Peter Seeger.

BIOGRAPHIE.

 

PETER SEEGER/New York (USA)

 

Peter seeger intro

 

Né le 3 mai 1919 à New York,décédé le 27 janvier 2014 à New York.

Actif depuis les 40's.

Labels:Smithsonian,Folkways Records.

Genre:folk.

Site officiel:www.peterseeger.net

Le boss, c'était lui !

Pete Seeger s'est éteint à 94 ans dans les frimas de l'hiver new yorkais 2014, sans que ce soit la maladie qui en soit la cause. Malgré son âge avancé, il était encore sacrément gaillard. La preuve, quelques semaines plus tôt, il foulait encore la scène.

Ses débuts avec les Weavers, son activisme, son influence, sa période militaire, son mariage avec Toshi sa muse, la base affective sans laquelle Pete Seeger n’aurait jamais été la légende vivante de la musique qu’il est devenue, sa carrière, la People Song Inc, première société de musique folk à vocation militante, son chalet construit par ses soins, son inscription sur la liste noire du sénateur McCarthy et du pouvoir pour convictions communistes, sa mise en quarantaine par les TV et radios… l'artiste, autant que l'homme, a défini une époque à lui tout seul. L'histoire de la vie et de la carrière de Seeger est émaillée de tellement de faits qu'elle occuperait plusieurs tomes dans une bibliothèque.

Peter seeger intro 2 Pete Seeger : le boss c'est lui !

Peter seeger enfant avec parentsUn environnement familial propice à son épanouissement.

Peter seeger almanac singersLes Almanach Singers pour entamer sa carrière.

Peter seeger the weaversThe Weavers qui suscitent la vocation des...

Peter seeger dylan...folkeux et des contest-singers de Greenwich.

Peter seeger toshiToshi, sa femme et sa muse...

Peter seeger hoshi...partie 6 mois avant lui.

Peter seeger oldJusqu'à son dernier souffle, il sera resté le boss.

Dylan, Joan Baez, Arlo Guthrie, Bonnie Raitt, Bruce Springsteen, Nathalie Maines, Tom Paxton le vieux pote, Peter Paul & Mary réfèrent régulièrement au pygmalion Seeger pour l'influence qu'il eut sur leur carrière respective.

Ils savent tout ce qu'ils doivent à leur mentor, pionnier du folk américain, en même temps que figure essentielle du mouvement pour les droits civiques et ardent militant contre la guerre du Vietnam. Évoquer Peter Seeger, c'est évoquer une véritable légende. Pour les yankees, le boss, c'était lui.

Un environnement familial propice à son épanouissement musical.

Fils de musiciens, Peter Seeger vient au monde le 3 mai 1919 à Manhattan. Né d'un père, Charles-Louis, musicologue, compositeur et professeur de musique à l'université de Berkeley, et d'une mère, Constance De Clyver Edson, violoniste classique formée au Conservatoire de Paris, Peter Seeger a 7 ans quand ses parents divorcent (1926). Son paternel se remarie en 1932 avec Ruth Porter Crawford, compositrice et membre des ultramodernes, spécialiste de la musique folklorique américaine.

Chez les Seeger, on parle musique du soir au matin, on vit musique tous les jours et ce, d'autant que les enfants nés du remariage de Charles-Louis avec Ruth Porter Crawford, à savoir Margaret, dite Peggy, Barbara, Penny (Penelope) et Mike ((ses demi-sœurs et demi-frère) ont également tous suivi une filière folklorique.

Peggy est devenue l'épouse d'Ewan MacColl, le chanteur engagé britannique (Dirty old Town) et Penelope, celle de John Cohen, membre des New Lost City Ramblers fondé par Mike Seeger tandis que Barbara a chanté et enregistré avec la fratrie et la famille (The Seeger Family, The Seeger Sisters). Autant dire que Peter Seeger a baigné très tôt dans un environnement favorable à ce qu'il puisse s'épanouir aussi dans la musique.

Il est encore un gamin quand il se familiarise déjà avec des instruments comme le ukulélé. Ado, il manie avec talent le banjo et se passionne pour les musiques traditionnelles américaines.

Mais contrairement à sa mère qui a des visées plutôt classiques pour lui, il fait le choix du blues et des ballades, de la liberté et de la justice, après avoir été tenté par le journalisme.

Toshi, sa muse.

Peter épouse Toshi-Aline Ohta, née d'un père nippon et d'une mère américaine, en 1943. Elle sera la force motrice et le soutien sans lequel l'immense carrière professionnelle de Seeger aurait été possible, une partenaire impliquée dans de multiples activités musicales et environnementales partagées avec son mari, l'organisatrice experte qui sut comment transformer en succès commerciaux les concepts artistiques de son homme.

En juillet 1913, Peter perd celle qui fut la pierre angulaire de sa vie. Elle s'éteint dans le chalet de Beacon à 91 ans. Il la rejoint 6 mois plus tard. Sûr qu’il aurait aimé fermer les yeux dans la maison du bonheur de la vallée de l’Hudson, plantée au milieu d’une nature sauvage et vallonnée où il prenait plaisir, malgré le poids des ans, à se balader et où il se faisait un devoir de couper son bois personnellement...

De leur union naissent quatre enfants dont un premier qui décède à six mois (Peter Seeta) en 1944 alors qu'il est à l'étranger. Daniel, Mika et Tinya se chargent de leur donner de magnifiques petits-enfants dont certains, comme Tao Rodriguez-Seeger, chanteur folk, ont repris le flambeau du grand-père.

Un chanteur engagé.

Si l'entourage familial est l'élément déclencheur du choix de vie de Peter Seeger, sa rencontre avec l'ethnomusicologue et folkloriste Alan Lomax (1938), responsable des Archives de la Bibliothèque du Congrès, lui permet d'approfondir la musique de l'Amérique profonde et les chanteurs qu'il affectionne.

En fouinant dans les archives et en rencontrant des artistes comme Leadbelly ou Woodie Guthrie, il installe les fondements pour entrer de plain pied dans le métier.

Cette entrée en matière se fait par les Almanac Singers qu'il fonde en 1940 avec Lee Hays et Millard Lampell et que rejoint Woodie Guthrie au printemps 41 ainsi que Sis Cunningham et Bess Hawes, la sœur d'Alan Lomax.

Ce groupe folklo-militantiste, fortement anti-Roosevelt (la majorité des membres étaient communistes), monté à des fins politiques, utilise ses chansons engagées comme vecteur des causes qu'il défend (syndicats, mouvements antifascistes, droits civiques, paix, monde meilleur).

Arrêté à cause de la guerre et des conscriptions de certains d'entre eux, il dure un an et publie deux albums (Songs For John Doe et Talking Union).

Pendant le conflit mondial, l'activisme du soldat Peter Seeger, enrôlé en 1942 comme mécanicien d'avion au Mississippi, se fait de plus en plus actif au point qu'il est, à partir de 1943, dans le collimateur du FBI.

Pendant deux décennies, il va être espionné et connaître la prison. Tout ça à cause d'une lettre de contestation envoyée au FBI de San Francisco.

Ses opinions politiques, ses fréquentations, ses déplacements sont désormais scrutés. Sa famille est passée au crible. 1800 pages d'un rapport des services de renseignements lui sont consacrées. Peter Seeger est soupçonné de répandre la propagande communiste...

The Weavers.

Au sortir de la guerre, le new yorkais fonde, avec Lomax et Hays, People's Song Inc., une organisation folk à vocation militante destinée à créer, promouvoir et distribuer des chansons politiques. A cette époque, il s'installe à Beacon, à une cinquantaine de miles de Manhattan, et se produit régulièrement à Greenwich Village où loge la société.

A la fin des 40's et à Manhattan, Peter Seeger, Ronnie Gilbert, Lee Hays et Fred Hellerman se regroupent au sein des Weavers (1948), qui, après quelques longs mois de galère, trouvent un engagement dans un club de jazz de Vanguard Village, ce qui lui vaut de signer avec Decca Records.

Au fil du temps, malgré les interdictions des télés et radios, le groupe devient une vedette nationale et un gros vendeur pour l'époque et le genre avec plus de 4 millions de disques vendus.

Groupe influent dans la culture populaire américaine, les Weavers encouragent, entre autres, la carrière de Kingston Trio, suscitent la vocation d'un certain Robert Zimmerman et ouvrent la porte à une scène de protest singers parmi lesquels Bob Dylan, Joan Baez, Phil Ochs, Don McLean, Josh White, John Denver, Tom Paxton, Buffy Sainte-Marie, Dave Van Ronk, Tom Rush, Judy Collins, Fred Neil, Harry Chapin, Arlo Guthrie...

C'est une chanson aux paroles subversives (elle préconise de renverser le gouvernement américain) figurant au répertoire des Weavers, If I Had A Hammer (1949), qui va populariser un peu plus Seeger son auteur (avec Hays).

Si le titre, entre les mains des Weavers, ne rencontre pas un gros succès (son enregistrement n'est autorisé qu'en 1956), passé entre celles de Peter Paul & Mary, puis de Trini Lopez, elle va cartonner (1962). Le marteau ici est celui de la justice, la cloche, celle de la liberté. On est loin de la version française de Claude François (Si j'avais un Marteau).

Peter seeger final

« Nous savons tous que la musique fait partie de la vie des gens, mais je ne l'avais jamais ressenti comme tel jusqu'à ce que je rencontre Woodie Guthrie. Les mots qui sortaient de sa bouche et la musique qu'il faisait, étaient en phase avec la vie qu'il menait. Woody m'a montré comment faire de l'auto-stop et comment monter dans des trains de marchandises, comment chanter dans des saloons. » (Peter Seeger)

Newport, Folkways, Clearwater, turn turn turn, Cuba...

Les Weavers se séparent en 1964 et Peter Seeger en profite pour partir sur les routes américaines accompagné de son seul banjo et publier régulièrement une chronique pour le magazine Sing Out. Au cours des deux décennies qui suivent, les membres prennent l'habitude de se réunir. Hélas, plus aucun d'entre eux n'est aujourd'hui vivant.

Parallèlement, il continue à enregistrer, de manière féconde et sans jamais chercher à rentabiliser son travail, pour Folkways. Des chansons pour enfants aux hymnes de la guerre civile espagnole, tout y passe.

Habitué du festival folk de Newport dont il est un des fondateurs, Seeger reste fidèle à ses convictions et ses engagements. Pas sûr qu'il apprécie à sa juste mesure quand, en 1965, Bob Dylan, son filleul en quelque sorte, porte-parole de la nouvelle vague contestataire et folkeux comme lui, passe à l'électrique ou quand les Byrds propulsent son Turn Turn Turn en tête des charts à l'époque où folk contest et rock décident de faire cause commune.

En 1966, il relève un nouveau défi, environnemental celui-ci, en lançant, avec sa femme Toshi, le projet de construction d'un bateau pour sauver la rivière Hudson menacée par la pollution. Il initie l'entreprise Clearwater qui collecte des fonds via l'association sans but lucratif Hudson River Sloop Clearwater Inc.

Un festival, le Great Hudson River Revival est organisé tous les ans depuis 1966. Il rend possible des initiatives éducatives par lesquelles près de 450.000 jeunes et 250.000 adultes ont depuis pu découvrir les beautés de la rivière Hudson à bord du sloop et suivre l'évolution de sa revitalisation.

This Land Is Your Land...

Cette même année 66, côté musique, il sort une version de Guantanamera (Jose Marti) avec le dessein que celle-ci soit reprise par le mouvement pour la Paix au moment de la crise des Missiles de Cuba. L'année suivante, il marque son opposition à la guerre du Vietnam en chantant Waist Deep In The Big Muddy, vite censurée sur les ondes.

Bref, droit dans ses bottes, Seeger est de tous les combats et partout : à Washington, à New York, en Pennsylvanie, à Cambridge... Il fait régulièrement des tournées et donne des concerts-bénéfices, tout en continuant à alimenter une discographie forte de plus d'une centaine d'albums à sa mort.

Sa carrière professionnelle est couronnée de nombreux prix et distinctions : élu au Songwriters Hall Of Fame 72, intronisé au Rock & Roll Hall of Fame 96, Grammy Life time Achievement Award 93, grammy du meilleur album folklorique traditionnel en 96 et 2008, Grammy du meilleur album musical pour enfants 2010, Grammy du meilleur Spoken Word Album 2013, médaille des arts (Harvard/96) et bien d'autres encore...

Durant toute son existence, ce pionnier du folk qui se moquait bien du statut de légende vivante qu'on lui prêtait, s'est servi de la musique pour toucher les consciences plus que les bénéfices.

Sûr qu'il a dû jubiler intérieurement quand, en janvier 2009, Barack Obama a été élu président des États-Unis et qu'il s'est retrouvé à commémorer l'événement sur la scène du Lincoln Memorial, avec Tao et Bruce Springsteen.

Ce jour là, plus que jamais et un peu plus fort que d'ordinaire, Peter Seeger a exhorté la foule à reprendre This Land Is Your Land de son pote Woodie Guthrie, reflétant son engagement de toute une vie à chanter pour les communautés (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 4 - 1973

 

Pete seeger rainbow race 73

 

PETER SEEGER

RAINBOW RACE – 1973  5/5

 

Publié en 1973.

Produit par Bob Johnston.

Durée:28:53.

Label:Columbia.

Genre:folk.

 

Heureux qui communiste.

 

Face à la terreur générée par le coup de folie d’Anders Breivik, les survivants du massacre d’Utoeya (2011), via Facebook, ont mobilisé par dizaines de milliers, des personnes aux quatre coins de la Norvège. Motif : protester contre les déclarations faites à l’audience par l’auteur de ce massacre, à savoir, en gros, que tout ça, c’est de la faute à cette chanson populaire norvégienne de 1971, Barn Av Regnbuen, qu’il considère comme un lavage de cerveau marxiste prônant un peu trop la tolérance.

Le titre en question, repris en cœur par 40.000 norvégiens réunis sur la place Youngstorget d’Oslo, n’est autre que la traduction de Children Of The Rainbow et est le relais de la chanson de folk américain pour enfants, My Rainbow Race, publié sur le LP du même nom (1973), album-phare du catalogue de Pete Seeger, icône du folk décédée en janvier 2014.

Qui, au siècle passé (et oui !), a fait mieux que Seeger pour protéger, répandre, partager et défendre la musique populaire ? Véritable artisan de la chanson folklorique américaine, chantre de l’engagement, qu’il soit politique, environnemental ou humanitaire, ce fils de Manhattan, né dans une famille de gauche, lié comme les doigts de la main avec le baladin et chanteur contestataire Woody Guthrie, est un pionnier.

Avec ce dernier, après avoir suivi une trajectoire de rambling-man en divers places de l’Amérique (il y puise une foule de notes sur cette musique des campagnes qui fera le tour du monde), il fonde les Almanac Singers, virulent groupe new yorkais engagé et actif entre 40 et 43, à la particularité de chanter un répertoire d’actualités d’abord pacifiste (anti-militariste, anti-racisme, contre la pauvreté, la violence, le capitalisme…), puis résolument militant (il chante l’Internationale en français).

Cela lui vaut, plus tard, de figurer sur les listes noires pendant la période du McCarthisme, d’être considéré comme un dangereux activiste par le FBI, voire d’être molesté par des anti-communistes.

Avec Ronny Gilbert, Lee Hays, Fred Hellerman, Pete Seeger fonde les Weavers, quatuor de musique basé à Greenwich Village. De 1948 à 1952, cette formation installe le courant folk-contest qui va suivre.

Après ces expériences, le prof de banjo d’Earl Scruggs se consacre à sa propre carrière. Il écrit pour lui et adapte des airs puisés dans des catalogues folkloriques étrangers. Prolixe, son répertoire est régulièrement pillé par ses collègues contemporains.

Légende incontournable du folksong, grand frère des jeunes artistes de la génération folk des années 60, l’auteur de Si j’Avais Un Marteau (If I Had A Hammer) et du Turn Turn Turn popularisé par les Byrds, affiche une discographie impressionnante débutée en 1941. Pete le communiste est certainement le doyen de la scène musicale aujourd’hui. Alors respect.

Rainbow Race est un album référence de sa carrière. En 10 titres, il restitue à merveille l’esprit contestataire ambiant. Last Train To Nuremberg, pertinent, Sailing Down The Golden River, digne de figurer comme musique de funérailles, le controversé Uncle Ho, le sublime Snow Snow rythmé par une basse qui bat comme un pouls, l’anti-guerre My Rainbow Race, Our Generation, Old Devil Time, le profond Words Words Words sont les originaux top niveau de l’album.

The Clearwater de Bud Foote et Hobo’s Lullaby de Goebel Reeves, chanté également par Woody Guthrie complètent merveilleusement ce disque unique frappé de la note maximale.

La mouvance folk bretonne des Stivell et autres Yacoub (Malicorne) sait tout ce qu’elle doit à ce mentor rouge qui leur conseilla un jour de 72 de ne pas se laisser coca-coloniser. Ils ont visiblement bien reçu la leçon (RAZOR©).


1. Last Train to Nuremberg.

2. Sailing Down This Golden River.

3. Uncle Ho.

4. Snow, Snow.

5. My Rainbow Race.

6. Our Generation.

7. Old Devil Time.

8. The Clearwater.

9. Words, Words, Words.

10. Hobo's Lullaby.

 

Pete Seeger:banjo,guitare,chant.

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