Stealers Wheel.

BIOGRAPHIE.

 

 

STEALERS WHEEL/Paisley (Écosse – UK)

 

Stealers wheel intro

 

Actif entre 1972 et 1975,reformé furtivement en 2008.

Labels:A&M Records.

Genre:rock,pop-rock,folk-rock,soft rock.

Site internet:stealerswheel.co.uk

 

Le CSNY britannique.

Stealers Wheel avait dans sa besace tous les ingrédients pour laisser une empreinte autrement plus marquée dans l'histoire du rock que celle qu'il a laissée.

En signant, en six mois, un premier album qui prend place dans le top 50 du Billboard 200 (octobre 1972) enchaîné avec un hit, Stuck In The Middle With You (mai 1973) qui, vendu à plus d'un million d'exemplaires, fait 6 aux USA et 8 au Royaume-Uni, les écossais se sont donné donné les moyens de réussir.

Le titre en question, repris depuis par Jeff Healey et les Death Of Metal (le groupe du Bataclan lors des attentats parisiens de 2015) sert de support à une scène devenue culte du premier film de Quentin Tarentino, Reservoir Dogs (1992), qui voit Michael Marsden (Mr Blonde) torturer Kirk Baltz, alias le policier Marvin Nash, tout en chantant et en dansant sur la musique de Stealers Wheel.

Stealer wheel intro 1Le CSNY britannique...

Stealers wheel rafferty egan...dont Rafferty et Egan sont le coeur...

Stealers wheel leiber stollerLeiber et Stoller ou la patte des producteurs.

Stealers wheel stuck in the middle with youStuck In The Middle With You (mai 73).

Stealers wheel ferguslie parkL'abouti Ferguslie Park en 1974.

Malheureusement, des dissensions en interne et des relations difficiles avec le label A&M vont réduire à néant les efforts et sacrifices consentis pour en arriver là et contraindre le groupe à rentrer dans le rang.

Celui que l'on voit alors comme le pendant britannique de Crosby Stills Nash & Young perd dans la foulée (1972) une de ses forces motrices, Gerry Rafferty, dont l'orientation artistique diverge irrémédiablement avec les visées de Joe Egan, l'autre maillon fort. Il reviendra en 1973.

Quel gâchis !

Les désaccords portent alors sur un avenir en duo pour l'un, sur la continuation en groupe pour le second, A&M leur imposant une pression énorme.

Ces querelles durent plus d'un an et constituent un frein considérable à la progression de Stealers Wheel.

Un nouvel album étant en préparation à ce moment, sa sortie est du même coup renvoyée aux calendes grecques quand elle n'est pas purement remise en question. 

En attendant, les line-up se succèdent mais le groupe doit se résoudre à arrêter les frais. Stealers Wheel n'est plus en 1975 après avoir suscité tant de promesses.

Right Or Wrong, deux ans après Ferguslie Park (1973), sort dans l'indifférence générale, sans être véritablement promu. L'histoire de Stealers Wheel finit en eau de boudin. Quel gâchis !

Rafferty et Egan, cœur du projet...

Le parcours de Stealers Wheel prend racine à Paisley, en Ecosse, où Gerry Rafferty et Joe Egan, tous deux nés en 1946, cirent les bancs de la même école.

Les ados tissent des liens les conduisant à intégrer un groupe local, The Mavericks (1964), qui se produit localement dans les bals de la région en interprétant un répertoire emprunté aux Beatles et aux Rolling Stones.

Quand Rafferty et Egan quittent les Mavericks au profit de The Fifth Column (1966), ils enregistrent un premier single, Benjamin Day/There's Nobody Here (Columbia), mais ne rencontrent aucun succès.

Leurs routes se séparent alors.Gerry rejoint The Humblebums, un duo folk-pop de Clydeside (1969).

Celui-ci comprend Billy Connolly (connu comme comédien), chanteur, guitariste et banjoïste et Tam Harvey (guitare et mandoline) ; le tandem se produit alors dans et en périphérie de Glasgow. A l'arrivée de Rafferty, la mouture devient trio, avant de redevenir duo au départ de Harvey.

Avant leur séparation, en 1971, ils ont signé préalablement deux LP, The New Humblebums (septembre 69) et Open Up The Door (juin 70), tous deux chez Transatlantic Records. La pochette du premier nommé est signée John Patrick Byrne, le célèbre dramaturge écossais originaire de Paisley.

Transatlantic Records propose toutefois à Rafferty de prolonger leur partenariat ; celui-ci publie un album solo que la critique acclame : Can I Have My Money Back (1971).Joe Egan est également de cet opus mal récompensé dans les bacs.

La carrière solo de Rafferty est mise en sommeil mais l'idée de rebondir sur Stealers Wheel fait son chemin. Rafferty et Egan en deviennent le noyau, rejoints par Roger Brown dans un premier temps, puis par Ian Campbell et Rab Noakes par la suite.

...la patte de Leiber et Stoller.

Stealers Wheel est né (1972), qui évolue dans une filière folk-rock caractérisée par des harmonies vocales dans la veine de ce que propose, de l'autre côté de l'Atlantique, CSN&Y.

La mouture d'origine ne tient pas longtemps et seuls Rafferty et Egan sont rescapés du premier line-up. Exit Campbell, Brown et Noakes.

Le guitariste Paul Pilnick, ex-Big Three, le bassiste Tony Williams et le batteur Rod Coombes suppléent les démissionnaires.

Ce quintet est celui qui procède aux enregistrements de l'album éponyme ouvrant le catalogue, réalisé aux studios Apple et publié en octobre 1972 pour A&M Records, sous l'égide des producteurs Jerry Leiber et Mike Stoller.

Porté par quelques titres remarquables (Stuck In The Middle With You, You Put Something Better Inside Me, Next To Me, Johnny's Song et Late Again), le groupe signe ici un très bon disque. Stuck In The Middle With You aura la réussite évoquée en préambule.

Malheureusement, alors que le premier opus tombe dans les bacs, Gerry Rafferty quitte prématurément Stealers Wheel, tandis que Williams est écarté, remplacé par Delisle Harper. Luther Grosvenor prend, lui, la place de Gerry.

Si Stealers Wheel tire ici bénéfice de l'union du talent, de la force et de l'inventivité du songwriting de Rafferty et Egan, l'excellence de cette première œuvre revient, pour part égale, à Leiber et Stoller dont le travail de production est à louer.

Stealers wheel rafferty

« A l'occasion de la soirée de lancement de notre partenariat avec une grosse société américaine, je me suis retrouvé autour d'une table d'un restaurant de Chelsea avec une cinquantaine de personnes du label, coincé entre deux cadres ennuyeux comme c'est pas imaginable. La soirée était interminable... Deux jours après, Joe Egan et moi, pour décompresser, nous avons écrit Stuck In The Middle With You. » (Gerry Rafferty)

Clap de fin en 75.

Les années suivantes, le single Everyone's Agreed That Everything Will Turn Out Fine (1973) et Star (1974) atteignent le top 30 des classements anglais et américain.

Sorti en 1974, Ferguslie Park (A&M Records), deuxième LP, est encore plus abouti. Rafferty, revenu aux affaires, et Egan remettent, une nouvelle fois, leurs compétences en commun bien que les tensions entre les deux complices de longue date se ravivent à nouveau.

Qui plus est, des problèmes financiers voient le jour qui freinent considérablement le duo de la production. Le groupe, alors constitué d'une dizaine d'éléments (outre Rafferty et Egan, on retrouve Peter Robinson, Gary Taylor, Joe Jammer, Bernie Holland, Andrew Steele, Chris Neale, Chris Mercer et Steve Gregory) n'y résiste pas et explose en 1975.

Réactivé en 2008.

Troisième volume discographique studio, Right Or Wrong sort après la dislocation de Stealers Wheel ; le public a alors perdu tout intérêt pour les écossais qui renaissent de leurs cendres en 2008 sous l'impulsion de Tony Williams, Rod Coombes, Paul Pilnik et Tony Mitchell, mais disparaissent aussitôt (RAZOR©2021).

DISCOGRAPHIE STUDIO 70'S.

LP Studio 2 - 1973

 

Stealers wheel ferguslie park

 

STEALERS WHEEL

Ferguslie Park – 1973  4/5

 

Publié en novembre 1973.

Produit par Jerry Leiber, Mike Stoller.

Durée:40:17.

Label:A&M Records.

Genre:rock,pop-rock,folk-rock.

 

Diversifié et abouti.

 

Ferguslie Park est le second volume de la discographie studio de Stealers Wheel, groupe écossais resté ancré dans l'histoire pour deux faits majeurs : un, pour avoir véritablement lancé la carrière de Gerry Rafferty (Baker Street), sur le pont depuis la première partie des 60's, avec son complice de l'époque Joe Egan notamment (The Mavericks, The Fifth Column) ; deux, pour avoir été l'auteur du single à succès Stuck In The Middle With You, popularisé par la scène culte du découpage d'oreille du film de Quentin Tarentino, Reservoir Dogs.

Ce N°2 n'est pas aussi connu que son prédécesseur, placé dans une filière folk-rock sans grande surprise, mais porté par la réussite du brillant titre évoqué plus haut (un million d'exemplaires vendus), lequel fait 8 dans les charts britanniques, 6 aux États-Unis et 2 au Canada.

Ferguslie Park n'en est pas moins, à mes yeux, plus intéressant que son devancier éponyme qui, de son temps, a suscité de réelles promesses. Sans remettre en question la qualité du LP précédent, son successeur vinylique a plus à beaucoup plus à offrir à l'auditeur, bien que moins payant commercialement.

Pour rester ancré dans la mémoire collective, il lui aurait fallu refaire le coup de Stuck In The Middle ou être complété par un titre porteur ou vendeur. Ce n'est pas le cas mais on a néanmoins ici de quoi se satisfaire une quarantaine de minutes.

Good Businessman et Star ouvrent en beauté un lot qui vaut principalement par Wheelin', d'une agréable fraîcheur, par le fantaisiste Waltz que n'auraient pas renié les Beatles, par la belle ballade Over My Head, par Blind Faith et son orgue délicieux ou le sarcastique What More Can You Want, voire par le mélodique Nothing's Gonna Change My Mind. Back On My Feet Again m'a également séduit et Who Cares et sa fin qui s'embrase ne m'a pas laissé insensible.

Enregistré à Londres (Island Studios) sous la tutelle de l'ingénieur Phil Brown et des producteurs Mike Stoller et Jerry Leiber, Ferguslie Park est bien plus abouti que Stealers Wheel. Ne manque qu'un titre tueur pour faire basculer l'album dans une autre dimension.

Le sublime final qu'est Everyone’s Agreed That Everything Will Turn Out Fine (N°49) aurait pu être celui-là, s'il avait bénéficié du même temps d'antenne sur les radios que Stuck In The Middle With You.

Encore aurait-il fallu pour cela convaincre Rafferty, ardent opposant au milieu de l'industrie du disque et réticent à l'idée de la musique business, de mettre de l'eau dans son vin... (RAZOR©).

 

1. Good Businessman.

2. Star.

3. Wheelin’.

4. Waltz (You Know It Make Sense).

5. What More Could You Want.

6. Over My Head.

7. Blind Faith.

8. Nothing’s Gonna Change My Mind.

9. Steamboat Row.

10. Back On My Feet Again.

11. Who Cares.

12. Everyone’s Agreed That Everything Will Turn Out Fine.

 

Gerry Rafferty:chant,guitare,piano,mandoline,kazoo.

Joe Egan:chant,guitare,piano,mandoline,kazoo.

Peter Robinson:piano,orgue,synthés.

Gary Taylor:basse,moog.

Joe Jammer,Bernie Holland:guitare.

Andrew Steele:batterie,tambourin,maracas.

Chris Neale:harmonica.

Chris Mercer:saxophone.

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