John Sebastian.

BIOGRAPHIE.

 

JOHN SEBASTIAN/New York (USA)

 

Sebastian woodstock

 

Né John Benson Sebastian, le 17 mars 1944 à Greenwich Village (New York).

Actif depuis 1964.

Label:Kama Sutra,Reprise.

Genre:rock,pop,folk,blues,folk-rock.

Site officiel:johnbsebastian.com

 

L'arme anti Beatles des Américains.

Do You Believe In Magic ? (N°9/1965), You Didn’t Have To Be So Nice (N°10/1965), Daydream (N°2/1966), Did You Ever Have To Make Up Your Mind ? (N°2/1966), Summer In The City (N°1/1966), Rain On The Roof (N°10/1966), Nashville Cats (N°8/1966), Six O’Clock (N°18/1967), Darling Be Home Soon (N°15/1967)... ce lot de titres célèbres a pour dénominateur commun John Sebastian. Il les a composés, chantés, et, avec le Lovin Spoonful, a porté 7 d'entre eux dans le top 10, en réponse à l'invasion britannique ambiante.

John Sebastian s'est dressé sur la route de ce que la Beatlemania a déclenché ; l'artiste est depuis un des meilleurs ambassadeurs de la musique américaine ; il continue à écrire, enregistrer et à tourner tandis le groupe qu'il a conduit, le Lovin' Spoonful, est aujourd'hui considéré une des formations majeures du rock des 60's.

Sur le terreau de Greenwich Village.

John Benson Sebastian est new-yorkais et a grandi dans un environnement favorable à son épanouissement musical. Non content de résider en plein cœur de la scène de Greenwich, il en est surtout l'un des animateurs. Il est vrai qu'avoir pour père un des plus grands harmonicistes classiques du moment, une mère, Jane, travaillant à la radio et une marraine actrice (Vivian Vance) facilite l'avancement. Partant de là, John Sebastian hérite de son géniteur et reprend l'harmonica à son compte, qu'il couple avec la guitare acoustique quand le vent de la folk revival balaie les rues du sud de Manhattan et Washington Square.

Instrumentiste talentueux, son talent précoce lui vaut d'accompagner de nombreux artistes alors en vogue dans la seconde partie des 60's, tels que Crosby Stills & Nash, Judy Collins, les Doors, Bob Dylan, John Prine, Peter Paul & Mary, Art Garfunkel, les Everly Brothers, Gordon Lightfoot, Tom Rush ou Fred Neil.

Ado, il s'engage sur le circuit folk de la place new yorkaise et arpente les cafés et clubs entre McDougal Street et Bleeker Street. Dès 18 ans, il apparaît sur certains enregistrements de ses confrères artistes.

Sebastian 1Né à Greenwich Village...prémonitoire.

Sebastian 3Artiste incontournable des 60's.

Sebastian woodstock 1La bonne surprise de Woodstock.

Sebastian lovin spoonfullA la tête de l'excellent Lovin' Spoonful.

Sebastian grismanAvec David Grisman.

Sebastian 2016Toujours actif aujourd'hui.

Le Jug Band comme tremplin.

En 1964, John Sebastian rejoint The Even Dozen Jug Band, groupe placé sous la houlette de Stefan Grossman et David Grisman, mélangeant blues, ragtime, bluegrass et Old Timey. Certains des membres de cette organisation plus ludique que sérieuse feront de belles carrières comme Steve Katz (Blues Project, Blood Sweat & Tears), Maria Muldaur (carrière solo), Joshua Rifkin (Judy Collins) et...John Sebastian (Lovin' Spoonful). Après l'enregistrement d'un album pour Elektra, la formation se sépare sans surprise : elle n'était pas faite pour durer.

Sebastian rebondit sur les Mugwumps (1964), une unité folk-rock qui a fait quelques enregistrements et qui compte en son sein Cass Elliot et Dennys Doherty, futurs Mamas & Papas et un certain James Hendricks, avant qu'il ne devienne Jimi.

La belle affaire Lovin' Spoonful.

Au délitement des Mugwumps, Yal Zanovsky, le dernier larron, suit Sebastian dans Lovin' Spoonful. Les deux partagent un vif intérêt pour le folk et le blues et, inspirés par l'exemple des Beatles, décident de créer un groupe électrique qui puisse combiner leurs racines et influences avec l'énergie du rock & roll. Parallèlement, Sebastian contribue à la basse sur Bringing It All Back Home (mars 1965), le premier LP électrique de Bob Dylan.

Lovin' Spoonful, dont le nom est emprunté à la chanson de Mississippi John Hurt, Coffee Blues, voit le jour à l'hiver 1964/65. Il est constitué avec des musiciens ayant pignon sur le florissant échiquier de Greenwich Village. Sebastian, Yanovsky...mais aussi Steve Boone (bassiste) et Joe Butler (Batteur).

D'emblée le Lovin' Spoonful rencontre un franc succès, Kama Sutra le signe et le premier single de leur collaboration se traduit par un top 10. C'est le fameux Do You Believe In Magic ? (fin 1965). Ce titre donne le départ d'une série incroyable de hits pop/folk-rock qui vont placer le Lovin' Spoonful sur la route des Beatles. L'exploit n'est pas peu mince au regard de la domination du moment des gars de Liverpool et des formations britanniques. Et ce d'autant que l'écriture proposée par les américains s'avère solide, profonde et compétente. Et le songwriting, faut-il le rappeler, c'est l'affaire de John B. Sebastian.

L'élan favorable que connaît le groupe new yorkais est terni par des problèmes de drogue concernant notamment Yanovsky et Boone. La crédibilité de Lovin' Spoonful est entamée, Yanovsky s'en va mi-1967. Le producteur Eric Jacobsen est écarté. Jerry Yester remplace Zanovsky.

La surprise Woodstock.

Lovin' Spoonful, quatre albums au compteur (Do You Believe In Magic/1965, Daydream/1966, Hums Of The Lovin' Spoonfull/1966 et Everyhting Playing/1967) reste malgré tout sur une bonne dynamique en publiant encore quelques singles intéressants mais mineurs. Cela ne suffit pas à retenir John Sebastian qui quitte à son tour le groupe en 1968 pour se consacrer à sa carrière solo, refusant même une offre lui proposant de rejoindre Crosby Stills & Nash. Il compose d'abord pour Broadway (Jimmy Shine avec Dustin Hoffman) avant de faire une apparition très remarquée au festival de Woodstock (1969) alors qu'il n'est initialement pas programmé, en interprétant deux titres de l'époque Lovin' Spoonful et trois chansons encore inédites et n'apparaissant que sur le premier album solo de l'artiste, l'éponyme John B. Sebastian (janvier 1970). 

Une carrière solo perturbée.

Le disque émonyme ouvre son parcours en solitaire. Il est fait pour Reprise, filiale de Warner Bros, alors que Kama Sutra réclame qu'il le soit pour son compte, le Lovin' Spoonful étant redevable d'un opus au label. Il le sera et ce sera le début d'une longue polémique.

Meilleur travail de l'artiste, John B. Sebastian bénéficie ici de l'apport du gratin des musiciens angelins avec lesquels il a toujours voulu collaboré, ainsi que celui de quelques proches de l'époque folkie de Greenwich ; il prend place au 20ème rang du Billboard au printemps 70. MGM publie parallèlement, sous un autre visuel, sa propre édition et ce, sans l'aval de Sebastian et de son staff. Le label revanchard y va aussi d'un live repiqué sur des bandes non autorisées (Sebastian Live/1970). Il est retiré du marché et, pour corriger le tir, Reprise édite l'officiel Cheapo Cheapo Productions Presents Real Live John Sebastian.

Sebastian portrait

« Woodstock ? J'y suis allé en tant qu'anonyme dans le public. Backstage, j'en ai profité pour aller voir mes potes. A un moment, les organisateurs cherchaient quelqu'un pour occuper l'auditoire avec un set acoustique. Les regards se sont pointés vers moi ; Tim Hardin m'a refilé sa guitare et on m'a poussé sur scène où j'ai joué plus longtemps que prévu. » (John Sebastian)

Son deuxième jet studio et troisième du catalogue tombe l'année suivante. The Four Of Us sort en août 1971 se fait avec des sacrés clients comme Paul Harris et Dallas Taylor, batteur que l'on retrouve dans l'entourage de CSN, ainsi que de Kenny Altman. Sebastian pense alors tenir sa formation type pour aborder l'avenir, mais Harris et Taylor prennent le chemin du Manassas de Stephen Stills (1972).

Suit Tarzana Kid en 1974 qui implique des musiciens et artistes tout aussi illustres et chevronnés à l'image de Lowell George, des Pointer Sisters, d'Emmylou Harris, des deux David, Grisman et Lindley, de Ry Cooder de Phil Everly des Everly Brothers et même de Jim Gordon (Derek & The Dominos).

Cet album marque par ailleurs les retrouvailles avec le producteur légendaire de l'époque faste de Lovin' Spoonful, le dénommé Erik Jacobsen. Là aussi, l'idée est de fidéliser ces musiciens autour de lui ; peine perdue. Ce projet avorté précipite la décision de Sebastian de mettre de la distance entre la musique et lui. Il demande le rachat de son contrat à Reprise ; ce dernier réclame encore un LP.

Celui-ci sera l'inégal Welcome Back (N°79/1976) dont la chanson titre sert de thème à la série TV Welcome Back Kotter (avec Travolta). Welcome Back atteint la première place du Billboard. Un second single, Hideaway entre dans le top 100. Pour Reprise, si l'objectif n'est autre que de capitaliser sur le succès de la chanson, il ne bénéficie pas pour autant d'une promotion digne de ce nom. Dernier opus de la période 60/70, il lui faudra attendre 1993 pour trouver un successeur (Tar Beach).

Le Hall Of Fame dans les années 2000.

Les années 80 permettent à Sebastian de faire beaucoup de travail de session, de collaborer à de multiples projets de ses confrères, d'écrire, de faire de la TV et de tourner avec des groupes comme NRBQ.

Dans les 90's, outre l'écriture d'un livre pour enfants, de musique pour la jeunesse, de contributions pour le cinéma, l'édition de DVD pédagogiques sur la pratique de guitare et de l'harmonica (Homespun Tapes), il apparaît à la tête du J-Band, formation de Jug Band, puis, dans les années 2000, dans un trio country-blues ou aux côtés de Maria Muldaur et de David Grisman.

John Sebastian, remarquable songwriter, a été repris par les plus grands ; son talent et son implication dans la musique américaine sont récompensés par une intronisation, en 2000, au Rock And Roll Hall Of Fame et au Songwriter Hall Of Fame (2008). Juste retour des choses pour un artiste incontournable des 60's et grand ambassadeur du rock (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE THE EVEN DOZEN JUG BAND 60'S.

LP Studio 1 - 1964

 

Sebastian the even dozen jug band lp 1964

 

THE EVEN DOZEN JUG BAND

THE EVEN DOZEN JUG BAND – 1964  5/5

 

Publié en janvier 1964.

Produit par Paul Rothchild.

Durée:37:05.

Label:Elektra.

Genre:folk,jug band.

 

Fun et frais.


J’appelle ce type de produits du Rivoire et Carret : 5 étoiles pour faire la fête ! C’est d’la bombe, bébé ! Pardonnez-moi de référer aussi facilement à la sémantique publi-alimentaire pour justifier mon euphorie, mais c’est le sentiment qu’il ressort de mon examen de ce LP de janvier 1964 mitonné par l’Even Dozen Jug Band (en écoute intégrale ici). Leur unique.

Le jug band (ou skiffle band), faut-il le rappeler, consiste en un ensemble musical qui mélange le jazz, le ragtime, de blues, de bluegrass, l’Old Timey, et le swing. Ces groupes se produisent généralement dans la rue et leur particularité est d’utiliser simultanément et instruments traditionnels, et instruments bricolés. Ainsi l’instrumentation classique (guitare, banjo, violon, harmonica, cuivres…) côtoie des objets modifiés ou détournés de leur usage (kazoo, planche à laver, cruche, seaux, contrebassine, lame de scie, peigne recouvert de papier de soie, cuillères…), l’essentiel étant de produire des sons. Proche du blues initié par les blacks, ce type de musique à la mise en scène bien réglée, né à Memphis, s’est surtout développé dans le Kentucky. Ce genre exubérant, c’est du plaisir donné pour du plaisir reçu.

A Greenwich Village, ces formations expansives et renouvelables au gré des prestations, peu viables à long terme pour les coûts que sa taille engendre, et surtout sans réelles ambitions professionnelles, se donnent rendez-vous au Washington Square Park où sont improvisées d’interminables jam-sessions. Bon nombre d’acteurs de ces réunions récréatives et amicales y vivent leur première expérience. Certains d’entre eux feront même une belle carrière comme on peut le constater à l’évocation du line-up de base d’Even Dozen Jug Band, formé en 1963.

En effet, il y a là Stefan Grossman, musicien de country et de ragtime réputé, ainsi que Peter K. Siegel, les initiateurs du projet. Le guitariste-banjoïste Siegel est, depuis, un producteur avisé (A & R, Polydor, Elektra). Dans cette confrérie de troubadours, pointent également le mandoliniste virtuose David Grisman, le guitariste Steve Katz, futur fondateur de Blood Sweat & Tears et de Blues Project, la charismatique chanteuse folk Maria Muldaur-D’Amato, choriste du Jerry Garcia Band de la fin des 70’s, le pianiste, chef d’orchestre et musicologue en devenir Joshua Rifkin (kazoo) et, le plus connu, John Sebastian, le leader ultérieur de Lovin Spoonful. C’est le fameux John Benson crédité sur l’album. Autour de ce noyau dur, s’invitent qui joue du blues, qui du bluegrass, qui raisonne jazz ou ragtime. Mais pas plus de douze, comme l’indique le nom du groupe.

Leur seul LP est éponyme et date de 1964 (Elektra). Produit par Paul Rothchild (Doors, Tim Buckley et Janis Joplin), son répertoire s’appuie essentiellement sur une collection de titres traditionnels (8 sur 14).

L’expérience du producteur aboutit à un disque équilibré, loin de la ligne anarchique des performances de rues, exalté, fun et frais. Il n’était pas évident de mettre au diapason des musiciens de niveau et d’horizon musical différents, de combiner avec cohérence les voix et tous ces instruments, Rothchild l’a fait et c’est ce qui fait tout l’intérêt de ce disque étalon du genre (RAZOR©).


1. Take Your Fingers Off It.

2. Come On In.

3. Mandolin King Rag.

4. Overseas Stomp.

5. Evolution Mama.

6. The Even Dozens.

7. I Don't Love Nobody.

8. Rag Mama.

9. France Blues.

10. On The Road Again.

11. Original Colossal Drag Rag.

12. All Worn Out.

13. Lonely One In This Town.

14. Sadie Green.

 

Stefan Grossman:chant,guitare,banjo.

Pete Jacobson:chant,guitare,banjo.

Pete Siegel:chant,guitare,banjo.

Frank Goodkin:banjo.

David Grisman:mandoline.

Fred Weisz:violon.

Steve Katz:chant,planche à laver.

Josh Rifkin:chant,piano,kazoo.

John Sebastian(John Benson):harmonica.

Danny Lauffer:cruche.

Peggy Haine:cruche.

Maria Muldaur:chant.

Bob Gurland:trompette,chant.

DISCOGRAPHIE THE LOVIN' SPOONFUL 60'S.

LP Studio 1 - 1965

 

Lovin spoonful do you believe in magic

 

THE LOVIN’ SPOONFUL

DO YOU BELIEVE IN MAGIC  - 1965  5/5

 

Publié en novembre 1965.

Produit par Erik Jacobsen.

Durée:40:08.

Label :Kama Sutra Records.

 

Frais, jeune et enjoué.

 

Steve Boone et Joe Butler, tous deux venus en voisisn de Long Island, sont ceux par lesquels Lovin’ Spoonful est arrivé. John Sebastian et Zal Yanovsky de Greenwich Village sont ceux par lesquels le succès est arrivé.

En effet, ce groupe new-yorkais a bénéficié de la fertilité de John Sebastian, un auteur compositeur particulièrement prolifique et qui a placé plusieurs des titres réalisés durant la carrière du groupe américain, au top des charts.

Rappelons, pour mémoire que, tant Sebastian que Yanovsky ont fréquenté, à Greenwich, la crème folk des années 50 et 60, comme Guthrie notamment.

Puisant son nom d’un passage d’une chanson de Mississipi John Hurt (chanteur de folk et de blues né au 19ème siècle), alors que la British Invasion menée par les Beatles bat son plain, les Lovin’ Spoonful vont connaître un succès que leur folk ne prédisait alors en rien.

C’est en travaillant sur des sonorités nouvelles, en recherchant des associations sonores nouvelles et jusque là inentendues, que Do You Believe In Magic (en écoute intégrale ici) a vu le jour.

Ce premier LP est une petite merveille d’originalité et de gaieté. Parfumées au blues, au folk, à la chanson traditionnelle et populaire, les pistes proposées sur ce Do You Believe In Magic sont fraîches, jeunes, gorgées de soleil, pleines d’humour. Rien ne s’écarte, aussi je ne peux que vous inciter à revivre avec bonheur les années 60 vues par les Lovin’ Spoonful. Et dire qu’aucune maison de disque n’en voulait ! (RAZOR©)

 

1. Do You Believe In Magic.
2. Blues In The Bottle.
3. Sportin' Life.
4. My Gal.
5. You Baby.
6. Fishin' Blues.
7. Did You Ever Have To Make Up Your Mind.
8. Wild About My Lovin.
9. Other Side Of This Life.
10. Younger Girl.
11. On The Road Again.
12. Night Owl Blues.



John Sebastian:chant,guitare,cithare,harmonica.

Steve Boone:basse, piano,chant.

Joe Butler:batterie,percussions,chant.

Zal Yanovsky:guitare électrique,guitare acoustique,chant.

LP Studio 2 - 1966

 

Lovin daydream

 

THE LOVIN' SPOONFUL

DAYDREAM - 1966  4/5

 

Publié en mars 1966.

Produit par Erik Jacobsen.

Durée:30:24.

Label:Kama Sutra Records.

 

Juste du plaisir.

 

Lovin’ Spoonful, c’est du plaisir à consommer sans modération, un plaisir que le groupe s’accorde en jouant et transmet en retour à son auditoire. Il suffit d’écouter ce Daydream de 1966 pour s’en persuader. Guère différent de Do You Believe In Music, si ce n’est quelques harmonies vocales qui s’invitent un peu plus ici, Daydream (en écoute intégrale ici) a été écrit, pour l’essentiel, par John Sebastian.

Les mélodies sont accrocheuses, dans le registre folk-rock dominant du moment, soutenu par quelques blues bien sentis comme Day Blues et le final instrumental Big Noise From Speonk, et par quelques moments sympathiques de Jug Band (Jug Band Music, Bald Headed Lena) qu’ils avaient déjà tâtés sur leur précédent LP. Le bon vieux rock pur et dur y a une petite place (Let The Boy Rock And Roll).

Deux succès en découlent, dont un énorme et sublime, Daydream, obsédant, dont il est difficile de se défaire après l’avoir entendu, et You Didn’t Have To Be So Nice, un bon petit morceau pop-rock gentillet. Les textes n’ont aucune autre prétention que celle de se défouler (on les entend se marrer et sortir quelques âneries sur Bald Headed Lena), mais jamais ce disque n’attise l’ennui.

Butchoe’s Tune, It’s Not My Time Now sont divertissants sans être extraordinaires. Relevons également la belle ballade qu’est Warm baby. Le Lovin’ Spoonful était apprécié pour ça. Perso, j’ai aimé et j’aime encore, même si c’est parfois un peu daté ou has-been (RAZOR©).

 

1. Daydream.

2. There She Is.

3. It's Not Time Now.

4. Warm Baby.

5. Day Blues.

6. Let the Boy Rock and Roll.

7. Jug Band Music.

8. Didn't Want to Have to Do It.

9. You Didn't Have to Be So Nice.

10. Bald Headed Lena.

11. Butchie's Tune.

12. Big Noise from Speonk.

 

John Sebastian :chant,guitare,cithare.

Steve Boone:basse,chant.

Joe Butler:batterie,percussions,chant.

Zal Yanovsky:guitare électrique,guitare acoustique,chant.

LP Studio 3 - 1966

 

Lovin hums

 

THE LOVIN’ SPOONFUL

HUMS OF THE LOVIN’ SPOONFUL – 1966  5/5

 

Publié en novembre 1966.

Produit par Erik Jacobsen.

Durée:26:48.

Label :Kama Sutra Records.

 

La claque !

 

Après deux albums studio inégaux, l’excellent Do You Believe In Magic et le sympathique mais daté Daydream, Lovin’ Spoonful s’est accordé un intermède cinématographique en signant la B.O du film de Woody Allen What’s Up Tiger Lily?, avant de sortir son troisième LP studio en 1966, Hums Of The Lovin’ Spoonful (en écoute intégrale ici), enregistré à New York (excepté la chanson titre qui l’a été à L.A.). La claque !

Dès les premières notes de Lovin’ You, un savoureux mélange de pop et de Jug Band, ce disque annonce de la légèreté, de l’imagination, de la bonne humeur, de la simplicité. Sa suite le confirme mais révèle également de la diversité et du charme.

Cet album est unique en son genre. Les compositions de Sebastian sont des merveilles de pop, country, Jug Band, blues et folk. Quatre pistes sortent toutefois du lot: Full Measure, Rain On The Roof, Nashville Cats et Summer In The City. Coconut Grove, Darlin’ Companion (repris par Johnny Cash), 4 Eyes, sont les autres petits bijoux de cet album.

Merci John, Zal, Steve et Joe pour le plaisir que j’ai encore à l’écouter aujourd’hui. Leur summum avec Do You Believe In Magic (RAZOR©).

 

1. Lovin' You.

2. Bes' Friends.

3. Voodoo In My Basement.

4. Darlin' Companion.

5. Henry Thomas.

6. Full Measure.

7. Rain On The Roof.

8. Coconut Grove.

9. Nashville Cats.

10. For Eyes.

11. Summer In The City.

 

John Sebastian:chant,guitares,claviers,pedal steel.

Steve Boone:basse,piano,orgue,percussions.

Joe Butler:batterie,percussions,chœurs,chant (6).

Zal Yanovsky:guitares,banjo,choeurs,chant (3).

Henry Diltz:clarinette.

Artie Schroeck:piano électrique (11).

Larry Hankin:guimbarde.

LP Studio 4 - 1967

 

Lovin everything

 

THE LOVIN’ SPOONFUL

EVERYTHING PLAYING – 1967  4/5

 

Publié en septembre 1967.

Produit par Joe Wissert.

Durée:41:12.

Label:Kama Sutra Records.

 

Dernier souffle.

 

Lovin’ Spoonful n’est pas au mieux en cette année 1967, année de grande fertilité discographique. Un contexte musical inapproprié, une musique, leur célèbre Jug Band Music, pas prise au sérieux, et surtout pas dans le ton psychédélique voulu par l’époque, le départ de Zal Yanovsky, affecté (remplacé par Jerry Yester), comme beaucoup d’autres, par les problèmes de dope… il n’en fallait pas plus pour que l’accouchement de cet album, leur quatrième si l’on fait abstraction de la B.O pour le film de Woody Allen, soit enfanté dans la douleur.

En dépit des tentatives de John Sebastian pour garder le navire à flots, Everything Playing (en écoute intégrale ici) ne trouve pas d’écho favorable auprès de la critique. Malgré tout, avec le recul, Everything Playing reste un magnifique album, dopé par les cartons que sont Six O’ Clock, She Is Still A Mystery, Money et porté par d’excellents Boredom, Try A Little Bit, Old Folks et Younger Generation.

Même si le son est plus lourd que les albums précédents, la bonne ambiance reste de mise. Malheureusement, c’est avec cet album que Lovin Spoonful fait ses adieux. Profitez-en (RAZOR©).

 

1. She Is Still A Mystery.

2. Priscilla Millionaira.

3. Boredom.

4. Six O'Clock.

5. Forever.

6. Younger Generation.

7. Money.

8. Old Folks.

9. Only Pretty, What A Pity.

10. Try A Little Bit.

11. Close Your Eyes.

 

John Sebastian:guitare,chant.

Steve Boone:basse,chant.

Joe Butler:batterie,percussions,chant.

Jerry Yester:guitare,banjo,chant.

DISCOGRAPHIE SOLO 70'S.

LP Studio 1 - 1970

 

Sebastian john b sebastian lp

 

JOHN SEBASTIAN

JOHN B. SEBASTIAN – 1970  3,5/5

 

Publié en janvier 1970.

Produit par Paul Rothchild.

Durée:31/50.

Label:Reprise,MGM.

Genre:folk,rock,folk-rock.

 

Grosse déception.

 

Co-fondateur de Lovin’ Spoonfull dont il tient les rênes entre 1965 et 1967, John Sebastian est un pur produit de Greenwich Village. A double titre : d’une part, il y est né, de l’autre, il y fait ses débuts, en 1964, dans l’Even Dozen Jug Band, une formation à vocation récréative dont la seule motivation était de passer un bon moment entre potes de la place.

Chanteur-compositeur et guitariste, ce fils d’un harmoniciste réputé et d’une animatrice radio voit défiler beaucoup de musiciens dans la maison familiale (Burl Ives, Woody Guthrie, Leadbelly, Mississippi John Hurt…), ce qui influe favorablement sur sa décision d’orienter sa carrière vers le folk-rock. Excellent joueur d’harmonica lui aussi, Seb est sollicité par les meilleurs artistes du moment, les Fred Neil, Bob Dylan, Tim Hardin, Tom Rush ou Judy Collins, pour les accompagner sur scène.

L’épisode Lovin’ Spoonful précède son passage en solo (1969) et son premier Lp, John B. Sebastian (en écoute intégrale ici). Mélange de folk-rock et de pop, la musique du groupe new-yorkais connaît un vif succès. En plaçant ses premiers singles (Do You Believe In Magic, Did You Ever Have To Make Up Your Mind, Daydream, Summer In The City, Darlin’ Be Home Soon, You Didn’t Have To Be So Nice, Rain On The Roof, Nashville Cats) dans le top ten du Billboard Hot 100, il est un des plus actifs et virulents opposants à la british invasion ambiante. Mieux, les contributions du Sebastian de Lovin’ Spoonfull appartiennent aujourd’hui au patrimoine national américain.

Au moment d’aborder son parcours en solitaire, John Sebastian est un artiste en vue ; Woodstock 69 et son pendant anglais Wight 70 renforcent encore sa popularité.

3 albums studios et 2 live sont rattachés à sa période discographique des 70’s. L’éponyme John B. Sebastian (1970) ouvre le bal et là, patatras, le Seb se prend les pieds dans le tapis. Dès l’entame du LP, il saute aux oreilles que la donne a changé. Le Lovin’ Spoonfull a beau laisser place à un line-up huppé et recruté sur mesure, je suis moins fan. Le trio des copains Crosby Stills & Nash, Dallas Taylor, Harvey brooks, Buddy Emmons, Paul Harris, Bruce Langhorn, Dany Weis, Ray Neopolitan, les Ikettes… sur le papier, ça le fait, ça en jette, mais ça n’est pas l’assurance d’un album réussi, même s’il atteint rapidement le top 20 dans le sillage de sa publication. Un backing band, fut-il une constellation de stars, n’a jamais prémuni contre la faiblesse de la matière qu’on lui donne à consommer. Et ici, la substance est loin de valoir le meilleur Sebastian, celui des Lovin’.

La déficience d’une écriture qui a atteint des sommets dans le collectif précédent est manifeste. Même le son qui fait l’intérêt de son parcours antérieur, n’est pas captivant. On s’ennuie à 100 sous d’l’heure, on se demande ce que l’on fout là. Quand on a mangé des grives, difficile de se satisfaire de merles.

Hormis quelques titres (She’s A Lady, What She Thinks About, You’re A Big Boy Now, Rainbow All Over Your Blues, I Had A Dream) qui sauvent du zéro pointé, il n’y a rien de suffisamment accrocheur pour trainer dans les parages. Enorme déception, même plus de quarante ans après coup (RAZOR©).

 

Face 1.

1. Red-Eye Express.

2. She's a Lady.

3. What She Thinks About.

4. Magical Connection.

5. You're a Big Boy Now.

6. Rainbows All Over Your Blues.

 

Face 2.

1. How Have You Been.

2. Baby, Don't Ya Get Crazy.

3. The Room Nobody Lives In.

4. Fa-Fana-Fa.

5. I Had a Dream.

 

John Sebastian:chant,guitare,harmonica,piano,percussions.

Stephen Stills:guitare,harmonies vocales.

David Crosby:guitare,harmonies vocales.

Graham Nash:harmonies vocales.

Dallas Taylor:batterie.

Buddy Emmons:pedal steel guitare,synthétiseur.

Paul Harris:orgue,claviers.

Ray Neopolitan,Harvey Brooks:basse.

Danny Weis:guitare.

Reinol Andino:conga.

Burt Collins,Jose Cuervo:cuivres.

The Ikettes:choeurs.

Bruce Langhorne:tambourin.

Gayle Levant:harpe.

Buzzy Linhart:vibraphone.

Mr. and Mrs. Stanley Beutens and Friends:flûte.

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