Randy Newman.

BIOGRAPHIE.

 

RANDY NEWMAN/Los Angeles (Californie-USA)

 

Randy newman 2

 

Né Randall Stuart Newman, le 28 novembre 1943 à Los Angeles.

Actif depuis 1961.

Labels:Warner Bros,Reprise,Walt Disney Records,DreamWorks,Interscope,Universal Music,Nonesuch,Elektra.

Genre:soft rock,rock,pop-rock.

Site Internet:randynewman.com

 

Sur le fil du rasoir.

Le monde musical de Randy Newman est peuplé de personnages palpitants dont certains ne lui ont pas toujours valu les félicitations du jury populaire. Songwriter talentueux mais ô combien controversé au regard de l'ambiguité, de l'acidité, de la lucidité et du persiflage de son écriture, l'artiste californien, adepte du second degré, évolue souvent sur le fil du rasoir, à l'image de Short People (N°2/1977), sa plus grande réussite commerciale à ce jour, mais assurément son succès le plus lourd à porter aussi.

Après les rednecks, les homophobes, les politiciens, les puissants, les junkies, les chauvins, les trafiquants d'esclaves, les théologiens et Dieu, les nationalistes fanatiques, l'auteur y stigmatise les personnes de petite taille, entendez par là les nains, et les paroles de ce brûlot provoquent un tollé ; sa satire, souvent très mal interprétée, fait grincer des dents.

Du second degré mal compris.

Derrière cette polémique, les associations lui tombant sur le râble, Randy Newman peine à convaincre que son message premier s'adresse aux étroits d'esprit, à ceux qui, d'ordinaire, donnent des leçons au monde entier et qui devraient être les derniers à en donner. Le pince-sans-rire est incompris, mais certainement pas méchant ou cynique comme certains ont pu le prétendre parfois.

Depuis, bien qu'ayant toujours pris les modes à rebours, Randy Newman est admis comme un compositeur durable, fiable et un interprète de chansons originales et caustiques très prisé.

Parmi elles : Sail Away, Birmingham, I love L.A., Baltimore, Louisiana 1927, Mama Told Me Not To Come, Old Kentucky Home, Rednecks, Rollin', Marie, et surtout You Can Leave Your Hat On (9 semaines et demi/1986), popularisée par Joe Cocker et l'effeuillage vestimentaire en règle orchestré par Kim Bassinger (Elizabeth McGraw) pour les beaux yeux de son amant Mickey Rourke (John Gray). 

Issu d'une famille d'artistes.

Fils d'Irwing George Newman et d'Adele Fox, Randy Newman est natif de Los Angeles, mais passe l'essentiel de son enfance à la Nouvelle-Orléans dont il conserve le délicieux accent sudiste. Il a 6 ans quand il souscrit à ses premières leçons de piano, instrument pour lequel il montre de belles dispositions.

Les Newman, des juifs, reviennent en Californie quand Randall Stuart, dit Randy, a 11 ans. Il grandit dans un environnement domestique où oncles et cousin(e)s appartiennent à la grande famille du cinéma d'Hollywood. On doit à Emil, Alfred et Lionel Newman, des musiques cinématographiques passées à la postérité : La Conquête de l'Ouest, Eve, Qu'elle était verte ma Vallée.

Il la rejoindra plus tard en qualité d'acteur, puis de scénariste, mais surtout en composant 31 B.O de films (dont Ragtime Toy Story et Cars) pour lesquels il sera nominé une vingtaine de fois aux Oscars (dont 2 récompenses).

Randy newman 1Un artiste très controversé et mal compris.

Randy newman harpers bizarreAu sein de Harpers Bizarre.

Randy newman nowToujours actif en 2017.

Randy newman hollywood walk of fame...et une étoile sur le Hollywood Walk of Fame.

Randy newman 12 songs12 Songs (70) et Sail Away (72)...

Randy newman sail away...2 LP majeurs de son catalogue.

Le songwriting ancré en lui.

En attendant, sur les recommandations du père de son meilleur ami Lenny Waronker, un violoniste réputé, il fait le choix de la musique et intègre l'Université de Los Angeles où il mène de front ses études et un emploi de compositeur pour Metric Music, filiale de Liberty Records. Ses premières maquettes s'accompagnent de l'obtention de son diplôme en composition musicale.

Dès l'âge de 17/18 ans, il a le songwriting ancré en lui, influencé qu'il est par Ray Charles, son idole. Il s'y colle en 1961, pour les autres d'abord, avant de penser à sa pomme et de toucher le graal avec Short People en 1977, puis de signer, en l'espace de 5 décennies, une grosse quinzaine d'albums (LP studio, compil' et live confondus).

C'est peu certes, mais l'artiste aime prendre son temps et, qui plus est, est atteint du syndrome de la fatigue chronique, une affection qui le handicape dans son agenda personnel quotidien ; parallèlement, il est énormément accaparé par le grand écran.

Compositeur par procuration.

L'éponyme Randy Newman (juin 1968/Reprise) ouvre le ban, Harps And Angels le referme à l'été 2008, soit 50 ans plus tard. Entre les deux périodes, la même causticité, une originalité commune, une ironie et une autodérision permanente, un artiste qui rappelle aussi bien Tom Waits que Gerschwin.

Compositeur par procuration après un premier single (Golden Gridiron Boy/1962) passé complètement inaperçu et un apprentissage chez January Music, Randy Newman fait le choix de signer des chansons et de réaliser des arrangements pour autrui.

The Fleetwoods, Petula Clark, Dusty Springfield, Jerry Buttler, Gene Pitney, Jackie DeShannon, les O'Jays, la britannique Cilla Price (I've Been Wrong Before), Eric Burdon (Mama Told Me...Not To Come), Alan Price (Simon Smith And The Amazing Dancing Bear) ou Irma Thomas sont les premiers à bénéficier de la force et de la pertinence de son écriture.

Randy intègre, dès 1963, les Tikis de Santa Cruz, un quatuor de type Merseybeat/surf british qui devient Harpers Bizarre au milieu des 60's. Il y officie en qualité de musicien, d'arrangeur mais surtout de songwriter ; il s'y montre talentueux.

Un artiste anachronique.

En juin 1965, il signe la BO de Payton Place, un feuilleton TV, puis connaît un premier succès commercial grâce à Judy Collins laquelle reprend son I Think It's Gonna Rain Today (fin 1966). De quoi lui donner des envies de voler de ses propres ailes. C'est ce qu'il fait quand, après avoir travaillé comme arrangeur pour Warner Bros (1967), il accepte l'offre de Reprise Records de franchir le pas et d'interpréter ses propres compositions.

Sa carrière solo s'ouvre par l'album Randy Newman, sous-titré Creates Something New Under The Sun, un condensé de musique pop finement travaillée, déjà mordante et soutenue par de belles orchestrations.

Complètement anachronique , son premier jet est une belle prise de risques qui, s'il fait réagir favorablement le milieu de la critique, ne trouve pas l'adhésion du public. 4500 exemplaires écoulés, c'est un flop !

Il faut attendre près de deux ans pour que sorte son deuxième LP studio, 12 Songs (avril 1970), lequel bénéficie de la présence de musiciens en vue du moment comme Clarence White et Gene Parsons (Byrds) Jim Gordon (Derek & The Dominos) ou Ry Cooder et de son pote Lenny Waronker à la production. Est-ce la raison pour laquelle le disque se vend mieux ? Pas seulement.

Un humour décalé et satirique.

Même si les chansons, courtes et sans concessions, ne sont pas aussi puissantes que sur l'album précédent, Twelve Songs est une des grosses réussites de Randy. Sa maîtrise est totale ; un immense et original songwriter émerge.

Si son humour décalé et satirique a encore du mal à convaincre le public, le milieu adhère et voit en l'angelin un auteur-compositeur expert, dans le répertoire duquel il ne cessera désormais plus de piocher.

En faisant ses débuts sur scène, Randy Newman s'offre la possibilité de réaliser le premier album de ses LP live (juin 1971), enregistré dans les conditions du direct, lors de concerts donnés au Bitter End de Greenwich Village, en septembre 1970.

S'il y apparaît seul face à son piano, devant un parterre peu mobilisé et qui sonne le creux, il livre néanmoins une prestation intimiste et poignante de qualité.

Son apogée artistique.

Avec son troisième opus, Sail Away (mai 1972), Randy Newman montre qu'il est dorénavant au point, qu'il a enfin trouvé la bonne formule.

Sail Away est un succès commercial que beaucoup considèrent comme le meilleur disque de son catalogue. Difficile d'aller dans ce sens, tant ses deux premières levées sont également de purs joyaux et que ce qui s'annonce n'est pas piqué des vers non plus : Good Old Boys.

Aussi bon mélodiste que fin arrangeur et auteur exceptionnel, Randy Newman y déroule un lot délicat de chansons judicieusement ciselées auquel il est bien difficile de ne pas succomber, à l'image de la chanson-titre ou de You Can Leave Your Hat On. Du velours et de la soie.

En septembre 1974 paraît Good Old Boys par lequel l'artiste touche enfin les dividendes de son talent. Dans les bacs, le quatrième opus marche vraiment très bien, malgré une décevante 36ème place au Billboard.

Sur un ton toujours aussi sarcastique, il revisite le sud des Etats-Unis où il a passé son enfance et crée la polémique en ironisant sur les racistes et arriérés rednecks ou Birmingham (avec Don Henley et le regretté Glenn Frey comme choristes) dont il dresse le portrait peu élogieux de la classe ouvrière.

Plus léger (Rollin'), tendre (Marie), introspectif (Guilty), émotif (Louisiana 1927), Randy Newman exprime un éventail fourmillant de sentiments, sans jamais chercher à faire dans le politiquement correct ou à faire plaisir. Du grand art.

Randy newman portrait

« Je ne pense pas être asocial comme on le prétend souvent. Je vis à Los Angeles, mais je ne fréquente pas particulièrement le monde du cinéma. Je ne fréquente pas les stars, je les rencontre aux Oscars et cela me suffit. Je ne suis pas ambitieux socialement, je ne fréquente pas les endroits à la mode. C'est peut-être pour cela que j'ai été nominé vingt fois aux Oscars et que je n'ai gagné que deux fois : je ne connais pas assez de gens. Quand je perds, la plupart du temps ça ne me fait rien, car je sais qu'il y a derrière beaucoup de politique de studio. » (Randy Newman)

Interdit de radio.

Little Criminals (septembre 1977) fait suite à un break de 3 ans de Newman. Par ce nouvel album, son auteur prend une dimension nouvelle. Outre la bonne place du LP au Billboard 200 (9ème), Little Criminals, certifié or, renferme le plus gros succès de l'artiste Short People (N° 2 dans les charts 78), un titre qui, une fois de plus, provoque les réactions les plus épidermiques d'une grande partie du public... à cause d'un malentendu.

Randy Newman ne fait que se glisser dans la peau d'un énième personnage satirique se moquant des préjugés de la société, mais pour le coup ça ne passe pas.

Son dénigrement des nains choque, mais la polémique le sert, en boostant les ventes de son album Little Criminals, un grand disque sur lequel les Eagles, dans leur quasi intégralité, viennent poser leurs voix. Quoi qu'il en soit, si Short People est un succès qui lui fait du bien commercialement, il lui fait du mal pour sa popularité puisqu'il est interdit de radio.

Born Again referme les pages 60's/70's. Sorti en août 1979, ce sixième LP a la lourde tâche de tenter de faire aussi bien que le top 10 précédent. Les attentes commerciales sont énormes et les moyens mis à disposition de l'artiste pour concrétiser comme il se doit le projet sont accrus.

Le cinéma pour rebondir.

La confiance est de mise mais l'album, à l'image de sa pochette assez énigmatique, ne parvient pas à rééditer le succès de Little Criminals. Il n'entre même pas dans le top 40, sans que la qualité des compositions puisse être remise en cause pour autant. Tout le monde s'est vu un peu trop beau, c'est tout. Conscient d'avoir tout mis dans la balance pour rafler la mise, Newman en ressort frustré et sans le moindre hit.

Dans les années 80, Randy Newman prend la voie du cinéma. Cette orientation se ponctue par 5 grammies, trois Emmies, deux Oscars, une étoile sur le Hollywood Walk Hall Of Fame. Il signe, entre autres, les BO de Ragtime (1981), The Natural (1984), Awakenings (1990), Maverick (1994), des Toy Story, Cars...

Intronisé au Songwriters Hall Of Fame en 2002 et au Rock And Roll Hall Of Fame en 2013, Newman est plus que jamais actif et se produit surtout dans les festivals de jazz (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 2 - 1970

 

Randy newman 12 songs 1

 

RANDY NEWMAN

12 SONGS – 1970  5/5

 

Publié en 1970.

Produit par Lenny Waronker.

Durée:29:51.

Label:Reprise.

Genre:rock,pop-rock,roots rock.

 

Satire de tous les côtés.

 

S’il n’a pas déclenché des mouvements de foule pour son acquisition, ni soulevé les passions populaires, 12 Songs (1970), deuxième LP du californien Randy Newman, n’en est pas moins considéré par la presse spécialisée de l’époque comme un album essentiel parce qu’audacieux. Grande étape de sa carrière, il est encore régulièrement cité aujourd’hui parmi les plus grands disques du rock.

Pour l’occasion, l’angelin s’avère très novateur dans le concert ambiant, mélangeant témérairement pop, rock, blues, folk et blues, endossant divers costumes pour user d’histoires simples mais sournoises, brodées autour d’un lyrisme original certes mais surtout caustique, cynique, parfois démoniaque. Le rock d’alors n’avait que rarement été confronté à ce type de prestataire musical. Randy Newman a fait le choix de cette voie et au vu de ce disque, il ne se discute même pas. Quoi qu’il en fût, le subtil et détonnant 12 Songs a ouvert la voie à sa lumineuse carrière.

L’eau a depuis coulé sous le pont. Ce compositeur hors pair, pianiste et chanteur, auteur sardonique de la première heure, élevé à la Nouvelle-Orléans et vraisemblablement sustenté au répertoire de Fats Dominos, vire progressivement de bord, en s’impliquant, comme ses oncles et cousins, dans la musique de films et de séries TV où il s’est imposé comme un compositeur de ciné à part entière.

Ainsi, on le retrouve derrière des réalisations comme la B.O des Toy Story 1, 2 et 3 (Disney), Ragtime de Milos Foreman, Maverick de Richard Donner, l’Eveil de Penny Marshall, Pur Sang de Gary Ross ou encore Jeu de Dupes de George Clooney, pour n’en citer que quelques-uns.

Mais là n’est pas le propos du moment ; revenons à 12 Songs dont toute la croustillance revient à sa sophistication et à un cran étalé peu coutumier alors. Evoquer la violence ou le racisme (Yellow Man ou My Old Kentucky Home) sous l’angle grimacier et par le petit bout de la lorgnette, fallait oser, car ça n’était pas dans le ton des seventies.

Randy se l’est autorisé ; son toupet a trouvé en retour les faveurs des critiques, moins celle d’un réseau de fans encore maigrelet, peu enclins et pas préparés à adhérer à cette forme d’écriture, à cette caste d’artistes, malgré la pertinence de son premier album Randy Newman (Creates Something New Under The Sun - 1968) et l’excentricité de son talent.

12 Songs, summum du persifflage en chansons, reflète un lot de titres charmants, aux mélodies porteuses, bien produits, bien en rythme, et délicieusement, subtilement, lumineusement écrits. L’accompagnement est limité à la portion congrue.

Autour du piano raffiné et du chant émouvant de Randy, le support se résume à un ensemble guitare/basse/batterie/percus qui œuvre dans la retenue et la délicatesse. En font partie des pointures comme Clarence White et Ron Elliott (guitares), Ry Cooder (slide), Lyle Ritz et Al McKibbon (basse), Gene Parsons et Jim Gordon (batterie) ainsi que Milt Holland et Roy Harte (percussions). Que du beau linge, cela va de soi.

12 Songs s’écoute religieusement pour en apprécier toute la substantifique moelle. Suzanne, Lucinda, Let’s Burn Down The Cornfield, Lover’s Prayer, Mama Told Me Not To Come, Have You Seen My Baby… la rigolade s’organise. Avec l’âge et le recul, l’œuvre a encore pris du slip et n’en est que meilleure. Dont acte (RAZOR©)

 

1. Have You Seen My Baby ?

2. Let's Burn Down the Cornfield.

3. Mama Told Me (Not to Come).

4. Suzanne.

5. Lover's Prayer.

6. Lucinda.

7. Underneath the Harlem Moon.

8. Yellow Man.

9. My Old Kentucky Home.

10. Rosemary.

11. If You Need Oil.

12. Uncle Bob's Midnight Blues.

 

Clarence White,Ron Elliott:guitare

Ry Cooder:slide guitare.

Randy Newman:piano,chant.

Lyle Ritz,Al McKibbon:basse.

Gene Parsons,Jim Gordon:batterie.

Roy Harte,Milt Holland:percussions.

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