Herman's Hermits.

BIOGRAPHIE.

 

HERMAN'S HERMITS/Manchester (Angleterre – UK)

 

Herman s hermits 1

 

Actif entre 1963 et 1967,1970/71.

Labels:Columbia,EMI,MGM Records.

Genre:pop,rock,beat,british beat,british invasion.

 

Gros vendeur et couvert d'or.

Avec Herman's Hermits, on tient un des groupes majeurs de la British Invasion, cette vague musicale et culturelle qui s'abat sur le sol de l'Oncle Sam, au milieu des 60's.

Formé à Manchester, il emboîte le pas de la déferlante du voisin de Liverpool The Beatles pour, à son tour, venir chatouiller les artistes américains, à un moment où la musique de là-bas, après la mort du rock 'n' roll traditionnel, se refait progressivement la cerise, emmené par les Charlatans, les Byrds et les Beach Boys, pour ne citer que les plus ardents des adversaires mis sur la route de ces envahisseurs britanniques.

Le succès d'Herman's Hermits des deux côtés de l'Atlantique entretient une véritable hystérie. On parle de Hermania comme on le fait de la Beatlemania. Sur un plan commercial, ce groupe pour ados prend place juste derrière les Beatles et les Rolling Stones. C'est dire...

Dans les chiffres, depuis ses débuts sur l'échiquier mancunien au printemps 1964, Herman's Hermits engrange 23 singles gagnants, une dizaine d'albums réussis, accumule plus de 75 millions de ventes de disques (40 millions d'albums dont 5 sur 6 font disque d'or), brasse de multiples émissions de TV (The Ed Sullivan Show, The Dean Martin Show, The Jackie Gleason Show...), assure des concerts sur la planète entière et apparait dans plusieurs films produits par la MGM (When The Boys Meet The Girls et Pop Gear, en 1965, Hold On, l'année suivante ainsi que Mrs Brown You've Got A Lovely Daughter, en 1968).

Herman s hermits peter noone 1Peter Noone, la voix d'Herman's Hermits...

Herman s hermits intro... un groupe vendeur et couvert d'or.

Herman s hermits 2Derek, Karl, Peter, Barry et Keith...

Herman s hermits mrs brown... N° 1 aux Etats-Unis en mars 65.

Herman s hermits no milk todayNo Milk Today, leur titre le plus connu.

Herman s hermits the hermits nowToujours actif en 2020 sous The Hermits...

Herman s hermits barry whitwam...placés sous la houlette de Barry Whitwam.

Manchester, capitale mondiale de la pop.

La scène de Manchester est un des pourvoyeurs majeurs de ce mouvement invasif britannique frappant les États-Unis : Herman's Hermits, les Hollies, Freddie And The Dreamers, Wayne Fontana And The Mindbenders, les Dakotas, les Mockingbirds...

On peut rajouter aussi John Mayall, parrain du british blues qui, via son centre de formation de musiciens, les Bluesbreakers, a également largement contribué à réintroduire le blues auprès de la nouvelle génération d'américains. Le phénomène en question est alors décrit comme celui de l'invasion de Manchester.

Alors quand, entre le 10 avril et le 15 mai 1965, le leadership du Billbaord passe des mains de Freddie And The Dreamers (I'm Telling You Now) à celles des Mindbenders de l'ère Wayne Fontana (The Game Of Love), avant d'échoir dans la besace d'Herman's Hermits (Mrs Brown You've Got A Lovely Daughter, écoulé à plus de 3 millions d'exemplaires), Manchester se pose immanquablement comme la capitale mondiale de la musique pop.

Le rôle crucial de la KSE...

Derrière cette insolente réussite, on retrouve la Kennedy Street Enterprises, une respectable agence mancunienne fondée par Danny Betesh, dont la vocation initiale est de gérer des salles de spectacles avant de se lancer avec efficacité dans la promotion d'artistes locaux grisés et partis tête baissée dans l'aventure américaine.

Betesh est alors à la Manchester Beat ce que Brian Epstein est à à la Merseybeat. Charles Silverman et Harvey Brian Lisberg sont les autres piliers majeurs de cette agence et initiateurs de cette véritable OPA opérée sur le marché musical yankee.

...et de Lisberg.

Le dernier cité notamment qui, alors qu'il est stagiaire comptable dans une entreprise de la cité du nord de l'Angleterre, flaire un peu plus tôt que les autres tout le parti à tirer de cette scène pop dense et florissante, commercialement comme sur le plan des relations avec les filles.

Un soir de 1963, Lisberg pousse la porte de la salle paroissiale de Davyhulme et assiste à un petit concert des Heartbeats (initialement The Cyclones, devenus Peter Novak And The Heartbeats/1963), un groupe local emmené par un ado de 16 ans, le fougueux et déterminé Peter Noone, le Peter Novak en question auparavant. Il tombe sous le charme de ce qu'il entend et décide de s'intéresser d'un peu plus près à ces jeunes gens, avant d'en parler à son boss Danny Betesh.

Celui-ci est sur le point, avec ses associés, de finaliser le projet KSE et de prendre contact avec un dénicheur de talents connu sur la place, Derek Everett, lequel suggère le nom de cette formation à Mickie Most, le producteur alors en vogue et qui transforme tout ce qu'il touche en or, comme c'est le cas alors avec les Animals.

Most fait le déplacement jusqu'à Bolton (Grand Manchester) pour vérifier le bien-fondé des rumeurs favorables prêtées aux Heartbeats et, impressionné par l'image saine qu'ils dégagent et par leur talent, accepte de travailler avec eux.

Les Heartbeats comme base de lancement.

Nous sommes début 1964 et les Heartbeats, qui vont devenir Herman And The Hermits quand Peter Noone-Novak change son nom de scène pour Herman, avant de se fixer, au printemps 64, sur Herman's Hermits (dans une version consolidée par une fusion avec The Wailers), sont mis sur une voie royale. Son répertoire est essentiellement axé sur la reprise de standards de la fin des 50's, début des 60's.

Sa carrière commence alors autour d'une relation à trois, Herman's Hermits, Mickie Most et Harvey Lisberg, co-manager, laquelle va durer quasiment une dizaine d'années et être à la base même de la phénoménale réussite des mancuniens.

Après avoir signé pour CBS via sa filiale EMI, son parcours discographique s'ouvre avec un premier single hérité du prolifique tandem de l'écriture américain, Carole King et Gerry Goffin et enregistré fin juillet 1964.

Cette reprise, I'm Into Something Good (face B : Your Hand In Mine, avec comme co-auteur Lisberg) occupe la place de N°1 des charts UK, pas moins de deux mois plus tard, et fait N° 13, de l'autre côté de l'Atlantique, où le groupe évolue sous licence, chez MGM Records.

Les premiers pas sur le sol américain sont calqués sur la publication du titre, à l'automne 1964. Le groupe met à profit son séjour d'une semaine à New York pour participer à des émission de radio, dont un passage dans l'influente émission de Murray The K (radio WINS), le DJ ayant contribué au lancement de la Beatlemania aux USA, appelé le 5ème Beatles. Betesh et sa société KSE poussent derrière.

La patte de Mickie Most.

Show Me Girl (N°19/UK)/I Know Why (novembre 1964) sort uniquement en Angleterre, tandis que son suivant (Can You Hear My Heartbeat (N°2/ US) en janvier 1965) n'est pas publié au Royaume-Uni et que Silhouettes (N°3/UK et N°5/US) est couplé, en Grande-Bretagne, avec Can't You Hear My Heartbeat et, chez les ricains, avec Walkin' With My Angel, en guise de face B (février 1965).

Mars 1965 voit Mrs Brown You've Got A Lovely Daughter/I Gotta Dream On briller aux USA (N°1) mais ne pas être édité sur son sol d'origine. Wonderful World (avril 65), avec deux faces distinctes des deux côtés de l'Atlantique, fait 7 chez lui, 3 aux States.

A la fin du printemps (juin 65), I'm Henry VIII, I Am/The End Of The World ne paraît que chez l'Oncle Sam où il truste encore une fois la première place.

Dans la seconde partie de l'année, Just A Little Bit Better (avec deux revers encore différents) fait un moins bon score chez lui (N°15) qu'en Amérique (N°7). En décembre 1965, A Must To Avoid/The Man With The Cigar inverse la tendance (N°6/UK contre N° 8/US).

Mickie Most est l'homme clé derrière cette féconde production discographique qui fait toutefois l'objet de commentaires ambigus, dans la mesure où certains singles n'ont pas toujours été réalisés par le groupe lui-même.

Herman s hermits peter noone portrait

« En ce qui concerne le sexe opposé, tout a commencé avec une ou deux filles devant la scène du Cavern Club. Puis, au fil de nos passages, une dizaine, une vingtaine, une cinquantaine, une centaine, dont une grande partie qui nous attendait sur le parking extérieur, en scandant Herman ! Herman ! Au premier single, les télés et radios ont contribué à grossir leurs rangs. Alors en Amérique, c'était 100 fois pire, elles se comptaient en dizaine de milliers. » (Peter Noone)

La Wrecking Crew britannique à la rescousse.

En studio, pour éviter de perdre du temps et de l'argent, mais aussi pour obtenir le meilleur son possible, le producteur a alors l'habitude de faire appel à des musiciens de sessions et à ne poser uniquement que la voix de Peter Noone sur le disque.

Les autres membres se contentent alors de jouer les faire-valoir, mais, au final, tout le monde s'en satisfait, au regard des succès rencontrés et des revenus amassés, du rendu fluide et agréable de la musique des Hermits.

Quelques musiciens de l'élite britannique des sessions apparaissent (le pendant anglais de la Wrecking Crew américaine) à l'époque, en filigrane de certains enregistrements de studio, comme Big Jim Sullivan, John Paul-Jones, Jimmy Page, Vic Flick, le guitariste des génériques de James Bond ou le batteur légendaire Bobby Graham, présent sur pas moins de 13 N°1, 10 N°2, 107 top 50 grands-bretons.

Il convient cependant de relativiser car, au fil du temps et compte tenu de la notoriété de ces session-men, le trait a été souvent grossi dans les presses spécialisées. N'empêche, à la fin de l'année 1965, Herman's Hermits a déjà vendu plus de 10 millions de disques, faisant mieux que les Beatles en personne.

No Milk Today.

Partout où il se produit, le groupe est assailli de toutes parts. Comme il ne ralentit en rien sa boulimie de singles, il profite encore des succès américains de Listen People (N°3 en février 66), Leaning On A Lamp Post (N°9 en mars 66), de This Door Swings Both Ways (N°12 en juin 66), de Dandy (N°5 en septembre 66) ou de East West (N°27 en décembre 66).

Paradoxalement, le titre le plus connu du groupe, No Milk Today (N°1 en France pendant 3 semaines), œuvre de Graham Gouldman que Lisberg a recruté à l'automne 1964 comme songwriter, n'imprime pas aussi fort que ses prédécesseurs.

Non publié aux États-Unis quand il l'est au Royaume-Uni (octobre 1966), le bubblegum No Milk Today se place en 35ème position du Billboard début 67, bien que figurant en face B de There's A Kind Of Hush, par ailleurs dernier gros coup du groupe (N°4 US et N°7 UK en février 67).

Au-delà de l'année du Summer Of Love, le succès des anglais est plus difficile à obtenir en Amérique, ringardisés qu'ils sont par la vague psychédélique ambiante et contrés par leurs clones, les manufacturés Monkees, mis dans les pattes de ces anglais devenus trop envahissants.

Barry Whitwam, nouveau dépositaire du nom.

Si le déclin s'amorce aux States, Herman's Hermits tient encore son rang sur ses terres jusqu'en 1970 (4 top 10, 3 top 15, 1 top 30, 1 top 40).

Noone quitte le groupe début 1971, après un ultime Lady Barbara, crédité à Peter Noone And Herman's Hermits, laissant ses partenaires continuer sans lui. Les Hermits (Derek Leckenby, Barry Whitwam, Keith Hopwood et Karl Green) le remplacent par Peter Cowap.

Deux ans plus tard (juin 1973), Noone retrouve furtivement ses anciens partenaires pour un concert au Madison Square Garden, monté dans le cadre d'une tournée commémorative de la British Invasion et pour participer à une émission télévisée, The Midnight Special.

Bien qu'ayant eu la douleur de perdre en route Derek Leckenby (1994) et Peter Cowap (1997), les Hermits de la nouvelle génération (Geoff Foot, Tony Hancox, Ray Frost et Whitwam) sont toujours actifs aujourd'hui sous la direction du batteur Barry Whitwam. Le circuit des Oldies se frotte les mains (RAZOR©2020).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio UK 1 - 1965

 

Herman s hermits lp 65

 

HERMAN'S HERMITS

HERMAN'S HERMITS – 1965  3,5/5

 

Publié en 1965.

Produit par Mickie Most.

Durée:30:13.

Label:CBS.

Genre:beat,pop-rock.

 

Les Hermits de la première heure.

 

4 LP du groupe de Manchester sont publiés la même année 1965 concernant les marchés anglais et américains, de quoi compliquer un peu plus les choses : Introducing Herman's Hermits, Their Second Album! Herman's Hermits On Tour, Herman's Hermits et (Mickie Most Presents) British Go Go, axé principalement sur les groupes suivis par le légendaire producteur des Animals et d'Herman's Hermits.

Le premier nommé, publié aux États-Unis en février 1965, via le label MGM, est nommé Introducing Herman's Hermits dans son édition amerloque.

Officiellement, il est celui qui ouvre le catalogue des anglais. Dans les faits, il est le pendant outre-Atlantique de l'album qui nous intéresse directement dans cette chronique, l'éponyme Herman's Hermits, apparu en troisième position dans la discographie et sorti en septembre 1965.

Entre les deux, Herman's Hermits On Tour, appelé aussi Their Second Album ! Herman's Hermits On Tour, tombe dans les bacs ricains et canadiens en juin de la même année (MGM).

Comme c'était de coutume à l'époque, les versions américaines et britanniques de Herman's Hermits différaient dans leur agencement et leur matière. Ainsi, entre les deux versions, seuls trois titres sont communs : Walkin' With My Angel, I Wonder et Mrs Brown, You've Got A Lovely Daughter. Toute le reste varie d'un disque à l'autre.

L'original américain (Introducing Herman's Hermits/février 65), sorti quelques mois plus tôt, intègre, outre les troischansons évoquées précédemment, I'm Into Something Good du tandem Goffin/King, Kansas City Loving, Sea Cruise, Show Me Girl, I Understand (Just How You Feel), Mother-In-Law, Your Hand In Mine, I Know Why et Thinking Of You.

Son pendant anglais (septembre 1965) privilégie Heartbeat, Travelin' Night, I'll Never Dance Again, (I Gotta) Dream On, For Your Love, Don't Try To Hurt Me, Tell Me Baby, I'm Henry VIII, I Am, The End Of The World (et les trois morceaux constants aux deux éditions). La version britannique s'est positionnée au 16ème rang des albums britanniques.

Ce disque dévoile les premières joutes discographiques des gars de Manchester, alors débutants mais déterminés, certes inexpérimentés et un peu naïfs.

Les performances sont néanmoins pleines de fraîcheur et d'authenticité, bonnes aussi mais s'appuient pour l'essentiel sur des reprises, comme c'est de coutume à l'époque et leurs classiques (Mrs Brown, Walkin' With My Angel, I Wonder). Les rares titres échappant aux emprunts dénotent néanmoins de la qualité dans leur écriture, comme c'est le cas de la ballade Tell Me Baby.

L'album éponyme (une collection de 12 chansons) couvre ainsi une large palette du Herman's Hermits de la première heure, déjà très populaire, emmenée par un convaincant Peter Noone. L'ensemble s'écoute toujours avec plaisir, c'est plutôt sympa (RAZOR©).

 

1. Heartbeat.

2. Travelin' Light.

3. I'll Never Dance Again.

4. Walkin' With My Angel.

5. (I Gotta) Dream On.

6. I Wonder.

7. For Your Love.

8. Don't Try To Hurt Me.

9. Tell Me Baby.

10. I'm Henry VIII, I Am.

11. The End Of The World.

12. Mrs Brown You've Got A Lovely Daughter.

 

Peter Noone:chant.

Derek Leckenby:guitare principale.

Keith Hopwood:guitare rythmique.

Karl Green:basse.

Barry Whitwam:batterie.

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