Wizz Jones

BIOGRAPHIE.

 

WIZZ JONES/Croydon (Surrey – Angleterre)

 

Wizz jones 1

 

Né Raymond Ronald Jones le 27 avril 1939 à Thornton Heath (Surrey).

Actif depuis la fin des 50's.

Labels:United Artists,The Village Thing,CBS,Senescof,Leola Music.

Genre:folk,country,bluegrass,folk baroque,folk moderne.

Site officiel:www.wizzjones.com

 

Adoubé par les plus grands guitaristes...

Son style de guitare est unique, son répertoire éclectique et sa main droite est digne de celle de Broonzy, le grand Big Bill Broonzy, exceptionnel créateur du blues.

Octogénaire depuis le printemps 2019, Wizz Jones, figure du folk revival britannique des 60's, tourne toujours sur le circuit anglais, et ce, soixante ans après avoir fait ses débuts à Croydon, la ville qui l'a vu naître. John Renbourn, Eric Clapton ou Keith Richards savent toute l'influence que ce génial guitariste que le succès a toujours fui, a eue sur eux.

Wizz Jones est né Raymond Ronald Jones le 25 avril 1939 à Thornton Heath dans le quartier le plus méridional de Londres, Croydon. Guitariste, chanteur et compositeur anglais, il est actif sur la place londonienne depuis la deuxième partie des années 50 et a contribué, auprès de Bert Jansch, John Renbourn, Davey Graham, Long John Baldry ou de l'itinérant américain Ramblin' Jack Elliott, à populariser la folk anglaise des 60's.

Wizz jones 60 sUn style de guitare hérité de sa vie de bohème.

Wiz jones renbournAdoubé par John Renbourn et les plus grands.

Wizz jones pete stanley halifaxWizz Jones et Pete Stanley.

Wizz jones introUn guitariste très largement sous-estimé.

Wizz jones 2017Toujours actif à 80 ans...

Wizz jones simeon...de plus en plus avec son fils Simeon.

Wizz jones the legendary meL'incontournable The Legendary Me (1972).

...mais très largement sous-estimé.

Guitariste très largement sous-estimé, Wizz, surnom donné par sa mère en référence à un personnage de bande dessinée, Wizzy The Wuz (Beano), est l'un des premiers musiciens britanniques à avoir pratiquer la musique traditionnelle américaine.

Inspiré tant par la littérature de la Beat Generation des Kerouac, Ginsberg, Burroughs que par la musique folk et blues de l'Oncle Sam, celle des Son House, Blind Blake,Woody Guthrie, Robert Johnson, Cisco Houston, Lonnie Johnson et Big Bill Broonzy, Wizz Jones s'est prématurément vu coller une étiquette de bohème, ses cheveux descendant jusqu'aux épaules, inhabituels et scandaleux pour l'époque, et son allure de hobo n'étant pas étrangers à cette réputation.

Des Wranglers à Soho.

C'est dans le Surrey qu'il débute une carrière musicale qui, aujourd'hui, affiche, tout confondu, une trentaine d'albums (studio, live, compilations et collaborations).

Deux d'entre eux, respectivement publiés en 1970 et 1972, à savoir The Legendary Me et Right Now, sont des incontournables pour l'amateur de folk british.

Dès 1957, Wizz fonde The Wranglers à une époque où le jazz, le skiffle et le rock se partagent le gâteau musical et où le country-blues ne tarde pas à montrer le bout de son nez.

Son groupe, implanté dans la country et le skiffle, est un des précurseurs sur la scène de Croydon.

A la fin des Wranglers, Jones part à l'aventure sur les routes européennes et en Afrique du Nord. A Paris, il intègre un club artistique dans lequel figurent Rod Stewart, Clive Palmer, Ralph McTell et Alex Campbell, puis se marie.

Il revient ensuite en Angleterre où, doté d'un style de guitare unique hérité de sa bohème, il devient un familier de Soho, une place déjà très active depuis des années. Nous sommes au début des 60's et Wizz forme alors un duo bluegrass avec Pete Stanley, un banjoïste talentueux (1962/63).

Pendant 4 ans, ce duo très performant, divertissant et populaire arpente les clubs et bars britanniques, années au cours desquelles un single et un album voient le jour : Ballad Of Hollis Brown (1965), emprunté à Bob Dylan, et le LP Sixteen Tons Of Bluegrass (1966/EMI).

Au terme de cet opus, le duo se sépare (1967). Si Stanley poursuit dans le bluegrass avec Brian Golbey, Wizz Jones emboîte lui une carrière solo orientée vers le blues et les chansons folkloriques contemporaines. Désormais, il écrit ses propres titres, mais ils sont rares.

Un riche catalogue.

Devenu chanteur-compositeur (de talent), il ouvre son compte personnel par l'éponyme Wizz Jones, en 1969. Pour cette excellente entrée en matière, il bénéficie toutefois de l'assistance de son pote de longue date, Alan Tunbridge avec lequel il a ouvert le Mojo Folk Club en bordure de Tamise (le pub King's Arms de Putney Bridge).

Ce dernier a une plume exceptionnelle ; des artistes comme Ralph MCTell (il a racheté la majeure partie des chansons de Tunbridge), John Renbourn ou Maggie Holland ont également fait appel à ses compétences et à son originalité.

Wizz Jones est suivi du brillant, apaisant et chaleureux The Legendary Me (The Village Thing/novembre 1970). Un must.

8 des 11 titres sont encore le fait de Tunbridge et c'est cette proximité reconduite, doublée du style unique de son interprète, qui valorise à ce point le disque. Jones signe lui un compétent If I'd Only Known.

Deux ans plus tard (1972), Right Now apparaît au catalogue. A l'écoute de son troisième volet discographique personnel, on comprend mieux pourquoi Wizz Jones est considéré comme l'une des figures les plus séminales de la scène folk britannique et un guitariste hors pair.

Sa technique de guitare acoustique est fabuleuse. Right Now, produit par John Renbourn qui ici officie également au sitar et à l'harmonica, s'appuie une nouvelle fois sur l'écriture de Tunbridge (6 titres sur 10).

Un EP, Winter Song, et When I Leave Berlin, 4ème LP studio, sont publiés en 1973. Renbourn et Lazy Farmer, groupe furtif monté avec sa femme Sandy, John Bidwell et Jake Walton (un LP éponyme en 1975) sont aussi impliqués dans ce disque qui mêle standards (Woody Guthrie, Robin Williamson, Mississippi John Hurt, Jesse Winchester, Alan Hull) et compositions modernes de Jones comme Living Alone, She's Only Waiting, When I Leave Berlin ou Freudian Slip.

Jusqu'à la fin de la décennie, Jones signe encore Soloflight (1974), ainsi que Happiness Was Free (1976) et le très bon Magical Flight (1977) par lesquels TunBridge effectue son come-back à l'écriture.

Ses disques entretiennent sa popularité en Europe et en Scandinavie où il tourne alors beaucoup.

Toujours actif.

Même s'il disparaît quelque peu de la circulation au cours de la décennie suivante (un album solo seulement) consacrée essentiellement à des participations sur les disques d'autres artistes (Ralp McTell, Derroll Adams, Chas MacDevitt), il est plus présent depuis les 90's et enrichit régulièrement son compte studio.

Wizz jones portrait

« J'ai mis toute ma vie là-dedans et, à la fin, je n'ai rien. Je suis toujours dans la même situation financière que j'étais en 1958! Mais je ne me plains pas. J'étais là au tout début, j'ai eu des opportunités, je n'ai pas eu les bons réflexes. Peut-être que je n'étais pas assez talentueux, pas assez beau, pas assez intelligent ? Qui sait? Je ne peux m'en prendre qu'à moi-même, mais je suis content de toujours faire ce métier. J'apprécie toujours autant de jouer et d'entendre les gens applaudir ! » (Wizz Jones)

Toujours en activité sur les circuits folk/blues et les festivals aujourd'hui, il collabore, en 2012, à une tournée avec John Renbourn laquelle aboutit à Joint Control (2015) album s'avérant être le dernier de l'ex-fondateur de Pentangle, décédé peu de temps après.

Ces dernières années, il se produit de plus en plus en plus souvent avec son fils Simeon (saxo, flûte et harmonica) et avec Pete Berryman, un ami des premières heures du folk.

Leur collaboration donne le jour à un album très agréable (Come What May/2017), dans lequel les trois acteurs se complètent merveilleusement bien autour de délicieuses compositions blues et jazz. Les Jones et Berryman signent ici quelque chose de spécial et d'intemporel, de mélodieux et de nostalgique, symbolisé par la chanson Alone In My Car.

Jouer et voyager, tel a toujours été le credo de ce troubadour qui a placé toute sa vie dans la guitare et le folk sans en tirer de gros bénéfices en retour. Ce n'est pas à 80 ans que cela va changer mais il est heureux comme ça, que voulez-vous (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 2 - 1970

 

Wizz jones the legendary me

 

WIZZ JONES

THE LEGENDARY ME – 1970  5/5

 

Publié en novembre 1970.

Produit par Iazn A. Anderson,John Turner.

Durée:43:01.

Labels:The Village Thing/Sunbeam.

Genre:folk,folk rock.

 

Un must du folk-rock british.

 

Bert Jansch disait à son endroit qu’il était certainement le guitariste le plus méconnu de tous les temps. Le plus talentueux aussi. Ce en quoi, il n’avait pas complètement tort car, pour mézig, Wizz Jones a longtemps fait figure d’illustre inconnu au bataillon. Pourtant, croyez moi, depuis des décennies, je suis (du verbe suivre) suffisamment, et de près, les choses du rock et des genres y affiliés, pour ne pas aussi bêtement que ça me retrouver sur la touche.

Dans le domaine folk british, j’en ai consommé du pékin et j’en ai vu défiler des brochettes de musicos. Faut croire que le Jones en question a suivi des filières parallèles pour échapper à mon attention coutumière et surtout pour glisser entre les mailles de mon insatiable et boulimique curiosité musicale.

D’autant plus que la scène folk anglaise est un échiquier que j’affectionne tout particulièrement. Conclusion, The Legendary Me, son album référence de 1970, est remonté jusqu’à moi le jour où j’ai enfin levé sur le voile sur Wizz Jones. Autrement dit, quand les poules ont commencé à avoir des dents, si vous voyez ce que je veux dire…

Je vous fiche mon billet qu’aujourd’hui encore il pointe encore au guichet des grands ignorés du rock. Au moment des comptes, à part figurer dans les bons papiers de la presse musicale nationale où il a le statut de cador de l’acid-folk à l’anglaise, ou être cité très favorablement dans les biographies du God et de Rod Stewart, force est de constater que le succès lui a toujours glissé entre les doigts.

Au détour de mes investigations sur le sujet, j’apprends que le Wizz a influencé des générations entières de guitaristes du Royaume-Uni et pas des lopettes, puisqu’on compte parmi eux les légendaires Clapton, Renbourn, Martyn, Jansch, Thompson, McTell. Le gratin de la Vieille Albion, les joyaux de la couronne. Pourtant, comme il le dit lui-même, à ce jour, il est comme à ses débuts : à oilpé, une main devant, une main derrière. Mais il est heureux et c’est tout ce qui compte.

Ce troubadour du folk présente alors le paradoxe d’être du bled et d’y être un vrai caïd chez lui, quand, dans le même temps, il est carrément snobé, voire zappé, de l’autre côté de l’Atlantique ou chez nous. Pourtant, depuis le milieu des années 50, imprégné de la littérature beat des Burroughs, Ginsberg et Kerouac, enthousiasmé par les spectacles de Big Bill Broonzy, de Rambling Jack Elliot, Woody Guthrie, et de Muddy Waters, il mouille le maillot dans les bars, plus particulièrement ceux londoniens de Soho. Il tâtonne aussi dans le même temps dans une clique de skiffle de sa ville natale de Croydon, les Cowboys (1957).

De son vrai blaze Raymond Ronald Jones, Wizz emprunte son nom de guerre onomatopique, repris dans le comic strip gainsbardien de 67, à un personnage des Beanos (Wizzy The Wuz), cet hebdo british de B.D de l’après-guerre, concurrent du journal de Mickey et de Spirou.

Au début des années 60, après avoir appris le métier auprès de la confrérie blues à trois têtes composée d’Alexis Korner, Davey Graham et Long John Baldry, il est mûr pour bourlinguer, guitare en bandoulière, dans une bonne partie de l’Europe et en Afrique (Maroc), d’où il revient en 1963 pour se lancer dans un duo de bluegrass prometteur mais pionnier, avec le banjoïste le plus célèbre du Royaume-Uni, Pete Stanley.

Un LP en découle (Sixteen Tons Of Bluegrass/1966), mais le public ne suit pas ; Wizz, qui officie aussi comme musicien de sessions pour becqueter, se lasse et l’affaire périclite en 67. Retour à la case départ : les spectacles dans les rades miteux aux relents de tabac froid, exil vers l’Allemagne (1969).

Jusqu’aux années 70, le guide de la génération Jansch n’a jamais braqué les feux de l’actualité sur lui. Il commence à se faire à l’idée qu’il ne sera donc jamais le grand guitariste/chanteur qu’il rêvait d’être quand il se cassait les ongles sur les riffs de blues inlassablement répétés, sous l’œil impitoyable de Long John Baldry.

Pourtant tout est là : la technique en fingerpicking chaude comme de la braise, assurée et puissante ; la voix, expressive, tour à tour profonde, accablée, tendre, moqueuse ; la matière, bien assimilée et parfaitement restituée (Alan Turnbridge est à l’écriture) et une main droite digne de Big Bill Broonzy, dit-on dans les tee-rooms. Et les avis élogieux et sincères de ceux qui, parallèlement, réussissent… Que peut-on lui reprocher ? Rien. Sinon que le label de Ian Anderson n’a pas pignon sur rue et produit en exemplaires limités.

En me penchant sur le travail de Wizz, que je méconnaissais sous toutes les coutures, j’ai eu l’heureuse surprise de constater les notes élevées qui sont associées à chacun de ses albums des seventies. Il en compte 9 entre 1969 et 1977. Rien n'est à écarter. Maintenant que j’ai quasiment tout entendu de cet artiste, je dis chapeau, mais je ne comprends toujours pas pourquoi il n’y a pas eu plus de retour de la part du public.

L’éponyme de 69, son suivant, l’extraordinaire The Legendary Me (70), l’excellent Right Now (72), le surprenant Magical Flight (77) et Winter Song, l’E.P de 72 sont des passages obligés d’un catalogue complètement passé sous le radar et sous silence.

The Legendary Me (Novembre 1970/The Village Thing distribué par Transatlantic Records) est celui par lequel j’ai décidé de vous mettre en relation avec cet artiste frustré et scoumounard comme dégun. On le serait à moins mais jugez plutôt.

Le jour où il croit enfin percer chez l’Oncle Sam et capitaliser sur son nom, en ouvrant quelques dates de la tournée de Sonic Youth, son avion est contraint de rebrousser chemin. Motif ? 11 Septembre, attentat contre les Twin Towers.

Autre tuile. Pendant des années, il travaille avec Alan Tunbridge, plus poète que musicien, rencontré à Soho. Les deux font la paire, le binôme est indissociable.

Wizz met en valeur le travail du co-auteur de ses textes, mais c’est Ralph McTell, qui a flairé la qualité de l’écrivain depuis bien longtemps et met la main sur les droits d’exploiter le répertoire du-dit Tunbridge. A lui le jackpot. Wizz, qui a défendu ces chansons sur toute la planète, se l’est fait mettre profond.

Pour en revenir à cet album, son deuxième solo, que l’on doit considérer comme un must du folk-rock anglais, son titre est justement inspiré d’une chanson introspective de Tunbridge. Pour peu que l’on soit familiarisé avec l’ensemble de son œuvre, et depuis je le suis (du verbe être), le son unique de Wizz est identifiable dès les premières notes. N’est-ce pas le propre d’un grand artiste que d’être identifiable spontanément ?

11 titres garnissent ce disque brillant et apaisant. 8 sont le fait de Tunbridge. C’est là que se situe le nec plus ultra de l’album : la chanson titre, See How The Time Is Flying, Slow Down To My Speed et Dazzling Stranger.

Willie Moore est une chanson traditionnelle que Jones est allé quérir dans le patrimoine folk US et l’excellent Keep Your Lamp Trimmed And Burning est de Reverend Gary Davis. Wizz Jones signe If I’d Only Known. Le lyrisme n’est pas sa tasse de thé.

La version modernisée en format CD (2006/Sunbeam) rajoute trois bonus live de sa période allemande, dont deux couvertures géniales du Sisters Of Mercy de Leo Cohen et Needle Of Death, le playdoyer anti-drogue dure de Bert Jansch qui inspirera le Needle And The Damage Done à Neil Young. En gros, je ne vois pas un fan de folk, qui plus est de folk british, passer à côté, et de cet artiste cash, et de cet album spontané (RAZOR©).

 

1. See How the Time is Flying.

2. Willie Moore.

3. The Legendary Me.

4. When I Cease to Care.

5. Nobody Told You So.

6. Beggar Man.

7. Keep Your Lamp Trimmed and Burning.

8. Dazzling Stranger.

9. If I'd Only Known.

10. Slow Down to My Speed.

11. Stick a Little Label on It.

 

Bonus.

12. Sisters of Mercy.

13. Glory of Love.

14. Needle of Death.

 

Wizz Jones:guitare acoustique,chant.

John Turner:basse.

Peter Berryman:guitare sur 3.

Ralph McTell:accordéon sur 8.

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