Sandy Bull.

BIOGRAPHIE.

 

 

SANDY BULL/New York (USA)

 

Sandy bull 1

 

Né Alexander Sandy Bull, le 25 février 1941 à New York,décédé le 11 avril 2001 à Franklin (Tennessee).

Actif de la fin des 50's à 2001.

Labels:Vanguard Records.

Genre:folk-rock,folk psychédélique,folk revival,folk.

 

Un marginal dans son genre.

Sandy Bull nous a quittés il y a déjà 20 ans. Si sa mort, le 11 avril 2001, n'a pas ému grand monde dans le milieu de la presse, se résumant essentiellement à quelques entrefilets dans la rubrique des chiens écrasés, elle n'en a pas moins été fortement ressentie par ceux qui suivent le genre folk depuis le début des 60's.

Alexander Bull, dit Sandy Bull, décédé à l'âge de 60 ans chez lui à Franklin (Tennessee), luttait depuis 1996 contre un cancer. Le crabe a finalement eu raison de celui qui a fait l'admiration de ses collègues artistes tout au long de sa carrière.

Adepte de la fusion multiculturelle (folk, jazz, classique et utilisation d'instruments puisés dans toutes les cultures ethniques), Bull est certainement un des premiers musiciens à avoir mis ce que l'on définit aujourd'hui comme World Music, sur le devant de l'actualité.

Et de quelle manière ! Car dans son art, le new-yorkais est considéré comme un génie. Guitariste folk innovant comme les britanniques Bert Jansch, John Renbourn, Richard Thompson, Davy Graham, John Martyn, comme ses compatriotes Ry Cooder et John Fahey, Bull est passé par les mêmes filières que les folkeux américains du moment, à savoir le folk revival de Greenwich Village et l'acid-rock californien.

Sandy bull 76Sandy Bull en 1976 (©2010 Jon Stewart).

Sandy bull fantasias for guitar banjo 1963Fantasias en 1963.

Sandy bull re inventions best of the vanguard years 1999Un des premiers artistes de World Music.

Sandy bull rolling thunder revueMembre de la Rolling Thunder Revue en 1975.

Influent pour le folk-rock psychédélique.

A la différence près qu'il préfère s'engager dans une voie plus expérimentale, plus individualiste, qui en fait un marginal dans son genre, loin des projecteurs.

Son approche singulière mais imaginative, son brassage des styles musicaux, des instruments du monde et des sons, l'ont immanquablement catégorisé dans une espèce artistique à part.

C'est vraisemblablement ce pour quoi sa disparition n'a été que fort peu commentée...

Inspiration pour des artistes comme Steve Winwood (Traffic) ou Patti Smith, Sandy Bull a, à l'instar de nombre de ses contemporains, malheureusement succombé à la toxicomanie.

Du sirop pour la toux dont il abuse gamin, à l'héroïne qu'il expérimente avec les jazzmen, en passant par un fric-frac de médocs dans une pharmacie, son rapport aux drogues va croissant jusqu'à l'en rendre dangereusement accro.

Il met dix ans à en sortir (jusqu'au début des 80's), dix ans au cours desquels il disparaît de la circulation, jetant un peu plus d'ombre et nimbant d’autant de mystère à l'endroit de ce musicien hors pair (il maîtrise parfaitement le banjo, l'oud, la steel guitare...), artiste avant-gardiste et original, très influent dans le milieu folk-rock psychédélique...

Entre Greenwich et Frisco.

Né à New York en 1941, Alexander Sandy Bull est l'enfant unique de Harry A. Bull, rédacteur en chef d'un mensuel américain voué au style de vie, et de Daphné Van Beuren. ancien mannequin et harpiste classico-jazzy de cabaret, dont une des singularités fut de jouer de son instrument dans le métro de Big Apple.

Peu de temps après sa venue au monde, ses parents se séparent et Alexander suit son père en Floride où il grandit, avant de vivre auprès de sa maman, une fois adolescent.

Élevé dans un environnement où la musique tient une place prépondérante (une mère artiste et un papa qui écoute Hank Williams en boucle), le jeune homme a la musique chevillée au cœur.

Il apprend d'abord la batterie, puis la guitare (8 ans), le banjo avec Erik Darling (13 ans), musicien des Weavers, écoute les Woody Guthrie, Lead Belly et autre Pete Seeger, avant de se lancer, dans les 50's, dans des études musicales à l'université de Boston.

Il en sort avec un bagage musical supplémentaire (composition, chant et basse), qui le dote de la panoplie nécessaire pour pouvoir épouser une carrière dans la musique.

La scène de Boston, puis celle de Cambridge, sont ses premiers théâtres d'expression. Itinérant, on le retrouve aussi à jouer dans les rues de Paris en 1959 et en Europe, alors qu'il a à peine une vingtaine d'années. 

Au début des 60's, il est - c'est un passage obligé pour tout folkeux qui se respecte - du boom folklorique de Greenwich Village et de la scène de San Francisco, où il s'installe en 1963.

Un artiste avant-gardiste.

Il y partage, durant 5 ans, un appartement avec le musicien égyptien Hamza El Din, venu aux États-Unis enregistrer un disque. L'expertise de joueur de oud de ce dernier sensibilise Bull au plus haut point, tout comme elle attire alors l'attention de ses confrères new-yorkais, Joan Baez et Bob Dylan, ainsi que le Grateful Dead.

Présent également au festival de Newport 1964, l'artiste puise dans toutes ces expériences la matière qui va alimenter son catalogue et dont le label folk Vanguard se fait le promoteur entre 1963 et 1972, date de son long retrait de la scène au motif évoqué antérieurement.

Fantasias For Guitar And Banjo (mai 1963) dévoile un artiste avant-gardiste à l'approche instrumentale peu coutumière pour l'époque et, surtout, une merveilleuse pièce de 22 minutes du nom de Blend.

Sandy bull wawy gravy portrait

« Je me souviens de Sandy au Gaslight de Greenwich Village, quand il jouait du Bach au banjo. IL époustouflait tout le public. » (Wavy Gravy)

Une tierce discographique incontournable.

Cette ballade atmosphérique, élément essentiel du disque, est un peu son Graal. Elle résume parfaitement cet artiste techniquement monstrueux, dont le jeu en finger picking est aussi fluide que sublime, doublé d'un compositeur original, inspiré dans ses improvisations, et subtil.

Deux ans plus tard, Inventions (Vanguard/1965) renouvelle cette brillante, mais énigmatique, musique folk fusionnée. Avec la même puissance que sur son album précédent, ce qui vaut à son auteur d'être élevé au rang de génie par les puristes du genre.

E Pluribus Unum (Vanguard/1969) ne déroge pas à la double règle de la sobriété et de l'efficacité. Marqué par la scène acid rock de Frisco, il se montre ici un peu plus psychédélique sans jamais abaisser le niveau de sa discographie, ni susciter une quelconque perte d'intérêt auprès de son rare mais fidèle auditoire. Cette tierce vinylique des années 60 est un univers à découvrir impérativement.

Ses problèmes de drogue (héroïne et cocaïne) portent préjudice à la qualité de du 4ème opus studio, réalisé un peu au forceps, Bull étant redevable d'un dernier LP à Vanguard.

Acteur de la Rolling Thunder Revue.

Encore très cosmique et bon, Demolition Derby (1972) donne pourtant l'impression que Sandy, pour le coup, ne s'implique pas complètement dans son travail ; il achève son partenariat avec le label new-yorkais sur une note un peu plus terne. Il faut dire que ce qui précède vole très haut.

Bull rentre alors dans le rang, sa toxicomanie n'arrangeant pas son cas. Dylan, un de ses proches de l'époque Greenwich, ne l'oublie pas et lui propose d'intégrer la Rolling Thunder Revue, troupe de musiciens, de poètes et d'interprètes partie sur la route pour donner de petits concerts (1975).

Il y retrouve des familiers de la période folk revival comme Joan Baez, David Blue, Jack Elliot, Arlo Guthrie, Roger McGuinn, Bob Neuwirth, Joni Mitchell, Leonard Cohen, Gordon Lightfoot...

Mort d'un visionnaire.

Plongé dans l'obscurité et dans les affres de la dépendance, Sandy met à profit cette période noire de sa vie en s'initiant au sarod, un instrument proche du sitar. C'est le musicien et compositeur indien Ali Akbar Khan qui lui en enseigne les rudiments.

Il en ressort pour quelques spectacles qui ne lui permettent pas de retrouver son lustre d'antan. Retiré à Nashville, il complète son catalogue de quelques pièces supplémentaires comme Juke box School Of Music (ROM – 1988), Vehicles (1991) et Steel Tears (1996) pour Timeless Recording Society.

Deux live, Still Valentine's Day (2006 – Water) portant sur un concert de 1969, et Sandy Bull & The Rhythm Ace Live (2012 – Drag City), enregistré en 1976, ainsi que 3 compils (The Essential Sandy – Vanguard/1974, Re-Inventions : Best Of The Vanguard Years – Vanguard/1999 et Vanguard Visionaries – Vanguard/2007) bouclent l'offre de ce guitariste parmi les plus originaux des 60's que les prises de drogue ont tué dans l’œuf (RAZOR©2021).

DISCOGRAPHIE ERE MODERNE.

Compilation - 2007

 

Sandy bull vanguard visionaries 2007

 

SANDY BULL

VANGUARD VISIONARIES (1963/1972) – 2007  5/5

 

Publié le 12 juin 2007.

Produit par Vince Hans.

Durée:78:14.

Label:Vanguard Records.

Genre:folk,world music.

 

Pour faire connaissance...

 

Compilation des plus grands titres de Sandy Bull, Vanguard Visionaries retrace le partenariat entre l'artiste et le label new-yorkais sur la période 1963/1972 ; il s'appuie donc sur la matière folk revival qui alimente les quatre premiers albums du guitariste et que l'on a du mal à trouver aujourd'hui, à savoir Fantasias For Guitar And Banjo (1963), Inventions (1965), E Pluribus Unum (1969) et Demolition Derby (1972).

Excellent concentré de la carrière freak-folk de Sandy Bull, ces titres ont toujours la même fraîcheur et suscitent la même émotion qu'à l'époque de leurs enregistrements.

Excellente porte d'entrée pour le catalogue de Bull, cette collection n'a pas d'égale dans sa discographie. Electric Blend ou Last Date sont les joyaux d'un Vanguard Visionaries captivant, mais qui vaut surtout pour l'ensemble de ce qu'il propose. Musique reposante et indispensable (RAZOR©2021).

 

1. Electric Blend.

2. Manha De Carnival.

3. Carmina Burana Fantasy.

4. Little Maggie.

5. Memphis, Tennessee.

6. Gospel Tune.

7. Carnival Jump.

8. Triple Ballade.

9. Last Date.

 

Sandy Bull:guitare acoustique,banjo,oud,basse,percussion.

Denis Charles:tabla sur 7.

Billy Higgins:batterie.

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