The Action.

BIOGRAPHIE.

 

 

THE ACTION/Londres (UK)

 

The action intro

 

Actif entre 1963 et 1969,réunion en 2000.
Labels:Parlophone,Capitol,Hansa.
Genre:R&B,mod,blue-eyed soul,folk-rock,rock psychédélique,freakbeat.
Site officiel:actionmightybaby.co.uk

 

Le meilleur soul band anglais...

Première génération dorée d'après-guerre, née à la fin des 50's, les Mods ont connu leur apogée au milieu de la décennie suivante. Alors que leurs parents ont tout fait pour leur aménager une société meilleure, les jeunes gens de l'époque vont se rebeller contre eux et opérer un bouleversement sociétal d'envergure dans lequel la musique, la mode et les amphés sont les éléments dominants. Des formations comme les Who, les Small Faces, les Kinks ou le Spencer Davis Group vont alors se charger de propulser le phénomène Mod dans les charts. 

The Action aurait bien mérité de faire partie de ce gratin royal ; il avait ses adeptes invétérés (comme Phil Collins) et il se murmurait alors dans le landerneau artistique londonien qu'il état le meilleur groupe anglais à s'approprier la soul et le R&B des ricains.

The action sandra barry and the boysD'abord les Boys de Sandra Barry...

The action 2...puis The Action...

The action mighty baby...et Mighty Baby.

The action first single demo decca mai 65Première démo en mai 65.

The action rolled goldRolled Gold sorti en 1995.

...mais sans impact commercial significatif.

Steve Marriott, co-fondateur, guitariste et chanteur des Small Faces, fleuron de ce courant, ne fait pas mystère que, dans son esprit, The Action était bien le N°1 anglais. Il n'est pas un combo de l'époque qui ne cherchait pas à obtenir le son « Motown » de son contemporain, pourtant moins illustre à l'heure des bilans.

Mais, à l'époque, pour émerger du lot des groupes qui allaient grossir les rangs de la British Invasion, encore fallait-il se vendre. The Action n'a jamais eu le moindre single à succès.

Même en bénéficiant de toute l'expérience et de la subtilité à la production de George Martin, producteur des Beatles, jamais le groupe ne parviendra à avoir un impact commercial significatif.

Pire, durant toute leur activité (entre 1963 et 1969), les musiciens de Kentish Town n'épingleront aucun album studio à leur catalogue. Bien qu'ils aient eu le matériel (des reprises essentiellement) pour combler cette lacune, ils n'ont pas trouvé l'adhésion, ni le soutien de George Martin, vraisemblablement affairé à des projets plus rémunérateurs.

Un single performant aurait peut-être changé la face des événements ainsi que le statut de ce groupe énigmatique que les fans chevauchant scooters escortaient comme des stars, de la périphérie de la ville jusqu'au lieu du concert. Sa succession s'appelle Mighty Baby et Ace...

De The Boys à The Action.

L'origine de The Action débute à Kentish Town, un quartier nord-londonien (Camden), en août 1963, et implique quatre musiciens, réunis sous The Boys qui vont faire office de groupe de soutien pour Sandra Barry, chanteuse et actrice.

Les Boys en question ont pour nom Reg King (chanteur), Mike Evans (bassiste), Roger Powell (batteur) et Alan « Bam » King (guitariste). Au crédit de cette mouture initiale, un single, Really Gonna Shake, dont Reg King est l'auteur, sorti chez Decca (mars 1964).

Quand Sandra Barry décide de voler de ses propres ailes, le quatuor continue sous The Boys, auteur d'un autre single écrit par le même King, mais qui ne fait pas le buzz.

La Motown, George Martin, le Marquee...

The Boys changent alors leur nom et rebondissent sur The Action, dès 1965, et alors qu'un second guitariste, Pete Watson, vient compléter le line-up. Passé en quintet, le groupe se fait remarquer pour son interprétation exceptionnelle des standards de la Tamla Motown dont il s'approprie régulièrement le répertoire.

Ce quintet attire l'attention du 5ème Beatles, le regretté George Martin, qui les attire dans les studios londoniens d'AIR, Associated Independent Recording, studios indépendants cofondés en 1965 par ce dernier avec John Burgess, à son départ d'EMI.

Sous la houlette de Martin, The Action devient un groupe populaire sur la scène de Londres et notamment au Marquee où il ouvre pour les Who avant de devenir, à son tour, tête d'affiche et de battre des records d'entrée.

Il réalise également une poignée de singles (Parlophone) qui montrent bien l'ancrage de cette formation dans le R & B : Land Of 1000 Dances/In My Lonely Room (octobre 1965), I'll Keep On Holding On /Hey Sha-Lo-Ney (février 1966), Baby You've Got It/Since I Lost My Baby (juillet 1966), Never Ever/Twenty Fourth Hour (février 1967), Shadows And Reflections/Something Has Hit Me (juin 1967). Hors Parlophone, Harlem Shuffle/Wasn't It You (1968) est publié en Allemagne, uniquement pour le label Hansa, tandis qu'un EP de 4 titres est sorti en France chez Odéon (1967).

On y retrouve Shadows And Reflections, Something Has Hit Me, Never Ever et Twenty Four Hour. Un album prévu (Brain) n'est jamais sorti de son temps ; il est aujourd'hui disponible sous Rolled Gold (1995).

Compils et livre.

En 1966, Pete Watson quitte le groupe, tandis que Ian Whiteman (claviers) et Martin Stone (guitariste) le rejoignent ; The Action prend un temps le nom d'Azoth, se déplace sur un terrain psychédélique et folk-rock.

Début 1968, Reg King choisit alors de se détacher du groupe et son homonyme Alan reprend le flambeau au chant tandis que Whiteman se positionne comme le pourvoyeur principal en termes d'écriture. 

Signé par un label mineur en 1969, Head Records, The Action (reformé depuis) se fixe définitivement sous la bannière de Mighty Baby.

The action roger powell portrait

« Nous étions là pour la musique, pas pour la gloire. Tous nos rivaux, les Kinks, les Who, le Spencer Davis Group, Manfred Mann, avaient un hit. Sauf nous. Ils faisaient très choses originales et nous des reprises. Nous n'envisagions alors pas d'écrire nos propres chansons car il y avait tellement de titres existants que nous avions grand plaisir à jouer. C'est comme ça. » (Roger Powell)

Pour découvrir ce groupe très populaire en public, il faut donc se rabattre sur les compilations ou collections éditées après coup : The Ultimate Action (Edsel Records/1980), Action Speak Louder Than (Dojo Dojo/1985), Action Packed ! (Edsel Records/2001), Uptight And Outasight (Circle Records/2004), In My Lonely Room (Top Sounds Records/2014), The Singles Boxset (Demon Records/2014), Shadows And Reflections : The Complete Recordings 1964/1968 (Grapefruit/2018) ou The New Action (Grapefruit/2018).

Un livre, qui a pris 10 ans pour collecter toutes les données (plus de 200 photos, des témoignages à la pelle, des publicités de l'époque, des communiqués de presse, des affiches, du matériel de fans...) retrace son passage dans le rock et la manière dont il l'a impacté, même sans avoir jamais eu la popularité de ses rivaux.

Écrit par Ian Hebditch et Jane Shepherd, deux fans mods de la première heure, avec le soutien de Mike Evans et Roger Powell, il est à la hauteur du talent que l'on prête au groupe.

Un seul hit vous manque et...

Et si ça ne suffit pas, il existe également, mais c'est en édition limitée donc plus difficile à trouver, une édition spéciale numérotée qui complète le livre précédemment évoqué avec une chronologie détaillée de 96 pages sur le quotidien des anglais, ainsi qu'avec un single rare et inédit (Why Do You Wanna Make Me Blue enregistré pour Decca (mai 1965) à l'occasion d'une audition sans lendemain.

Why Do You Wanna Make Me Blue est le premier enregistrement connu du groupe. Il précède l'entrée de The Action dans le giron de George Martin (Air Records).

A son écoute, on se demande encore comment les londoniens ont pu rater le coche. L'histoire ne faisait alors que commencer qui va durer 6 ans, période au cours de laquelle il n'aura finalement manqué qu'un hit pour changer la face des événements (RAZOR©2021).

DISCOGRAPHIE COLLECTION.

LP COLLECTION - 2002

 

The action rolled gold

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

THE ACTION

ROLLED GOLD – 2002  4/5

 

Publié en 2002.

Produit par George Martin.

Durée:51:03.

Label:Parasol Records.

Genre:garage rock,rock psychédélique,freakbeat,mod.

 

Une trace digne de ce nom.

 

Rolled Gold, publié en 2002 par le label Parasol Records, permet d'avoir aujourd'hui une trace digne de ce nom des anglais de The Action.

Ces démos inédites correspondent au groupe dans sa deuxième mouture, passé d'un respectable R & B initial sous Parlophone et George Martin, à un registre plus folk-rock/psyché influencé par la west coast et que les Byrds n'auraient pas renié.

Peu importe, on se jettera comme un crevard sur ces pièces sorties de nulle part, car rares sont les enregistrements de cette formation, surtout qu'ils sont, pour le coup, de qualité et très intéressants.

Nous tenons ici la formation de la deuxième génération. Le son est plus mature et le rendu de grande qualité. Ce qui amène à s'interroger sur les raisons pour lesquelles cette nouvelle incarnation n'a pas donné suite à ce travail qui préfigure le psychédélisme émergent et dans lequel elle excelle. Comprenne qui pourra.

George Martin n'étant pas chaud pour accompagner le groupe dans cette voie, Parlophone s'en désintéresse, d'autant que le groupe n'a jamais eu aucun hit à proposer.

Les présentes bandes demeurent donc inexploitées. The Action est alors progressivement lâché par Parlophone (EMI), avant d'être irrémédiablement au beau milieu du gué (mi 67).

Les musiciens restants prennent leur destin en main ; ils sont rejoints alors par Ian Whiteman, organiste ainsi que par Martin Stone, guitariste (qui remplace Pete Watson) et rassemblent du matériel original pour se relancer.

Un album est envisagé qui restera finalement lettre morte. Il implique Alan King, Mike Evans, Roger Powell, Ian Whiteman, Martin Stone et Reg King. C'est celui qui nous préoccupe aujourd'hui, Rolled Gold, qui se situe dans la transition entre The Action et la suite sous l'excellent Mighty Baby.

Dans cet intervalle où le groupe devient furtivement Azoth, Reg King les quitte (mi 68), pour épouser une carrière solo. Restent ces démos de 1967/68 auxquelles EMI n'a pas daigné donner suite, concentrant son intérêt sur le meilleur cheval de l'écurie : les Beatles. On peut les comprendre...

Elles sont bien ficelées, explosives du début à la fin, bien écrites et ne sont pas sans rappeler les Who ou les Zombies. La matière proposée par Rolled Gold a bien résisté à l'épreuve du temps, c'est le moins que l'on puisse dire.

S'il faut être de ce groupe très talentueux, cet album brillant (bien qu'un peu rugueux) me paraît être l'endroit tout indiqué (RAZOR©).

 

1. Come Around.

2. Something To Say.

3. Love Is All.

4. Icarus.

5. Strange Roads.

6. Things You Cannot See.

7. Brain.

8. Look At The View.

9. Climbing Up The Wall.

10. Really Doesn't Matter.

11. Little Boy.

12. I'm A Stranger.

13. Follow Me.

14. In My Dream.

 

Alan King:guitare rythmique,guitare,chœurs.

Mike Evans:basse.

Roger Powell:batterie.

Ian Whiteman:claviers,flûte.

Martin Stone:lead guitare.

Regggie King:chant.

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