Peter And Gordon.

BIOGRAPHIE.

 

PETER AND GORDON/Westminster/Londres (Angleterre – UK)

 

Peter gordon intro

 

Actif entre 1964 et 1968,réunion dans les année 2000.

Labels:Columbia (EMI-UK),Capitol (USA).

Genre:pop,british invasion,merseybeat.

 

Un marqueur fort de la british invasion...

Le milieu de l’industrie du disque les surnommait « les Everly Brothers de la British Invasion », au regard de leurs harmonies vocales très mélodieuses, du fait aussi, comme leur illustre alter ego américain, de jouer en duo et de la guitare acoustique, mais surtout pour leur faculté à aligner des chansons à succès construites autour d'un judicieux mix de pop anglaise, de folk, de blues et de rock 'n' roll.

Peter et Gordon, dès leur première incursion sur le sol de l'Oncle Sam en qualité d'envahisseurs britanniques, dégagent, en février 64 et de la plus haute marche du podium du Billboard, les Beatles en personne, avec un premier single, A World Without Love. En Angleterre, le titre est un carton et fait également N°1...

Peter gordon 2Peter Asher et Gordon Waller...

Peter gordon 1...les Everly Brothers britanniques.

Peter gordon paul et asherUne proximité avec McCartney...

Peter gordon mccca jane asher...qui fréquente Jane, la soeur de Peter.

Peter gordon a world without love 64Paulo offre son premier N°1 au duo en 64.

Peter gordon lp 64Peter & Gordon, LP éponyme de 1964.

Peter gordon 2000Un duo qui se reforme au 3ème millénaire...

Peter gordon asher seul survivant... et dont Asher est, depuis 2009, le seul survivant.

adoubé par les Beatles.

Jusque là, rien de surprenant, les Beatles étaient parfois délogés de leur incontestable piédestal... mais là où l'affaire devient cocasse, c'est que le titre en question et coupable de ce crime de lèse-majesté, est signé Paul McCartney.

Quand les Beatles n'aimaient pas leurs chansons, ils avaient tendance à les refiler à gauche, à droite. Parfois, c'était la double peine comme avec A World Without Love que Lennon (pas concerné du tout dans l'écriture du morceau) n'aimait pas du tout, en raison de son entame un peu trop nunuche à son goût. Ah, l'amour...

Ce fut également le cas avec Bad To Me, refilé au rival mancunien Billy J. Kramer And The Dakotas et qui occupe la plus haute marche des classements US au printemps 64 et, dix ans plus tard, avec Elton John, dont le Whatever Gets You Thru The Night (de Lennon) voit un autre artiste anglais que les Beatles porter une composition des liverpuldians en tête du Billboard.

Dans le même ordre d'idées mais moins chanceux, des artistes comme les Fourmost ou Mary Hopkin ont raté de peu les plus hautes marches des charts avec le répertoire des Fab Four.

Rien d'exceptionnel donc dans cette démarche qui, pour le coup, profite à 100% à Peter & Gordon puisque A World Without Love lance sa carrière.

Quand Paulo squatte chez les Asher...

Le plus croustillant dans l’opportunité qu'a su saisir le le duo est ailleurs. En coulisses. Derrière le rideau. Il est alors de notoriété publique que la sœur de Peter, Jane Asher, et le bassiste des Scarabées ont entamé une relation amoureuse depuis mi-avril 1963 quand la première nommée rencontre le musicien avant une représentation des Beatles au Royal Albert Hall.

Elle durera 5 ans jusqu'à la liaison de Paul avec l'américaine Francie Schwartz, mais on ne saura jamais l'influence qu'aura pu avoir leur romance sur la carrière de Peter & Gordon...

Pendant tout ce temps, Peter et Paul, dont l'écriture du moment était très inspirée de sa vie privée (Yesterday et I Want To Hold Your Hand sont nées là dans les sous-sols de cette riche demeure où lui et Lennon ont également écrit de nombreux titres), étaient de véritables beaux-frères, vivant trois ans sous le même toit dans la maison familiale londonienne des Asher.

Le mariage de Paulo avec sa sœur cadette était très sérieusement envisagé (il se sont fiancés le jour de Noël 67), le couple ayant même emménagé à Cavendish Avenue (Londres) en 1966 et acheté, la même année, High Park Farm en Ecosse (Campbeltown) pour pouvoir se retirer en amoureux...

Peter & Gordon, eux, tirent les marrons du feu...

A l'époque, Peter Asher et Gordon Waller viennent d'entamer un duo. Depuis 1962, il fonctionne surtout comme un moyen pour les deux protagonistes de se divertir à l'occasion de petites fêtes sans importance, jusqu'au moment où le tandem se trouve quelques ambitions, quand il décroche un contrat dans un pub local pour animer le temps de midi, puis un engagement plus sérieux et régulier au Pickwick Club, sorte de lieu de rendez-vous du show-Biz londonien.

Leur voix étant différentes, certes, mais pouvant donner lieu à de sublimes harmonies, Peter & Gordon pensent qu'ils peuvent être la réponse britannique à la folk-pop américaine et leurs prestations soignées commencent à attirer l'attention.

Mais il leur manque alors l'essentiel, un premier disque.

Et là, la romance de la sœur de Peter avec le Beatles va jouer en leur faveur puisque World Without Love, alors jamais utilisée par les auteurs, leur est offerte sur un plateau.

Les liens étroits entre Paul et Peter amèneront le Beatles à concéder à son beau-frère 3 autres chansons supplémentaires : Nobody I Know (N°10 UK, N°12 US/1964), I Don't Want To See You Again (N°16 US/1964) et Woman (N°28 UK/1966), écrit sous le pseudo de Bernard Webb.

En position avantageuse, opportuniste, Peter ne réfute pas cette aubaine ; avec son partenaire Gordon, ils portent l'offrande à la place de N°1 des deux côtés de l'Atlantique (1964), faisant du même coup de leur duo un des marqueurs les plus forts de la British Invasion alors naissante...

Les Everly Brothers et Buddy Holly pour modèles.

Les routes de l'écossais Gordon Waller et Peter Asher, tous deux fils de médecins, se croisent pour la première fois sur les bancs de la Westminster School de Londres.

A l'école, ils sont quasiment les seuls à pratiquer la guitare et à chanter. Entre le rock 'n' roll et Elvis pour lequel Gordon a les yeux de Chimène et le jazz de Charlie Parker et la folk music de Woodie Guthrie dont Peter est un grand admirateur, les goûts des artistes se rejoignent sur les Everly Brothers et Buddy Holly (les lunettes en écaille chaussées par Peter sont un hommage au texan).

Depuis l'âge de 8 ans, Peter est acteur. Ses sœurs Jane et Claire également. Peter et Jane apparaissent notamment dans la série The Adventures Of Robin Hood (1956/58) mais Peter, contrairement à Jane qui, en 64, compte déjà à son actif, une trentaine de rôles au cinéma et à la TV, donne finalement une autre orientation à son avenir.

Stars des deux côtés de l'Atlantique.

Il fait le choix de la musique et de Gordon & Peter, ainsi nommé au début d'une aventure qui débute réellement à l'automne 1963 (avec un répertoire calqué sur celui des Everly Brothers), quand Norman Newell, A & R auprès de CBS/EMI, les repère au Pickwick, avant de les signer, début 64.

Le coup de pouce de Paul McCartney et la confiance du label font de Peter & Gordon des stars dès la première tentative.

A World Without Love se positionne au premier rang des charts britanniques en avril 1964.

En juin de la même année, la première marche du Billboard US est également occupée par les anglais. Capitol gère alors le marché américain.

Ce succès inespéré change considérablement la vie du duo, lequel devient le N° 2 de la British Invasion derrière les Beatles, mais plus particulièrement celle de Peter Asher qui, alors qu'il étudie la philosophie au King's College, ne pense pas faire de la musique son quotidien.

Cependant, la machine est lancée et en Angleterre, au retour de leur tournée américaine, Peter et Gordon héritent d'un second titre de Paulo, Nobody I Know qui fait 10 en Grande-Bretagne (mai 64) et 12 aux États-Unis (juin 64). Pour le Beatles, il faut battre le fer quand il est chaud. Pas de quoi refroidir les ardeurs donc...

Le partenaire d'écriture de Lennon remet même le couvert en concédant un 3ème morceau de rang, I Don't Want To See You Again, sorti en septembre 1964 et qui se classe N°16 au Billboard. Le soufflé ne retombe pas, Peter & Gordon sont désormais des stars, notamment chez les Yankees.

Une proximité qui agace...

I Go To Pieces met un terme provisoirement à cette caisse de résonance entre le duo et McCa. Peter & Gordon reprennent alors le titre à leur compte (1965), après que celui-ci, signé Del Shannon, ait été proposé aux Searchers. L'ayant refusé, le tandem de Westminster l'enregistre aux studios Abbey Road. Arrangé et orchestré par Geoff Love, il devient un top 10 américain (février 65) et une valeur sûre de la scène Merseybeat.

La sublime ballade True Love Ways vient immédiatement après. Titre original de Buddy Holly sorti quelques mois seulement après sa mort accidentelle, le duo en fait une version magnifique qui se place au 2ème rang britannique et au 14ème américain, en mars 65. Le groupe pop vocal surfe plus que jamais sur la vague invasive qui submerge alors l'Amérique.

Si There's No Living Without Your Loving/A Stranger With A Black Dove (avril 65) n'est pas récompensé, To Know You Is To Love You (juin 65) fait 5 au Royaume-Uni et 24 chez l'Oncle Sam, tandis que Baby I'm Yours, à l'automne 65, se fige dans les classements grands-bretons à une décevante 19ème place. Derrière, Don't Pity Me ne relève pas le niveau, aussi il est une nouvelle fois fait appel aux recettes qui ont précédemment fonctionné : solliciter McCartney.

Peter gordon asher

« J'ai rencontré Paul parce qu'il a fréquenté ma sœur Jane qui, à l'époque, était une actrice connue. Elle était au premier concert des Beatles à Londres pour écrire un article à leur sujet pour un magazine. Elle les aimait et ils l'aimaient, surtout l'un d'eux qui l'aimait particulièrement, Paul, et lui a demandé de sortir avec lui. La relation entre elle et Paul a duré quelques années et cela a conduit au fait qu'il traînait tout le temps dans la maison. Finalement, nos parents ont eu pitié de lui, je suppose, et lui ont proposé une chambre d'amis sous les combles. Il y a emménagé pendant quelques années et nous sommes devenus amis. Puis j'ai entendu cette chanson inachevée écartée par John Lennon parce qu' il ne l'aimait pas. Il était hors de question que les Beatles l'enregistrent. Donc, quand Gordon et moi avons obtenu un contrat d'enregistrement, je suis retourné voir Paul et lui ai demandé de me concéder A World Without Love, qu'il s'est aussitôt empressé de terminer afin d'être prêt pour la session d'enregistrement. » (Peter Asher)

En l'occurrence, pour Woman, sorti au début de l'année 66, c'est Bernard Webb (voire A. Smith pour certains pressages sous Capitol records) qui répond à la sollicitation. Enfin, c'est sous ce nom que signe pour le coup le bassiste des Beatles, histoire de vérifier si le fait d'être crédité à Lennon/McCartney avait une influence dans le succès du titre.

Quand Peter & Gordon passent dans l'émission Hullabaloo (ils ont également fait le Ed Sullivan Show et Shindig), le 11 avril 1966, le doute n'est plus permis pour le public, le subterfuge est levé ; c'est bien McCartney qui œuvre encore derrière Woman, ici crédité à Northern Songs... une S.A. créée par Dick James, éditeur musical, Brian Epstein et le duo de l'écriture des Beatles, aux seules fins de publier les chansons de Paul et John. Woman, une fois de plus, marque les esprits en faisant top 15 aux États-Unis et N° 2 en Angleterre.

Paulo n'est jamais très loin dans la réussite de Peter & Gordon et cette proximité commence à agacer, à être reprochée au duo soupçonné de n'exister que dans l'ombre du songwriter de Liverpool. Pourtant, Peter et Gordon ont beaucoup écrit eux-mêmes, notamment les faces B de la grande majorité de leurs singles.

Clap de fin en 68.

Leur dernier gros hit tombe en septembre 1966. Lady Godiva ramène le duo dans le top 20 UK (N°16) et à la 6ème place du Billboard, avant qu'il ne disparaisse progressivement des palmarès, Knight In Rusty Armour et Sunday For Tea étant une des rares fois où le tandem pointe encore dans les charts US.

Après ces années glorieuses, le duo se sépare en 1968. Peter Asher est finalement resté dans la musique où il devient directeur A&R pour Apple Records (comme c'est bizarre...), avant de s'envoler pour Los Angeles et travailler comme producteur (Linda Ronstadt, James Taylor...), contribuant à doter le son californien de la célèbre touche veloutée qui a rendu son duo si spécifique dans les 70's.

Le mérite leur en revient.

Élu Producteur de l'année en 1977 (Rolling Stone Magazine), ses compétences dans la branche lui permettent de décrocher à nouveau cette distinction en 1989. Vice-Président de Sony Music Entertainment au début de l'année 95, il est depuis Président de Sanctuary Artist Management (2005).

De son côté, Gordon Waller a poursuivi une carrière solo finalement très peu fructueuse, avant de se retirer du milieu de l’industrie du disque au milieu des 70's. Il rebondit comme commercial avant de déménager également à L.A. et fonder une société d'édition.

Les deux compères se réunissent pour la première fois depuis plus de 3 décennies au début de l'année 2000. Ils récidivent à de multiples reprises au début du nouveau millénaire jusqu'à la mort, en 2009, de Gordon Waller à l'âge de 64 ans.

Le couple vocal perd définitivement son âme et son cœur, refermant ainsi un chapitre du rock que les acteurs ne doivent qu'à eux-mêmes et dont ils peuvent être fiers. Peter & Gordon n'ont rien volé, ni usurpé...(RAZOR©2020).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 3 - 1964

 

Peter gordon lp 65

 

PETER AND GORDON

PETER AND GORDON – 1964  3,5/5

 

Publié en 1964.

Produit par Geoff Love.

Durée:30:28.

Label:Columbia Records.

Genre:pop/rock,british invasion,merseybeat.

 

Compétent.

 

Dans la chronologie et tel qu'apparaissant au catalogue, l'éponyme Peter And Gordon apparaît comme étant le troisième pan discographique du duo anglo-écossais Peter (Asher) And Gordon (Waller).

La discographie se confondant entre les productions anglaises et américaines, le rythme des publications de l'année 64 étant très rapproché, Peter And Gordon fait, selon toute vraisemblance, suite à In Touch With Peter And Gordon (Columbia/1964) et à I Don't Want To See You Again (Capitol/1964.

Comme ses devanciers, il a pour objectif premier de capitaliser sur l'effet A World Without You, un des gros succès de la british invasion alors naissante. Gros succès oblige, on retrouve tout naturellement ce titre sur cet album également sorti en 1964.

Il faut battre le fer tant qu'il est chaud ; c'est un peu le leitmotiv des labels de l'époque qui visent à exploiter au maximum l'image de leurs protégés dans le contexte invasif ambiant et CBS n'échappe pas à la règle.

Peter And Gordon, partagé entre reprises (Lucille, Five Hundred Miles, Pretty Mary, Trouble In Mine, Tell Me How, Leave My Woman Alone et, bien entendu la chanson à succès concédée par Lennon et McCartney), originaux (If I Were You, You Don't Have To Tell Me, Last Night I Woke) et adaptations de titres trad (All My Trials, Long Time Gone) s'avère très agréable à écouter, d'autant que l'influence des Everly Brothers et de Buddy Holly est bien là. Les fans des 60's ne passeront pas à côté... (RAZOR©).

 

1. Lucille.

2. Five Hundred Miles.

3. If I Were You.

4. Pretty Mary.

5. Trouble In Mind.

6. A World Without Love.

7. Tell Me How.

8. You Don't Have To Tell Me.

9. Leave My Woman Alone.

10. All My Trials.

11. Last Nighy I Woke.

12. Long Time Gone.

 

Peter Asher:guitare,chant.

Gordon Waller:guitare, chant.

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