Ill Wind.

BIOGRAPHIE.

 

ILL WIND/Boston (Massachussetts)

 

Ill wind 1

 

Actif entre 1965 et 1968,de 1970 à 1973.

Label:ABC Records.

Genre:folk-rock psychédélique,folk-rock,rock psychédélique,Bosstown Sound.

Site officiel:www.ill-wind.com


Quand Boston rivalise avec Frisco.

La scène de Boston et celle de San Francisco ont en commun leur socle psychédélique. Là où Jefferson Airplane, Grateful Dead ou Quicksilver Messenger Service ont germé avant de devenir les groupes légendaires de l'acid rock que l'on connaît et qui ont façonné le San Francisco Sound, son pendant du Massachussetts a produit les Ultimate Spinach, Apple Pie Motherhood Band, Beacon Street Union, Earth Opera, Orpheus, Puff. Les noms sont certes bien moins ronflants mais non dénués de talent pour autant.

Au Fillmore de Bill Graham, la place de Boston tente de répliquer avec le Boston Tea Party, dont les Hallucinations et Ill Wind contribuent à faire un lieu incontournable du psychédélisme.

Ill wind 3Ill Wind, maillon fort de la scène de Boston.

Illwind 2Très populaire en Nouvelle-Angleterre.

Ill wind conny dewaneyConnie Dewanney.

Ill wind flashesFlashes, un LP plombé dès sa réalisation.

Sur un terreau garage alors en plein boom naît un cadre qui, appuyé par un marketing habile, initié par le producteur Alan Lorber, va chercher à imposer un nouveau genre : le Boston Sound ou Bosstown-rock.

Si à l'origine, le concept visant à promouvoir le psychédélisme à Boston semble frais, neuf, bien pensé, qu'il n'échappe pas aux labels régionaux, MGM notamment, pour lequel c'est une aubaine inespérée, il se révèle, au final, abracadabrant et contre-productif malgré un battage médiatique énorme. Boston ne rivalisera jamais avec Frisco ; dans ce contexte d'exploitation de l'esprit pysché, peu de groupes parviennent à tirer leur épingle du jeu ou à s'approcher de l'unité spirituelle qui sied à la ville nord-californienne.

Ill Wind, maillon fort du Massachussetts.

Ill Wind reste toutefois un des contributeurs les plus représentatifs de cet échiquier qui, outre le fait d'avoir permis à de jeunes musiciens d'explorer de nouvelles possibilités créatives en s'ouvrant aux drogues, fut un grand incubateur de talents.

Ill Wind naît en 1965 au Massachussetts Institute of Technology de Cambridge quand Ken Frankel, alors étudiant en biophysique et musicien expérimenté (banjo, mandoline et guitare), professionnel depuis l'âge de 16 ans (The Newports), rencontre Carey Mann qui, lui, étudie les mathématiques. Ce dernier n'a pas le même passé musical et doit se satisfaire alors d'avoir pratiqué le piano dans une formation de Dixieland de Pennsylvanie et de jouer de la guitare dans le groupe de jazz du MIT.

Carey, Ken et sa petite amie Judy Bradbury (chant) jouent sur le circuit de Boston sous le nom de Norm And Judy (1964/65), avant de passer à l'électrique au sein des Blues Crew (fin 1965) qui devient The Prophets au printemps 1966.

Le philadelphien Richard Griggs (chant et guitare rythmique) et Dave Kinsman (batteur) entrent alors, dès l'été de la même année, en lieu et place de Stu Schulman, le bassiste du moment, et du batteur alors en activité.

Griggs ne convenant pas à la basse, il hérite de la guitare rythmique tandis que Carey Mann glisse au poste non pourvu. Ce line-up est admis comme étant la première incarnation de Ill Wind.

Du folk-rock au folk-rock psychédélique.

Démarré avec un mélange de folk-rock et de bluegrass, le groupe évolue vers le blues et le psychédélisme. C'est à cette époque qu'il hérite de ce nom. Cette mouture d'origine reste à l'identique jusqu'à la fin de 1966, date à laquelle Judy quitte le groupe pour aller enseigner à Hawaï. Elle est suppléée, dès le début de 1967, par une chanteuse (et harmoniciste) de blues originaire du New Jersey, Connie Dewanney, recrutée par petite annonce.

La formation remaniée, avec trois chanteurs principaux, autant de songwriters et un répertoire de chansons où les harmonies vocales alternent avec les jams instrumentales, donne ses premiers concerts sur les campus universitaires et dans les soirées communautaires de la périphérie de Boston et Cambridge.

Ill Wind devient un des groupes les plus populaires de la Nouvelle-Angleterre et de la région de New York. Il attire l'attention des organisateurs de spectacles et fait ses débuts au Boston Tea Party, la scène en vogue sur Boston. Ill Wind est pris très au sérieux et se structure pour franchir un cap.

Au milieu des meilleurs...

Tom Frankel (manager) et Berred Ouellette (road manager) entrent alors pour étoffer le staff d'encadrement. Occupé à temps plein, Ill Wind se retrouve à partager l'affiche avec les grands noms du rock comme les Byrds, Moby Grape, les Who, Fleetwood Mac, Vanilla Fudge, Van Morrison, les Rascals ou Jethro Tull.

Quelques démos pour Capitol, hélas jamais publiées, laissent toutefois espérer au groupe un contrat d'enregistrement imminent. Le talent est là, l'enthousiasme du public, la matière... reste à décrocher un engagement.

La belle tournée engagée en Californie et à New York durant le Summer Of Love laisse augurer de lendemains meilleurs, d'autant qu'Ill Wind y rencontre Tom Wilson, le producteur légendaire de Dylan et Simon & Garfunkel, lequel s'engage à produire l'album que le groupe enregistre pour ABC Records : Flashes (1968), un album dont la sauce n'a pas prise, faute d'une fusion aboutie entre le folk-rock terreux d'Ill Wind et un psychédélisme de pacotille.

Les malheurs de Flashes.

La réalisation de Flashes se fait dans des conditions discutables pour un groupe encore très immature dans le processus d'enregistrement : Tom Wilson ne montre pas le professionnalisme dont il est coutumier, ABC pousse aux fesses pour publier au plus vite, tandis que les musiciens, premiers concernés, sont écartés des séances de mixage...

Ill wind carey mann

« Les premiers concerts dans les bars, le public était plutôt passif. De toute façon, j'étais personnellement trop nerveux pour remarquer quelque chose. Le public des collèges était beaucoup plus facile et disponible que celui des bars. Dans l'ensemble et la plupart du temps, nous faisions des trucs plutôt collégiaux. Si ça dansait, c'est que le groupe était à son meilleur. Je me souviens d'une fois où la réaction du public a été plus marquée ; c'était après la sortie de Flashes. » (Carey Mann)

Qui plus est, la photographie de couverture arrière étant bâclée, la parution de l'album est reportée de 6 mois. D'autre part, une double erreur dans le dispositif de pressage (le disque saute au niveau de High Flying Bird) et dans la quantité (insuffisante pressée) contribuent à abîmer l'image d'un disque pourtant très bon et que la critique a admis comme tel. Cerise sur le gateau, le LP est très mal promu au moment où le soufflé du Bosstown Sound retombe.

Déçu des faibles retombées commerciales de Flashes, Carey quitte Ill Wind au milieu de l'année 1968, ce qui n'arrange pas ses affaires, compte tenu qu'il est un maillon fort du groupe.

Michael Walsh le remplace à la basse et au chant. Cahin-caha, Ill Wind boucle ses engagements jusqu'à la fin de l'année avant de se séparer et de se reformer en avril 1970.

Ill Wind rebondit.

Si Carey Mann est de retour, il glisse au poste de guitariste principal laissé libre par Ken Frankel (parti pour la Californie), Walsh étant reconduit à la basse. Carey prend aussi l'orgue, jusqu'à ce qu'il ne quitte une nouvelle fois le groupe 5 mois plus tard (août 1970).

Suite à son départ, les membres restants (Griggs, Kinsman, Devanney, Walsh) recrutent un nouveau guitariste, Larry Carsman. Ce line-up reste en place jusqu'au début de l'année 1971, date à laquelle Walter Bjorkman vient relayer Carsman à la guitare, avant de perdre Richard Griggs au printemps.

Bryant Thayer saute dans la brèche mais pour quelques mois seulement. A partir de là, Ill Wind poursuit sa carrière (jusqu'à sa dissolution en 1973) comme quatuor.

Conny Dewanney et Dave Kinsman sont alors les seuls rescapés du seul album crédité à ce groupe, Flashes qui, malgré le fait d'avoir été réalisé pour un label majeur, n'a pas généré le retour sur investissement que sa qualité pouvait laisser espérer.

Sans orientation musicale vraiment cohérente, avec une matière assez inégale et une production laissant à désirer, Ill Wind n'a jamais pu mettre réellement en avant ses belles dispositions.

Partant de là, sa popularité reste cantonnée à la seule Nouvelle-Angleterre, sans jamais avoir de franches retombées nationales, encore moins internationales. Grâce aux rééditions, Ill Wind retrouve des couleurs depuis. Juste retour des choses, car le groupe avait des arguments à faire valoir (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio unique - 1968

 

Ill wind flashes

 

ILL WIND

FLASHES – 1968  3,5/5

 

Publié en 1968.

Produit par Tom Wilson.

Durée:40:21.

Label:ABC Records.

Genre:folk-rock psychédélique,rock psychédélique.

 

Enfanté dans la douleur.

 

Venus du Massachussetts et notamment de la périphérie de Boston, nos amis d’Ill Wind (Vent Mauvais dans la langue de Momo) pratiquent une musique dont la qualité et la pertinence les situent parmi les meilleurs spécialistes du genre de leur région.

Leur folk-rock éthéré et feutré, coloré de bluegrass et de psyché, rehaussé par des chœurs généreux, trempé dans une ambiance parfois étrange et soporifique, leur ouvre les portes de la Boston Tea Party, salle de concert mythique de Boston associée au mouvement psychédélique.

Ils en deviennent rapidement des pensionnaires réguliers et fétiches, côtoyant notamment le Dead qui y a creusé son trou et partageant la scène avec Van Morrison, J. Geils Band ou autres Fleetwood Mac.

Passé à l’électricité dès 1966 via des moutures expérimentales antérieures, Ill Wind concentre la voix proéminente de Judy (Bradbury) Frankel (à laquelle succède la tout aussi fantastique Conny Devanney pour l’album), le toucher de guitare délié et démonstratif de son mari, Ken Frankel, la guitare rythmique dynamique de Richard Zvonar dit Rich Griggs, par ailleurs le compositeur du groupe, la basse élastique et déterminée de Carey Mann, le jeu en souplesse et en justesse du batteur David Kinsman.

Flashes (1968) est leur référence suprême, mais surtout est leur unique ovulation. Enfanté dans la douleur en raison d’un budget des plus serrés, de problèmes avec le producteur Tom Wilson, finalement peu concerné par le projet, et de sombres histoires de drogue qui ont ralenti la réalisation du disque, sa sortie est un flop complet, d’autant plus que l’ensemble des pièces pressées présentaient un défaut (sur le morceau High Flying Bird). Ill Wind n’intéresse alors plus personne, pas plus dans la profession que dans le public auprès duquel la promotion est bâclée.

Maintenant que tout est rentré dans l’ordre, on peut apprécier à sa juste valeur la qualité de ce travail collectif installé dans une atmosphère très planante.

C’est dans l’esprit tout ce qu’il y a hippie : country-folk pépère à l’image de Walking And Singing, de la belle mélodie (People Of The Night), dansant comme Sleep, pop psychédélique façon Little Man, d’une douceur éthérée et langoureuse à faire se hérisser le poil (Dark World), lourd et crispant (LAPD), revisité à la hausse comme ce classique californien (High Flying Bird) ou accablé comme l’extraordinaire final nommé Full Cycle.

Ill Wind ne manque pas d’arguments, c’est le moins que l’on puisse dire. Je ne connaissais pas à l’époque car ce genre de produits ne remontait pas jusqu’à nous à la fin des 60's. En ce sens Internet a du bon qui m’a permis de découvrir ce disque, boiteux de son temps mais qui s’est depuis refait une santé de fer ; j’vous raconte pas. Je ne regrette pas cette rencontre, j’y ai puisé beaucoup de plaisir (RAZOR©).

 

1. Walkin' and Singin'.

2. Sleep.

3. Little Man.

4. Dark World.

5. L.A.P.D.

6. High Flying Bird.

7. Hung Up Chick.

8. People of the Night.

9. Full Cycle.

 

Ken Frankel:lead guitare,banjo.

Richard Griggs (R. Zvonar):guitare rythmique,chant.

David Kinsman:batterie.

Carey Mann:basse,chant.

Conny Devanney:chant.

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