Seals And Crofts.

BIOGRAPHIE.

 

SEALS  AND CROFTS/Los Angeles (Californie)

 

Seals and crofts 1975

 

James Jim Seals.

Néle 17 octobre 1941 (Sydney/Texas).

Darell ”Dash” Crofts

Né le 14 août 1940 (Cisco/Texas).

Années actives:1969/1980,1991/1992,2004.

Label:Warners Bros,Wounded Bird.

Genre:soft rock,pop rock

Site:sealsandcrofts.com

 

Pignon sur rue.

Seals And Crofts est un duo américain qui a pignon sur rue dans le soft rock. Né de la rencontre de James Seals, dit Jim et de Darrell Crofts, alias Dash, cette entité texane a brillé une dizaine d’années sur la scène californienne, notamment entre 1969 et 1980, où se concentre toute la quintessence de sa carrière. On doit à ce binôme, dissous en 1980, mais qui a refait quelques piges dans les années 90 et un retour en trompe-l’œil au début du vingt et unième siècle, des titres qui sont restés dans la mémoire collective comme Summer Breeze, Get Closer, Humminbird, Castles In The Sand ou encore Diamond Girl.

Seals crofts 2

Seals crofts 3

Un quart de siècle après.

Durant leur parcours artistique des seventies, ces disciples de la foi baha’ie se sont constitués une discographie parmi les plus belles qu’il m’ait été de découvrir. Entre 1969 et 1980, Jim Seals et Darell Crofts ont enquillé pas moins d’une dizaine de LP studio de très grande qualité. En 2004 est publié Traces, un disque de remakes certes mais  qui marque les rappelle à notre bon souvenir, un quart de siècle après avoir enchanté le rock.

Des multi-instrumentistes doués.

Le couple s’est rencontré au Texas à l’époque où Crofts battait pour une formation locale. Seals et Crofts se retrouvent réunis pour la première fois au sein de Dean beard And The Crew Cuts, puis dans les Champs dernière mouture avant qu’il ne splitte.

Crofts profite de ce temps morts pour repartir avec les Dawnbreakers, entité qui l’initie à la religion dont il est question ci-dessus. L’expérience est vite étouffée dans l’œuf, sur le plan musical s’entend.

Cet échec favorise la décision de Jim Seals et de Dash Crofts de privilégier la formule du duo, l’un comme l’autre étant des pluri-instrumentistes de grand talent capables de belles performances à la guitare, à la mandoline, au violon, au saxophone.

De TA à Warner.

L’étiquette TA (Talent Associated) de Steve Binder les signe en 1969 pour deux albums, l’éponyme Seals And Crofts (1969) et Down Home (1970) avant que, la popularité aidant, Seals et crofts ne fassent le grand saut pour le label plus huppé de Warner Bros en août 1971. A cette époque, le duo prend la bonne habitude de fréquenter les charts, mais son passage chez Warner le propulse conséquemment sur le devant de la scène. Si Year Of Sunday (1971) fait 133, Summer Breeze, son suivant de 1972, pointe à la septième place du Billboard, la référence discographique en vogue. Il fait disque d’or dans la foulée et ouvre les portes au duo qui a l’immense honneur de faire partie du gigantesque Cal Jam Festival qui a secoué l’Ontario le 6 avril 1974 (on parle de 300.000 personnes).

Dash crofts

« La plus grande influence dans notre musique a été dictée par la foi baha’ie. Nous avons été très fortement imprégnés par l’esprit des écrits de Bahaullah et nous l’avons retranscrit dans nos chansons. » (Dash Crofts)

Diamond Girl au rang 4 du Billboard.

Diamond Girl (1973) fera encore mieux que Summer Breeze, l’album se positionnant au rang 4 du même classement. Même si la suite est un peu moins croustillante (et encore…), Seals And Crofts maintient ce niveau discographique jusqu’à sa séparation, autrement dit de Unborn Child (1975), controversé en raison de sa chanson-titre qui prend ouvertement position contre l’avortement, à Takin’ It Easy (1978). La fin de l’aventure en 1980, avec Warner, contraint le groupe à faire un break suffisamment conséquent, jusqu’à leur réunion en 1991 et 1992 dans le cadre surtout de prosélytiques rassemblements baha’is, une influence que l’on retrouve dans bon nombre de leurs enregistrements du moment (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1969

 

Seals and crofts seals and crofts 1969

 

SEALS AND CROFTS

SEALS AND CROFTS - 1969  4/5

 

Publié en 1969.

Produit par Bob Alcivar.

Durée:33:21.

Label:TA Records.

 

Une carrière prolifique s’annonce.

 

Originaires du Texas, Jim Seals et Dash Crofts sont extrêmement populaires durant les années 70, étant les porte-parole d’un soft rock californien remarqué.

Aujourd’hui encore, des titres comme Summer Breeze ou Diamond Girl restent intemporels. Qui n’a jamais fredonné ces airs ? Des harmonies vocales délicieuses, des talents d’écriture extraordinaires, des mélodies accrocheuses, une musicalité exceptionnelle font de ce duo une réussite, duo dont la carrière se révélera très riche et prolifique.

Seals manie merveilleusement la guitare, joue du saxo, du violon, tandis que Crofts, outre la guitare, maîtrise avec talent les claviers, la mandoline et les tambours.

Seals & Crofts, c’est 5 disques d’or entre 1972 et 1976 ce qui est  révélateur de la cote dont il jouit auprès du public. Les duettistes abordent leur carrière en couple par cet excellent album éponyme. Il sort en 1969 sur le label TA.

Seals And Crofts (en écoute intégrale ici) est un opus aux superbes orchestrations, aux belles harmonies, aux ballades mélodieuses sur lesquelles on se laisse volontiers aller, aux textes déjà puisés, pour certains, dans la foi baha’ie, comme ce sera souvent le cas par la suite.

De ce LP, j’ai un penchant pour Ashes In The Snow, titre sur l’amour qui sera souvent reprise lors des live du duo. Laissez-vous aller (RAZOR)

 

1. See My Life.

2. Sea Of Consciousness.

3. Seldom's Sister.

4. Not Be Found.

5. Birthday Of My Thoughts.

6. In Tune.

7. Cows Of Gladness.

8. Earth.

9. Seven Valleys.

10. Jekyll And Hyde.

11. Ashes In The Snow.

12. See My Life.

 

Dash Crofts:guitare,chant,mandoline,claviers,batterie.

Jim Seal:guitare,saxophone,violon,chant.

Louie Shelton:basse.

Jim Gordon:batterie.

Vic Feldman:percussions.

Bill Holman:orchestrations.

LP Studio 2 - 1970

 

Sealscroftsdownhome

 

SEALS & CROFTS

DOWN HOME – 1970  4/5

 

Publié en septembre 1970.

Produit par John Simon.

Durée:43:35.

Label:TA Records.

 

D’une belle fraîcheur.

 

Cet album, Down Home (en écoute intégrale ici), comporte quelques belles chansons comme Thumb Ridin, Hand Me Down Shoe, Robin la sublime ballade copiée-collée à la Crosby Stills & Nash, comme le rock Purple Hand ou  Gabriel Go Home et sa belle intro au piano Tin Town, l’hypnotique Today, le surprenant Cotton Mouth ainsi que Leave, très court, trop court devrais-je dire, et douloureux, mais qui termine en douceur le travail.

Le travail est simple, pur, spontané, cool, d’une qualité parfaite. C’est dynamique, vivant, musicalement irréprochable du premier au dernier titre. Ca semble facile, c’est clair comme de l’eau de roche, ça respire la sincérité. Et ces harmonies vocales, ces voix qui se combinent à merveille… Du miel. Rien à dire.

Très bon disque du duo texan. L’écriture est chargée d’émotion. Pour qui suit leur carrière, Down Home vient juste après leur album éponyme de 1969. C’est leur deuxième opus et il est publié en 1970.

Enregistré live dans un studio près de Woodstock, produit par John Simon, le renduest cohérent et varié. Ca renifle le plaisir de chanter, la joie de jouer, sans aucune arrière-pensée. D’une grande fraîcheur (RAZOR©).

 

1. Ridin' Thumb.

2. Hand-Me-Down Shoe.

3. Purple Hand.

4. Robin.

5. Hollow Reed.

6. Gabriel Go On Home.

7. Tin Town.

8. Today.

9. Cotton Mouth.

10. Granny Will Your Dog Bite? .

11. Leave.

 

Dash Crofts:chant,guitare,mandoline,claviers,batterie.

Jim Seals:chant,guitare,violon,saxophone.

John Hall:guitare électrique.

John Simon:piano.

Paul "Blind Man" Harris:orgue.

Greg Thomas:batterie.

LP Studio 3 - 1971

 

Sealscroftsyearofsunday

 

SEAL AND CROFTS

YEAR OF SUNDAY - 1971  5/5

 

Publié en novembre 1971.

Produit par Louie Shelton.

Durée:37:19.

Label:Warner Bros.

 

Et ça continue, encore et encore. C'est que le début, d'accord, d'accord...

 

Le soft rock de Seals & Crofts est parmi ce que l’on a fait de mieux sur la scène californienne et leur album sorti en 1972, Year Of Sunday (en écoute intégrale ici), confirme tout le talent de ce groupe dans ce registre.

Troisième opus, il sort, cette fois, sous le label Warner Brothers. Imprégnés de la foi Baha’ie, une religion qui vise à favoriser l’épanouissement personnel et le bonheur de la société,  influencés par l’Orient, les deux compères font encore dans le haut niveau ici.

Le travail est bien léché, le son magnifique, les harmonies à deux voies grandioses comme à l’accoutumée, les textes poignants, les titres d’une rare beauté, les mélodies belles, le duo au top soutenu par un line-up exceptionnel, les guitares maniées à merveille, le violon et la mandoline s’en donnent à cœur-joie, que demander de plus ?

Le couple est inspiré, il n’est qu’à écouter l’extraordinaire Antoinette, le non-moins magnifique Irish Linen (quelle beauté douloureuse sort de la mandoline électrique de Crofts  les enfants !). Ce sublime High On A Mountain, par exemple. La mandoline électrique de Dash y va de son solo. C’est jouissif et joué les mains en haut du guidon, dans la facilité, mes amis. Du pur bonheur.

Chaque titre apporte son lot de messages. Ainsi Year Of Sunday explore les enseignements de la foi Baha’ie (le duo cherchait constamment à attirer de nouveaux adeptes). Sudan Village, Paper Airlanes, Ancient Of The Old, Springfield Mill, Cause You Love, rien n’est à jeter. Seul le titre de début When I Meet Them me paraît mineur. Toutefois, pour une entrée en matière, il reste sympa et on l’oublie vite, car pour ce qui concerne tout ce qui va suivre, c’est un ravissement qui s’écoute intégralement. Oui, un ravissement… Et je pèse mes mots ! (RAZOR©)

 

1. When I Meet Them.

2. 'Cause You Love.

3. Antoinette.

4. High On A Mountain.

5. Year Of Sunday.

6. Paper Airplanes.

7. Irish Linen.

8. Springfield Mill.

9. Ancient Of The Old.

10. Sudan Village.

 

Dash Crofts:guitare,mandolin,claviers,batterie,chant.

Jim Seals:guitare,violon,saxophone,chant.

Dan Seals:choeurs.

Louie Shelton:guitare électrique.

Larry Muhoberac:claviers.

Russ Kunkel:batterie.

Victor Feldman:percussions.

LP Studio 4 - 1972

 

Sealscroftssummerbreeze

 

SEALS AND CROFTS

SUMMER BREEZE - 1972  5/5

 

Publié en août 1972.

Produit par Louie Shelton.

Durée:39:11.

Label:Warner Bros.

 

J'en frissonne encore !

 

Summer Breeze est l’album qui a vraiment révélé Seals & Crofts au grand public. Jusqu’alors, l’affaire n’intéressait pas grand monde, seule une élite minoritaire avait fait ce duo sien.

Leur quatrième LP studio, paru en 1972, se distingue, une fois encore, par sa douceur, par la facilité avec laquelle Seals et Crofts pratique ce soft rock pétillant, par ses harmonies vocales qui comptent parmi les plus suaves jamais entendues, par la qualité d’un line-up trié sur le volet parmi le gratin de Los Angeles, par son superbe son, ses arrangements, par ses textes toujours bien pensés, poignants, pleins d’émotions, spirituels. C’est du très grand niveau et il n’est donc pas surprenant que ce LP (et quatre autres de cette période) ait été disque d’or.

Il démarre sur les chapeaux de roue avec le simple, mais d’une grande pureté, Hummingbird, un des hits de l’album avec le titre éponyme Summer Breeze, qui fait 6 dans les charts en septembre 1972. Ces airs nous sont encore très familiers aujourd’hui et n’ont pas pris une ride, tout comme l’album d’ailleurs. C’est toujours aussi merveilleux et en parler, c’est répéter les mêmes éloges, c’est employer les même superlatifs. Pas une faille.

Prenez Funny Little Man, c’est du Cat Stevens de la grande époque. Et qui connaît le Cat de la grande époque comprend le message… Le titre folk East Of Ginger Trees, nostalgique, spirituel et serein, sent bon l’Orient, et l’Inde notamment. Merveilleux ! Aucun titre ne se zappe.

Cet album est une incitation permanente à la flânerie et c’est inouï comme c’est beau et bien ciselé. Ce duo a marqué son époque et notamment la filière soft rock. Pourtant, il était et demeure aujourd’hui encore, quasi inconnu.

La raison de ce relatif anonymat réside dans le fait que le folk avait très peu de programmation sur les ondes. Comme la musique de Seals And Crofts était complexe ou novatrice pour cette époque malgré le fait qu’il se dégage une belle impression de facilité et de simplicité.

A l’image d’un Poco ou d’un Loggins And Messina, le public avait tendance à privilégier d'autres groupes du moment qui eux, avaient du temps d’antenne. Ca aurait pu être un combat perdu d’avance et bien, malgré ces embûches, Seals & Crofts va demeurer présent et brillant tout au long de leur carrière. La preuve en est les cinq albums où ils se verront attribuer l’or. J’en frissonne encore (RAZOR©).

 

1. Hummingbird.
2. Funny Little Man.
3. Say.
4. Summer Breeze.
5. East of Ginger Trees.
6. Fiddle In the Sky.
7. The Boy Down the Road.
8. The Euphrates.
9. Advance Guards.
10. Yellow Dirt.

 

Marty Paich:arrangements cordes.

Dee Higgins,Donnie Shelton:chœurs.

John Hartford:banjo.

Harvey Brooks,Joe Osborn,Wilton Felder:basse.

Robert Lichtig :flute,clarinette,basse.

King Errisson:congas.

Jim Gordon,Jim Keltner,John Guerin,Russ Kunkel:batterie.

Jim Horn:flûte.

Red Rhodes:guitare steel.

Jim Seals:chant,guitare,violon,saxophone.

Dash Crofts:chant,mandoline,guitare électrique,piano.

Clarence McDonald,John Ford Coley,Larry Knechtel,Michael Omartian,Mike Lang:piano.

Louie Shelton:guitare électrique,basse,choeurs.

Milt Holland:tambura,tabla.

LP Studio 5 - 1973

 

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SEALS AND CROFTS

DIAMOND GIRL - 1973  5/5

 

Publié en avril 1973.

Produit par Louis Shelton.

Durée:40:45.

Label:Warner Bros.

 

Un petit bijou.

 

Diamond Girl est un LP pop-folk. Cinquième du nom en terme de studio, il est varié, plaît au public qui s’étoffe de plus en plus autour de ce duo étonnant de talent comme en atteste la matière proposée. Au point de faire partie des meilleurs albums de l’année 1973, année de sa publication. Le couple est de plus en plus populaire, même si encore marginalisé à cause de son répertoire cloisonné essentiellement dans le soft rock, folk-rock, pop-rock, des filières non porteuses pour les radios.

Diamond Girl est générateur de deux tubes, la chanson titre qui atteint une sixième place des charts US et You May Never Pass This Way Again, 21ème du même classement, cette même année. D’autres chansons  méritent qu’on leur témoigne une grande reconnaissance. C’est le cas de l’autobiographique et émouvante ballade Ruby And Billie Lee, un morceau écrit pour leurs épouses auxquelles ce diamant est offert. Ces dernières contribuent à l’album et sont créditées sous leur prénom.

Expérience personnelle et spiritualité sont en filigrane de ce LP. Leur foi bahaïste se retrouve dans les 7 minutes d’un Nine Houses aux notes orientales (encore une belle prestation de Dash Crofts à la mandoline électrique) et Intone My Servant, le plus anonyme de ce répertoire, mais pas inintéressant et bouche-trou pour autant.

Avec Standing On A Mountain Top, plus country-rock, folk-pop et qui suscite l’envie de danser comme un damné, le couple texan s’offre un retour en arrière, du temps où il évoluait au sein des Champs (de 1958 à 1965). C’est cette même période qui sert de trame à Dust On My Saddle.

Et puis, il y a ce merveilleux Jessica, beaucoup trop concis pour en apprécier la substantifique moelle (alors, je le repasse en boucle…), le plaisant It’s Gonna Come Down (On You),  Wisdom, qui détone dans ce contexte mais qui clôture ce disque sur une note très jazzy avec son magnifique saxo et son envolée de cuivres.  Tout ça, c’est solidement ancré dans la production folk-rock des seventies.

Enfin, pour que la sauce prenne, il faut un producteur à la hauteur. Louie Shelton est ce maillon indispensable. C’est à lui que l’on doit ce son si perfectionné qui est la marque de fabrique de Seals And Crofts. Et il faut des musicos gratinés. Là encore, on est confronté à une belle brochette dont notamment Jim Lichtig, multi-instrumentiste et co-crédité lyriquement. Et encore et toujours, mais ça c’est leur label, ces harmonies vocales si cristallines Un petit bijou (RAZOR©).

 

1. Diamond Girl.

2. Ruby Jean and Billie Lee.

3. Intone My Servant.

4. We May Never Pass This Way (Again).

5. Nine Houses.

6. Standin' on a Mountain Top.

7. It's Gonna Come Down on You.

8. Jessica.

9. Dust on My Saddle.

10. Wisdom.

 

Jim Seals:guitare,violon,saxophone,chant.

Dash Crofts:guitare,mandoline,batterie,claviers,chant.

Dan Seals:chant.

England Dan & John Ford Coley:choeurs.

Louie Shelton:guitare,chant.

Jim Gordon,John Guerin,Harvey Mason Sr,Jeff Porcaro:batterie.

Bobbye Hall:percussions.

John Ford Coley:choeurs.

Wilton Felder,Robert Lichtig:basse.

David Paich:claviers.

LP Studio 6 - 1974

 

Sealscroftsunbornchild

 

SEALS AND CROFTS

UNBORN CHILD - 1974  4/5

 

Publié en février 1974.

Produit par Louie Shelton.

Durée:38:06.

Label:Warner Bros.

 

Enfanté dans la douleur.

 

Unborn Child a été enfanté dans la douleur. C’est le moins que l’on puisse dire à propos de ce LP de 1974, très controversé à sa sortie. Resituons le contexte… Dans un environnement politique sous tension, l’avortement fait débat aux Etats-Unis. Depuis l’arrêt Roe V. Wade, la justice considère que le droit à l’avortement concerne  le droit à la vie privée. Nixon traîne la guerre du Vietnam et d’autres casseroles derrière lui quand, dans le même temps, Seals And Crofts affiche clairement sa position anti-avortement. Sa maison de disque rappelle le groupe à l’ordre. Il n’en a cure, n’étant pas du tout mercantile et il préfère, comme il l’a toujours revendiqué, sauver des vies.

Unborn Child voit le jour et le duo va le payer fort car il va être boycotté par les radios, dans les concerts, commercialement, alors qu’il est artistiquement parlant, dans une phase ascendante et que sa popularité va crescendo. Cet album ne les a pas beaucoup fait avancer dans leur carrière, carrière qui aurait pu stopper nette en 1974. Et pourtant…

Cet entêtement courageux et leur liberté d’expression leur ont toutefois permis de récupérer un public partageant leur philosophie. Un bien pour un mal. L’idée (et le titre) de ce sixième opus des texans est née de Lana Bogan (la femme de leur ingénieur) qui aurait écrit un poème sur la naissance d’un enfant, poème mis en musique par le duo. Ce titre rapidement classé en 14ème place des charts, est convaincant, dramatique, magnifique et puissant. Comment peut-on ne pas aimer une chanson de cette profondeur ?

King Of Nothing (Crofts au chant, c’est rare) a également été un hit  (60ème) mais sans redorer pour autant leur blason du moment, ni booster leur carrière. De ces deux titres, comme de l’ensemble de Unborn Child, profitez-en. C’est de la balle, les mecs.

De Windflowers, un peu particulier, à Big Mac, en passant par Desert People, la jolie Rachel, Ledges, The Story Of Her Love, le jazzy Dance To The Light Of The Moon, 29 Years From Texas (qui est un peu leur histoire) ou Follow Me (très doux), c’est d’la balle.

Bien produit, line-up de rêve (y a du Toto là-dessous), mélodies sublimes, harmonies vocales, c’est toujours la même recette, mais au moins elle a le mérite d’être efficace, de nous transporter ailleurs. Il est dommage que cet album n’ait pas eu sa chance à sa sortie. Putain de politique! Mieux vaut tard que jamais. Toujours est-il que vous ne pourrez pas ne pas aimer cet album. Impossible ! (RAZOR©)

 

1. Windflowers.

2. Desert People.

3. Unborn Child.

4. The Story Of Her Love.

5. Dance By The Light Of The Moon.

6. Rachel.

7. King Of Nothing.

8. 29 Years From Texas.

9. Ledges.

10. Follow Me.

11. Big Mac.

 

Jim Seals:guitare,chant.

Louie Shelton:guitare électrique.

Buddy Emmons:steel guitare.

Dash Crofts:guitare,mandolin,chant.

David Paich:claviers.

David Hungate:basse.

Jeff Porcaro:batterie.

Bobbye Porter:percussions.

LP Studio 7 - 1975

 

Sealscroftsillplayforyou

 

SEALS AND CROFTS

I'LL PLAY FOR YOU - 1975  4/5

 

Publié en mars 1975.

Produit par Louie Shelton.

Durée:36:28.

Label:Warner Bros.

 

Perte d’identité et manqué d’inspiration.

 

Et de 7! Alors que le controversé Unborn Child aurait pu ruiner sa carrière, tant il a fait l’objet de boycotts en tous genres (disque, concerts) car sorti dans le tumultueux contexte politique de la loi sur l’avortement, Seals And Crofts lance sur le marché, en avril 1975, un LP baptisé I’ll Play For You.

 Ce disque alimente les charts avec le single titre, un titre folk qui se positionne honorablement en 30ème position des charts, l’album, lui étant pointé au rang 18 du Bilboard Hot 100 (été 1975). Paradoxalement, cet album, qui reste et restera mon préféré (allez savoir pourquoi !), commence à sentir le manque d’inspiration, l’essoufflement.

Cette panne était prévisible compte de la qualité de tout ce qui précède. A un moment, faut bien que ça baisse. Le duo ne s’en est d’ailleurs jamais caché. Qui plus est, les orientations prises musicalement font perdre un peu de son identité à la formation (pour le line-up, on prend les mêmes et, à peu de choses près, on recommence), les faisant explorer un univers jazz plus contemporain comme c’est le cas dans Castles In The Sand. Ce n’est pas désagréable pour autant, loin s’en faut !

Le principe d’un grand album par an reste de mise. Et celui-ci n’échappe pas à la règle. C’est encore du lourd. Mais dans un registre plus pop et diversifié. Allons-y pour un inventaire…

I’ll Play For You est une excellente ballade. Elle enchaîne avec Golden Rainbow, première petite pépite pleine de douceur. Castles In The Sand consiste en un désormais classique du duo. Blue Bonnet Nation est un bon titre rock de bonne famille. Uggly City, c’est une bien belle ballade au piano. Wayland The Rabbit qui démarre la face B consiste en une ballade bien orchestrée sur une mélodie à la Seals And Crofts donc pleine de préciosité : magnifique ! Freaks Fret est un instrumental guitare/mandoline funny. Retour aux merveilleuses harmonies vocales sur Truth Is But A Woman tandis que le LP se clôt sur un Fire And Vengeance plus rock. Le duo a certes fait mieux mais I’ll Play For You mérite ses quatre sardines pour tous les souvenirs qui me convergent vers lui et vers cette époque vraiment géniale que furent les années 70 en mode Seals And Crofts (RAZOR©).

 

1. I'll Play For You.
2. Golden Rainbow.
3. Castles In the Sand.
4. Blue Bonnet Nation.
5. Ugly City.
6. Wayland the Rabbit.
7. Freaks Fret.
8. Truth Is But a Woman.
9. Fire and Vengeance.

 

Dash Crofts,Jim Seals:chant,guitares.

Jim Seals,Louie Shelton:guitare,banjo.

Dash Crofts:guitare,mandoline acoustique,mandoline électrique.

Ovid Stevens:slide guitare.

Jack Lenz,David Paich:claviers.

Larry Ford,Paul Hubinon,Ron King,Bobby Shew:trompette.

Dick "Slyde" Hyde,John Leys,Lew McCreary:trombone.

Gene Capriano,Bob Crosby,Jim Horn,Steve Leeds,Henry Sigismonti:anches.

Wilton Felder:basse.

Ed Greene:batterie.

Antoine Dearborn:percussions.

LP Studio 8 - 1976

 

Sealscrofts get closer

 

SEALS & CROFTS

GET CLOSER – 1976  3/5

 

Publié en mai 1976.

Produit par Louie Shelton.

Durée:34:05.

Label:Warner Bros.

Genre:soft-rock.

 

Des merles au prix de grives.

 

Ce commentaire va certainement m’attirer les foudres mais je m’y risque au nom de mes convictions et de la liberté d’expression. Get Closer (en écoute intégrale ici) est un album qui m’éloigne de plus en plus de Seals & Crofts. C’est paradoxal dans la mesure où les commentaires les plus élogieux circulent à son endroit.

Je suis un fan de la première heure. Je suis terriblement déçu. L’orientation commerciale prise par le duo m’insupporte. C’est dur d’être déçu par ceux que l’on aime, de brûler ce que l’on a adoré. En l’occurrence, je me sens un peu trahi par les miens.

Seals & Crofts nous a habitués aux grives, et là, en 1976, il me sert des merles qu’on essaie de vendre au prix des grives. Loin de moins l’envie de cracher dans la soupe, car ce duo m’a enthousiasmé depuis son premier album et j’ai encore en mémoire les innombrables heures à passer en boucle le répertoire de ces deux excellents artistes.

Mais là, son huitième jet, comment dirais-je ? Pour être sympa, il ne me correspond plus. Si les voix sont toujours belles, les harmonies vocales toujours bien affûtées, les orchestrations bien léchées, la matière qui l’alimente est moyenne et ne suscite en moi que fort peu de réactions favorables et promptes à me faire monter le gourdin.

En filigrane de ce disque, se lisent les symptômes d’une inspiration en berne à terme. On sèche, on mordille son stylo, on fait trois lignes qu’on rature aussitôt, puis on remet ça. Sans beaucoup avancer ou en avançant mais dans le dur. Et le temps qui passe et la maison de disques qui fout une pression terrible. « Faites quelque chose, l’essentiel, c’est que ça marche ! ». Alors, on fait parce qu’on sait faire. Mais la source se devine tarie. On s’en sort à l’expérience et on sauve les meubles. Une bonne communication au cul et c’est joué.

En rebondissant sur une notoriété nouvelle depuis que des hits ont commencé à poindre sur ses albums précédents, le duo remet sur le métier l’ouvrage avec l’idée qu’on lui impose de reconduire les bonnes habitudes.

Mais le duo n’est plus duo. Il est devenu une grosse cavalerie de plus de 30 personnes et d’une flotte de camions de matos digne de Calberson. Il faut faire vivre cette clique… Alors on sort fissa et coûte que coûte ce Get Closer en spéculant sur son avenir juteux.

En fait, il ne fait rien pour la notoriété du groupe. Aux yeux de certains, c’est peut-être encore bien foutu, ce que j’admets, mais, non merci, pas pour moi. Les sirènes de l’argent ont éloigné Seals & Crofts de l’essentiel : sa si belle musique. Celle des Summer Breeze, Diamond Girl, Year Of Sunday, Unborn Child.

L’artisan est devenu société à gros capital mais ça pue la fermeture et les licenciements proches. Son choix se comprend, faut bien vivre, mais même si ce disque est correctement ciselé, pro, il n’est pas du tout représentatif de ce qu’a fait ce duo texan exceptionnel et surtout il ne me fait pas triquer. Get Closer me fait penser à une interprétation des frères Gibb… Je ne suis pas pour autant surpris de constater à quel point il est bombardé de louanges. Je respecte les goûts des uns et des autres, mais les miens ne se situent plus au niveau de ce que traduit Get Closer (RAZOR©).

 

1. Sweet Green Fields.

2. Get Closer.

3. Red Long Ago.

4. Goodbye Old Buddies.

5. Baby Blue.

6. Million Dollar Horse.

7. Don't Fail.

5. Passing Thing.

 

James Seals,Larry Carlton,Louie Shelton,Ray Parker,Lee Ritenour:guitare.

Dash Crofts:mandoline.

David Paich:claviers.

David Hungate,Wilton Felder:basse.

Jeff Porcaro,Ed Greene:batterie.

Milt Holland:tablas.

Jope Sample:piano électrique.

Jim Horn:saxophone alto.

Carolyn Willis,Merna Matthews,Shirley Matthews,Carl Carmichel,Donnie Shelton:choeurs.

LP Live 1 - 1976

 

Seals croftssudanvillage

 

SEALS & CROFTS

SUDAN VILLAGE – 1976 (Live)  2/5

 

Publié en décembre 1976.

Produit par Louie Shelton.

Durée:40:19.

Label :Warner Bros.

Genre:rock,soft-rock.

 

Un ersatz de live.

 

Ce live de 1976 sort la même année que le décevant (pour moi en tout cas) Get Closer. Il ne déroge pas à la règle en cours : mauvais. En guise de live, Sudan Village (en écoute intégrale ici) sonne plus comme un disque studio sur lequel on a rajouté des apparences de prestations scéniques.

En guise de répertoire, à part Sudan Village, je n’ai pas le souvenir de connaître les titres proposés. En tous cas, rien de ce qui faisait la grandeur des albums d’hier.

C’est sombre, puisé dans les fins fonds des archives. On racle les fonds de tiroirs et ça me gêne profondément d’assister à cette autodestruction mercantile. Dans une interview, Dash Crofts ne se vante pas de ce disque, reconnaissant même son mauvais enregistrement, la faute au manque de temps. Il révèle même avoir trouvé l’idée de ce live de pacotille particulièrement bancale.

Encore une fois, la maison de disques n’est pas étrangère à ce succédané  de live qui ne me remue absolument pas. Il faut un live dans le catalogue pour faire comme tout le monde dans les années 70. Fait à n’importe quel prix et pour satisfaire le service commercial, voilà ce que ça donne. Seals & Crofts, c’est du passé. Voilà ce qu’il faut se dire. Point barre (RAZOR©).

 

1. Sudan Village.

2. Advance Guards.

3. Cause You Love.

4. Baby I'll Give It To You.

5. Thunderfoot.

6. East Of Ginger Trees.

7. Put Your Love In My Hands.

8. Arkansas Traveller.

9. Eighth of January.

 

Jim Seals;guitare,violon.

Dash Crofts;mandoline.

Bill Cuomo:claviers.

Ralph Humphrey:batterie.

Bobby Lichtig:basse.

Marty Walsh:guitare.

Joe Porcaro:percussions sur 4.

Bill Cuomo:piano acoustique.

Wilton Felder:basse.

Ed Greene:batterie.

Dean Parks:guitare.

Lee Ritenour:guitare.

Joe Sample:piano électrique.

Louie Shelton:guitare.

Joe Porcaro:percussions.

Donna Gipson:choeurs sur 1.

Shirley Matthews,Marty McCall,Becky Louis:choeurs.

LP Studio 9 - 1978

 

Sealscroftstakin iteasy

 

SEALS & CROFTS

TAKIN’ IT EASY – 1978  3,5/5

 

Publié en avril 1978.

Produit par Louie Shelton.

Durée:42:51.

Label:Warner Bros.

Genre:soft rock.

 

La flamme vacille toujours.

 

Y’avait donc encore un souffle de vie chez Seals & Crofts ? Cet album de 1978, le meilleur depuis 3 LP, en atteste. La flamme n’était pas encore éteinte si l’on en croît ce que les deux compères nous propose sur Takin’ It Easy (en écoute intégrale ici). Mais ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit…

A savoir qu’on est loin de ce que le duo a sorti d’exceptionnel et qui restera dans les annales (De Year Of Sunday à Unborn Child). On se rapproche d’ I’ll Play For You et de Down Home, de l’album éponyme initial qui se placent dans les bons albums du duo.

C’est un bon album à trois étoiles +. D’aucuns décrivent cet album comme une collection de titres mémorables. Les pauvres ! Ils n’ont pas du être du premier convoi Seals & Crofts. C’est là que ça se passait. C’est là qu’il fallait être. C’est la faute à papa…

Plus sérieusement, l’ensemble est très agréable (One More Time, Midnight Blue, Sunrise, Breaking In A Brand New Love, Nobody Get’s Over Lovin You), reposant, mais, et ce fut mon cas à cette période, le public avait déjà lâché l’affaire en 1978. Takin’ It Easy correspond plus à une autre génération de fans. Pour moi, ça s’est arrêté à I’ll Play For You (RAZOR©).

 

1. Takin' It Easy.

2. One More Time.

3. Midnight Blue.

4. You're the Love.

5. Sunrise.

6. Breaking in a Brand New Love.

7. Magnolia Moon.

8. Nobody Gets Over Lovin' You.

9. Forever Like the Rose.

10. A Tribute to Abdu'l-Bahá.

 

Jim Seals,Dash Crofts:chant,guitare.

Ralph Humphrey,Ron Krasinski:batterie.

Dominic Genova:basse.

Louie Shelton,Marty Walsh:guitares.

Tony Peluso,Louie Shelton:solos guitares.

Steven Olitsky:piano.

Tony Peluso,Sean MacLeod,Bob Phillips:choeurs.

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