Downliners Sect.

BIOGRAPHIE.

 

DOWNLINERS SECT/Twickenham (Angleterre – UK)

 

Downliners sect intro

 

Actif entre 1963 et 1968,de 1977 à aujourd'hui.

Labels:EMI,CBS.

Genre:british R&B,R&B,rock,freakbeat,rock garage.

Site officiel:downlinersect.com

 

Dans la tradition du R&B américain.

Ville de la banlieue sud-ouest du Grand Londres, Twickenham a la particularité de compter en ses murs deux lieux du patrimoine culturel anglais : un stade de rugby mythique où le Quinze de la Rose a signé ses plus beaux exploits et parfois infligé les plus humiliantes des déculottées à ses hôtes et une parcelle de terrain de 3,6 hectares sur un méandre de la Tamise qui a été l'épicentre du R & B au début des 60's : l'Eel Pie Island.

Ce dernier endroit abrite l'Eel Pie Club qui, après avoir été la décennie précédente, le terreau d'épanouissement du jazz, a muté en un des premiers cercles, sinon le premier, à accueillir en son sein le blues et le R & B, débarqués tout droit du sud de l'Amérique et de Chicago l'industrielle.

Downlinerssect1Dans la tradition du R&B américain.

Downliners sect caineDon Craine et sa légendaire Deerstalker.

Downliners sect eel pie club nowLe Eel Club où tout a commencé...

Downliners sect nowUn groupe toujours actif aujourd'hui.

Downliners sect little egypt sigle swedenLittle Egypt, N°1 en Suède.

Downliners sect album the sectUn album brut de décroffrage (1964).

Une révolution musicale en cours.

Dans ce cadre îlien, les musiciens banlieusards blancs du moment font leur un genre ancré dans la tradition des Albert King, Muddy Waters, Howlin' Wolf, en dévoilent une approche nouvelle et différente (des éléments de soul, de rock et de psychédélisme), autour de laquelle ils chantent les difficultés et les combats quotidiens de l'Angleterre d'alors.

A cette époque, le Royaume-Uni est balayé par une houle qui se lève au large de Liverpool, balaie Londres, happe sur son passage Manchester, Birmingham, Newcastle, St. Albans, Belfast, pour inonder le pays de brassées de tubes.

Dans le périmètre du Grand Londres, du côté de Twickenham et Richmond, comme un peu partout dans la ceinture de la capitale, les clubs et dancings font éclore un vivier de jeunes talents.

Leurs noms brillent aujourd'hui au fronton du rock : les Stones, les Yardbirds, les Who, les Kinks, les Pretty Things, le Dave Clark Five, Manfred Mann...

Outre l'Eel Pie Club, le Crawdaddy, l'Ealing Club ou le Station Hotel, pour ne citer que les plus marquants, sont les cénacles où il faut être pour ne pas manquer une miette de cette révolution musicale en cours.

Leurs propriétaires se livrent une lutte sans merci pour avoir les têtes d'affiches et ainsi attirer dans leurs murs, qui Cyril Davies et ses Rhythm & Blues All Stars, qui Long John Baldry et ses Hoochie Coochie Men (avec Rod Stewart au chant), qui John Mayall et ses Bluesbreakers, qui Jeff Beck et ses Tridents, qui les High Numbers, futurs Who...

Une formation oubliée.

Le Downliners Sect de Mick O'Donnell (Don Craine), groupe-résident de l'Eel Pie Club (durant l'année 1964) est de cette pépinière talentueuse et de ce décor idyllique sur la Tamise.

Les murs du musée de l'île, ouvert en février 2018 et dont Michele Whitby est l'avisée conservatrice, en portent encore les traces photographiques et sonores.

Grande oubliée de cette époque à l'heure des bilans, cette formation explosive et exaltante, dont Van Morrison, Steve Marriott et Rod Stewart étaient grands fans, a alors la réputation d'être un des bons groupes de R & B de toute l'Angleterre...

L'aventure de Downliners Sect débute dans cette banlieue londonienne de Twickenham, en 1962, date à laquelle Mick O'Donnell fonde les Downliners dont l'identité réfère à la face B d'un single de Jerry Lee Lewis, Down The Line.

La mouture d'origine subit plusieurs mouvements de personnel et, au terme d'une tournée calamiteuse en France, se désagrège, début 1963.

Un dévouement total à la musique.

Barry Allmark, chanteur et Kevin Bewley, bassiste, sont écartés au printemps de cette même année. Pas O'Donnell qui, avec le batteur John Sutton, 17 ans à l'époque, forme un nouveau combo rebaptisé The Downliners Sect, Sect étant rajouté pour appuyer leur dévouement total à la musique.

Par le biais d'un journal musical, ils recrutent Keith Evans qui, de batteur dans une autre formation, accepte de prendre la basse et le guitariste Mel Lewis lequel, quelques mois plus tard, est remplacé par Terry Gibson, venu des Hoods.

Keith Evans et Mick O'Donnell prennent le chant à leur compte et adoptent respectivement les pseudos de Grant et de Craine pour poursuivre leur carrière.

C'est sous ces identités que les deux artistes sont le plus populaires aujourd'hui.

Le Downliners Sect pratique un R & B fougueux qui lui vaut d'attirer l'attention des professionnels du milieu et de se produire dans de nombreux clubs de rock de la capitale, aux côtés de formations comme les Rolling Stones (Club 51), les Pretty Things, John Mayall ou les Yardbirds.

Le plaisir avant tout.

Ils alternent leurs prestations musicales endiablées avec des pitreries scéniques que Don Craine, l'homme affublé de la célèbre deerstalker de Sherlock Holmes (pour moquer l'aristocratie), n'est pas le dernier à alimenter.

Le Downliners Sect a la particularité de ne pas se prendre au sérieux et le public, qui l'a senti très tôt, s'est rapidement agrégé à ces musiciens essentiellement animés par le seul plaisir de jouer.

Après avoir enregistré Cadillac et Roll Over Beethoven (1963), le groupe sort un premier EP, saisi dans le cadre d'une prestation au Studio 51, At Nite In Gt. Newport Street pour le label Contrast Sound Productions (1964).

Beautiful Delilah, Shame Shame Shame, Green Onions et Nursery Rhymes constituent la matière d'un disque édité à 400 exemplaires et qui se vend sous le manteau ou lors des concerts du groupe.

Malgré une diffusion marginale, celui-ci a des retombées jusqu'en Suède où il atterrit entre les mains d'un animateur-radio de Stockholm qui en assure lui-même la promotion sur les ondes.

Ray Stone, harmoniciste, intègre l'effectif à l'été 64, année au cours de laquelle le groupe décroche un engagement avec CBS. Un single (Baby What's Wrong) précède un premier album.

Downlinerssect portrait craine

« Ce qui caractérise Downliners Sect, c'est son rythme entraînant, rock et R&B, son attitude anarchique et son sens de l'humour noir. » (Don Craine)

 

Brut de décoffrage...

Nommé Downliners Sect – The Sect, ce disque garage assez bouillant dévoile une formation certes énergique mais encore primitive dans sa technique et brute de décoffrage ; rien d'impressionnant mais des débuts intéressants qui peuvent rappeler, toutes proportions gardées, les premiers Stones, Pretty Things ou Kinks.

Au printemps 1965, tandis que Little Egypt qui ouvre l'album, cartonne en Suède (N°2) et que la popularité des anglais va croissante dans toute la Scandinavie, la chanson fait l'objet d'un single britannique qui n'a pas du tout les mêmes retombées commerciales.

A cette période, Pip Harvey supplée Ray Stone, viré au motif d'être arrivé en retard à un concert. De ce fait, ce dernier n'est pas de la tournée estivale nordique (Finlande et Suède du 9 au 25 août 1965) et du passage, le 11 septembre 1965, dans l'émission télévisée rock (Drop In) sur la télévision nationale.

Un virage préjudiciable...

Sans que l'on sache trop pourquoi, le groupe prend alors le contre-pied complet des attentes de ses fans en enregistrant un LP country. Les supporters les plus fidèles du groupe en sont pour leurs frais.

The Country Sect (1965/CBS), comme son nom l'indique, n'a rien de ce qui faisait la force de l'album précédent. Partant de là, l'accueil qui lui est réservé est aussi mauvais que le disque lui-même.

La tentative des Downliners Sect de faire de l'originalité, en allant à contre-courant de ce qu'il sait faire le mieux, du garage et du R&B fougueux, échoue lamentablement et divise les membres.

Bien qu'ils renouent avec les fondamentaux en signant un bon The Rock Sect's In (1966), le ressort semble cassé et le line-up vole en éclat. Pip Harvey (mort en février 2014) préalablement parti, Terry Gibson et Johnny Sutton quittent à leur tour le groupe (1966).

Orphelins de Craine.

Redevable envers le label, un dernier single est enregistré (The Cost Of Living/septembre 1966) par les survivants Craine et Grant qui, pour le coup, font appel à des musiciens de studio.

Une nouvelle mouture est organisée autour de deux musiciens restants. Le Don Craine's New Downliners Sect poursuit alors avec Bob Taylor (guitariste), Kevin Flanagan (batterie) et Matthew Fisher (claviers) ; ce dernier fait un passage furtif dans l'effectif, rejoignant, au bout d'un mois, Procol Harum. Barry Cooper occupe alors le poste vacant. Ce line-up est l'auteur d'un 45T pour Pye, I Can't Get Away From You, publié au printemps 1967.

Au départ, fin 1967, de Craine (et de Cooper), le groupe retrouve son identité initiale, The Downliners Sect, avant de tirer définitivement sa révérence en 1968, après que Grant ait tenté de prolonger un peu plus l'aventure.

A la surprise générale, Don Craine, Terry Gibson, Johnny Sutton et Keith Grant et Paul Tiller (harmoniciste) remettent le couvert en 1976/77 et sont toujours actifs aujourd'hui mais sans le premier nommé, décédé le 24 février dernier. Sa légendaire deerstalker et ses pitreries vont manquer à ses nombreux fans (RAZOR©2022).

MON CHOIX DISCOGRAPHIQUE.

LP Studio 1 - 1964

 

Downliners sect album the sect

 

DOWNLINERS SECT

THE SECT – 1964  3,5/5

 

Publié en décembre 1964.

Produit par Mike Collier.

Durée:34:09.

Label:JVC Victor.

Genre:garage rock,blues-rock,british R&B,rock psychédélique,freakbeat,rock & roll.

 

Typique du début des 60's.

 

Parmi les formations de british R&B qui sont sorties des rangs au début des 60's, Downsect Sect avait la réputation de livrer des performances scéniques plutôt torrides.

Malgré ce statut pour lequel beaucoup de leurs concurrents de l'époque garage auraient aimé être reconnus, les londoniens, stylistiquement proches de groupes comme les Stones, Pretty Things ou les Yardbirds, n'ont jamais vraiment été prophètes en leur pays.

Ils étaient plus populaires dans les pays scandinaves où ils se sont souvent produits et plus particulièrement en Suède où un de leurs titres, Little Egypt, a atteint la première place des charts nationaux.

En Angleterre, ils n'ont jamais réussi à s'imposer, faute d'avoir une identité sonore suffisamment marquée et une matière plus subtilement concoctée, faute de véritables talents à l'écriture.

Peu vendeur auprès du public grand-breton, le combo tient plus du registre des seconds couteaux anglais, même si certaines de ses pièces ne manquent pas d'intérêt.

La rugosité, l'âpreté, l'énergie qui symbolisent sa musique, un R&B basique et obscur, ainsi que l'esprit collectif qui anime les acteurs, se retrouvent ici dans l'album The Sect qui ouvre leur catalogue en 1964.

Ce sont les vrais arguments sur lesquels Downliners Sect s'appuie pour susciter l'attention. Accordons-lui le fait qu'il y réussit plutôt pas mal mais pas sur la globalité de l'album et moins bien que les Pretty Things avec lequel il est le plus comparable. C'est dommage mais, historiquement, ce groupe ne peut pas ne pas être reconnu (RAZOR©2022).

 

1. Hurt By Love.

2. One Ugly Child.

3. Lonely And Blue.

4. Our Little Rendez-vous.

5. Guitar Boogie.

6. Too Much Monkey Business.

7. Sect Appeal.

8. Baby What's On Your Mind.

9. Cops And Robbers.

10. Easy Rider.

11. Bloodhound.

12. Bright Lights.

13. I Wanna Put A Tiger I Your Tank.

14. Be A Sect Maniac.

 

Keith Grant:basse.

Johnny Sutton:batterie.

Terry Gibson:guitare.

Don Craine:guitare,chant,tambourin,maracas.

Ray Stone:harmonica.

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