Jackson Browne.

BIOGRAPHIE.

 

JACKSON BROWNE/Los Angeles (Californie)

 

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Né le 9 octobre 1948 à Heidelberg (Allemagne).

Actif depuis 1966.

Labels:Elektra Records,Asylum Records,Inside Recordings.

Genre:folk,rock,folk-rock.

Site officiel:jacksonbrowne.com

 

Un environnement propice.

Il voit le jour en octobre 1948 à Heidelberg, du fait d’un géniteur journaliste (et musicien) stationné en Allemagne et travaillant pour le compte de l’édition européenne du quotidien des Forces Armées US à l’étranger, Stars And Stripes. Originaire de Californie, au début des années 50, le chef de famille réintègre sa région d’origine, Los Angeles, entraînant avec lui sa petite tribu.

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Entre école et environnement familial propice, Clyde Jackson Browne met le pied à l’étrier et se met à l’apprentissage de la guitare. Il y monte sa première formation avant de se plonger rapidement dans l’écriture de ses propres textes.

Cette implication et les commentaires qui en découlent décuplent son envie d’en découdre à un niveau supérieur. En 1965, le Nitty Gritty Dirt Band, grand rival ricain des Byrds, et dont il est un des membres fondateurs, lui offre cette opportunité.

Dans l’œil d’Elektra.

Il n’y reste pas suffisamment longtemps (jusqu’en 1966) pour tirer les bénéfices du retour favorable accompagnant le nom du Nitty Gritty Dirt Band, influent dans l’évolution du folk-rock vers le country-rock.

Il est toutefois encore très jeune quand les maisons de disques lui font les yeux doux, par l’entremise du publiciste-dénicheur de talents, Billy James, l’homme de confiance du milieu qui ratisse alors large la scène de la west coast pour alimenter en talents Columbia, RCA et le label pour lequel Browne signe un engagement un peu spécial, Elektra Records.

Attiré principalement par l’échiquier folk en vogue, il débarque à Greenwich Village, là où ça se passe. Il s’y façonne des relations et tisse des liens avec Nico qui, pour les besoins de son premier LP, Chelsea Girl (octobre 1967), emprunte trois titres au répertoire du germano-angelin. Ce dernier y officie, par ailleurs, à la guitare.

Le Paxton Lodge pour progresser.

Détenteur, dès 1967, d’un volume assez important de chansons qui suffit largement à alimenter un double album qui ne paraîtra jamais, le Jackson Browne de New York ne parvient plus à joindre les deux bouts et reprend, de ce fait, son bâton de pèlerin pour Laurel Canyon.

Grâce à Elektra et Jac Holzman qui en est la force motrice, Jackson Browne, à la fin des années 60, intègre Paxton Lodge, une propriété retirée au nord de L.A., dans les montagnes environnantes, et qui tient lieu de communauté de musique supposée apporter l’inspiration aux candidats retenus. Destiné à un panel d’artistes en herbe et notamment de jeunes auteurs-compositeurs prometteurs, le projet Elektra, inspiré des conditions d’enregistrement du disque qui fait alors parler, Music From Big Pink du Band (1968),  vise à favoriser leur éclosion, mais surtout à précipiter la sortie d’un premier album, ainsi qu’à contribuer aux enregistrements de ceux de la communauté.

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« Paxton Lodge ? C’est un ancien clandé, puis un centre de désintox pour alcooliques. On aurait dit l’hôtel de Shining. Les filles et la drogue circulaient et je ne me souviens pas que nous y ayons fait beaucoup de musique, alors que nous étions là pour ça. » (Jackson Browne)

Jackson fait partie de cette promotion communautaire triée sur le volet et à laquelle prennent également part Ned Doheny et Jack Wilce. Tous sont encore de jeunes et inexpérimentés acteurs et passent l’essentiel de leur temps à glander, à sauter les groupies qui arpentent les lieux, à fumer. Par contre, de musique, point. A peine de quoi alimenter un malheureux LP et pas de quoi casser trois pattes à un canard. Au printemps 69, Elektra se résout à fermer l’endroit après avoir lâché 75.000 dollars dans une affaire qui n’a tenu que six mois. L’idée de Paxton Lodge n’était finalement pas si creuse que ça.

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Take It Easy, un cap.

Au sortir de cette expérience, Jackson Browne continue à traîner dans les clubs de Los Angeles mais prend conscience que, pour franchir un cap, il lui faut en passer par une remise en question et tourner le dos à la vie de bohême qui est le seul bilan qu’il puisse faire valoir à ce niveau de sa carrière. Partant de là, il devient vite l’artiste maison du Troubadour où il croise souvent la route de Linda Ronstadt et de Glenn Frey, guitariste et membre des Stone Poneys de cette dernière. La collaboration avec le futur Eagles aboutit à Take It Easy, prévu à l’origine pour le premier LP de Browne, mais que celui-ci concède aux Aigles en mai 72 qui ouvrent leur compteur discographique avec cette chanson (12 au Billboard 100) deux mois après sa sortie en single.

Belle carrière et retour en 2014.

Take It Easy et sa rencontre avec David Geffen, qui vient de créer son propre label et qu’Elektra distribue, changent le cours de sa vie musicale. Il s’engage avec Asylum Records pour lequel un premier album éponyme voit le jour. Il est prêt dès mi 1971 et ne sort finalement que six mois plus tard, au début de l’année 72. Qu’importe, le coup est payant. Jackson se met le public, les critiques dans la poche et lance ainsi véritablement sa carrière.

Derrière ce disque tonitruant appelé également Saturate Before Using, le Browne des 70’s tricote patiemment une belle discographie : For Everyman (1973), Late For The Sky (1974), The Pretender (1976) et Running On Empty (1977). Il faut en être, c’est indéniable. Browne est au sommet de son art. Les années 80 amorcent un déclin de l’artiste qui s’éparpille de plus en plus dans le militantisme écolo, dans les causes humanitaires. Les 90’s ressemblent comme deux gouttes d’eau à la décennie passée. Jackson Browne a de moins en moins  l’adhésion du public.

Le temps s’égrène sans qu’il ne signe un LP potable, exception faite de The Naked Ride Home (2002). Son retour, début octobre 2014, avec Standing In The Breach est le premier endroit, depuis longtemps, où le songwriter d’Heidelberg peut enfin concilier avec réussite la sensibilité et le romantisme de son écriture et de sa musique avec son activisme engagé. Applaudissons des deux mains cette résurrection (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1972

 

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JACKSON BROWNE

SATURATE BEFORE USING (JACKSON BROWNE LP) – 1972  5/5

 

Publié en janvier 1972.

Produit par Jackson Browne,Richard Sanford Orshoff.

Durée:40:55.

Label:Asylum Records.

Genre:rock,folk-rock,folk.

 

On fait tourner.

 

Très bon album que le Saturate Before Using (en écoute intégrale ici) en question, appelé aussi l’album Jackson Browne. Parallèlement très grand artiste que son auteur, américain né en Allemagne, car fils de militaire, et artiste engagé également.

De Browne, l’histoire retient principalement  Running On Empty, publié en 1977, mais, avant de toucher du doigt la notoriété, il y eut un avant : Saturate Before Using, son premier LP, suivi du très bon mais méconnu For Everyman (73) ainsi que de l’excellent Late For The Sky (74) dans lequel Scorsese pioche pour soutenir son film Taxi Driver et de The Pretender (76), un peu en retrait.

Co-auteur (avec Glenn Frey) du Take It Easy popularisé par Eagles, claviériste éphémère du premier Nitty Gritty Dirt Band, alors rival des Byrds dans le genre folk-rock/country-rock (1965), Jackson Browne, de retour chez l’Oncle Sam et plus particulièrement à L.A, bosse un temps, à New-York, avec Tim Buckley et Nico avant de se lancer à son propre compte.

C’est sur la terre californienne que naît son premier jet, le fameux Saturate Before Using. Jackson a 23 balais, des mélodies folk, des paroles saisissantes plein la tête et des fourmis dans les doigts à vouloir, sans délai, leur donner vie, les partager.

Gorgée de soleil, tantôt apaisante et mélancolique, parfois plus musclée, l’œuvre initiale, autobiographique, du natif d’Heidelberg s’écoule paisiblement, tranquilou, en toute décontraction, dans une agréable homogénéité, avec une surprenante maturité et un aplomb étonnant.

Plaisante à plus d’un titre, elle transporte son lot d’émotion tout le long de l’écoute. Arrangée avec raffinement, elle séduit à l’image de ses morceaux-vedette, Rock Me On The Water, Jamaica Say You Will, Doctor Of My Eyes, Song For Adam, My Opening Farewell, des modèles de très grandes chansons qui frisent la perfection.

Jackson Browne compte, il faut s’en souvenir, parmi les auteurs-compositeurs les plus talentueux et intelligents du moment ; l’artiste a souvent été sollicité pour alimenter les catalogues d’autrui.

Celui qui fut soutien de John Kerry aux élections ricaines de 2004, qui s’investit, dès 78, aux côtés de Graham Nash et Bonnie Raitt dans le mouvement anti-nucléaire No Nukes, installe, dès son premier essai en solitaire, une norme Jackson Browne qu’il porte à un niveau si haut, que seuls les tous grands pourront approcher.

Je ne vous en dis pas plus. Fermez les yeux et laissez-vous aller, Jackson, entouré de cadors de la meilleure trempe (David Crosby, Craig Doerge, Jesse Ed Davis, Jimmie Fadden, Jim Gordon, Sneaky Pete Kleinow, Russ Kunkel, Albert Lee, Leland Sklar et Clarence White) fait le reste. C’est juste superbe et poignant. Faites tourner (RAZOR©).

 

1. Rock Me on the Water.

2. Doctor My Eyes.

3. Jamaica Say You Will.

4. My Opening Farewell.

5. From Silver Lake.

6. Song for Adam.

7. Something Fine.

8. Looking Into You.

9. A Child in These Hills.

10. Under the Falling Sky.

 

Jackson Browne:guitare,piano,claviers,chant.

David Campbell:violon.

David Crosby:choeurs.

Jesse Ed Davis:guitare sur 2.

Craig Doerge:piano,claviers sur 1/4/5.

Jimmie Fadden:harmonica.

Jim Gordon:orgue.

David Jackson:piano sur 10.

Sneaky Pete Kleinow:pedal steel guitare.

Leah Kunkel:chœurs sur 5.

Russ Kunkel:batterie.

Albert Lee:guitare,piano électrique sur 9/10.

Leland Sklar:basse.

Clarence White:guitare acoustique sur 3.

LP Studio 2 - 1973

 

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JACKSON BROWNE

FOR EVERYMAN – 1973  4,5/5

 

Publié en octobre 1973.

Produit par Jackson Browne.

Durée:41:13.

Label:Asylum Records.

Genre:folk-rock,rock,folk.

 

Pas loin du pompon.

 

Ils se sont tous donné rendez-vous pour l’occasion ou plutôt, Asylum Records, la maison de disques, a mis le paquet pour les avoir. Ils, ce sont tous les potes musiciens de Jackson Browne, le gratin de la scène californienne du moment, et l’occasion, For Everyman (en écoute intégrale ici), son deuxième LP de 1973.

Jackson Browne sort d’un premier album exceptionnel qui l’installe parmi les meilleurs auteurs-compositeurs de sa génération. Saturate Before Using, publié un an plus tôt, nous révèle, en effet, un jeune homme de 23 ans, artistiquement séduisant, à la voix douce, à la guitare et au piano délicats, bien ancré dans le ton de la west-coast ensoleillée ambiante, déjà très imaginatif, autobiographique et émouvant, animé par des convictions politiques bien arrêtées. Les portes d’une carrière dorée s’ouvrent devant lui.

Faire mieux que son prédécesseur, voilà l’objectif de For Everyman, d’où l’explication sur les gros moyens mis sur le tapis par David Geffen, père-fondateur d’Asylum, label folk-rock créé spécialement en 1971 pour signer Browne, alors en mal de contrat.  

Mais le défi est difficile à relever, tant Saturate Before Using a placé la barre très haut. Néanmoins, l’éphémère ex-Nitty Gritty Dirt Band (1965) et ancien collaborateur de Nico sur Chelsea Girl et de Tim Buckley, co-auteur du Take It Easy popularisé par les Eagles, s’attelle avec détermination à tenter de s’en approcher le plus près possible. Ce qu’il parvient à réaliser, faisant de ce travail un très bon disque, pas aussi populaire que son devancier certes, mais de très haut niveau cependant. For Everyman confirme tout le bien que l’on accorde à cet artiste.

Militant pour de nombreuses causes au cours de son légendaire parcours (No Nukes, Muse, Farm Aid, Amnesty International, soutien au Tibet…), Jackson Browne se forge progressivement une crédibilité sur la place et cet album, comme leurs suivants, Late For The Sky (74), The Pretender (76) et surtout Running On Empty (77) font de lui un des auteurs-compositeurs-interprètes les plus appréciés de la décennie en 7.   

Si For Everyman (43 au Billboard) ne décroche pas le pompon, ce n’est pas faute de cartouches. Il est encore très accessible, plus raffiné au niveau des arrangements, mais on peut peut-être lui objecter un côté inégal. Browne se cherche encore sur certains points (voix et musique).

Cependant, avec un million d’exemplaires écoulés en 73, l’intérêt du public est encore au rendez-vous ; en 75, il fait disque d’or et en 89 se couvre de platine. Browne confirme, aussi n’est-il pas étonnant de retrouver, depuis, For Everyman, parmi les 500 albums de rock de tous les temps dans le classement Rolling Stone de 2003 (457).

Les cartouches en question ? These Days, écrite par l’ado Browne pour Nico, Redneck Friend (avec Elton John au piano, sous le pseudo de Rockaday Johnnie), un Take It Easy en laid back enchaîné avec Our Lady Of The Well, Ready Or Not, Colours Of The Sun, For Everyman et l’énorme The Times You’ve Come, c’est du Browne au sommet de son art lyrique.

Les œuvres discographiques des années 70 de Jackson Browne ont alimenté un beau chapitre de l’histoire du rock ; il faut en être de Saturate Before Using à Running On Empty. Sans discussion (RAZOR©).

 

1. Take It Easy.

2. Our Lady of the Well.

3. Colors of the Sun.

4. I Thought I Was a Child.

5. These Days.

6. Redneck Friend.

7. The Times You've Come.

8. Ready or Not.

9. Sing My Songs to Me.

10. For Everyman.

 

Jackson Browne:guitares,piano,claviers,chant.

David Crosby:harmonies vocales.

Craig Doerge:piano.

Wilton Felder,Leland Sklar:basse.

Glenn Frey:chant,guitare,harmonies vocales.

Doug Haywood:basse,chant,harmonies vocales.

Don Henley:chant,guitare,harmonies vocales,batterie

Elton John (Rockaday Johnnie):piano (sur Redneck Friend)

Jim Keltner,Russ Kunkel,Gary Mallaber,Mickey McGee:batterie.

Sneaky Pete Kleinow:pedal steel guitare.

David Lindley:guitares,violons.

Joni Mitchell:piano.

Spooner Oldham:orgue.

David Paich:piano.

Bill Payne:piano,claviers.

Bonnie Raitt:chant,harmonies vocales.

Mike Utley:orgue,claviers.

LP Studio 3 - 1974

 

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JACKSON BROWNE

LATE FOR THE SKY – 1974  5/5

 

Publié en septembre 1974.

Produit par Jackson Brown,Al Schmitt.

Durée:40:38.

Label:Asylum Records.

Genre:rock,pop-rock,soft rock.

 

Une référence folk-rock.

 

Ceux qui ont pu voir Taxi Driver de Martin Scorcese (1976) n’auront pas oublié la mémorable chanson de Jackson Browne, Late For The Sky (en écoute intégrale ici), qui vient en soutien d’une scène culte du film : celle où l’on voit Robert De Niro, sous les traits de Travis Bickle, ancien marine et un des personnages les plus emblématiques de l’histoire du cinéma, rentrer chez lui, regarder American Banstand à la télé, en visant les ados blacks apparaissant à l’écran, puis ramener l’arme près de son visage en fixant les images en noir et blanc défilant sur le vieux poste TV. L’état d’esprit déprimant du Jackson Browne du début des années 70 était finalement assez proche du Bickle de Scorcese.

L’amour est le dénominateur commun de leur instabilité émotionnelle et de leurs errances respectives en solitaire : Betsy pour Travis et Joni Mitchell pour l’auteur-compositeur, sa supposée girl-friend du moment dont la fin de relation sonne comme la fin du monde. Le mariage entre la musique et les images trouve donc tout son sens ici.

Cette ballade inoubliable a donné son titre au troisième LP de l’ex-Nitty Gritty Dirt Band, un grand disque qui évoque l’Apocalypse (Before The Deluge), la mort (For A Dancer), les relations mises à mal et la douleur qui en découle (Late For The Sky notamment). Nous étions alors dans la période la plus féconde du californien d’adoption.

Public comme critique ont fait cause commune  derrière cet album, le meilleur de Browne pour certains, mais il en a fait d’autres tout aussi convaincants qu’il est difficile de se mouiller. For Everyman (1973) et plus encore Saturate Before Using (1972) qui le précède, concourent le plus souvent à cet honneur suprême. Plus tard, Running On Empty (1977) ne sera pas vilain non plus. De sa production discographique des 70’s, seul The Pretender (1976) est un peu en retrait. Et encore. Le Browne de cette décennie se montre inspiré à chacune de ses sorties.

Late For The Sky est une œuvre poignante en 8 pièces. Le folk-rock californien développé ici prend plaisir à s’étirer. Il est d’une grande beauté : dans la teneur  des textes, dans la douceur des ballades, dans la pertinence de ses arrangements, dans la passion qui émane de son chant, dans la couleur et la profondeur de ses chœurs, dans la charge d’émotions qu’il véhicule.

Les éléments porteurs de ce répertoire introspectif s’appellent Before The Deluge, le morceau-titre bien sûr, Fountain Of Sorrow, The Road And The Sky et For A Fancer. A notre la présence remarquée de David Lindley dont le jeu de guitare et l’apport au violon déchirent ; ils sont tout simplement remarquables.

Référence incontournable, Late For The Sky est une des très belles réussites du folk-rock en mode Californie. Quand on connaît la portée qu’a eu ce genre de son temps, c’est une indication sur ce que le sort que vous devez réserver à cet opus. Pour la forme, jetez un coup d’œil aux accompagnateurs : le casting n’est pas piqué des vers (RAZOR©).

 

1. Late for the Sky.

2. Fountain of Sorrow.

3. Farther On.

4. The Late Show.

5. The Road and the Sky.

6. For a Dancer.

7. Walking Slow.

8. Before the Deluge.

 

Jackson Browne:guitare acoustique,guitare,piano,claviers,slide guitare,chant.

Joyce Everson,Beth Fitchet,Dan Fogelberg,Terry Reid,Don Henley,Perry Lindley,J.D Souther:choeurs,harmonies vocales.

Doug Haywood:basse,harmonies vocales.

David Lindley:violon,guitare,guitare électrique,steel guitare,slide guitare.

Fritz Richmond:cruche.

Jai Winding:orgue,piano,claviers.

Larry Zack:percussions,batterie.

LP Studio 4 - 1976

 

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JACKSON BROWNE

THE PRETENDER – 1976  4/5

 

Publié en novembre 1976.

Produit par Jackson Browne,Jon Landau.

Durée:35:07.

Label:Asylum.

Genre:rock.

 

Malgré la douleur…

 

A 20 ans, Jackson Browne, le Golden Boy de la scène rock de Los Angeles compte déjà à son tableau sentimental trois merveilleuses partenaires, toutes chanteuses : Nico, pour laquelle il contribue à Chelsea Girl, Laura Nyro et Joni Mitchell. A l’âge de 23 ans, cet ancien membre du Nitty Gritty Dirt Band et songwriter précoce est sollicité par toute la place musicale du moment pour alimenter les répertoires de ses confrères ; les Eagles, Linda Ronstadt, Tom Rush, Joan Baez ou les Byrds veulent du Browne à enregistrer.

Jackson Browne est la figure de proue du moment de l’échiquier californien et les trois LP qu’il a accrochés à son catalogue sont acclamés par la critique : Saturate Before Using (1972), For Everyman (1973) et Late For The Sky (1974). Ses Doctor My Eyes, Rock Me On The Water, Jamaica Say You Will, Song For Adam, My Opening Farewell, ainsi que Take It Easy cosigné avec l’Aigle Glenn Frey, surfent sur les ondes. Mieux encore, sa chanson Late For The Sky est retenue par Martin Scorsese pour soutenir son film Taxi Driver. Tout va bien pour lui, c’est le bonheur.

Depuis sa rupture avec Joni Mitchell, il partage sa vie avec un mannequin Phyllis Major rencontrée au Troubadour, qui lui donne un enfant, Ethan, début novembre 1973. Le couple officialise sa liaison en décembre 1975 et coule des jours paisibles. Et puis patatras, tout s’écroule…

Phyllis Major met fin à ses jours en mars 1976 en absorbant une dose massive de barbituriques. Jackson, en pleine préparation de son quatrième album, est dévasté ; il suspend les enregistrements de ce qui est The Pretender (en écoute intégrale ici), publié en novembre 1976, pour digérer ce drame personnel.

Malgré une douleur encore très vive, Jackson Browne réalise un album de grande qualité ; il est un travail majeur de son catalogue, écrit en plein désespoir et sur lequel plane l’ombre de Phyllis via la ballade Sleep's Dark and Silent Gate, unique chanson directement influencée par la tragédie.

Browne persiste dans le style folk-rock sud californien des trois LP précédents, en jouant toutefois subtilement sur la simplicité des mélodies et la richesse des arrangements. Il livre ici quelques magnifiques perles comme la chanson-titre qui clôt le lot des huit titres de l’album. Cette pièce maîtresse du catalogue de Browne, qui bénéficie de l’apport vocal de Crosby et Nash, réfère au matérialisme et à la cupidité au travers de l’histoire d’un homme trahissant ses idéaux et ses principes au profit du dollar qui peut tout acheter.

Produit par John Landau, alors à fond derrière l’espoir du rock d’alors, Bruce Springsteen, The Pretender n’est pas multi-platine et 391 de la liste référence Rolling Stone des 500 meilleurs disques de tous les temps, pour rien. C’est une base de l’œuvre générale du germano-californien, toujours dominée par Late For The Sky (RAZOR©). 

 

1. The Fuse.

2. Your Bright Baby Blues.

3. Linda Paloma.

4. Here Come Those Tears Again.

5. The Only Child.

6. Daddy's Tune.

7. Sleep's Dark and Silent Gate.

8. The Pretender.

 

Jackson Browne:guitares,piano,claviers,chant.

Roy Bittan:piano.

David Campbell:violon (alto).

Gary Coleman:percussions.

Luis Damian:guitare,chœurs.

Craig Doerge:piano,claviers.

Lowell George:guitare,slide guitare,choeurs.

Arthur Gerst:harpe,choeurs.

Jim Gordon:batterie,orgue.

Roberto Gutierrez:guitare,violon,chœurs.

Jim Horn,David Hyde,Richard Hyde,Chuck Finley,Quitman Dennis:cor d'harmonie.

David Lindley:guitare,violon,guitare.

Bill Payne:orgue,piano,claviers.

Jeff Porcaro,Russ Kunkel:batterie.

Chuck Rainey,Leland Sklar,Bob Glaub:basse.

J.D. Souther,Bonnie Raitt,Graham Nash,Jon Landau,Don Henley,David Crosby,Rosemary Butler:choeurs.

Fred Tackett,John Hall,Albert Lee:guitare.

Mike Utley:orgue,claviers.

LP Live 1 - 1977

 

Jackson browne running on empty 1977

 

JACKSON BROWNE

RUNNING ON EMPTY – 1977  4/5

 

Publié le 6 décembre 1977.

Produit par Jackson Browne.

Durée:41:49.

Label:Asylum.

Genre:rock.

 

Osé mais concluant.

 

Dans les chiffres, Running On Empty (en écouté intégrale ici), sorti début décembre 1977, est le plus grand succès commercial de la carrière de Jackson Browne. N° 3 aux States en 78 et depuis disque de platine, il fait valoir, à son époque, 7 millions de pièces écoulées ; rien à dire, c’est le meilleur score jamais réalisé par l’artiste.

Certains supporters de la première heure voient en ce 5ème album studio le numéro 1 de son catalogue ; d’autres arguent un relâchement voire un manque d’ambition de Browne auteur jusque là de 4 opus tous aussi convaincants les uns que les autres.

Pour moi, la vérité se situe entre les deux avis. Running On Empty n’est pas le meilleur travail du germano-californien, on réservera ce statut à Late For The Sky, mais ne dépare pas dans l’œuvre globale de l’artiste.

S’il ne cède en rien à quelconque affaiblissement, son approche un peu particulière de proposer une formule live sur des titres jamais entendus jusque là, surprend l’aficionado peu habitué à l’entendre hors du confinement studio. De par cette approche conceptuelle étonnante, Browne prend son fidèle public à rebrousse-poil. La démarche ne manque pas de risque. Au final, compte tenu de son rendu et de son succès, ne pas admettre le bien-fondé de ce disque est faire preuve de mauvaise foi caractérisée. Chipoter au seul motif qu’il sort du cadre habituel de la discographie du californien n’a pas de sens. D’autant que l’esprit demeure.

Les 10 enregistrements inédits (2 de Browne, 5 en coécriture et 3 reprises) sont captés entre mi août et mi septembre 1977. Conforme à celui des disques antérieurs, le répertoire, guère différent de ce qui précède si ce n’est un peu plus éclectique, traduit parfaitement la vie sur la route entre chambres d’hôtel, bus et backstage, où les titres naissent, et les concerts au cours desquels ils sont interprétés. Le tout sur fond de franche camaraderie, de plaisir, de décontraction et d’esprit communautaire.

Résultat des courses, on tient avec Runing On Empty, né pendant la tournée de promo de The Pretender, un disque très sympa partagé entre ballades et country-rock tonique. Les cartes maîtresses ont pour nom Rosie que Cabrel reprend dans son album  Sarbacane, The Load-Out enchaîné au vigoureux Stay, autre reprise (Maurice Williams), le morceau titre, support d’une scène culte de Forrest Gump, Shaky Town, Love Needs A Heart, You Love The Thunder, The Road et Cocaïne.

Jackson Browne apparaît ici sous l’angle du live, plus détendu que jamais tant dans son chant que dans son jeu instrumental, et entouré d’une palanquée de cadors, ce qui ne gâche rien : David Lindley, Craig Doerge, Danny Kortchmar, Russ Kunkel, Leland Sklar, des noms familiers qui parlent aux assidus de la scène californienne. L’ensemble est généreux et chaleureux, attrayant à défaut d’être génial. Le but étant de coucher l’expérience d’une vie de tournée sur acétate, en ce sens, c’est réussi. Le résultat est concluant, même si la qualité des enregistrements n’est pas toujours constante (RAZOR©).

 

1. Running on Empty.

2. The Road.

3. Rosie.

4. You Love the Thunder.

5. Cocaine.

6. Shaky Town.

7. Love Needs a Heart.

8. Nothing But Time.

9. The Load-Out.

10. Stay.

 

Jackson Browne:guitare,piano,claviers,chant.

Joel Bernstein:choeurs sur 2.

Rosemary Butler:choeurs,chant sur 10.

Craig Doerge:claviers.

Jon Douglas Haywood:basse,choeurs.

Danny "Kootch" Kortchmar :guitare,percussions,harmonies vocales sur 6.

Russ Kunkel:batterie.

David Lindley:flûte,guitare,violon,steel guitare,chant sur 10.

Leland Sklar:basse.

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