Ian & Sylvia

BIOGRAPHIE.

 

IAN & SYLVIA/Toronto (Canada)

 

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Actif entre 1959 et 1975.

Label:Vanguard,MGM,Columbia.

Genre:folk,folk-rock,country,country-rock.

 

De Greenwich à Nashville.

Apparus sur la scène folk revival du début des 60's, Ian Tyson et Sylvia Fricker, connus sous l'appellation de Ian & Sylvia, ont été parmi les catalyseurs du genre. Des groupes comme Jefferson Airplane, We Five, les Mamas & Papas et même les débutants anglais du Fairport Convention savent tout ce qu'ils doivent à ces artistes canadiens dans le démarrage de leurs carrières respectives.

Jusqu'au milieu des sixties, ils ont alors tout connu : les concerts new-yorkais blindés, les têtes d'affiche des plus grands concerts, à l'image du Festival de Newport ou du Mariposa Folk Festival (Toronto), des chansons qui mettent la lumière sur leurs talents d'auteurs-compositeurs, comme Four Strong Winds, un des plus grands titres folk de tous les temps, et le succès avec You Were On My Mind, quand les We Five le popularisent (N°3 au Billboard 1965).

La British Invasion et les Beatles déferlant sur le continent américain, Ian & Sylvia, comme beaucoup de folkeux en vogue de l'époque, ont choisi, plutôt que de disparaître, de brancher leur guitare ; s'ils sont parmi les premiers à aller humer l'odeur de Nashville, avant même les Byrds (Sweetheart of The Rodeo), et à passer au country-rock, ils laissent des plumes dans l'affaire en perdant une grande partie de leurs fans, sans pour autant se reconstituer un autre panel de supporters.

Comme Dylan, dont le couple aime intégrer un de ses titres dans leurs albums, le duo connait alors les sifflets et les huées pour trahison envers le folk. Les chouchous de la musique folk américaine deviennent les parvenus de la country moderne. On ne peut toutefois que s'incliner devant cette paire éminemment influente dans l'essor du folk, du folk-rock et des débuts du country-rock.

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Parmi les duos les plus populaires.

Le Canada a donné le jour à un des couples folk les plus populaires de la musique : Ian Tyson et Sylvia Fricker, dont les débuts musicaux en qualité de duo remontent à la fin des années 50. Couple à la scène, il l'est aussi à la ville dès 1964. Leur union est couronnée par la venue d'un enfant, Clayton (1966), mais prend fin en 1975.

Ian Tyson, plus âgé de 7 ans, fait ses débuts sur le circuit de Vancouver dès 1956, où il évolue au sein des Sensational Stripes, groupe qui reprend essentiellement des chansons d'Elvis Presley et de Buddy Holly.

Rodéoman, il apprend la guitare à l'occasion d'une longue immobilisation due à une mauvaise chute de cheval. De Vancouver, Tyson le téméraire déménage sur Toronto où il se professionnalise en se produisant dans les clubs de la ville de l'Ontario et de sa périphérie.

Sur cette place, il fait la connaissance de Sylvia Fricker avec laquelle il commence à chanter, début 1959, sous Ian & Sylvia. Le répertoire initial est folk, axé sur des chants traditionnels irlandais, écossais et canadiens, français et même country & Western. Ils ne tardent pas à couvrir, avant tout le monde, les chansons de Dylan, de Joni Mitchell, de Steve Gillette et de Gordon Lightfoot notamment.

Sylvia Fricker est native de Chatham dans l'Ontario. Fille d'un manager de grands magasins et d'une professeur de musique, elle est élevée dans un environnement favorable à la musique ; scolarisée dans une école privée, elle cherche par tous les moyens à s'échapper de son quotidien monotone.

De 1959 à 1975.

Son emploi temporaire de vendeuse de bijoux ne la valorise pas et, comme elle ne pense qu'à chanter et à jouer de la guitare, elle rejoint Toronto en 1959 où elle rencontre Ian Tyson. Le duo se forme alors : elle a 20 ans, Ian 27 ; la voix de baryton de Ian et celle soprano avec vibrato de Sylvia se marient à merveille, les deux grattent aussi.

De partenariat musical, leur collaboration évolue rapidement vers une relation étroite, plus affection profonde et durable qu'histoire d'amour passionnée. Ce rapprochement conduit Ian & Sylvia sur l'échiquier de Greenwich Village où ils attirent l'attention d'Albert Grossman, manager de Bob Dylan et de Peter Paul & Mary.

En 1962, Grossman leur permet de décrocher un contrat auprès du label de Manhattan, Vanguard Records, lequel a dans son escarcelle des folksingers notoires comme Joan Baez, Hedy West, le trio Rooftop Singers, l'amérindienne Buffy Sainte-Marie ou Mimi et Richard Farina. Ils y publient un premier LP, éponyme.

Iansylvia tom paxton

« Sylvia était une partenaire musicale à part entière ; elle était sur le même pied d'égalité que Ian. Il n'y avait aucun doute là-dessus. Ce n'était pas Ian avec Sylvia, c'était Ian et Sylvia. » (Tom Paxton)

L'album, alimenté par des airs traditionnels britannique, canadien et même français, n'est pas une réussite commerciale, mais permet cependant au duo de se constituer une base de fidèles et de prendre place à l'avant-garde du théâtre folk de Manhattan. Ian hérite même du surnom de Clark Gable de Greenwich. Ce premier disque ouvre au couple la porte du festival de Newport 1963.

Four Strong Winds et You Were On My Mind.

A l'instar de Dylan et d'Arlo Guthrie, auteurs de leurs propres chansons, Ian, influencé par la country, et Sylvia, par le blues, se mettent à composer leur matériel original. Timidement d'abord, car Four Strong Winds, leur deuxième LP paru en 1964, est encore essentiellement traditionnel et s'appuie sur la formule de l'album précédent, à la différence près que le duo fait ici appel à des musiciens de sessions ; seules la chanson donnant le titre à ce second volume discographique et une couverture de Dylan (Tomorrow Is A Long Time) échappent à cette impression de copié-collé.

Iansylvia 1Ian & Sylvia, du folk traditionnel...

Ian sylvia great speckled bird band...au country-rock avec The Great Speckled Bird.

Four Strong Winds est signée Ian Tyson et reprise notamment par Neil Young sur Comes A Time (1978), bien que des artistes comme les Seekers, Judy Collins, Bob Dylan, Marianne Faithfull, le Kingston Trio, Joan Baez, Johnny Cash ou Waylon Jennings se la soient appropriée aussi.

Bobby Bare en fait même un N° 3 dans le Billboard country.

Vient Northern Journey, toujours en 1964. Troisième volet du catalogue, il s'appuie encore sur un lot conséquent de traditionnel, mais bénéficie aussi de l'apport de Ian et de Sylvia.

Cette dernière y va d'un convaincant et bluesy You Were On My Mind, demeurée à ce jour la pièce la plus connue du duo.

Ecrite en 1962 dans la salle de bains d'un hôtel de Greenwich Village où Sylvia s'est réfugiée pour échapper à des cafards, la chanson connaît un franc succès en passant entre les mains des sanfranciscains de We Five qui en font une adaptation mid-tempo plutôt intéressante, en 1965.

En 1972, You Were On My Mind est réenregistrée par le couple qui évolue alors sous la bannière du groupe country-rock Great Speckled Bird.

Malgré des retombées commerciales toujours maigres, Four Strong Winds et Northern Journey permettent néanmoins à Ian et Sylvia de jouir désormais d'une audience plus internationale.

Concentré d'originaux et de traditionnels, appuyé par un couple de chansons destinées à promouvoir le débutant Gordon Lightfoot, canadien comme Ian et Sylvia, ou empruntées au floridien Steve Gillette, également artiste Vanguard, Early Morning Rain est publié en 1965. A relever sur ce disque une très belle couverture de Come In Stranger de Johnny Cash.

Du folk trad au folk-rock.

Early Morning Rain précède le passage (en douceur) au folk-rock, effectif dès Play One More (1966). Le traditionnel est pour une fois absent d'un répertoire évoluant vers la pop grâce aux arrangements d'un certain Felix Pappalardi. Des chansons comme Play One More, Twenty Four Hours From Tulsa et The French Girl traduisent le changement qui s'opère.

En 1967, le duo sort So Much For Dreaming qui, s'il confirme l'orientation pop électrifiée énoncée précédemment, ne confirme pas pour autant la progression de Ian et de Sylvia. Disque assez faible et très insuffisant malgré quelques belles pièces comme Circle Game (Joni Mitchell), Wild Geese, Cutty Wren, Catfish Blues et January Morning, il n'ajoute rien à la gloire du duo. Encore tatillon sur la direction artistique à prendre, le tandem se noie dans ses contradictions. So Much For Dreaming, dispensable, est le dernier de l'ère Vanguard, auquel il doit encore un LP.

Ian & Sylvia rebondissent furtivement chez MGM pour lequel ils enregistrent deux albums les installant réellement dans le folk-rock électrique et les mettant sur les rails du country-rock : Lovin' Sound (1967) et Full Circle (1968). Si certains fans leur en font le grief et leur tournent les talons, ils n'y sont pas ridicules du tout, au point qu'ils se projettent complètement dans cette direction artistique en signant un nouveau disque dont le titre situe bien les intentions musicales : Nashville.

L'influent Great Speckled Bird.

L'intitulé a le mérite d'être clair, d'autant que le couple y déménage également. Nashville (1967) est réalisé pour le compte de Vanguard à titre de solde de tout compte  ; chronologiquement, le 8ème opus se glisse juste avant Full Circle qui clôt le partenariat avec MGM.

S'ensuit alors le montage d'un groupe pas piqué des vers, The Great Speckled Bird (1968), inspiré de l'hymne sudiste du même nom enregistré par Roy Acuff et repris plus tard par Johnny Cash. Avec Todd Rundgren à la production, le disque éponyme en découlant et sorti en 1970 chez Ampex, réunit, outre Ian et Sylvia, Buddy Cage, Amos Garrett, N.D Smart, David Briggs et Norbert Putnam, autrement dit le gratin de Nashville. Le duo évolue alors dans la veine de groupes comme Poco. Mal distribué, l'album ne touche pas vraiment sa cible ; avec le recul, il s'avère être une des meilleures œuvres de Ian & Sylvia et un disque influent pour le genre.

Derniers opus en commun, Ian & Sylvia, en 1971 et You Were On My Mind, en 1972 et pour CBS, font essentiellement dans un répertoire country traditionnel, mais sans bousculer la hiérarchie. Le couple commence alors à battre de l'aile, artistiquement comme sentimentalement et divorce en 1975.

Restés en bons termes, ils prennent une voie professionnelle différente, se retrouvent à l'occasion de réunions commémoratives pour le plus grand plaisir de leur public canadien qui lui, ne s'est jamais détourné du couple (RAZOR©).

 

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 2 - 1964

 

Iansylvia four strong winds

 

IAN & SYLVIA

FOUR STRONG WINDS – 1964  4,5/5

 

Publié en 1964.

Durée:41:11.

Label:Vanguard.

Genre:folk,folk-pop,folk-rock.

 

Harmonie sur toute la ligne.

 

Les Tyson étaient très amis avec les Dylan. Entendez par là que Ian & Sylvia, le duo emblématique de folk canadien, fréquentaient régulièrement, quand Bob faisait relâche dans son programme infernal, l’auteur de Blowin’ In The Wind et sa petite amie d’alors, Suze Rotolo, celle-là même qui apparaît, bras dessus, bras dessous avec le Zim, sur la pochette de The Freewheelin’. C’était l’époque de Greenwich Village et de l’appartement de la 4 th West Street, un temps doré et des lieux légendaires où chaque rencontre était alors prétexte à échange artistique, quand ce n’était pas motif pour se tirer la bourre.

Dylan était fan de Ian, voire même le craignait. A l’instar de beaucoup de gars de Greenwich, le canadien était copié pour son port cool, son look de cow-boy et Dylan, comme les autres, subissait l’influence de cet artiste bien de son temps, allant même jusqu’à faire ses premières expériences avec la marijuana en sa compagnie.

Sylvia, c’est une fille Fricker de l’Ontario, qui aurait pu voler de ses propres ailes plutôt que de jouer les comparses pour son homme. Elle était belle et avait la voix pour. Leur amour débouche sur une union en 1964, année de la sortie de ce qui reste le temps fort discographique de leur partenariat avec son suivant (Northern Journey de 1964) : Four Strong Winds (en écoute intégrale ici). Dylan l’admirait également.

Le duo, actif de 1961 à 1975, année de leur divorce, a été signé par Albert Grossman, l’homme derrière les premiers pas de Dylan dans la carrière. Acteurs avant-gardistes du folk revival des 60’s, Ian & Sylvia méritent bien mieux que le manque d’intérêt dont ils ont souvent été victimes. Raison de plus pour tenter d’en dessiner les contours et de cerner l’explication de cette mise à l’écart injustifiée, avec Four Strong Winds, titre de leur deuxième LP qui reprend le nom d’une chanson écrite par Ian Tyson au début des années 60, devenue depuis un classique et sa seule vraie signature. Il figure ici. On ne compte plus les artistes qui se sont approprié ce titre. Parmi les plus illustres : Neil Young, Bob Dylan, Judy Collins, Joan Baez, Waylon Jennings ou Johnny Cash.

Comme dans le premier disque éponyme qui précède (de 1962), le répertoire éclectique s’appuie sur une base folk traditionnelle internationale, interprétée en alternance et en harmonie par deux voix interactives, vive, puissante et expressive pour Ian, éthérée pour Sylvia, ainsi que soutenue par une instrumentation à minima (une basse/Eric Weissberg et une seconde guitare/John Herald s’invitent parfois). La prestation acoustique (et cithare) ici relevée est extraordinaire de spontanéité et de technicité. C’est du boulot bien propre.

Parmi les must, du gospel, du traditionnel, du bluegrass, du blues, du folklore étranger (anglais, franco-canadien, irlandais, de l’original et de la reprise: le gospel Jesus Met The Woman At The Well, l’enjoué Every Time I Feel The Spirit, l’énergique The Greenwood Sidie (a cappella) sur l’infanticide (The Cruel Mother), le fougueux Vl’a l’Bon Vent, le Dylan de service Tomorrow Is A Long Time (pas encore libéré à cette époque), le merveilleux Ella Speed, la poignante ballade black Poor Lazarus, Katy Dear (Silver Dagger) et sa mémorable mélodie, la magique chanson titre, d’une merveilleuse douceur, Royal Canal et le blues Every Night When The Sun Goes Down.

11 merveilles sur 14 (les trois seconds couteaux sont également de bons titres), peu d’albums peuvent revendiquer un tel exploit. Ian & Sylvia l’ont fait. Four Strong Winds est une vraie réussite à côté de laquelle il serait inconvenant de passer. Ce duo canadien est ce que j’ai entendu de mieux sur la scène folk revival des sixties. (RAZOR©).

 

1. Jesus Met The Woman At The Well.

2. Tomorrow Is A Long Time.

3. Katy Dear.

4. Poor Lazurus.

5. Four Strong Winds.

6. Ella Speed.

7. Long Lonesome Road.

8. V'La L'bon Vent.

9. Royal Canal.

10. Lady Of Carlisle.

11. Spanish Is A Loving Tongue.

12. The Greenwood Sidie.

13. Every Night When The Sun Goes Down.

14. Every Time I Feel The Spirit.

 

Eric Weissberg:basse.

John Herald:guitare.

Ian Tyson:guitare acoustique,chant.

Sylvia Tyson:chant,cithare.

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