Dave Clark Five.

BIOGRAPHIE.

 

DAVE CLARK FIVE/Londres (Angleterre – UK)

 

Dc5 intro

 

Actif entre 1959 et 1970.

Labels:Columbia (EMI),Epic,Capitol,Ember Records.

Genre:rock & roll,beat,pop.

 

Une menace commerciale pour les Beatles...

De son temps, le Dave Clark Five, plus groupe de singles que d'albums, était un véritable phénomène. Au moins équivalent aux Beatles. Comme les gars de Liverpool, chacun des passages des londoniens de Tottenham était ponctué de scènes extatiques et délirantes affectant les jeunes ados. Ils étaient des stars énormes et cette rivalité était savamment entretenue par les presses musicales ambiantes.

Formation pop parmi les plus vendeuses (plus de 100 millions de disques écoulés) de la british invasion avec des titres comme Bits And Pieces, Can't You See That She's Mine, Because, Anyway You Want It, I Like It Like That, Over And Over, You Got What It Takes, Glad All Over (14.000 pièces vendues par jour en 64) ou Catch Us If You Can, le DC5, comme on l'appelle communément, alors au sommet de sa gloire, pouvait être considéré, en termes de popularité, comme le deuxième groupe du Royaume-Uni, prenant place immédiatement dans le sillage des Fab Four qu'il est d'ailleurs le premier à suivre dans l'exaltante aventure invasive américaine.

C'est lui, qui derrière les Scarabées, ouvre le bal des envahisseurs invités à se produire dans le célèbre Ed Sullivan Show.

Dc5 twoLe DC5, idole des kids britanniques.

Dc5 dave clarkDave Clark, à l'initiative du groupe.

Dc mike smithMike Smith, chanteur et belle gueule du DC5.

Dc5 oneUne menace pour les Beatles.

Dc5 over and overDes hits à la pelle comme Over And Over...

Dc5 glad all over...Glad All Over (14.000pièces vendues en un jour)...

Dc5 tom hanks 2008 hall of fame...intronisé au rock& roll  Hall Of Fame (2008).

...mais rarement cité à l'heure des bilans.

Malgré des états de service élogieux, son nom comme sa musique restent encore aujourd'hui de véritables énigmes pour beaucoup, le DC5 étant rarement cité à l'heure des bilans des 60's, sans que l'on ne sache vraiment pourquoi.

La perte de plaisir est souvent avancée par son leader. Comme on ne comprend pas plus la rapidité avec laquelle, il est rentré dans le rang (dissous après 6 ans), laissant les coudées franches aux liverpuldians et autres ambitieux de la place.

Un statut d'intronisé au Rock And Roll Hall Of Fame en 2008 (par Tom Hanks qui était grand supporter du DC5), des documentaires à la pelle sur le sujet, un film à succès, un américain fortuné qui met de l'argent sur la table pour que le groupe se reconstitue au début des 80's, n'y feront rien pour redorer le blason d'un groupe et le recrédibiliser...

A vouloir tout contrôler...

Peut-être faut-il trouver en le refus de Dave Clark de rééditer les albums du DC5 après leur séparation en 1970, une explication à ce constat ? Jusqu'en 1993, aucune musique du groupe n'a filtré dans les bacs.

Les fans de la première heure n'ont alors que les souvenirs de l'époque pour se nourrir et les curieux, avides d'en découdre avec ces idoles des 60's, que leurs yeux pour pleurer.

Bien évidemment, le choix personnel de son leader, excellent auteur-compositeur, manager et producteur omnipotent, engendrera des dégâts irrémédiables pour la notoriété d'un combo au son génial, aux tubes prolifiques, qui a rivalisé avec les Beatles de la populaire Beatlemania.

Clark ne s'est jamais rien laissé imposé par les labels qui puisse le contraindre ou le lier d'une manière ou d'une autre. Au lieu de ça, l'artiste concède ses chansons sous licence aux maisons de disques avec lesquelles il collabore, EMI au Royaume-Uni, Epic aux States. Il est le seul à détenir les droits sur son matériel au terme du contrat de licence et n'envisage même pas de fonder sa propre étiquette. Rares sont alors les groupes ou musiciens à évoluer sous cette forme.

Cette configuration atypique s'avère finalement difficile à tenir et, à terme, pénalisante dans les domaines de la fabrication, de la distribution et de la promotion de son travail.

Des hits à la pelle, un son unique.

Cette décision de carrière amène surtout à regretter que le DC5 (7 titres dans le Top 20, dont 4 dans le Top 10 en 1964) n'ait pas daigné faire un peu de temps supplémentaire, auquel cas il aurait vraisemblablement pointé, dans la seconde partie de sa carrière, parmi les meilleurs groupes de hard rock grands-bretons.

Aucun rival du moment n'avait ce son rock dur, pur, simple et puissant, auquel, dit-on, Bruce Springsteen n'était pas insensible... Pas même les Beatles de Twist And Shout ou de Please Please Me.

Une production plus grande que nature, un son de batterie incisif, un chanteur à la voix énorme (et claviériste), Mike Smith, l'autre star du groupe, des mélodies solides, des originaux pour l'essentiel... le DC5 était l'incarnation même du Tottenham Sound.

Dès lors, redonnons à Clark et aux siens, grands oubliés de l'histoire du rock, tout le crédit perdu depuis le début des 70's...

Né dans la banlieue londonienne.

Dave Clark est un pur produit de la classe ouvrière nord-londonienne. Né en 1939 à Tottenham, puis ayant grandi à Middlesex, le jeune David ne cire pas longtemps les bancs de l'école et la quitte alors qu'il affiche ses 15 ans, sans le moindre diplôme en poche.

Ce sportif d’excellent niveau, ceinture noire en arts martiaux, accepte divers petits jobs pour vivre (footballeur, dessinateur industriel, agent immobilier, figurant), dont celui de cascadeur pour le cinéma, son autre passion avec la musique, pour lequel il prend part à plus d'une quarantaine de films.

A la fin des 50's, il fait l'acquisition d'un kit de batterie, en apprend les rouages en autodidacte avant de lancer, avec des potes supporters du club de football de Tottenham Hotspur, un groupe de skiffle.

Les choses sérieuses débutent en 1958 quand Clark accompagne Stan Saxon, un chanteur londonien pour lequel il joue de la batterie et assure les voix. Rick Huxley est également partie prenante dans cette première incarnation qui change souvent de nom. C'est quand la séparation avec Saxon devient effective que le Dave Clark 5 se met doucement en place sous la houlette de Clark.

Un capitaine omnipotent aux manettes.

Il en prend résolument le leadership au début des 60's et endosse aussi les casquettes de songwriter, de manager et de producteur.

Clark en est le déterminé, ambitieux et zélé capitaine. Il est surtout le batteur puissant, lourd et au jeu dépouillé du DC5, dont le kit est mis en avant sur scène pour mieux montrer qui est le chef.

Prennent part à cette entreprise partie pour quelques années et dès 1962, Mike Smith, talentueux chanteur de rock & roll, doublé d'un organiste expert, Lenny Davidson, un très bon guitariste recommandé (pour ne pas dire imposé) par ce dernier, Rick Huxley, bassiste passé par la guitare (il est le seul à ne jamais écrire un seul titre pour le DC5) et un saxophoniste, Denis Payton, entré quand son prédécesseur au poste, Stan Saxon (également chanteur), quitte le DC5.

Dans les premières années de son existence, la formation de Clark voit ses acteurs entrer et sortir (Mike Ryan, Jim Spencer...). Elle joue essentiellement de la musique instrumentale et son chaland est constitué des nombreux soldats américains consignés en Angleterre.

Au départ de Saxon, le chant échoit à Mike Smith, une gueule à faire se pâmer toutes les adolescentes de Grande-Bretagne. Le répertoire musical passe du jazz à la musique pop.

Le DC5, idole des kids britanniques.

Dans le même temps, le Dave Clark Five Featuring Stan Saxon (qui succède au Dave Clark Quintet avec Chris Walls) se fige définitivement sur Dave Clark Five qui devient l'idole des kids de la capitale.

La Beatlemania dévore alors le Royaume-Uni (1963). Le DC5 n'est pas en reste qui draine, à chacune de ses sorties, des milliers de fans hystériques. Tottenham est en transes chaque nuit...

Le groupe attire les convoitises des maisons d'éditions mais Dave Clark reste ferme sur ses intentions initiales et repousse toutes les tentatives des labels de mettre la main sur son combo.

Il veut rester maître de ses choix artistiques et commerciaux. Clark conserve coûte que coûte la main sur le matériel et sur le son. Il préfère travailler sous licence et que les enregistrements du DC5, réalisés de manière indépendante, soient loués à EMI. Ce cloisonnement auto-décidé sera, hélas, à l'origine de son déclin...

A trop chercher à préserver, le DC5 subira le revers de la médaille dans d'autres domaines clés, comme la distribution ou la promotion. Sa progression s'en trouvera fortement affectée et sa carrière considérablement ralentie.

Dc5 dave clark portrait

« J'avais toujours dit que nous arrêterions quand le plaisir aura disparu. C'était la règle depuis le début de notre aventure et c'est ce qui a dicté notre dissolution. J'avais d'autres choses à entreprendre et je voulais les réaliser. C'est aussi simple que cela. C'était le moment. » (Dave Clark)

La phase prolifique.

Le succès arrive vite. Le Dave Clark Five signe 12titres qui prennent place dans le top 40 britannique entre 1964 et 1967. 17 de leurs pendants américains font aussi bien dans les classements du Billboard.

En juin 1962, le groupe publie son premier single, nommé Chaquita (face B, In Your Heart), sur le label Ember Records. Il consiste en un instrumental graveleux assez surprenant, mais c'est la reprise de Bobby Day, Over And Over, qui propulse les anglais sur le devant de la scène.

Ce titre s'installe en tête du Billboard 100 le jour de Noël 65, lui ouvre les portes du marché américain, lui vaut de cumuler les plateaux de télévisions (18 participations au Ed Sullivan Show) comme nul autre groupe britannique ne l'a fait auparavant, hormis les indéboulonnables Beatles.

Cette même année 1965, le groupe réalise un film, Catch Us If You Can, réalisé par John Boorman puis, refusant de prendre le virage psychédélique emprunté par tant d'autres rivaux, décide d'arrêter les frais dès 1967.

Il ne tourne plus, lassé par la vie sur la route, et reporte ses activités vers les films promotionnels réalisés par son leader et les apparitions télévisées.  

La dissolution définitive intervient en 1970 alors que le DC5 a encore quelques fers au feu dans les charts (deux top 10). Huxley, Davidson et Payton partis, Dave Clark poursuit un peu en lançant un Dave Clark & Friends (jusqu'en 1972) avec Eric Ford et Alan Parker.

Détenteur des droits du DC5, il rebondit ensuite en créant une société de médias, laquelle rachète ceux de la fameuse émission pop Ready Steady Go, avant de tourner le dos jusqu'en 93 au milieu musical, avec les conséquences désastreuses que l'on connaît sur la popularité de son travail et sur la notoriété du Dave Clark Five. Il est, à ce jour, le dernier membre vivant de cette riche épopée avec Lenny Davidson (RAZOR©2020).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 1 - 1964

 

Dc5 glad all over lp epic 1964

 

THE DAVE CLARK FIVE

GLAD ALL OVER – 1964  3/5

 

Publié en mars 1964.

Produit par Dave Clark.

Durée:25:10.

Label:Epic Records.

Genre:Beat,merseybeat,pop-rock,rock & roll,british invasion.

 

Redondant et manquant de variations.

 

Glad All Over, nommé d'après le succès du single même nom (top 10), est un premier album pour le DC5. Avec ce que cela comporte comme atouts et défauts.

Côté +, le groupe de Tottenham fait montre d'une belle énergie et de beaucoup d'entrain, de joie de vivre et suscite de bien belles promesses.

Le revers de la médaille est que tout n'est pas encore bien calé instrumentalement et à ce niveau de carrière, on ne peut pas considérer ces jeunes musiciens comme de grands techniciens, ni même les concurrents directs des Beatles. Laissons ça aux pisse-copies de l'époque que la rivalité installée entre les deux groupes arrangeait bien pour vendre leur papier.

Qui plus est le lot ici présenté s'appuie sur les trois succès que sont Glad All Over, Do You Love Me et Bits And Pieces, le reste n'étant pas toujours génial, la palme revenant au parodique Doo Dah, puéril à souhait et servant surtout à boucler le disque. Du remplissage en somme, dont le but avoué était d'atteindre le format temporel alors en vigueur.

Mais la recette marche, puisque le Dave Clark Five de cette époque accumule alors les hits, suscite l'effervescence partout où il passe et talonne de très près les inamovibles Beatles. Commercialement parlant s'entend.

Dans les charts UK, l'album tient la dragée haute aux Fab Four et à leurs rivaux aux dents longues. C'est dire s'il a pesé dans le landerneau musical du milieu des sixties, même si aujourd'hui l'effet n'est plus garanti et que l'écoute paraît un peu redondante et semble manquer de variations.

Tous les voyants sont donc au vert pour la clique à Clark, seul maître à bord et dont l'omnipotence et l'aveuglement seront de véritables freins à sa popularité. L'histoire a très peu souvent retenu son nom alors que le groupe de Tottenham a été une des valeurs en bourse de la british invasion.

Glad All Over, All The Time, Stay, l'instrumental Chaquita, Do You Love, Bits And Pieces et, à un degré moindre le final She's All Mine, sont les centres d'intérêt de ce premier LP, fait surtout pour rentabiliser le succès de Glad All Over, le meilleur des albums du catalogue, leurs autres opus n'étant pas mémorables.

Après coup, il est évident que ce disque n'est pas vraiment une sérieuse menace pour qui vous savez. Mais il a sa raison d'être et cela on ne peut pas lui enlever...(RAZOR©)

 

1. Glad All Over.

2. All The Time.

3. Stay.

4. Chaquita.

5. Do You Love Me.

6. Bits And Pieces.

7. I Know You.

8. No Time To Lose.

9. Doo Dah.

10. Time.

11. She's All Mine.

 

Dave Clark:batterie.

Mike Smith:chant,orgue,piano.

Rick Huxley:basse,harmonica,guitare.

Lenny Davidson:guitare.

Dennis Payton:saxophone.

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