The Youngbloods.

BIOGRAPHIE.

 

THE YOUNGBLOODS/New York (U.S.A)

 

The youngbloods 1967

 

Années actives:1965/1972,1984/1985.

Labels:RCA,Raccoon Records,Mercury.

Genre:folk-rock,rock psychédélique.

 

Young, le point focal.

Jesse Colin Young, chanteur et bassiste, Jerry Corbitt, guitariste, Lowell « Banana » Levinger à la guitare rythmique et Joe Bauer Bauer à la batterie, forment la première mouture de ce qui va donner les Youngbloods en 1966. Avant cette date, ils ne sont encore que le Jesse Colin Young & The Lonely Knights, puis le Jesse Colin Young & The Truck Farm.

Youngbloods 1

Youngbloods 2

Comme c’est perceptible dans le nom des formations qui précèdent la formation des Youngbloods et dans la racine de la nouvelle identité, Jesse Colin Young, est l’élément moteur de cette formation. Le natif du Queens new yorkais est le plus expérimenté du lot, affichant alors déjà deux LP à son compteur personnel au moment de passer sous l’étendard des Youngbloods : The Soul Of A City Boy (avril 1964) et Young Blood (mai 1965).

Acteur de la scène de Greenwich Village où il fait ses débuts en qualité de chanteur folk au début des années 60, puis de celle de Boston, Jesse Colin Young est l’auteur d’un catalogue solo acclamé par la critique, fort de plus d’une quinzaine d’albums, et que le parcours sous Youngbloods a grandement contribué à populariser.

Get Together, hymne de la contre-culture.

Sous la houlette de son chanteur mythique, les jeunes Youngbloods entrent dans les charts grâce à Get Together, hymne hippie né sous la plume de Dino Valente avant qu’il n’intègre Quicksilver Messenger Service et que Jefferson Airplane, parmi tant d’autres groupes de la Baie, reprend également à son répertoire. Leur interprétation, plus profonde, fait top ten mais en 1969.

Groupe maison du fameux night-club Cafe Au Go-Go du 152 de la Bleeker Street de Greenwich, les Youngbloods sont connus pour pratiquer un folk-rock psychédélique généreux, se posant en prototype même du flower power et en une valeur sûre de la place.

Si Young est l’élément central du groupe à ses débuts, Jerry Corbitt prend rapidement du galon en apportant sa contribution à l’écriture dès le premier et excellent LP éponyme que le groupe réalise pour RCA et que produit Felix Pappalardi. Corbitt devient un acteur aussi important que Young, même si le deuxième album, Earth Music (1968) ne le démontre pas vraiment, par trop inégal.

Younbloods colin young

« Avec le recul, il s’avère que les Youngbloods m’ont permis de faire mon apprentissage et appris à jouer dans un groupe. Quand j’ai commencé les Youngbloods, c’était pour jouer ma musique. Le groupe a toujours mieux fonctionné quand j’en étais l’élément central. » (Jesse Colin Young)

Elephant Mountain, la référence.

Est-ce la raison qui pousse Corbitt à quitter les Youngbloods ? Mystère. Toujours est-il que son départ réduit le groupe à un trio, que Jesse Colin Young cumule d’un coup écriture et chant, s’en sortant plutôt pas mal, comme l’illustre le troisième jet du catalogue, le jazzy Elephant Mountain (1969) qui, pourtant, ne fédère pas beaucoup autour de son nom. Charlie Daniels succède à Pappalardi à la production d’un disque commencé début 1967 du côté de New York et achevé quand les Youngbloods déménagent à San Francisco, soit un peu avant les sessions d’enregistrement d’Elephant Mountain. Ce numéro trois du catalogue n’est publié qu’en 1969 ; il est considéré comme leur référence et met en avant certaines des plus belles chansons de Young.

Raccoon, rien que pour eux.

Après Elephant Mountain, il est difficile de s’enflammer pour le catalogue du groupe, trop inégal et incohérent, passé chez Warner Brothers qui crée spécialement l’étiquette Raccoon (1971) pour la publication des LP des Youngbloods, de ceux des membres et d’artistes proches, un peu à la manière de ce que faisaient les labels du Dead et de l’Airplane.

Entre deux live quelconques et deux compils pour faire patienter, Good And Gusty (1971) avec un nouveau à la basse, Michael Kane, et son suivant High On A Ridge Top (1972) tentent de se faire un nom sur la scène, mais en vain car trop axés sur les reprises d’une part et peu inspirés de l’autre.

Cette incohérence artistique scelle la fin des Youngbloods qui se séparent en 1972 pour se retrouver brièvement en 1984 autour de trois de ses membres fondateurs, Young, Levinger, Corbitt, complétés par David Perper à la batterie, Joe Bauer étant décédé en 1982 d’une tumeur au cerveau, et Scott Lawrence aux claviers. La reformation dure un an, les Youngbloods version 2 se séparant en 1985. Depuis, John Corbitt s’en est allé également, mort d’un cancer du poumon, au mois de mars de 2014 (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1967

 

The youngbloods lp

 

THE YOUNGBLOODS

THE YOUNGBLOODS – 1967  4/5

 

Publié en janvier 1967.

Produit par Felix Pappalardi.

Durée:33:38.

Label:RCA.

Genre:folk-rock.

 

Album à freaks.

 

En 1967, le New-Yorkais Colin Young, Jerry Corbitt, Lowell Levinger, Joe Bauer, tous trois de Boston, ont déjà déroulé du câble lorsqu’ils débarquent au studio pour l’enregistrement du premier album des Youngbloods.

Le premier s’est fait un nom dans les clubs de Greenwich Village, a collaboré avec John Sebastian et revendique déjà deux disques à son actif. Les  autres font valoir un solide acquis technique dans le jazz, le folk et le bluegrass.

RCA les prend sous son aile et publie cet album éponyme (en écoute intégrale ici), réédité en 1971 sous le nom de Get Together (nom du titre figurant sur ce LP, qui n’a contribué à leur popularité qu’en 1969). Pour une première levée, les Youngbloods s’en sortent finalement plutôt bien.

Bien foutu, son côté folk-rock psychédélique ambiant est le miroir de l’idéal hippie du moment (certaines pistes sont toutefois plus rock ou bluesy). Les titres accrochent, les guitares se montrent (Corbitt est un élément prépondérant), le chant est enjôleur, la voix est belle ; le son est bien attaché à cette période.

Disque agréable et diversifié, que les freaks nostalgiques s’empresseront d’acquérir, il balance bien et est propice à enjouement, n’étant pas sans rappeler, parfois, les Beatles du milieu des années 60.

Il s’appuie sur un sympathique et léger rigtime, Grizzly Bear, All Over The World (La-La), sur le classique intemporel  à coloration Peace And Love, Get Together (de Dino Valenti, qui a fondé Le Quicksilver Messenger Service), sur Tears Are Falling.

Les seuls éléments discutables de ce disque sont les reprises pas toujours judicieuses comme Statesboro Blues, Ain’t That Loving You Baby et surtout C.C Rider. Pris dans son ensemble, ce LP pour lequel Felix Pappalardi a assuré la production, est des plus respectables (RAZOR©).

 

1. Grizzly Bear.

2. All Over The World (La-La).

3. Statesboro Blues.

4. Get Together.

5. One Note Man.

6. The Other Side of This Life.

7. Tears Are Falling.

8. Four In The Morning.

9. Foolin' Around (The Waltz).

10. Ain't that Loving You, Baby.

11. C.C. Rider.

 

Jesse Colin Young:basse,guitare,chant.

Jerry Corbitt:basse,guitare.

Lowell Levinger:claviers.

Joe Bauer:batterie.

LP Studio 2 - 1967

 

Youngbloods earth music

 

THE YOUNGBLOODS

EARTH MUSIC – 1967  3,5/5

 

Publié en 1967.

Produit par Felix Pappalardi,The Youngbloods.

Durée:34:04.

Label:RCA Records.

Genre:folk-rock.

 

Alterne bon et moins bon.

 

Les Youngbloods ne se résument pas au seul single à succès Get Together, devenu un classique du groupe. Même s’ils n’ont pas été un groupe majeur des années 60, leur carrière est malgré tout jalonnée de  quelques passages mémorables. Dans le concert rock du moment, ils ont tenu leur rang.

Dire qu’un de leurs albums a l’étoffe pour figurer au pinacle du rock, je ne le dirais pas. Par contre, pour une bonne compil de ce groupe, j’adhère et je signe des deux mains. Je ne connais pas, en effet, un seul de leurs LP qui ne soit pas inégal.

Earth Music (en écoute intégrale ici) va dans cette direction et alterne le bon et le moins bon. Tout ce qu’ils ont fait mérite, et le respect, et que l’on s’y intéresse. A l’image de beaucoup de leurs congénères du moment, la musique englobait alors tout et souvent n’importe quoi. Aligner trois sons de suite, beugler dans un microphone et utiliser, sans la moindre maîtrise, des instruments venus d’ailleurs, suffisaient parfois à faire un microsillon, sous le prétexte psychédélique et l’influence lysergique.

Les Youngbloods n’en sont pas là.  Eux, ils touchent leur bille question zizik, mais leur répertoire est quelquefois surprenant. Ce deuxième LP de 1967 possède de quoi passer un bon moment, à l’instar d’un Euphoria, jugband nerveux, d’un geignant All My Dreams, du gémissant  pop Dreamer’s Dream, de l’ardent standard country rock Sugar Babe, de la belle reprise de Tim Hardin, Reason To Believe, de Long And Tall et d’I Can Tell.

Personnellement, je le trouve moins attachant que son devancier, quoi que j’aie toujours autant de plaisir à écouter les temps forts de ce disque (RAZOR©).

 

1. Euphoria.

2. All My Dreams Blue.

3. Monkey Business.

4. Dreamer's Dream.

5. Sugar Babe.

6. Long and Tall.

7. Can Tell.

8. Don't Play Games.

9. The Wine Song.

10. Fool Me.

11. Reason to Believe.

 

Jesse Colin Young:basse,guitare,chant.

Jerry Corbitt:basse,guitare.

Lowell Levinger III “Banana”:claviers.

Joe Bauer:batterie.

LP Studio 3 - 1969

 

Youngbloods elephant mountain

 

THE YOUNGBLOODS

ELEPHANT MOUNTAIN – 1969  3,5/5

 

Publié en 1969.

Produit par Charlie Daniels,The Youngbloods,Bob Cullen.

Durée:40:06.

Label:RCA Records.

Genre:folk-rock,west-coast psych.

 

Un disque à l’image du groupe.

 

Des Darkness, Darkness, j’en r’demande ! Ouaouh ! Le moins que l’on puisse dire, c’est que les Youngbloods démarrent pied au plancher Elephant Mountain (en écoute intégrale ici), leur troisième LP studio, sorti en 1969 et produit par le countryman Charlie Daniels. L’intro est sublime et Smug qui s’engage derrière, est également très bon.

C’est incontestablement ce que Jesse Colin Young et ses jeunes sangs ont fait de plus marquant à ce stade de l’écoute, mais On Sir Francis Drake, l’instrumental flemmard et inconstant qui prend le relais, nous emmène dans un univers jazzy dans lequel je ne me retrouve pas et qui sur ce seul  titre saoule et ennuie.

Si Sunlight, la belle ballade qui suit, tend à remettre les Youngbloods sur des rails plus familiers et plus intéressants, on se demande ce que peut procurer comme plaisir l’acoustique Double Sunlight et sa quarantaine de secondes.

Beautiful, sixième levée de l’album, relève le niveau certes, mais maintient le groupe dans un registre jazzy qui est la note dominante d’Elephant Mountain. Parfois ça passe (Rain Song, Quicksand, Sham, Ride The Wind), mais il arrive aussi que non, comme c’est le cas de l’instrumental soporifique Trillium, une sorte de copié/collé d’On Sir Francis Drake.

Ce disque est à l’image de ce que fut ce groupe : inconstant, irrégulier, inégal. Une alternance de hauts et de bas, de l’incohérence. Quand c’est d’un disque à l’autre, passe encore, on zappe le disque bâtard, mais au sein d’un même album, cette sensation de montagnes russes est lassante, pénalisante pour l’écoute, parce qu’on n’arrive jamais à vraiment entrer dans la musique. D’où une bonne compil’ préférable à n’importe quel album et ce, même si le bon ici est très bon (RAZOR©).   

 

1. Darkness, Darkness.

2. Smug.

3. On Sir Francis Drake.

4. Sunlight.

5. Double Sunlight.

6. Beautiful.

7. Turn It Over.

8. Rain Song (Don't Let the Rain Bring You Down).

9. Trillium.

10. Quicksand.

11. Black Mountain Breakdown.

12. Sham.

13. Ride the Wind.

 

Jesse Colin Young:basse,guitare,chant.

Joe Bauer:batterie.

Lowell Banana Levinger:claviers,guitare.

David Lindley:violins.

Joe Clayton:trompette.

Plas Johnson:saxophone ténor.

Victor Feldman:effets.

LP Studio 4 - 1971

 

Youngbloods good and dusty

 

THE YOUNGBLOODS

GOOD AND DUSTY – 1971  3/5

 

Publié en 1971.

Produit par Stéphanie Kennedy.

Durée:44:05.

Label:Warner Bros.

Genre:folk-rock,country-rock,Rhythm & Blues.

 

Que de regrets.

 

Avec à la basse, une nouvelle tête, Michael Kane, les Youngbloods poursuivent leur petit bonhomme de chemin. Depuis Elephant Mountain, leur premier vrai bel effort, deux live (Rock Festival en 1970 et Ride The Wind en 1971) et deux compils (Two Trips et un Best Of) sont venus alimenter la discographie du groupe.

Good And Dusty (en écoute intégrale ici) est donc leur quatrième LP studio. La venue de Kane fait glisser Jesse Colin Young à la guitare. Il y retrouve son instrument de prédilection. Que dire du fruit de ce quatuor ? Malheureusement, pas grand-chose.

Il est difficile de s’enflammer pour un album de reprises, fussent-elles de grands noms du répertoire américain (Will The Circle Be Unbroken, Stagger Lee, Let The Good Times Roll, Willie And The Hand Jive). Même si l’interprétation est sans fausse note, les Youngbloods ne nous démontrent  rien de plus que l’on ne connaisse déjà d’eux.

Il soulève des regrets et une grande frustration peut-être. Frustration que ces mecs aient pu s’en tenir au strict minimum, alors qu’ils affichaient de réelles dispositions instrumentales et lyriques (Circus Face notamment, mais aussi Drifting Drifting, Hippie From Olema de Banana et Light Shine).

Au risque de me répéter, Good And Dusty est à l’image de ce qu’est la production d’ensemble du groupe : inégale. Du très bon qui suscite une érection, cohabitant avec du vraiment mou du zob. Globalement, il n'y a pas de quoi fouetter un chat pour la énième fois (RAZOR©).

 

1. Stagger Lee.

2. That's How Strong My Love Is.

3. Willie And The Hand Jive.

4. Circus Face.

5. Hippie From Olema #5.

6. Good And Dusty.

7. Let The Good Times Roll.

8. Drifting And Drifting.

9. Pontiac Blues.

10. The Moonshine Is The Sunshine.

11. Will The Circle Be Unbroken.

12. I'm A Hog For You Baby.

13. Light Shine.

 

Lowell “Banana” Levinger:chant,guitare,banjo,mandoline,piano.

Jesse Colin Young:chant,guitare,saxophone tenor.

Michael Kane:basse,chant,cor français.

Rick Anderson:harmonica.

Joe Bauer:batterie.

LP Studio 5 - 1972

 

Youngbloods high on a ridgetop

 

THE YOUNGBLOODS

HIGH ON A RIDGETOP -1972  3/5

 

Publié en 1972.

Produit par Stuart Kutchins,Stephanie Kennedy.

Durée:41:47.

Label:Warner Bros.

Genre:folk-rock.

 

Dans le ventre mou.

 

Un Speedo à l’architecture qui me séduit complètement, démarré a capella avant de s’embraser, en guise d’appétissante mise en bouche, relayé par un bon She Caught The Katy & Left Me A Mule To Ride, puis un blues de bonne famille, Going By The River, nous amènent agréablement sur la piste de Running Bear, l’indien courageux, amoureux de sa squaw Little White Dove. I Shall Be released, repris à Dylan, consiste en une belle prestation du tandem Young/Banana. Jusque là rien à redire, High On The Ridgetop (en écoute intégrale ici), c'est du bon Youngbloods, mais pas vraiment original, exception faite de Speedo.

Dreamboat, seul original à verser à leur crédit sur cet album, est un premier contretemps, avant un lot de reprises globalement bien interprétées, mais qui ne constituent pas le genre de chansons que l’on aimerait avoir ici (le jazzy She Came In Through The Bathroom Window, Donna, La Bamba et le Kind Hearted Woman de Robert Johnson).

High On The Ridgetop est diversifié et s’écoute ; il est toutefois du même tonneau que Good And Dusty, autrement dit inégal, manquant d’une vraie inspiration et d’originalité. Normal, c’est le dernier LP des Youngbloods, une formation qui tire la langue, à bout de souffle.

Dans ce contexte de fin de cycle entrevu, ce disque n’est pas vilain, mais évitons d’en faire des tonnes, il n’est pas le disque de l’année 72. Il s’en faut de beaucoup (RAZOR©)

 

1. Speedo.

2. She Caught The Katy & Left Me A Mule To Ride.

3. Going By The River.

4. Running Bear.

5. I Shall Be Released.

6. Dreamboat.

7. She Came In Through The Bathroom Window.

8. Donna.

9. La Bamba.

10. Kind Hearted Woman.

 

Jesse Colin Young:chant,guitare.

Michael Kane:basse,chant.

Lowell Banana Levinger:guitare,mandoline,piano,claviers,chant.

Rick Anderson:harmonica.

Joe Bauer:batterie.

1 vote. Moyenne 5.00 sur 5.