Rory Storm & The Hurricanes.

BIOGRAPHIE.

 

 

RORY STORM AND THE HURRICANES/Liverpool (Angleterre – UK)

 

Rory storn hurricanes 1

 

Actif entre 1958 et 1967.

Labels:Rockstar,Parlophone,Oriole,Street Records.

Genre:beat,merseybeat,rock 'n' roll,rockabilly,pop-rock,british invasion.

 

L'égal des Quarrymen.

Alors que la place musicale de Liverpool du début des 60's est encore embryonnaire, Rory Storm And The Hurricanes pèse aussi lourd que les Beatles en terme de popularité.

Originaire, comme les Fab Four, de la cité portuaire du nord de l'Angleterre, ce groupe talentueux qui, à ses débuts, couvre essentiellement du skiffle et du jazz, avant de souscrire au rock 'n' roll et au rockabilly, est alors une des plus grandes vedettes locales de l'échiquier du Merseybeat.

La preuve, il fait partie du plateau organisé au Liverpool Stadium le 3 mai 60 pour la venue de Gene Vincent, spectacle alors le plus grand qui ait été monté dans cette ville à cette époque.

Rory storm belle gueuleAlan Caldwell (Rory Storm)...

Rory storm ringo starr...et Richard Starkey (Ringo Starr), figures emblématiques...

Rory storm 1...de Rory Storm and The Hurricanes.

Rory storm suite 2Un groupe de scène incontournable.

Rory storm live at the jive hive march 1960Une discographie, hélas, famélique.

Rory et Ringo, figures emblématiques de Liverpool.

Il compte alors à sa tête un chanteur charismatique, Rory Storm, appelé le Goldenboy ou Mr Showmanship (aujourd'hui encore, les gens parlent avec infiniment de respect de Rory) et, en son sein, un batteur illustre qui, ironie de l'histoire, va défrayer la chronique en passant, en août 1962, chez l'ennemi héréditaire liverpuldian.

Ringo Starr (Richard Starkey à la ville) est, en effet, la dernière pièce qui forme le puzzle définitif des Beatles ; remplaçant Pete Best, il va battre pour ces derniers jusqu'en 1970, année de leur extinction. Depuis 1959, il est une pièce maîtresse des Hurricanes.

Rory Storm est au moins aussi important que Starr, dont le départ l'a beaucoup affecté. Sportif, athlétique (foot, natation, patinage, athlétisme), Alan Caldwell, alias Rory Storm, est un show-man extraordinaire, un excentrique notoire portant des tenues ne passant pas inaperçues, roulant dans des voitures de sport rutilantes, prêt à la moindre intrépidité sur scène comme, par exemple, grimper sur les piliers des balcons, sur le piano, sur le toit d'un pavillon lors d'un concert (et de passer au travers de la verrière).

Ses Hurricanes, Ty Brian, Lu Walters, Johnny Guitar et Richard Starkey sont par ailleurs des musiciens aguerris. John Lennon considère Rory et les siens comme les meilleurs du Liverpool d'alors.

L'obscur Stormsville.

Tandis que l'époque (fin des 50's) est à la transition vers le rock 'n' roll venu des États-Unis et tend de plus en plus vers la pop, Ray McFall, le nouveau propriétaire du Cavern Club (3 octobre 59) sent qu'il faut prendre le pas, coûte que coûte, de ce changement d'orientation musicale dont les clients du club ne veulent pourtant pas. D'autant que la banlieue et certains endroits de Liverpool vivent désormais au rythme du rock 'n' roll.

Issu de la périphérie liverpuldiane, Rory Storm, 18 ans sous la toise, chanteur des Raving Texans, reçoit alors, illégalement et en catimini, dans les sous-sols badigeonnés en noir (et ornés de peintures de squelettes) de la grande maison victorienne où il habite (25 Oakhill Park, quartier Broadgreen), certaines de ces formations dissidentes de la place.

L'endroit (fermé début avril 58 pour tapage nocturne et réactivé, toujours sans autorisation, 3 semaines plus tard), éclairé par une lumière bleutée et ouvert les mardi et jeudi dès 19h30, fonctionne comme un club (The Morgue Skiffle Club), où s'entassent régulièrement, en début de soirée, des dizaines de jeunes de la place. La demeure des Caldwell, baptisée Stormsville dans le milieu, est alors très prisée des Beatles...

Ceux qui sont encore les Quarrymen y auraient auditionné George Harrison qui, lui, aurait fait des pieds et des mains pour pouvoir rejoindre la bande d'Alan, s'opposant finalement au refus de sa mère, en raison de son jeune âge...

Dans ces caves clandestines se façonne alors le son à venir de la Merseybeat et qui tient déjà toutes ses promesses...

Pilier du Cavern Club.

Al Caldwell, golden boy athlétique, et ses musiciens, sont parmi les premiers à fouler la scène du Cavern nouvelle formule ; ils jouent encore du skiffle, mais passent rapidement à autre chose, malgré les réticences toujours vives de Ray McFall : du rock 'n' roll.

Dans le même mouvement, Alan Caldwell devient d'abord Al Storm, puis Rory Storm et les Raving Texans mutent en Hurricanes. La nouvelle entité prend le nom de Rory Storm And The Hurricanes ; ils débutent chez McFall le 20 novembre 1959, mais le moins que l'on puisse dire, c'est que ces premiers pas dans le légendaire temple musical ne sont pas pas du goût de l'auditoire, encore scotché au jazz.

Le groupe, passé au rock 'n' roll, doit subir les foudres des habitués. Leurs sets initiaux s'effectuent sous les huées du public, lequel ne se prive pas de jeter des pièces de monnaie sur les musiciens en guise de protestation, au motif que ceux-ci insèrent dans le set pour lequel McFall s'est engagé contractuellement avec Rory, des phases délirantes de rock.

Cette insubordination vaut une amende de 6 shillings au groupe, ce qui a fait dire à Johnny Guitar qu'à la fin de leur passage, Rory And The Hurricanes avait récolté, avec l'argent jeté sur scène, bien plus que ce que la sanction financière prévoyait. Au fil des semaines, les choses rentrent dans l'ordre et le rock s'installe, au Cavern comme ailleurs.

Alan Caldwell, acteur majeur de la Merseybeat.

Le mouvement Merseybeat s'installe alors et Rory Storm And The Hurricanes, même s'il ne connaîtra pas la même popularité que les Beatles, faute de se renouveler suffisamment avec de nouvelles chansons, même s'il ne transformera pas en essai, côté studio, son énorme potentiel scénique, y prend néanmoins une part au moins aussi conséquente que leurs rivaux. Dans ce contexte, la musique va alors changer pour toujours...

Natif de Stoneycroft, quartier de l'est de Liverpool, enfant de parents issus de la classe ouvrière (Violet Disley et Ernest George Caldwell), Alan Caldwell a une sœur Iris qui, dans sa jeune adolescence, flirte avec George Harrison rencontré à la patinoire et toujours fourré chez les Caldwell (il cherche alors à intégrer le groupe de Rory), puis qui, teen-ager, sort avec Paul McCartney (en 1961), ce dernier étant fou amoureux de la jeune danseuse de french cancan qu'elle est alors, avant, adulte, qu'elle n'épouse Shane Fenton, alias Bernard Jewry, plus connu sous le nom d'Alvin Stardust.

Alan Caldwell est atteint depuis sa naissance d'un défaut de la parole, une sorte de bégaiement qui, s'il constitue un handicap dans sa vie de tous les jours, n'affecte en rien son aptitude à chanter et à bien le faire, comme c'est le cas en soirée quand il se retrouve à la tête de son groupe de skiffle, Dracula And The Werewolves (1958).

Cette première formation est relayée par Al Caldwell's Texans (novembre 1959), lequel officie toujours dans le skiffle mais qui tente de se réinventer en prenant en marche le train du rock 'n' roll.

Cette mouture évolue en The Raving Texans, puis en Jet Storm And The Raving Texans, Jet Storm and The Hurricanes, Storm And The Hurricanes, avant de se fixer sur Rory Storm And The Hurricanes, l'incarnation la plus populaire de son initiateur ainsi qu'un des meilleurs groupes de Liverpool, un des plus probants à s'être produits également à Hambourg, passage obligé de l'époque.

Dès 1960, Rory Storm And The Hurricanes devient le groupe-résident de la chaîne balnéaire Butlin de Pwllheli (Pays de Galles). Le centre de vacances est destiné à accueillir des jeunes britanniques issus de familles modestes. Son engagement est reconduit les deux années suivantes : en 1962, Skegness remplace Pwllheli. Rory Storm et son groupe s'y installe 12 semaines durant.

C'est là que Richard Starkey, qui avait préalablement accepté une proposition de Kingsize Taylor & The Dominoes pour les rejoindre à Hambourg, est sollicité pour intégrer les Beatles (15 août 1962).

Pour 25 livres par semaine, Richie répond favorablement à Paul et John. Il devient Ringo Starr et remplace Pete Best, après que une offre d'échange entre les deux batteurs soit formulée.

Rory strom spencer leigh portrait

« Rory Storm And The Hurricanes avaient une présence scénique extraordinaire. Ils étaient alors probablement bien meilleurs que les Beatles en mars 1960. » (Spencer Leigh – Radio Merseyside)

Groupe de scène incontournable.

Elle essuie le refus de Storm. Les Hurricanes voient alors plusieurs batteurs se succéder à ce poste : Gibson Kemp, Biran Johnson, Keef Hartley, Ian Bread et Trevor Morais. Ces derniers et les Beatles verront leur route se croiser régulièrement dans les mois qui suivent le départ de Ringo.

Très populaires, Storm and The Hurricanes se classent parmi les premiers groupes de la scène de Liverpool selon un sondage organisé par le magazine Mersey Beat. Incontournable formation live, le combo peine cependant pour confirmer en studio ce qu'il démontre régulièrement sur scène.

Sa discographie est, à ce titre, famélique au regard de ce que le groupe a représenté dans le concert musical du moment. Deux singles (Dr Feelgood/I Can Tell chez Oriole en 1963 et America/Since You Broke My Heart pour Parlophone/1964) et un LP, fort heureusement en public et qui situe bien tout son potentiel, publié en 2012 (Live At The Jive Hive March 1960-Rockstar Records).

On retrouve également Rory And The Hurricanes sur les compils Merseybeat de l'époque (Volume 1 et 2 de 1963 et 1964 chez Oriole), sur la collection Mersey Beat 1962/64 éditée par United Artists en 1974 et sur Unearthed Merseybeat Volume 2 (Viper/2004). Faute d'engagements réguliers, le groupe s'efface progressivement, victime de son insuccès dans les bacs.

Destin tragique.

Désappointé par son échec, très affecté par l'attaque sur scène de son pote O'Brien (et son décès quelques mois plus tard), Rory, passe de la lumière à l'ombre et rebondit temporairement comme DJ. La mort de son père, dans la foulée, achève de le dévaster.

Le 28 septembre 1972, alors qu'il tente de faire face à ce drame personnel, il succombe à un mélange de whisky et de somnifères. Sa mère le découvrant inanimé, est elle-même victime d'un arrêt cardiaque. 10 ans plus tôt, son fils bien aimé était alors le roi de Liverpool (RAZOR©2020).

DISCOGRAPHIE 60'S.

EP Studio - 1994

 

Rory storm the complete works 1994

 

RORY STORM & THE HURRICANES

THE COMPLETE WORKS (1963/64) – 1994  3/5

 

Publié en 1994.

Enregistrements de 1963/64,format EP.

Durée:12:46.

Label:Street Records,Oriole.

Genre:Merseybeat,british invasion,rock,rock & roll.

 

Valeur historique principalement.

 

Rory Storm & The Hurricanes est un paradoxe à lui tout seul. Il a été un des groupes les plus populaires de la Merseybeat encore embryonnaire, comptant en son sein deux figures emblématiques liverpuldianes, Rory Storm, né Alan Caldwell, et Ringo Starr, dit Richard Starkey. futur batteur des Beatles. C'est à peu près le seul motif pour lequel le groupe est connu aujourd'hui.

Son immense popularité a pourtant souvent fait de l'ombre aux Quarrymen, mouture qui préfigure les Fab Four. Sur scène, Rory Storm & The Hurricanes était une formation explosive, incontournable dans le concert du Liverpool d'alors et un des premiers piliers du célèbre Cavern Club.

Revers de la médaille, le groupe en question n'a jamais écrit une seule chanson, pas plus qu'il n'a publié d'album studio ou fait des scores dans les charts.

Sa discographie est famélique et ne tient qu'au seul Live At The Jive Hive March 1960 et à quelques apparitions sur des compilations consacrées à la Merseybeat ou au rock british des 60's.

On se contentera donc d'un EP de 5 titres pour étayer l'histoire de Rory Storm & The Hurricanes. The Complete Works, publié en 1994, situe bien l'instabilité et la faiblesse technique du combo ainsi que le manque d'implication de son leader pour l'écriture.

Ringo Starr n'est même pas de ces 5 titres et Rory Storm, excellent chanteur et showman hors pair, n'est au chant que sur 3 des 5 morceaux. Cet EP n'a donc qu'une valeur historique ; artistiquement, c'est une autre paire de manches. C'est du classique et sans véritable surprise (RAZOR©).

 

1. Dr. Feelgood.

2. I Can Tell.

3. Beautiful Dreamer.

4. America.

5. Since You Broke My Heart.

 

Rory Storm:chant.

Johnny Guitar:guitare,chant.

Ty Brian:guitare,chant.

Lu Walters,Bobby Thomson:basse,chant.

Gibson Kemp,Brian Johnson,Keef Hartley, Ian Broad, Trevor Morais:batterie.

 

Line-up donné sous réserves (artistes recensés entre 1959 et 1964).

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