Matthews Southern Comfort.

BIOGRAPHIE.

 

MATTHEWS SOUTHERN COMFORT/Angleterre

 

Matthews southern comfort

 

Actif entre 1969 et 1972,retour en 2010.

Label:Decca,MCA.

Genre:folk-rock,country-rock.

Site officiel:iainmatthews.com

L’émancipation de Ian Matthews.

Après avoir évolué au sein du groupe mineur The Pyramid, puis de l’anglais Fairport Convention, dans la phase qui précède son ancrage dans un folk plus traditionnel, Ian Matthews préfère positionner la suite de sa carrière sur un axe plus personnel et qui puisse valoriser la seule musique pour laquelle il prend plaisir à faire ce métier : le folk-rock, mais par n’importe quel folk-rock, celui né de ses modèles américains dans l’élan de la British Invasion, celui du milieu des 60’s, initié par les Byrds quoi qu’inspiré par les Beatles, développé, entre 1965 et 1966, par des artistes comme Dylan, dans ses albums Bringing It All Back Home, Highway 61 revisited et Blonde On Blonde.

C’est ça qu’il veut pour lui. Rien d’autre ne le motive que de se lever chaque matin pour, non pas imiter, mais concevoir une musique qui réfère à ce registre folk-rock et son sous-genre, le country-rock, dans lequel excellent les Ian & Sylvia, les John Denver, les Neil Young.  

Mais Mat est encore trop jeune pour se lancer à corps perdu dans un parcours solo ; il ne se sent pas encore prêt à faire le grand saut pour son compte. Il préfère y aller prudemment et s’entourer pour démarrer la nouvelle aventure qu’il a en tête.

Matthews Southern Comfort pour la transition.

Il fonde alors le Matthews Southern Comfort en 1969. Matthews pour bien indiquer que c’est son affaire et Southern Comfort, non pas en référence à la marque de whisky aimée de Janis Joplin, mais en s’inspirant d’une chanson de Ian & Sylvia.

A charge pour le groupe de le conduire dans sa démarche personnelle. Pour le recrutement des acteurs de son accompagnement, il n’a qu’à traverser la rue. Une partie du line-up est là sous son nez : Gerry Conway, Ashley Hutchings, Simon Nicol, Richard Thompson sont tous Fairport Convention.

Dolly Collins, Roger Coulam, Mark Ellington, Gordon Huntley, John Palmer et Pete Willsher apportent également leur soutien au premier LP éponyme qui découle de son passage à l’acte. L’excellent Matthews’ Southern Comfort, publié en 1969, fait la transition entre son passé de Fairport et le futur dont il rêve.

Aussi costauds que les yankees.

Avec New Spring, l’album suivant de 1969, Matthews Southern Comfort acquiert un statut de vrai groupe qui s’étoffe avec les apports de Roger Swallow et Mark Griffith. Si le disque n’en profite pas, il prépare à mieux,  Later That Same Year (1970) fortement enraciné dans le country-rock et aussi costaud que ce que les américains font. Ian Matthews gagne son pari à son troisième jet pour lequel il emprunte aux artistes du crû, Joni Mitchell (Woodstock), Carole King (To Love), Neil Young (Tell Me Why), Jesse Winchester (The Brand New Tennessee Waltz), mais qu’il alimente aussi par ses propres originaux.

Iain matthews 2

« Au départ de Fairport Convention, j'ignorais ce que j’allais faire. Puis j’ai enclenché le processus, trouvé le groupe et je me suis lancé. J’ai fait un album avec le soutien de mes anciens partenaires. J'écrivais alors un peu et mes goûts allaient vers la west coast américaine plus que vers la voie folk traditionnel engagée par le Fairport. Avec Mark Ellington, j’ai contacté les acteurs du futur Matthews Southern Comfort. Personne n’a alors jamais couvert les titres de Tim Hardin, James Taylor, Ian & Sylvia.  J’y suis allé. » (Iain Matthews)

Ce disque est la vitrine qui lui faisait jusqu’alors défaut. S’il lui ouvre les portes de l’Amérique, il engendre également celles les premières tensions en interne, au point que Matthews envisage très sérieusement  de continuer seul. Deux albums réalisés sous son seul nom mettent un terme à cette expérience collégiale : les excellents If You Saw Thro' My Eyes (1971) et Tigers Will Survive (1972) chez Vertigo qui bénéficient du soutien de certains membres du Fairport Convention, à savoir Richard Thompson et Sandy Denny.

La suite s’appelle Plainsong.

Plainsong, pour Elektra, marque un nouvel épisode du parcours de Matthews. Il est l’intermède collectif dans la phase solo de l’artiste. Ce groupe, monté avec Andy Roberts, se crée en 1972. Pour Ian Matthews, il s’agit là de la quatrième incarnation différente en trois ans. Andy Roberts, quant à lui, est anglais, a bricolé dans divers groupes et a été musicien de sessions. Il restera fidèle à Matthews une trentaine d’années.

Plainsong publie un disque magnifique, In Search Of Amelia Earhart (1972), sorte de LP concept sur la célèbre aviatrice. Pour en faire un résumé lapidaire : c’est Fairport Convention à Nashville. Matthews atteint ainsi le but qu’il s’était fixé : boxer à haut niveau, dans la même catégorie de ses idoles.

Derrière ça, il reprend sa liberté et signe deux opus extraordinaires : Journeys From Gospel Oak (1974) et Valley Hi (1973) avant de dérouler jusqu’à la fin des 70’s avec 6 nouveaux LP.

Retour avec des bataves.

Après que Plainsong ait eu droit à une seconde vie en 1992, le Matthews’ Southern Comfort (avec apostrophe s’il vous plaît) est également réactivé quatre décennies plus tard, en 2010, depuis les Pays-Bas et pour les besoins de Kind On You. Le dernier album en date est édité pour un label anglais Genepool ; il est couplé dans une réédition live en studio pour Esoteric Recordings avec Kind Of Live. Les musiciens sont bataves : Bart Jan Baartmans, Terri Binion, Mike Roelifs, Richard Kennedy, Joost Kroon et, en meneur de revue et maître de céans, Iain Matthews.

Le registre, éternellement folk-rock et dans l’esprit des 70’s, assure de très jolis moments : Letting The Mad Dogs Lie, These Days, Perfect Love, Road To Ronderlin, la nouvelle version plus enjouée de Woodstock. De la qualité aussi sur la partie live qui implique Iain Matthews, Elly Kellner et Bart De Win, s’appuie pour l’essentiel sur Kind On You, mais qui reprend des titres de Carole King, de James Taylor et de grands artistes de la west coast, ceux-là même qui depuis 50 ans hantent le quotidien de Ian Matthews. C’est bien connu : les grands hommes ne meurent jamais (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 2 - 1970

 

Matthews southern comfor later that same

 

MATTHEW’S SOUTHERN COMFORT

LATER THAT SAME YEAR – 1970  4/5

 

Publié en 1970.

Produit par Ian Matthews.

Durée:41:05.

Label:MCA/Decca.

Genre:folk rock,country rock,soft rock.

 

Aussi bien que les californiens.

 

Ian Matthews fut de la mouture initiale de Fairport Convention, celle qui fut influencée par la musique de l’American West Coast, mais en évoluant sous le nom de Ian MacDonald.

Cet auteur-compositeur-musicien-chanteur anglais, dès qu’il se libère, en 1969, d’un Fairport qui décide de prendre une autre direction, celle d’un folk british, continue à exploiter de très près cette veine country-rock américaine au point de signer un premier album solo fortement enraciné dans le genre : Matthews Southern Comfort (EMI/1969).

Ce LP est une expérience tellement fructueuse, une telle vitrine pour les qualités d’écriture de Matthews, qu’elle est reconduite sous l’identité de Matthews’ Southern Comfort (avec une apostrophe, please). Y prennent part outre Matthews, le guitariste Carl Barnwell, Gordon Huntley (pedal steel guitare), Andy Leigh (basse), Ray Duffy (batterie) et Mark Griffiths (guitare). Il enchaîne alors avec un excellent Second Spring (1969) et Later That Same Year (1970), troisième de rang, teinté de country et  qui n’a rien à envier à ses devanciers.

Construit autour d’un répertoire emprunté à des artistes ayant artistiquement pignon sur rue ou en vogue à l’époque (Joni Mitchell, le tandem King (Carole)/Goffin, Neil Young, Jesse Winchester, Alan C. Anderson), complété par deux titres de Carl Barnwell de Southern Comfort (il avait déjà collaboré à l’écriture sur le disque précédent), le moelleux Later That Same Year (en écoute intégrale ici) affiche également trois originaux qui sont l’apanage de Matthews (And Me, My Lady et Road To Ronderlin), trois belles petites pièces, dois-je préciser. Il succède dignement à Second Spring que j’aimais déjà beaucoup.

Matthews trouve en ces morceaux un terrain favorable pour laisser libre cours à un délicieux chant velouteux  et du même coup, pour emprunter défintivement sa propre voie. Car pour ce qui est de l’expérience Southern Comfort, elle prend fin ici pour de sombres histoires d’égos.

C’est aussi bon que ce qu’ont pu faire certains californiens du moment, agréable, avec de belles harmonies en cascade, de la belle steel guitare, une version tirée vers le haut de Woodstock, de Tell Me Why. Bref, ce disque est une très jolie surprise à recommander à plus d’un titre (RAZOR©).

 

1. Woodstock.

2. To Love.

3. And Me.

4. Tell Me Why.

5. My Lady.

6. And When She Smiles (She Makes The Sun Shine).

7. Mare Take Me Home.

8. Sylvie.

9. Brand New Tennessee Waltz.

10. For Melanie.

11. Road To Ronderlin

 

Keith Nelson:banjo.

Andy Leigh:basse.

Timothy Kraemer:cello.

Ray Duffy:batterie.

Carl Barnwell:guitare.

Mark Griffiths:guitare.

Roger Coulam:piano.

Gordon Huntley:steel guitare.

Tristan Frye:vibraphone.

Ian Matthews:chant.

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