Ned Doheny.

BIOGRAPHIE.

 

NED DOHENY/Los Angeles (Californie).

 

 Neddoheny

 

Années actives:1968/2014

Auteur-compositeur-interprète.

Genre:pop-rock,soft rock.

Label:Asylum,Columbia.

Site officiel:neddoheny.com

 

Ned Doheny, californien de Los Angeles, n’avait pas besoin de la musique pour vivre. Issu d’une famille très aisée, cet héritier d’une huile du pétrole aurait pu se la couler douce et choisir d’aller faire le kéké sur les plages de Malibu ; au lieu de cela, il se met en tête de s’en sortir par lui-même, de ne rien devoir à quiconque, et privilégie une carrière de singer-songwriter, vraisemblablement influencé par son pote depuis l’adolescence, Jackson Browne, plutôt de se laisser vivre aux crochets de ses parents.

Hormis une escapade londonienne où il fait la connaissance de Dave Mason, qui reprend un de ses premiers titres On And On (1971), c’est essentiellement sur la scène californienne, sans qu’il soit vraiment rattaché à la west-coast pour autant, que se situe la carrière de Ned, dont le point d’orgue est d’avoir été le premier artiste à être signé par le label de David Geffen, Asylum Records.

Il y retrouve l’ami Browne, qui lui, a failli ne pas être retenu, et côtoie certains Eagles comme Glen Frey et Don Henley, Joni Mitchell, Linda Ronstadt, David Blue, Laura Nyro, Judee Sill ou J.D Souther. Ses années 70 se résument à trois LP, entre l’éponyme opus de 1973 et Prone (1979). Entre les deux, Hard Candy sorti en 1976.

L'éponyme Ned Doheny est réalisé chez Asylum, les deux suivants le sont pour le compte de CBS. Ces trois LP ressortent aujourd’hui sous une compilation éditée en 2014 : Separate Oceans. Par la suite, Ned Doheny publie encore Life After Romance (1988) et Between Two Worlds (1993), mais rien de bien significatif. Son catalogue compte aujourd'hui une dizaine de LP studio, le dernier en date étant The Darkness Beyond The Fire (2010). Separate Oceans, compilation publiée en 2014, est l'occasion de faire connaissance avec un artiste dont on sait finalement peu de choses (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70's.

LP Studio 1 - 1973

 

Ned doheny ned doheny 1973

 

NED DOHENY

NED DOHENY – 1973  4/5

 

Publié en 1973.

Produit par John Haeny,Ned Doheny.

Durée:43:10.

Label:Asylum Records.

 

Un des secrets les mieux gardés de Laurel Canyon.

 

J’adore ce disque éponyme et cet attachement de quarante ans remonte à 73, année de sa parution. Ned Doheny est alors un produit de la maison Geffen, Asylum Records pour ne pas la nommer, une étiquette sympa auprès de laquelle j’ai pécho certains des plus séduisants artistes de l’époque : Neil Young, Jackson Browne, Eagles, J.D. Souther, Joni Mitchell, Tom Waits, Linda Ronstadt, Judee Sill et même Bob Dylan pour deux albums (Planet Waves et Before The Flood).  

Le nom de Ned Doheny m’est revenu à l’esprit alors que je lisais un article passionnant sur ce label. Les fans de musique californienne se souviennent sûrement de cette belle gueule née avec une cuillère d’argent dans la bouche, dont le programme quotidien était réglé comme du papier à musique : la fumette et plus si affinités, la musique abordée avec la nonchalance qui sied à l’époque et la guitare notamment, l’oisiveté et la baise. Toute la panoplie du hippie, quoi.

Angelin, fils d’un magnat du pétrole, Ned Doheny n’a pas marqué le monde du rock, au regard d’un passage assez bref et peu lucratif dans la musique et d’un catalogue qui n’a pas laissé de souvenirs impérissables dans les mémoires de la majorité des acteurs de cette époque, faute de vrai coup commercial et de promotion sur son nom.

Pistonné par son ami Browne, le californien n’a jamais vraiment été poussé par un éditeur. Il en est peu qui auraient misé une piécette sur lui préfèrant faire tapis sur Jackson ou les Aigles. Ce qui est une hérésie selon moi, et son catalogue le rappelle avec trois disques de belle facture, celui-ci, Ned Doheny (en écoute intégrale ici), son suivant Hard Candy (76) et son ultime, Prone (79).

Pourtant le Ned d’avant Asylum peut se targuer d’avoir joué un rôle assez actif sur la scène de Laurel Canyon et de Californie, jouant sa première session d’enregistrement pour Terry Melcher (producteur) à 18 ans, avant, dans le sillage de ce qui fut fait dans le cadre de Music From Big Pink du Band, d’être retenu à 19 pour accompagner  le projet Paxton Lodge du producteur d’Elektra, Barry Friedman, qui consistait à fournir un environnement propice à la création musicale via un domaine retiré et spacieux. Dans cette charrette opportune pour démarrer la communauté musicale en question, Ned côtoyait alors Jackson Browne et Jack Wilce, également dans le viseur du producteur. Le but était de réaliser leurs LP solos respectifs, de contribuer sur ceux des deux autres et plus particulièrement ceux de la maison Elektra. On les appelait les Inmates, autrement dit les prisonniers ; la drogue et les groupies ont fini par avoir raison d’une idée géniale, mais non aboutie. Au début de 69, les contrats des trois larrons ont été résiliés. Il en a quand même coûté 75.000 dollars de l’époque à Elektra pour 6 mois de fonctionnement. Si Jackson Brownre entreprit  une brillante carrière, Doheny et Wilce firent chou blanc.

Faire partie de ce casting est cependant révélateur de l’intérêt que l’on prêtait à ce songwriter et musicien discret et fort méconnu. Ned Doherty était un talent avéré, doté d’un style qui lui était propre, influencé par le jazz et la musique black U.S. Les critiques lui ont toujours accordé du crédit et l’un d’entre eux considère même son premier LP (partiellement autofinancé, ce qui dénote bien les espoirs qu’il suscite alors), comme l’Astral Weeks de la West-Coast californienne, en référence au disque majeur de l’œuvre du rouquemoute irlandais Van Morrison. C’est dire si son travail est tenu en haute estime. Personnellement, je n’irai pas jusque là, mais il est vrai que je suis très fan de ce qu’il fit et qui n’est pas sans rappeler l’œuvre de Carole King.     

Dans les faits, ça donne quoi ? Un produit assez pop-rock,soft-rock, avec de très jolies mélodies, accrocheuses, nostalgiques et une très agréable résonnance acoustique. Trois grands titres en émergent : On And On, écrite pour Dave Mason (album Dave Mason & Cass Elliot – 71) et avec Graham Nash aux harmonies vocales, I Know Sorrow et Trust Me. Derrière eux, une flopée de belles pièces comme les ballades Standfast et Postcards From Hollywood, ou Fineline et I Can Dream.

Ned est une des énigmes les mieux gardées de l’histoire de la scène  californienne des 70’s ; après avoir complètement zappé le milieu, il y est depuis revenu il y a peu avec un très soigné Darkness Beyond The Fire (2011). Et c’est toujours aussi agréable. Tout son catalogue mérite attention. J’y reviendrais (RAZOR©).

 

1. Fineline.

2. I Know Sorrow.

3. Trust Me.

4. On and On.

5. Lashambeaux.

6. I Can Dream.

7. Postcards from Hollywood.

8. Take Me Faraway.

9. It Calls for You.

10. Standfast.

 

Jimmy Caleri:synthétiseur Moog,orgue,piano.

Ned Doheny:guitare,chant.

Bryan Garofalo:basse.

Richard Hyde:trombone.

Richard Kermode:piano,cabasa.   

Gary Mallaber:batterie,vibraphone.      

Don Menza:saxophone ténor.

Graham Nash:harmonies vocales,choeurs.    

David Parlatta:basse.

Mike Utley:orgue.

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