John Martyn

BIOGRAPHIE.

 

JOHN MARTYN/Londres (U.K)

 

John martyn 770 2

 

Iain David McGeachy, dit John Martyn.

Né le 11 septembre 1948 à New Malden (Angleterre).

Décédé  le 29 janvier 2009 à Kilkenny (Irlande).

Années actives:1967/2009.

Labels:Island,WEA.

Genre:folk rock,folk jazz.

Site officiel:www.johnmartyn.com

 

Un aventurier musical audacieux.

John Martyn, pour l’état civil britannique, c’est Iain David McGeachy, fils de deux chanteurs d’opéra. Pour le folk rock, c’est une figure majeure du genre, aussi grand guitariste que sublime auteur-compositeur et interprète. L’homme, décédé d’une double pneumonie en Irlande au début de 2009, pèse 23 LP studio.

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En quatre décennies d’une carrière commencée à 17 ans dans le milieu des années 60 et sur la scène londonienne, cet artiste essentiel de l’échiquier musical british, fasciné par les Dylan, Baez et autres Davey Graham, a développé un style unique en incorporant pop, folk, blues et jazz, style qui lui a valu de partager le plateau folk avec les Bert Jansch, Ralph McTell ou encore Al Stewart, et d’attirer l’attention de ses congénères du milieu comme Clapton ou Gilmour avec lesquels il a travaillé.

Tout, sauf un saint.

La vie et la carrière de celui qui était tout, sauf un saint, ont été rythmées par des problèmes d’alcoolisme, de dépression et de drogues, affectant grandement son état de santé au point d’être amputé d’une jambe dans les années 2000 et de connaître de difficiles ruptures conjugales. Son parcours artistique a, de ce fait, longtemps titubé entre gloire et déchéance.

Démarré en 1967, alors qu’il vivait alors comme un clodo, son itinéraire l’amène à susciter l’intérêt du la bel de Chris Blackwell, Island Records, pour laquelle il est le premier artiste blanc à être signé et publie un premier LP typiquement folk, London Conversation, enregistré en quelques heures, qui ne reflète alors en rien le génie qui sommeille encore en lui et que la suite de sa carrière va révéler au grand jour.

John martyn 3

 

"J'ai toujours une attitude négative envers l'industrie de la musique. Je ne la trouve pas attrayante. Elle se nourrit de l'arnaque, de la malhonnêteté, de l'hypocrisie. Cet aspect de l'industrie, je le déteste profondément et instinctivement depuis que j'ai commencé. Rien ne m'a fait changer d'avis depuis. Je n'aime pas l'industrie de la musique, j'aime l'art de la musique." (John Martyn)

La complexité de sa musique.

Avant de collaborer avec Beverley Kutner, sa nouvelle épouse (Stormbringer/1970, Road To Ruin/1970), John Martyn y va d’un second disque The Tumbler (1968), encore folk mais plus jazz et blues. Cette même année 70, il développe un son particulier, original à partir d’une guitare acoustique et du dispositif echoplex. Le rendu est novateur, Martyn insiste dans cette voie jusqu’à atteindre des sommets de créativité avec Solid Air (1973). Le style vocal qu’il pratique alors et qui le rapproche du timbre du saxophone ténor est tout simplement époustouflant et rajoute encore à la complexité de ses travaux.

Entre ces deux périodes, Island Records impose à John d’opter pour une carrière solo. Bless The Weather (1971) marque les premiers pas d’une collaboration avec Danny Thompson, commencée dans Road To Ruin et qui s’achèvera à la mort de Martyn.

Solid Air, oeuvre influente.

Solid Air (1973) est un des LP cultes des années 70. John Martyn y rend hommage à Nick Drake, son pote et colocataire d’Island, dont la qualité de l’œuvre le situe aujourd’hui comme l’un des auteurs-compositeurs les plus influents de la seconde moitié du vingtième siècle. Drake meurt en 1974.

Inside Out (1973), plus expérimental encore et plus jazzy, Sunday’s Child (1975), Live At Leeds, disque de concert édité à 10.000 pièces, le sublime One World (1977), dernier du catalogue des années 70 accompagnent la période où Martyn commence à sérieusement déconner sur un plan personnel, ce que retranscrit parfaitement l’autobiographique Grace And Danger de 1980.

Un artiste culte et aimé.

Signe de son instabilité du moment, John Martyn quitte ensuite Island pour WEA avant de revenir chez Island d’où il se fait larguer en 1988. Acariâtre renommé, ours mal léché notoire, John Martyn a été l’un des guitaristes les plus brillants de sa génération, cherchant constamment à faire évoluer son jeu vers de nouvelles orientations, quitte à en sacrifier les retombées commerciales.

En cela, il n’a jamais été rentable pour une maison de disques et lui n’est jamais devenu riche. Mais celui qui a été nommé Chevalier de l’Ordre de l’Empire Britannique quelques jours seulement avant de décéder, est culte, influent et aimé de la profession et de ses fans, ce qui suffisait largement à son bonheur. Beaucoup le pleurent aujourd’hui (RAZOR©).

LP Studio 1 - 1967

 

John martyn london conversation

 

JOHN MARTYN

LONDON CONVERSATION – 1967  4,5/5

 

Publié en octobre 1967.

Produit par Theo Johnson.

Durée:42:00.

Label:Island.

 

Un personnage certes, mais un talent surtout.

 

John Martyn , c’est la scène folk-rock british. Encore un beau sujet de sa majesté, croyez m’en. L’état civil le pointe une première fois le 11 septembre 1948. Notre lascar est un sacré original, un écossais, un fieffé guitariste à la voix qui traîne, un artiste qui a suscité beaucoup de vocation depuis ses premiers pas.

Sa carrière s’est essentiellement déroulée dans les clubs anglais des années 60 jusqu’à sa mort, en janvier 2009. Ce mec est passé à travers les mailles du filet de nombreuses fois. Des accidents, des graves problèmes de drogue et de bibine…

Il a toujours échappé aux convocations de la Grande Faucheuse et pourtant il s'en est fait, l’apôtre, jusqu’à son dernier souffle. Mais toujours debout, car pour un personnage de sa trempe, mourir saoul, c’est mourir debout !

Enfin presque, car les dernières années, c’est en chaise roulante qu’il donnait ses concerts. Il vivait pour la musique et le reste, il s’en tapait comme vous ne pouvez même pas imaginer. D’où le relatif anonymat, d’où les petites salles obscures et enfumées qu’il préférait aux scènes plus grandes. Il était complètement dans son trip et rien ne l’en faisait sortir. Il est mort comme il est né. Sans bruit, discrètement, sans tapage. Je soupçonne même un rictus sur son visage lorsqu’il a fermé définitivement les yeux. Pour narguer, une fois encore, la mort. Un personnage, je vous dis !

Et l’artiste, me direz-vous ? Un virtuose. Il balance un premier LP qui est une merveille de folk. A la sortie de London Conversation (1967), John Martyn est encore un blanc-bec qui se permet toutefois d’enregistrer un premier album peu de temps après avoir commencé à jouer de la guitare. A entendre son jeu et à voir sa technique, rien de surprenant.

Sorti en 1967, London Conversation (en écoute intégrale ici sur Deezer) est intimiste, avec une belle écriture chargée d’émotion. Sa voix est très douce, agréable à entendre ; elle n’a pas encore sa raucité légendaire. Les chansons sont sublimement mélodiques pour un rendu d’une grande profondeur.

Les fans de folk se laisseront volontiers aspirer par le charme folklorique de ce disque : Fairie Tale Lullaby, petite chanson douce au refrain sympa, le triste Sandy Grey, le blues Cocain - rien à voir avec le morceau de Cale -, le triste et rêveur Back To Stay, le féérique et jazzy psychédélique Rolling Home (avec sitar et flûte), l’envoûtant Who’s Grown Up Now… de la belle ouvrage.

Typiquement folk, inspiré lui-même par l’univers de Bert Jansch, scottish  comme lui, l’album finit par une reprise arrogante, qui témoigne d’une telle maîtrise et facilité effrontées à cet âge pour interpréter le dieu Dylan Martyn frise l’insolence dans on approche de Don’t Think Twice It’s Alright du Zim. Merveilleux et ça ne fait que commencer (RAZOR©).

 

1. Fairy Tale Lullaby.  

2. Sandy Grey.

3. London Conversation.

4. Ballad Of An Elder Woman.     

5. Cocain.

6. Run Honey Run.     

7. Back To Stay.        

8. Rolling Home.        

9. Who's Grown Up Now.    

10. Golden Girl.

11. This Time.   

12. Don't Think Twice It's Alright.

 

John Martyn:chant,guitare,claviers,harmonica.

LP Studio 2 - 1968

 

John martyn the tumbler

 

JOHN MARTYN

THE TUMBLER -1968  4/5

 

Publié en octobre 1968.

Produit par Al Stewart.

Durée:34:07.

Label:Island.

 

Dominante folk et notes jazzy.

 

Le mystérieux John Martyn, décédé en janvier 2009, a été un des artistes les plus en vue de la scène folk britannique des 60’s/70’s, un magnifique auteur-compositeur-interprète aussi. L’écossais aux 9 vies change quelque peu d’orientation dans cet album, produit par un autre grand artiste anglais. J’ai nommé Mr Al Stewart, Mr Year Of The Cat, entre autres.

The Tumbler (en écoute ici), paru en 1968, marque un progrès par rapport à l’acoustique London Conversation, son premier LP qui a reçu un bon accueil du public. Le deuxième album a toujours une dominante folk, mais sonne légèrement jazzy et blues.

Album important de la carrière de Martyn qui va lui aménage  un nouvel auditoire, The Tumbler est un album bien dans la tradition populaire, sur lequel apparaissent une deuxième guitare, celle de Paul Wheeler, une contrebasse (Dave Moses) et sur la flûte du feu jazziste antillais Harold McNair (sur Dusty, Fly On Home et le sombre The Gardeners).

Certains titres sortent donc du cadre folk mais s’en s’en éloigner  vraiment: le phénoménal Seven Black Roses où la technique, le doigté et la rapidité du jeu de guitare de Martyn s’expriment merveilleusement et Dusty. Il n’est pas un titre qui passe inaperçu. 

Romantique en diable, ce mec chante ses tendres années avec ses tripes. Il y a de la magie, de la poésie et beaucoup d’émotion dans ses textes et dans sa voix, une voix claire et nette qui fait la différence. Comment imaginer un seul instant qu’un mec qui est passé par des trous de souris toute sa vie, puisse s’offrir une rébellion contre la vie d’une manière aussi douce. The Tumbler est un excellent album de sa première période, d’autres suivront avec autant de succès. Martyn va crescendo, le meilleur est à venir (RAZOR©).

 

1. Sing A Song Of Summer.

2. The River.

3. Goin' Down To Memphis

4 . The Gardeners.

5. A Day At The Sea.

6. Fishin' Blues.

7. Dusty.

8. Hello Train.

9. Winding Boy.

10. Fly On Home.

11. Knuckledy Crunch And Slippledee-slee Song.

12. Seven Black Roses.

 

John Martyn:chant,guitare,harmonica,claviers.

Harold McNair:flûte.

David Moses:double basse.

Paul Wheeler:guitare.

LP Studio 3 - 1970

 

John martyn stormbringer

 

JOHN AND BEVERLEY MARTYN

STORMBRINGER ! - 1970  4/5

 

Publié en février 1970.

Produit par Joe Boyd.

Durée:38:15.

Label:Island (UK),Warner Bros (USA).

 

Un album de famille.

 

John Martyn, depuis la sortie de son deuxième album The Tumbler en 1969, est devenu très populaire sur la scène musicale britannique. Il a rencontré Beverley Kutner, de Coventry, lors d’une de ses nombreuses tournées. Beverley, amie de Paul Simon, est également dans le métier, et plus particulièrement dans le folk. Comme John.

Elle cherche quelqu’un qui pourrait l’accompagner à la guitare sur son projet d’une session aux States avec le producteur Joe Boyd. La relation, purement professionnelle au départ, vire au coup de foudre sentimental. Les tourtereaux s’unissent officiellement cette même année 1969.

Cette union artistique révèle du potentiel, un devenir. Joe Boyd a du pif et se dit que la mariée pourrait être belle… Ils entrent alors en studio, sous la direction de Paul Harris, pour concrétiser sur Stormbringer (en écoute ici) les promesses qu’on leur prête.

L’album sort en 1970. L’apport de Beverley est de trois titres, John en signant sept. Installés à Woodstock, ils vont alors fréquenter le gratin du coin, les Dylan, Hendrix et le groupe The Band, dont l’album Music From Big Pink influencera l’écossais, qui va expérimenter un nouveau son de guitare bien caractéristique.

Ce n’est donc pas un hasard de retrouver le regretté Levon Helm, batteur du Band, sur deux pistes de cet album (Sweet Honesty et John The Baptist). Le projet, initialement prévu pour Beverley, va devenir un disque de John et Beverley Martyn.

Paul Harris (surtout connu pour son travail avec les Doors et John B. Sebastian) et John Simon aux claviers, Harvey Brooks à la basse ainsi que les trois batteurs Bill Mundi du Mothers de Zappa, Herbie Lowell et Levon Helm du Band, vont donner à ce LP une orientation plus folk-rock.

Le changement est radical, comparé aux travaux précédents. John Martyn définissait ce disque comme étant en avance sur son époque dans le fait de combiner, pour la première fois, les instruments acoustiques avec des tambours. Personnellement, je ne suis pas sectaire, mais je préfère quand même John Martyn seul.

C’est bien interprété, la voix de Madame, talentueuse au demeurant, est certes pleine d’émotion, un peu à la Grace Slick, mais le scottish lui vole la vedette…Alternés ou en duos, les morceaux merveilleux s’enchaînent avec beaucoup de plaisir, de sensualité. Il en va ainsi de Traffic Light Lady, I Don’t Know, le sublime John The Baptist, It’s One Of Those Days, toutes de magnifiques compositions. Les chansons de Beverley sont elles aussi  très belles (Tomorrow Time, Can’t Get The One I Want et le blues Sweet Honesty).

A noter que sur Would You Believe in Me, Martyn utilise le processus technique Echoplex qui fixera le son de sa guitare pour les albums à venir. Cet album de rock acoustique est répertorié comme le troisième de John Martyn. Il est tout simplement superbe. Même si Beverley… , mais bon , je ne vais pas me foutre Najat Vallaud-Belkacem sur le dos pour un disque, non ? (RAZOR©)

 

1. Go Out And Get It.

2. Can't Get The One I Want.      

3. Stormbringer!

4. Sweet Honesty.

5. Woodstock.   

6. John The Baptist.

7. The Ocean.   

8. Traffic-Light Lady.  

9. Tomorrow Time.

10. Would You Believe Me?

 

John Martyn:chant,guitare acoustique,guitare.

Beverley Martyn:chant,guitare acoustique.

Harvey Brooks:basse.

Paul Harris:piano,orgue.

John Simon:clavecin sur 9.

Levon Helm:batterie sur 4/6.

Herbie Lovell:batterie sur 3/10.

Billy Mundi:batterie sur 1.

LP Studio 4 - 1970

 

John martyn a road to ruin

 

JOHN  AND BEVERLY MARTYN

THE ROAD TO RUIN - 1970  4/5

 

Publié en novembre 1970.

Produit par Joe Boyd.

Durée:37:49.

Label:Island (UK),Warner Bros (USA).

 

John Martyn et son épouse Beverley sortent leur deuxième album en duo. Nous sommes alors en 1970 et ce sera leur dernier (préalablement, il y a eu Stormbringer). Pour John, c’est son quatrième.

The Road To Ruin (en écoute intégrale ici) s’inscrit dans la continuité de son prédécesseur. Cet album voit l’apparition de Danny Thompson (ex-Pentangle) à la basse, qui restera longtemps fidèle à Martyn. Parmi les autres gros calibres, on retrouve Paul Harris (claviers), Wells Kelly et Mike Kowalski (batterie), Dave Pegg et Alan Spenner (basse), le saxophoniste de jazz Dudu Pukwana, relayé par Ray Warleigh (sur Primrose Hill), le flûtiste Lyn Dobson et, pour finir, Rocky Dzidzornu, aux congas.

La présence de ces derniers donne une coloration très jazzy à un disque  sur lequel Joe Boyd (producteur de Pink Floyd, Fairport Convention, Soft Machine, Incredible String band, Nico…) et John Martyn s’opposent quant au ton à donner à cet album. Martyn souhaite toujours plus de spontanéité et étendre ses expériences, nées de rencontres avec d’autres musiciens. Boyd préfère s’étendre plus sur la technique.

L’album va donc, encore un peu plus, s’éloigner de l’univers folk cher au Martyn des débuts, pour visiter un univers plus jazz avec l’apport du piano et du saxo. Il n’en apporte pas moins son lot de très bons titres et s’écoute agréablement.

Moment de détente par excellence, The Road To Ruin révèle une Beverley dont la voix me gêne moins que dans Strombringer. Plus sensuelle, plus brillante, elle se prêt bien au jeu de guitare talentueux de son mec. Je le préfère à leur premier travail en commun.

Primrose Hill (avec sa séquence piano et son sax), titre signé du couple, ouvre superbement les débats et le travail vocal de Beverley y est succulent, je l’avoue. L’acoustique Parcels, qui enchaîne, est plus doux et caractérise bien les travaux à venir de John Martyn. Auntie Aviator (6 minutes), dès ses premiers accords, annonce la couleur. Ce morceau, le meilleur du disque, est à placer parmi les plus grands du couple britannique (le duo signe ici quatre chansons conjointement, à savoir, outre Primrose Hill,  Auntie Aviator, Sorry To Be So Long, Say What You Can). Le très cool New Day, Give Us A Ring (initialement réservé à l’ami Nick Drake), l’optimiste Tree Green et Say What You Can (les deux dans un style jazzy) ainsi que la chanson titre bouclent un LP de grande qualité qui met bien en exergue les voix du duo, l’orientation prise par un Martyn, de plus en plus virtuose.

C’est un bel effort en commun, réalisé par deux excellents artistes soutenus par un line-up d’un niveau hors du commun. Assurément, ce travail est un élément charnière de la carrière de John Martyn. Beverley, quant à elle, se met en retrait pour élever sa petite famille et continue à soutenir son homme, qui lui, continue à s’enliser dans les excès en tout genre (RAZOR©).

 

1. Primrose Hill.

2. Parcels.

3. Auntie Aviator.

4. New Day.

5. Give Us A Ring.

6. Sorry To Be So Long" .

7. Tree Green.

8. Say What You Can.

9. Road To Ruin.

 

John Martyn:chant,guitare,harmonica,claviers.

Beverley Martyn:chant,guitare.

Dudu Pukwana:saxophone sur 6/8/10.

Lyn Dobson:flûte sur 4,saxophone sur 8.

Dave Pegg:basse sur 5/8.

Rocky Dzidzornu:congas.

Paul Harris:claviers.

Wells Kelly:batterie sauf 3,basse sur 3.

Mike Kowalski:batterie sur 3.

Alan Spenner:basse sur 1/6/9.

Ray Warleigh:saxophone sur 1.

Danny Thompson:double basse sur 4.

LP Studio 5 - 1971

 

John martynbless the weather

 

JOHN MARTYN

BLESS THE WEATHER - 1971  5/5

 

Publié en novembre 1971.

Porduit par John Martyn,John Wood.

Durée:37:32.

Label:Island Records.

 

Une petite merveille acoustico-jazzy.

 

La parenthèse John et Beverley Martyn étant refermée après deux albums en couple (Stormbringer et The Road To Ruin en 1970), l’écossais reprend ses bonnes habitudes musicales en solitaire. Essentiellement acoustique jazzy, Bless The Weather (en écoute intégrale ici) sort en 1971. Petite merveille de sincérité, de méticulosité, d’impulsivité, de fluidité, d’élégance, de pureté et de simplicité, il a été enregistré à Chelsea.

Figurent sur ce disque mature des pointures, Danny Thompson, membre fondateur de Pentangle et Tony Reeves de Colosseum (basse), Richard Thompson (guitare), Ian Whiteman aux claviers, Roger Powell à la batterie, ainsi que Smiley DeJonnes aux percus. John Martyn dit avoir pris son pied à faire Bless The Weather, dont une partie de l’écriture s’est faite spontanément au studio, pendant les séances d’enregistrement.

John est très inspiré, c’est pourquoi la plupart des titres, personnels et autobiographiques, ont été écrits rapidement et l’album  enregistré en trois jours. L’année 1971 a été fabuleuse en termes de folk avec les sorties de cet album anglais et de, l'autre côté de l'Atlantique, de Blue par Joni Mitchell, autre petit bijou.

Bless The Weather a reçu les faveurs du public. Il faut dire que le disque avait les arguments en ce sens : le célèbre Head And Heart, la belle chanson d’amour Bless The Weather, Back Down The River (un des points culminants du disque), Go Easy, Back Down The River, le jazzy Sugar Lump, l’optimiste Walk To The Water, Just Now. Tout est limpide et brillant.

J’ai gardé pour la fin l’énorme instrumental qu’est Glistening Glyndebourne. Un John Martyn génial, époustouflant, saisissant, se livre à une séance de virtuosité de guitare via l’Echoflex. Bel effet garanti. Incontournable titre, il précède un émouvant Singin’ In The Rain. Chaud, dense, tendre et subtil, tout se tient dans ce petit bijou. Et dire que cet album était censé n’être qu’une transition dans sa carrière.

Peu d’artistes ont pu avoir cette capacité à créer. Son talent a éclaboussé la scène folk des années 70. Il est simplement injuste qu’un artiste de son acabit et qui a influencé nombre de ses congénères et de ses successeurs, n’ait pu obtenir la reconnaissance qui lui revenait de droit. Rendons-lui cet hommage posthume en accordant, à ce disque et à son œuvre, toute la place qu’il mérite. Ma note est maximale: 5, comme à l'école des Fans, mais là c'est justifié (RAZOR©).

 

1. Go Easy.

2. Bless The Weather.

3. Sugar Lump.

4. Walk On The Water.

5. Just Now.

6. Head And Heart.

7. Let The Good Things Come.

8. Back Down The River.

9. Glistening Glyndebourne.

10. Singin’ In The Rain.

 

John Martyn:chant,guitare,harmonica,claviers.

Richard Thompson:guitare.

Smiley DeJonnes:percussions.

Tony Reeves,Dave Thompson:basse.

Ian Whiteman:claviers.

Roger Powell:batterie.

LP Studio 6 - 1973

 

Johnmartyn solidair

 

JOHN MARTYN

SOLID AIR - 1973  5/5

 

Publié en février 1973.

Produit par John Martyn,John Wood.

Durée:34:31.

Label:Island.

 

Pour Nick.

 

Ce disque est une pure merveille. Le précédent Bless The Weather l’était déjà, c’est dire la phase féconde que traverse John Martyn. Avec le recul, l s’avère que John Martyn a laissé un héritage incroyable à la musique folk, dont ce Solid Air (en écoute intégrale ici) de février 1973.

Solid Air réfère à Nick Drake, son pote, un des autres cadors de la musique et du genre, mort un an et demi après la sortie de ce LP. C’est donc simultanément son album et l’hommage de son proche ami lequel a mis les bouchées doubles pour sortir un travail encore plus consistant qu’à l’accoutumée. Nick méritait bien ça.  

Mix de folk, blues, jazz,  ce disque inspiré et novateur affirme beaucoup de puissance et de profondeur. John Martyn est alors à son apogée. Dans le silllage de Solid Air, on se rend mieux compte de toute la palette musicale qui est celle de l’écossais.

Ce disque est un album important de sa carrière. Bien sûr, encore et toujours des perles : notamment la chanson titre, un message d’une grande simplicité sur le lien qui l’unissait à Nick Drave. Jazz-folk doux et chaud, le morceau Solid Air est un petit chef d’œuvre à lui tout seul. A l’image de l’album. Avec une belle guitare acoustique, le doux jeu de contrebasse de Thompson le fidèle, une ambiance chaleureuse, colorée de sax et de piano, dans laquelle s’insère judicieusement une merveilleuse voix : celle de Martyn.

Jusqu’à la fin du LP, cette guitare inventive, cette voix qui peut être susurrée pour se muer, aussitôt dit, aussitôt fait, en un hurlement, ainsi que ce line-up expérimenté (Danny et Richard Thompson, Nicol, Coe, Draheim…) se mêlent habilement pour séduire l’auditoire.

Ces belles mélodies, à l’image de May You Never, ont attiré l’attention de Clapton himself, qui en a fait une reprise en 1977, et ont servi de trame musicale au film Titanic de 1999. Merveilleux disque. Allez hop, dans la besace (RAZOR©).

 

1. Solid Air.

2. Over The Hill.

3. Don't Want To Know.

4. I'd Rather Be The Devil.

5. Go Down Easy.

6. Dreams By The Sea.

7. May You Never.

8. The Man In The Station.

9. The Easy Blues.

 

John Martyn:chant,guitares,synthétiseur sur 9.

Richard Thompson:guitare,violon,mandoline,cithare.

Simon Nicol:mandoline,violon,cithare sur 2.

Sue Draheim:violon sur 2.

Tony Coe:saxophone sur 1/6.

John "Rabbit" Bundrick:piano,piano électrique,orgue,clavinet.

Tristan Fry:vibraphone sur 1.

Danny Thompson:basses acoustique.

Dave Pegg:basse.

Dave Mattacks:batterie.

Neemoi "Speedy" Acquaye:congas.

LP Studio 7 - 1973

 

John martyn inside out cover

 

JOHN MARTYN

INSIDE OUT – 1973  5/5

 

Publié en octobre 1973.

Produit par John Martyn.

Durée:39:46.

Label:Island Records.

 

Martyn dans son trip.

 

Inside Out (en écoute intégrale ici) est le cinquième travail en solitaire de l’écossais John Martyn, le septième si on comptabilise les deux LP réalisés avec son épouse. Il est le reflet de la liberté d’entreprendre et de créer de cet artiste. Sorti en 1973, il est le plus jazzy de ce qu’il a alors produit.

Très expérimental aussi, ce  LP en surprend plus d’un lors de sa publication, surtout que le dernier album avant Inside Out, n’est autre que le mélodique et soyeux Solid Air, sorti en début de cette même année 1973.

L’homme refuse toujours d’être cloisonné dans un genre musical précis, aussi prend-il encore le contrepied… Il préfère repousser les frontières musicales, brasser les genres, les fusionner. Pour le meilleur effet, et la presse va l’encenser.

Inside Out  illustre, une fois encore, le travail de guitare de Martyn, le jeu de basse de « Wing Commander » Danny Thompson, qui sent bien la musique de Martyn. Il bénéficie également de la présence de Monsieur Stevie Winwood (claviers), de Chris Wood (flûte), de Bobby Keyes (saxo), de  Remi Kabaka aux percus. Inside Out sera primé à Montreux.

Eternel romantique, John Martyn chante l’amour avec toujours autant d’émotion et d’engagement. Ce LP explore son univers personnel (amour, chagrin, colère, douleur) et il interprète tout ceci avec un tel naturel.

Certains titres viennent immédiatement à l’esprit lorsqu’on évoque cet album : Fine Lines, Make No Mistake, Outside In (proche du free jazz) et Look In  (il adorait jouer ces deux titres en public). Mais ne négligez pas  la complainte gaelique Eibhli Ghail Chiuin (un magnifique instrumental acoustico-électrique), le surprenant Ain’t No Saint (dont les tambours africains menés par Kabaka se combinent superbement avec la guitare folk de Martyn, lui donnant une dimension supplémentaire), les mélancoliques Ways To Cry et So Much In Love With You.

Avec cet album atypique, il est clair que John Martyn se ferme les portes de l’accès au grand public. Mais il s’en fout royalement, préférant évoluer dans son trip. Avec ses plaisirs défendus, ses joies, ses peines, ses détracteurs. L’artiste, quant à lui, s’écarte de son folk d’origine, reste toujours méconnu et se réserve, au travers de cet album expérimental, à une élite avertie. Toujours est-il que le travail est remarquable, profond et particulier. On appelle ces mecs des génies ! (RAZOR©)

 

1. Fine Lines.

2. Eibhli Ghail Chiuin Ni Chearbhail.

3. Ain't No Saint.

4. Outside In.

5. The Glory Of Love.

6. Look In.

7. Beverley.

8. Make No Mistake.

9. Ways To Cry.

10. So Much In Love With You.

 

John Martyn:guitare,chant.

Danny Thompson:basse,double basse.

Chris Stewart:basse.

Steve Winwood:basse,claviers.

Chris Wood:flûte,cuivres.

Remi Kabaka:percussions.

Kesh Sathie:table.

Bobby Keyes:saxophone.

LP Studio 8 - 1975

 

John martyn sundays child cd large

 

JOHN MARTYN

SUNDAY’S CHILD – 1975  4/5

 

Publié en janvier 1975.

Produit par John Martyn.

Durée:38:40.

Label:Island Records.

 

Cul et chemise.

 

Ce Sunday’s Child (en écoute intégrale ici) collecte des bonnes chansons de John Martyn. Enregistré à Londres en 1974 et publié en janvier 1975, il est très accessible aux non-initiés, tout en mêlant encore une fois diverses influences musicales et en empruntant des directions nouvelles.

John Martyn est sur sa lancée d’ Inside Out. Enregistré en six jours sur le principe de l’improvisation, le disque propose une musique simple, attirante, un chant bluesy, des compositions sublimes sur sa propre perception de l’amour, accompagnées d’une guitare qui n’en finit plus d’être virtuose (renforcée par l’Echoplex), d’une voix qui n’en finit plus d’être saisissante et exceptionnelle, soutenue par un groupe cimenté par Danny Thompson, dont la touche de contrebasse est toujours aussi exquise. Quel partenariat que celui avec Danny ! Un des plus grands qu’il m’ait été donné d’entendre.

Avec des titres superbement élaborés et chargés d’émotion, le disque dégage Spencer The Rover (Thompson joue de l’archet sur sa contrebasse), une très belle ballade traditionnelle britannique, le folk doux et douloureux Lay It All Down, le blues éthéré Sunday’s Child, le romantique You Can Discover, le funky  blues Clutches, Root Love, le jazzy My Baby Girl (avec le retour de Beverley en backing vocal), One Day Without You (très fort) et Satisfied Mind.

Martyn maîtrise de mieux en mieux sa guitare, sa voix colle complètement à son projet. Ce que je retiendrais avant tout de cette période de Martyn, c’est l’osmose complète qui définissait sa relation avec Danny Thompson. Il y avait chez ces deux oiseaux là une telle spontanéité, une telle complicité qui les a fait tutoyer les sommets  artistiques mais qui les a plongés aussi dans les pires excès. Qu’elles sont belles ces histoires… (RAZOR©)

 

1. One Day Without You.

2. Lay It All Down.

3. Root Love.

4. My Baby Girl.

5. Sunday's Child.

6. Spencer the Rover.

7. Clutches.

8. The Message.

9. A Satisfied Mind.

10. You Can Discover.

11. Call Me Crazy.

 

John Martyn:chant,guitare,synthétiseur Moog,clavinet.

Danny Thompson:double basse.

Liam Genockey:batterie.

Al Anderson:basse sur 1.

John Bundrick:piano.

Kesh Sathie:tabla sur 4.

Beverley Martyn:choeurs sur 4.

Terry Wilson:basse sur 7.

Tony Braunagel:batterie sur 7.

LP Live 1 - 1975

 

John martyn live at leeds

 

JOHN MARTYN

LIVE AT LEEDS – 1975  5/5

 

Publié en 1976.

Enregistré en octobre 1975 à l’Université de Leeds.

Produit par John Martyn.

Durée:49:17.

Label:Island Records.

Genre:folk,folk rock,blues.

 

Un concert magique.

 

Il lui fallait un live. Voilà, en 1975, Live At Leeds (en écoute intégrale ici). Ce disque, auquel Island Records était opposé, est un excellent album qui, à l’origine, a été édité à 10.000 exemplaires, vite épuisés, soit-dit-en-passant. Aussi vite que le brûlot de la Trierweiler aujourd’hui (lol !).

Distribué d’une manière artisanale, quasiment en famille, en comité restreint, en catimini, ce LP était ardemment désiré par l’écossais. Une bonne partie des rares exemplaires a été numérotée et dédicacée. Pour fans de la première heure…

Enregistré lors d’un concert à l’Université de Leeds en 1975, John Martyn fréquentant beaucoup les campus, ce disque permet à Paul Kossoff, en marge de la scène musicale depuis un bon moment, de faire la pige à la guitare, comme on dit.

Accompagné de son fidèle lieutenant et indissociable complément, Danny Thompson (ex-Pentangle et bassiste) et de John Stevens à la batterie, John Martyn livre une prestation de haut niveau. Il est alors à son apogée.

Martyn démarre en puissance et étire son morceau d’entame, Outside Out, sur près de 19 minutes. Un tour de force qui prouve, si besoin est, que ce diable de John est capable de tout avec sa guitare et son Echoplex. Géant !

Martyn et le live, c’est une histoire d’amour. Sur scène, il en donne  beaucoup à son public, à l’image des prestations suivantes de cet album (Solid Air, Make No Mistake, Bless The Weather, The Man In The Station et I’d Rather Be The Devil). Un moment magique que je vous recommande à plus d’un titre (RAZOR©).

 

1.Outside In.

2. Solid Air.

3. Make No Mistake.

4. Bless The Weather.

5. The Man In The Station.

6. I'd Rather Be The Devil.

 

John Martyn:chant,guitare.

Danny Thompson:basse.

Paul Kossoff:guitare.

John Stevens:batterie.

 

LP Studio 9 - 1977

 

John martyn one world

 

JOHN MARTYN

ONE WORLD – 1977  5/5

 

Publié en novembre 1977.

Produit par Chris Blackwell.

Durée:38:38.

Label:Island Records.

Genre :folk rock,folk jazz,reggae rock.

 

Un monde génial.

 

La maison de disques de John Martyn, motivée par des arguments essentiellement mercantiles, met la pression sur le songwriter écossais  pour enclencher le turbo.

De son côté, Martyn, une tête de lard qui ne s’en laisse pas compter pour autant, considérant que son aptitude à créer s’émousse dans ce stress permanent, s’offre un break conséquent avant de sortir One World, en 1977. Cette pause, il va la mettre à profit en allant se ressourcer en Jamaïque.

One World (en écoute intégrale ici), capté parfois dans une ambiance extérieure, comme c’est le cas pour Small Hours (saisi dans la nuit profonde d’une campagne anglaise) se pose, dixit la légende du rock, comme le précurseur du son trip-hop : autrement une base rythmique hip-hop sur laquelle se greffent diverses influences telles que jazz, blues, électronique, soul, rock, un genre dans lequel s’épanouissent, dès les années 90, les Massive Attack, Portishead ou autres Björk.

Il en découle une atmosphère merveilleuse et doucereuse teintée de rock, folk, funky. C’est brillant, envoûtant, complet, cohérent, d’une grande sincérité et une des réussites de sa carrière. Sa voix est merveilleusement pâteuse, chargée d’angoisse permanente et exprime avec une justesse de ton l’émotion qu’il cherche à retranscrire (l’amour, sa vie, l’amitié).

Le son, complètement nouveau pour les années 70, semble hors du temps. Visiblement le bonhomme est en avance sur son époque, d’où la difficulté à le suivre alors. Avec le recul, on se rend compte que c’était un précurseur, un créatif. Une fois que l’on est habitué, sa musique devient plus accessible. Mais cet écorché vif était vraiment unique et très original dans son genre.

Les faits saillants de One World s’articulent autour de la chanson titre, de l’éthéré Small Hours, de Dancing, de la belle bossa nova Certain Surprise, de Smiling Stranger enchaîné à Big Muff (à l’arrogance électrifiée), et Dealer, tout deux captivants et accrocheurs, ses démons personnels, un Dealer (et sa réverbération Echoplex) qui met en condition d’emblée.

Une fois de plus, l’expérience tentée par John Martyn est concluante. L’atypique One World est remarquable, notamment de par son originalité, sa qualité de réflexion et de réalisation. Dans le contexte punk naissant, il passait mal, voire carrément inaperçu, mais depuis, c’est une autre paire de manches (RAZOR©).

 

1. Dealer.

2. One World.

3. Smiling Stranger.

4. Big Muff.

5. Couldn't Love You More.

6. Certain Surprise.

7. Dancing.

8. Small Hours.

 

John Martyn:chant,guitare,harmonica.

John Field:flûte.

Steve Winwood:basse,piano,synthétiseur Moog.

Dave Pegg,Hansford Rowe,Neil Murray,DannyThompson:basse.

Andy Newmark,Bruce Rowland,John Stevens:batterie.

Morris Pert:percussions.

Harry Robinson:cordes.

Kesh Sathie:table.

George Lee:saxophone.

Rico Rodriguez:trombone.

LP Studio 10 - 1980.

 

John martyn grace and danger

 

JOHN MARTYN

GRACE AND DANGER – 1980  4/5

 

Publié en octobre 1980.

Produit par Martin Levan.

Durée:39:37.

Label:Island Records.

Genre:folk rock,folk jazz,jazz-rock,blue-eyed soul,reggae rock.

 

Sans regrets.

 

Normalement, dans mes chroniques, je m’en tiens exclusivement à la production musicale des années 60 et 70. Je fais une exception pour Grace And Danger (en écoute intégrale ici), sorti en retard (1980), et qui aurait donc dû rentrer dans le cadre de mes commentaires.

Resituons le contexte de ce LP: Beverley et John Martyn sont en phase de séparation, leur relation se désintégrant au fil des jours et des excès de l’écossais. Il n’est donc pas surprenant que ces bouleversements émotionnels et personnels affectent le personnage, un dur au cœur d’artichaut. C’est dans la douleur et la détresse qu’il a écrit ses plus belles œuvres.

Grace And Danger n’échappe pas à la règle. C’est d’ailleurs ce côté déprimant qui retarde la sortie du disque d’un an, sa maison de disques (Island Records) trouvant le travail trop noir et non publiable.

 Artistiquement, ce LP, qui bénéficie de la présence de John Giblin (basse), Phil Collins à la batterie (un ami proche qui était aussi en rupture de couple), mais est marqué aussi par l’absence, pour la première fois depuis Strombringer, du lieutenant Danny Thompson à la basse, est une merveille de créativité. Le jeu de guitare est particulièrement inventif ici et par ailleurs très plaisant.

Parmi les temps forts, Lookin’ On, au son lourd et étouffant ; idem pour le poignant Hurt In Your Heart. J’ai aimé aussi le très plaintif et déchirant Baby Please Come Home, la lucide, belle et triste Sweet Little Mystery, le morceau initial Some People Are Crazy et le fameux reggae Johnny Too Bad.

Le mélange de pop, rock, jazz, blues et de reggae, influence héritée de son récent séjour jamaïcain est excellent, le disque cohérent, sans faille, envoûtant. Peut-être pas le meilleur Martyn, mais assurément un des meilleurs qu’il ait pu réaliser. Je n’ai donc pas de regret à avoir dérogé à mes habitudes (RAZOR©).

 

1. Some People Are Crazy.

2. Grace and Danger.

3. Lookin' On.

4. Johnny Too Bad.

5. Sweet Little Mystery.

6. Hurt In Your Heart.

7. Baby Please Come Home.

8. Save Some (For Me).

9. Our Love.

 

John Martyn:guitare,chant.

Tommy Eyre:claviers,synthétiseurs.

John Giblin:basse.

Phil Collins:batterie,chœurs.

Dave Lawson:synthétiseur sur 1/5/7.

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