonald), de deux guitaristes, Richard Thompson et Simon Nicol, du batteur et percussionniste Martin Lamble et du bassiste Ashley Hutchings, n’est pas à proprement parler connu pour ce type de répertoire, la formation anglaise ayant surtout assis sa réputation dans le folk british, registre d’expression des Pentangle ou autres Steeleye Span.

Ses plus belles pages ont été écrites après cet album, non dépourvu d’intérêt, et à propos duquel on sait peu de choses. Raison de plus pour le le passer en revue dans cette chronique.

La première chose que j’ai à en dire, c’est qu’il est très bon dans son mélange folk/rock inspiré par les Dylan, Byrds ou Joni Mitchell. Produit par Joe Boyd dans l’œil duquel ils ont tapé, paru sur le label Polydor, ce disque s’appuie sur des solides emprunts à Bob Dylan et Joni Mitchell notamment et des compositions originales intéressantes, quoi que moins solides cependant. L’album est également très éclectique.

Par ailleurs, l’écoute permet de révéler une Judy Dyble dotée d’une voix magnifique (ce sera son seul fait d’armes pour le Fairport, elle partira après cet album pour embrasser une carrière solo) et des musiciens très talentueux à l’image du guitariste Richard Thompson qui, alors âgé de 19 ans, maîtrisait son McGuinn sur le bout des ongles, du bassiste Hutchings et de leur solide batteur.

Les cartes maîtresses de cet album éponyme de folk rock (que l’on assimilera au rock californien) atypique (eu égard au british folk qui les a révélés) sont The Lobster, Decameron, It’s Alright Ma, It’s Only Witchcraft ainsi que Jack O’ Diamonds et Chelsea Morning, respectivement piqués à Dylan et Mitchell. Je ne connaissais pas bien ce disque et je vous assure que ça m’a bien plu. Pourquoi pas vous ? (RAZOR©)

 

1. Time Will Show the Wiser.

2. I Don't Know Where I Stand.

3. If (Stomp).

4. Decameron.

5. Jack O'Diamonds.

6. Porfolio.

7. Chelsea Morning.

8. Sun Shade.

9. The Lobster.

10. It's Alright Ma, It's Only Witchcraft.

11. One Sure Thing.

12. M1 Breakdown.

 

Judy Dyble:chant,cithare,recorder,piano.

Ian McDonald:chant.

Richard Thompson:chant,guitare acoustique et électrique,mandoline.

Simon Nicol:chant,guitares 6 et 12 cordes,guitare acoustique.

Ashley Hutchings:basse,double basse,cruche.

Martin Lamble:percussions,violon.

Claire Lowther:cello.

 

LP Studio 2 - 1969

 

Fairport convention what we did on our holiday

 

FAIRPORT CONVENTION

WHAT WE DID ON OUR HOLIDAY – 1969  4/5

 

Publié en janvier 1969.

Produit par Joe Boyd.

Durée:38:07.

Label:Island (UK),A & M (USA).

Genre:folk-rock,folk.

 

Bien, mais le meilleur est à venir.

 

Au line-up précédent, vient s’ajouter, sur ce deuxième album et au chant, Sandy Denny, celle qui sera la « voix légendaire » de Fairport Convention, et qui va faire franchir un cap déterminant au groupe, sa devancière Judy Dyble étant partie pour explorer une carrière solo.

Même si Judie Dyble avait de sérieux atouts vocaux à faire valoir, comme il a été possible d’en juger dans l’album éponyme initial, Sandy Denny, marque son territoire, dès ce What We Did On Our Holiday paru en janvier 1969.

Orienté folk-rock, ce disque collecte certains grands moments du groupe : le célèbre et sublimissime Fotheringay, Meet On The Ledge, Eastern Rain (reprise de Joni Mitchell), She Moves Through The Fair et la version de Dylan I’ll Keep It With Mine.

Par contre, il a certaines faiblesses. Mr Lacey n’est pas indispensable dans ce contexte, tandis qu’un titre comme Book Song me semble un peu ennuyeux. The Lord In This Place est, quant à lui, plutôt bizarre et on se demande bien sa vocation sur ce disque. Passons sur No Man’s Land, avant que I’ll Keep It With Mine (Dylan) ne redonne un regain d’intérêt à l’album. La voix fluide, montante et énergique de Sandy Denny sort le LP d’une léthargie dans laquelle il végéte depuis trois, voire quatre titres. La performance vocale est majestueuse, la mélodie très jolie.

Eastern Rain, qui lui emboîte le pas, appartient au répertoire de Joni Mitchell, folkeuse du haut du panier. Fairport Convention en fait une très bonne interprétation. La ballade traditionnelle Nottamun Town (arrangée par le groupe dans son entièreté) est agréable avec son utilisation de la guitare acoustique. Tale In Hard Time ne me fera pas me relever la nuit. Ce qui n’est pas le cas du traditionnel She Moves In The Fair, porté par la voix exceptionnellement éthérée de Denny, et surtout de Meet On The Ledge, autre temps fort de What We Did On Our Holiday, au refrain accrocheur, qui en fait l’hymne de Fairport Convention. End Of A Holiday, instrumental acoustique, termine les vacances en douceur.

Comme vous pouvez le constater, cet album a du déchet. En dépit de cela, il vaut son pesant d’or car les titres porteurs sont vraiment des joyaux (et les parties moins bonnes restent quand même très honnêtes) qu’il faut avoir écoutés une fois dans sa vie.

Ce jour est venu, d’autant plus que l’album ne s’en trouve pas pour autant déséquilibré. Qui plus est, pour la voix obsessionnelle et envoûtante de Sandy Denny, il faut se lancer. Vous allez alors mettre le doigt dans un engrenage magique (RAZOR©).

 

1. Fotheringay.

2. Mr Lacey.

3. Book Song.

4. The Lord Is in this Place...How Dreadful Is this Place.

5. No Man's Land

6. I'll Keep It With Mine.

7. Eastern Rain.

8. Nottanum Town.

9. Tale in Hard Time.

10. She Moves Through The Fair.

11. Meet On The Ledge.

12. End of a Holiday.

 

Sandy Denny:chant,guitares acoustiques ,orgue,piano,clavecin.

Ian Matthews (McDonald):chant,congas.

Richard Thompson:guitare électrique et acoustique,piano,accordéon,chant.

Ashley Hutchings:basse,choeurs.

Simon Nicol:guitare électrique et acoustique,cithare électrique,dulcimer,choeurs.

Martin Lamble:percussions,batterie,violon,tabla,bruits de pas.

Bruce Lacey & His Robots sur 2.

Claire Lowther:cello sur 3.

Kingsley Abbott:bruit de pièces de monnaie sur 4,choeurs sur 11.

Paul Ghosh,Andrew Horvitch,Marc Ellington:choeurs sur 11.

 

LP Studio 3 - 1969

 

Fairport unhalfbricking

 

FAIRPORT CONVENTION

UNHALFBRICKING – 1969  5/5

 

Publié en juillet 1969.

Produit par Joe Boyd,Simon Nicol,Fairport Convention.

Durée:39:24.

Label:Island Records.

Genre:folk,folk électrique,folk-rock.

 

Quel panard !

 

Illustrée par la photo des parents de Sandy Denny, la pochette de Unhalfbricking, 3ème volet du catalogue de Faiport Convention a quelque chose de touchant dans la mesure où cette demeure devant laquelle ils posent sera celle où Sandy Denny, la chanteuse charismatique du groupe, perdra la vie lors d’une chute dans les escaliers en 1978.

Par ce disque, on entre dans la période dorée du Fairport. Sorti en juillet 1969, il se démarque des travaux antérieurs, plus influencés par la musique américaine du moment, pour s’installer, comme cela était perceptible sur le What We Did On Our Holidays précédent, dans le folk traditionnel british où il va désormais briller.

Avec le disque qui lui fera suite Liege And Lief, il constitue le nec plus ultra de la carrière du Fairport. Ces deux merveilles ont été produites en une année (1969), c’est dire leur fertilité.

Porté à bout de bras par Sandy Denny et son incomparable maîtrise vocale, ainsi que par le talentueux guitariste Richard Thompson (certainement le meilleur de son époque au Royaume-Uni et dans son registre), Unhalbricking brille sans attendre avec un Genesis Hall (chanté par Denny et Thompson) qui installe l’ambiance.

Le plaisir se flaire aussitôt. On sait que l’on va passer un excellent moment. Si Tu Dois Partir, repris à Dylan (If You Gotta Go, Go Now dans sa version originelle) est une excellente et fraîche interprétation en français, s’il vous plaît ! Ce titre, qui a été un single (21 dans les charts U.K.) confirme l’excellente impression de départ : on va prendre son pied.

Le convaincant Autopsy révèle les talents de compositeur de Sandy Denny. Les 11 minutes et « des » du tragique conte marin A Sailor’s Life, chant traditionnel, fixent les bases de ce que sera le futur artistique du groupe, ici amorcé, et définitivement inscrit dans Liege And Lief.

Sandy Denny est poignante et dramatiquement émotionnelle dans sa partie vocale. A noter sur ce titre, les touches subtiles du violon de Dave Swarbrick qui virevoltent autour de la guitare inspirée de Thompson. C’est fort et très émouvant.

Cajun Woman est intéressant, mais pas à mon goût. Puis nous voilà à ce titre que je trouve d’une beauté inouïe : Who Knows Where The Time Goes. Ce classique du Fairport, on le doit à Sandy Denny qui, non contente de nous dévoiler ses aptitudes à l’écriture, nous en fout plein la gueule cette fois-ci. Pur et terriblement mature, il a fait le bonheur de moult chanteurs et notamment de Judy Collins.

Deux autres reprises de Bob Dylan referment le chapitre de cet intemporel Unhalfbricking : l’excellent Percy’s Song et Million Dollar Bash, un peu moins efficace que l’original.

Album indispensable parmi les indispensables, Unhalbricking fut le dernier du batteur Martin Lamble, tué sur la route deux mois, avant sa sortie. Très affecté, le Fairport saura faire l’union sacrée pour publier l’autre joyau de sa période dorée : Liege And Lief.

Terriblement affecté par ce drame, le Fairportl fut à deux doigts de tout plaquer, ce qui, au regard de ce disque et de son suivant, aurait été très dommageable pour le folk british (RAZOR©).

 

1. Genesis Hall.

2. Si Tu Dois Partir.

3. Autopsy.

4. A Sailor's Life.

5. Cajun Woman.

6. Who Knows Where The Time Goes ?

7. Percy's Song.

8. Million Dollar Bash.

 

Sandy Denny:chant,clavecin.

Richard Thompson:guitare acoustique,dulcimer,piano,accordéon,orgue,choeurs.

Ashley Hutchings:basse,choeurs.

Simon Nicol:guitare électrique,guitare acoustique,dulcimer,choeurs.

Martin Lamble:batteur.

Ian Matthews:choeurs sur 7.

Dave Swarbrick:violon sur 2/4/5,mandoline sur 8.

Trevor Lucas:triangle sur 2.

Marc Ellington:choeurs sur 8.

DISCOGRAPHIE MATTHEWS SOUTHERN COMFORT 70'S.

LP Studio 2 - 1970

 

Matthews southern comfor later that same

 

MATTHEW’S SOUTHERN COMFORT

LATER THAT SAME YEAR – 1970  4/5

 

Publié en 1970.

Produit par Ian Matthews.

Durée:41:05.

Label:MCA/Decca.

Genre:folk rock,country rock,soft rock.

 

Aussi bien que les californiens.

 

Ian Matthews fut de la mouture initiale de Fairport Convention, celle qui fut influencée par la musique de l’American West Coast, mais en évoluant sous le nom de Ian MacDonald.

Cet auteur-compositeur-musicien-chanteur anglais, dès qu’il se libère, en 1969, d’un Fairport qui décide de prendre une autre direction, celle d’un folk british, continue à exploiter de très près cette veine country-rock américaine au point de signer un premier album solo fortement enraciné dans le genre : Matthews Southern Comfort (EMI/1969).

Ce LP est une expérience tellement fructueuse, une telle vitrine pour les qualités d’écriture de Matthews, qu’elle est reconduite sous l’identité de Matthews’ Southern Comfort (avec une apostrophe, please). Y prennent part outre Matthews, le guitariste Carl Barnwell, Gordon Huntley (pedal steel guitare), Andy Leigh (basse), Ray Duffy (batterie) et Mark Griffiths (guitare). Il enchaîne alors avec un excellent Second Spring (1969) et Later That Same Year (1970), troisième de rang, teinté de country et  qui n’a rien à envier à ses devanciers.

Construit autour d’un répertoire emprunté à des artistes ayant artistiquement pignon sur rue ou en vogue à l’époque (Joni Mitchell, le tandem King (Carole)/Goffin, Neil Young, Jesse Winchester, Alan C. Anderson), complété par deux titres de Carl Barnwell de Southern Comfort (il avait déjà collaboré à l’écriture sur le disque précédent), le moelleux Later That Same Year affiche également trois originaux qui sont l’apanage de Matthews (And Me, My Lady et Road To Ronderlin), trois belles petites pièces, dois-je préciser. Il succède dignement à Second Spring que j’aimais déjà beaucoup.

Matthews trouve en ces morceaux un terrain favorable pour laisser libre cours à un délicieux chant velouteux  et du même coup, pour emprunter défintivement sa propre voie. Car pour ce qui est de l’expérience Southern Comfort, elle prend fin ici pour de sombres histoires d’égos.

C’est aussi bon que ce qu’ont pu faire certains californiens du moment, agréable, avec de belles harmonies en cascade, de la belle steel guitare, une version tirée vers le haut de Woodstock, de Tell Me Why. Bref, ce disque est une très jolie surprise à recommander à plus d’un titre (RAZOR©).

 

1. Woodstock.

2. To Love.

3. And Me.

4. Tell Me Why.

5. My Lady.

6. And When She Smiles (She Makes The Sun Shine).

7. Mare Take Me Home.

8. Sylvie.

9. Brand New Tennessee Waltz.

10. For Melanie.

11. Road To Ronderlin.

 

Keith Nelson:banjo.

Andy Leigh:basse.

Timothy Kraemer:cello.

Ray Duffy:batterie.

Carl Barnwell:guitare.

Mark Griffiths:guitare.

Roger Coulam:piano.

Gordon Huntley:steel guitare.

Tristan Frye:vibraphone.

Ian Matthews:chant.

DISCOGRAPHIE SOLO 70'S.

LP Studio 5 - 1973

 

Ian matthews valley hi 1973

 

IAN MATTHEWS

VALLEY HI – 1973  5/5

 

Publié en août 1973.

Produit par Michael Nesmith.

Durée:35:54.

Label:Elektra.

Genre :folk-rock,country-rock.

 

Un rêve devenu réalité.

 

Ian (ou Iain) Matthews a été un membre du Fairport Convention dans la version évolutive voulue par Joe Boyd, son producteur (67/68), pour étoffer le line-up du groupe. Ian Matthews est alors Ian McDonald, chanteur et le Fairport pratique dans un folk-rock à l’américaine. Il y reste jusqu’à l’arrivée de Sandy Denny qui va donner une autre orientation aux anglais, en même temps que ses lettres de noblesse dans la musique folklorique traditionnelle.

Le Fairport n’ayant plus besoin de ses services, Mat’ McDo quitte la bande à Nicol, Hutchings et Thompson en plein enregistrement d’Unhalfbricking (69), faisant le choix de continuer seul et dans la direction folk-rock, country-rock américaine, seule voie à réellement le sensibiliser et à émoustiller ses dispositions pour le songwriting.

Matthews se sent capable d’explorer ce filon west-coast ; il n’a pas de plan précis pour le faire mais un rêve, une vision et une grande détermination pour y parvenir ainsi que les coudées franches. Après une période de tâtonnements, de réflexion, il réunit pour un premier LP, Matthews Southern Comfort, quelques musiciens proches dont Ashley Hutchings, Simon Nicol et Richard Thompson du Fairport, visiblement pas rancuniers.  Il monte alors le groupe du même nom, Matthews Southern Comfort, dont la musique emprunte beaucoup au country-rock, créneau alors peu exploité dans l’Old Albion du moment et comme l’attestent ses albums Second Spring (69) et Later That Same Year (70).

Sa carrière se poursuit ensuite sous son propre nom ; elle est ponctuée, jusqu’à Valley Hi de 1973, de trois beaux LP, tous sortis en 1972 : If You Saw Thro’ My Eyes/Tigers Will Survive et l’excellent Journey From Gospel Oak (fait en 5 jours). Matthews s’offre également un intermède avec Plainsong, des britanniques férus comme lui de country-rock. Un très bon album en découle, In Search Of Amelia Earhart (72), une de ses plus belles pièces. Plainsong est une expérience qui aurait mérité un meilleur sort. J’y reviendrais dans une prochaine chronique.

Valley Hi arrive en 1973. Il est aussi un grand moment de son œuvre, certainement le meilleur album de west-coast réalisé de l’autre côté du Channel. Les Matthews déménagent pour Los Angeles où ils retrouvent Michael Nesmith, l’ex-Monkees qui, en prenant en main le projet de Ian, n’est pas étranger à son succès. Album abouti qui rapproche la vision folk-rock britannique de Matthews vers les douces et cristallines sonorités californiennes, Valley Hi déroule une très belle collection de pièces que la critique voit d’un très bon œil. Moi aussi.

Son répertoire s’appuie sur trois titres portant sa signature (Keep On Sailing/Leaving Alone/Save Your Sorrows), du traditionnel (Old Man At The Mill) et des reprises. De Richard Thompson (Shady Lies), de Jackson Browne (These Days), de Steve Young (Seven Bridges Road), de Randy Newman (What Are You Waiting For?), de Don Gibson (Blue Blue Day) et du producteur-guitariste Michael Nesmith (Propinquity).

Du costaud solidifié par un groupe de soutien aguerri aux choses de la west-coast : Red Rhodes dont on louera ici la très belle prestation à la steel guitare, Byron Berline, venu avec son violon, le claviériste Dave Barry, Billy Graham à la basse, les batteurs Dany Lane et Robert Warford, le guitariste Jay Lacy, les anciens sauront de quoi on cause…

L’idée qu’a Matthews de fusionner les écoles anglaise et américaine tombe ici sous le sens. Transposition réussie de sa vision, le résultat est exceptionnel et ce n’est pas sa voix un peu trop fluette par endroits qui pourra discréditer quoi que ce soit.

Partant de là, c’est avec beaucoup de plaisir que l’on posera son séant dans un bon fauteuil moelleux pour se la jouer en tête à tête avec ce disque apaisant, agencé intelligemment pour que tout s’écoule de la meilleure manière qui puisse être. Je vous promets du grand. Et du très grand. Mention spéciale à These Days, Propinquity, Seven Bridges Road, Keep On Sailing, Old Man At The Mill, Save Your Sorrows. Le rêve de Matthews  est enfin devenu réalité (RAZOR©).

 

1. Keep On Sailing.

2. Old Man at the Mill.

3. Shady Lies.

4. These Days.

5. Leaving Alone.

6. Seven Bridges Road.

7. Save Your Sorrows.

8. What Are You Waiting For.

9. Propinquity.

10. Blue Blue Day.

 

Ian Matthews:guitare,chant.

Michael Nesmith:guitare.

Red Rhodes:steel guitare.

Byron Berline:violon.

David Barry:claviers.

Billy Graham:basse,violon.

Danny Lane:batterie.

Robert Warford:guitare.

Jay Lacy:guitare.

DISCOGRAPHIE PLAINSONG 70'S.

LP unique - 1973

 

Plainsong in search of amelia earhart 1972

 

PLAINSONG

IN SEARCH OF AMELIA EARHART – 1972  5/5

 

Publié en avril 1972.

Produit par Sandy Roberton.

Durée:39:28.

Label:Elektra.

Genre:country rock,folk rock.

 

Quand le Fairport Convention s’installe à Nashville.

 

Battons le fer tant il est chaud. Je vous ai précédemment promis la tête de Plainsong, je vous la livre sur un plateau. Formation qui bat pavillon britannique, si on devait en faire un résumé lapidaire, ça serait du genre : Fairport Convention à Nashville. Cette image codée ne va pas éclairer beaucoup votre lanterne. Faisons simple et court.

Le Fairport Convention initial, alors dans une phase musicale pro américaine, n’est pas encore le précurseur et la figure légendaire du folk anglais qu’il deviendra. Ian Matthews (McDonald) est le membre du groupe qui est le plus fervent défenseur de la West Coast californienne que Fairport Convention veut abandonner au profit du genre qui les starisera. Matthews insiste en solo pour développer son idée de fusionner le folk-rock british avec son pendant américain. Avec Andy Roberts, il fonde Plainsong, son quatrième collectif en trois ans, que rejoignent Dave Richards et Bob Ronga.

Plainsong est aujourd’hui retenu comme un des seuls groupes de folk-rock/country-rock de l’Old Albion. Son plus digne représentant, ça c’est sûr et certain, il n’est qu’à se rappeler le très bel album résultant de la courte activité qu’il a eu : In Search Of Amelia Earhart, sorte de semi LP concept sur la célèbre aviatrice, publié au cours d’une année 1972, qui voit  par ailleurs Plainsong se former, partir dans une tournée et se séparer pour divergence artistique entre Matthews et Richards.

Malgré un projet à venir, on n’entendra plus parler de Plainsong, jusqu’à ce qu’une reformation ne soit engagée en 1991. Elle prend malheureusement fin en 2012 au motif de la difficulté géographique de réunir régulièrement ses membres. Trois albums ponctuent ce renouveau.

Ian Matthews est l’élément moteur de Plainsong. Il assure, comme il l’a souvent fait dans sa carrière, l’excellente écriture de 5 des 11 titres d’In Search Of Amelia Earhart, produit par Sandy Robertson (Steeleye Span). Le reste est constitué de reprises de Paul Siebel (on en parlait dernièrement), de Jim Fagan, Rick Cunha, Dave McEnery, Albert Brumley et du couple Jerry Yester/Judy Henske.  Il partage le chant avec  Andy Roberts. C’est un des temps forts de cet opus cohérent, sombre, fin, doux et agréablement feutré, avec son chorus magnifique.

Dans ce dernier répertoire, Plainsong fait du Louise de Paul Siebel un grand moment d’émotion. I’ll Fly Away, Yo Yo Man, Raider, Call The Tune, Diesel On My Tail et True Story Of Amelia Earhart sont les autres faits saillants ici. Comme de coutume, quand les critiques font, au dessus du berceau, l’éloge du bébé, c’est l’aspect commercial qui claudique.

Cela n’enlève en rien l’immense  respect que je voue à Ian Matthews, un Seigneur, pour l’intégralité de son parcours, mais plus particulièrement ici, avec ses collègues anglais de Plainsong. Les années ont défilé depuis 72 mais les souvenirs et les émotions demeurent. Allez, pour Plainsong : “God Save The Queen, God Save Our Gracious Queen, Long live Our Noble Queen, God Save The Queen…” (RAZOR©)

 

1. For the Second Time.

2. Yo Yo Man.

3. Louise.

4. Call the Tune.

5. Diesel on My Tail.

6. Amelia Earhart's Last Flight.

7. I'll Fly Away.

8. True Story of Amelia Earhart.

9. Even the Guiding Light.

10. Side Roads.

11. Raider.

 

Ian Matthews:guitare,chant.

Andy Roberts:guitare,chant.

Dave Richards:guitare,voix.

Bob Ronga:basse,voix.

Martin Jenkins:mandolin,cello.

Dave Mattacks,Timi Donald:batterie.

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