The Birds.

BIOGRAPHIE.

 

THE BIRDS/Londres (Angleterre - UK)

 

The birds 1

 

Actif entre 1964 et 1967.

Labels:Decca,Reaction.

Genre:R&B,Freakbeat,blues-rock.

 

Oiseaux de mauvais augure.

Dans les années 60, certaines formations sont passées à côté de la gloire sans que leur talent n'ait été une seule fois remis en question. C'est rageant mais ça l'est encore plus quand l'identité d'un groupe est parasitée par celle d'un autre et que ça en devient d'une confusion telle entre les deux que le public, seul juge, y perd son latin.

Les Birds anglais, originaires de Yiewsley, ne se sont jamais relevés du préjudice subi par l'arrivée des Byrds (avec un Y) américains dans l'Old Albion en 1965.

Quand la bande à celui qui est encore Jim (avant d'être Roger) McGuinn, fraîchement constituée, débarque au Royaume-Uni pour sa tournée de promo de Mr Tambourine Man, les Birds de Ronnie Wood sont un groupe plein de promesses de la place londonienne.

The birds introThe Birds : des oiseaux de mauvais augure 

The birds ron wood 1Un tremplin pour Ronnie Wood.

The birds mackenzie wood

Alistair MacKenzie et Ron Wood.

The birds quelques singles

Quelques singles à leur actif...

The birds leaving here decca 65 45 uk...dont Leaving Here, N°45 des charts UK. 

The birds 2Un groupe pourtant très prometteur.

Les membres se connaissent parfaitement pour exercer depuis quelques années ensemble. Leur formation est une des plus performantes de leur époque, pratiquant, sur le plan sonore, un R & B puissant à la Who et Small Faces.

Ils commencent à passer sur les radios nationales quand la déferlante ricaine s'abat sur l'Angleterre et, dans le même temps, tuent dans l’œuf les espoirs des Birds.

Phonétiquement, entre les uns et les autres, c'est du pareil au même, mais c'est le Byrds avec un Y qui fait précisément le buzz.

Les Oiseaux britanniques tentent bien d'intenter un procès à leurs homologues d'outre-Atlantique pour qu'ils changent de nom, comme eux-mêmes ont été contraints de le faire quelques années auparavant quand ils évoluaient sous les Thunderbirds et que Chris Farlowe avait affublé du même nom son groupe de soutien.

Quelques singles prometteurs et c'est tout.

Les Byrds étant déjà d'intouchables stars, la tentative reste sans le moindre effet. Comme les angelins vont récidiver, enchaînant les hits, ils ôtent leurs dernières illusions aux british.

Les Birds, aujourd'hui, ça dit bien quelque chose mais rarement on est capable de citer un seul de leurs titres. Et pour cause, leur discographie se résume à deux grosses poignées de singles et ils n'ont aucun LP à leur actif.

Last but not least, les Birds étant des artistes Decca et alors que le label a déjà dans la maison les Small Faces et les Rolling Stones, celui-ci préfère miser sur ces derniers et réduit leur soutien à la portion congrue.

La voie qui mène aux Stones.

Tous ces facteurs brisent l'élan d'un combo prometteur dont on ne retient aujourd'hui l'existence qu'au travers des premiers faits d'arme de Ron Wood, devenu depuis star internationale.

Passé par le Jeff Beck Group et les Faces avant de s'établir depuis 1975 au sein des Rolling Stones, le guitariste est le seul des Birds à avoir fait une grande carrière.

Les autres, exception faite de Kim Gardner (The Creation, Santa Barbara Machine Head, Quiet Melon, Ashton, Gardner & Dyke, Pacific Gas & Electric), ne s'en relèveront jamais et c'est une grosse injustice au regard du potentiel affiché par ces Birds avec un i.

Chris Farlowe déjà...

Leur histoire prend racine en 1963, à une grosse ½ heure à l'ouest de Londres. A Yiewsley et dans la Whitehorn Avenue précisément, où les familles de Ronnie Wood (guitariste), Tony Munroe (guitariste) et Bob Langham (batteur) résident.

Kim Gardner (bassiste) habite à proximité immédiate, dans la rue Edgar Road tandis que Alistair (Ali) MacKenzie, chanteur et harmoniciste, vient du village voisin de West Drayton, situé à 5 minutes de là.Ces ados tissent des liens autour de la musique et mettent leur détermination en commun pour, quand MacKenzie et Gardner quittent les Renegades, constituer une formation.

Celle-ci est appelée Rhythm & Blues Bohemians, qui mute rapidement en Thunderbirds, dont le nom réfère à une chanson de Chuck Berry, Jaguar And Thunderbird.

Les Thunderbirds jouent un temps en dilettante, alternant musique et études, avant de prendre les choses plus au sérieux, suite au gain d'un concours local réservé aux groupes beat (1963).

Au début de l'année suivante, les Thunderbirds jouent régulièrement, le samedi en soirée, au centre communautaire de West Drayton (The Nest). Ils interprètent alors un répertoire réparti entre Beatles, Stones, Chuck Berry, Howlin' Wolf et la Motown, puis assurent une mini tournée dans les Midlands.

A l'issue de ce tour régional, le groupe perd son batteur, Bob Langham, dont les parents voient d'un mauvais œil que son avenir professionnel soit musical. Pete Hocking (The Insatisfied) le relaie. Pour des raisons personnelles, il adopte le nom de McDaniels.

Cette mouture des Thunderbirds fait alors le choix, pour ne pas être confondue avec le groupe de soutien d'un Chris Farlowe alors en pleine bourre, de raccourcir son nom en The Birds (printemps 1964). Avec le recul, il est patent que cette décision provoquera leur perte.

Premières démos, premières TV, premier single.

Leo De Clerck, homme d'affaires sud-africain et propriétaire de plusieurs clubs autour de Londres, devient leur manager et leur ouvre son carnet d'adresses, permettant au groupe de passer un peu partout et de se faire connaître en Angleterre comme dans le sud du Pays de Galles.

Le 1er juin 1964, Wood et les siens, se produisent pour la première fois sous leur nouvelle identité (The Cavern à Reading). Professionnalisés, De Clerck leur met à disposition une camionnette (et règle les frais d’assurance et d'essence), un roadie, un chauffeur, leur paie le gîte et le couvert, leur alloue une allocation vestimentaire ; les musiciens chacun touchent un pactole de 10 livres/semaine et leur matériel est régulièrement changé ou réparé.

A la même époque, quelques démos sont enregistrées à Londres (Tony Pike Recording) : You're On My Mind et You Don't love Me (You Don't Care). Les Birds font aussi une apparition à la TV, dans Ready Steady Win, une émission de concours de talents organisée par l'équipe de production de Ready Steady Go, destinée à trouver le groupe qui remplacera les Beatles (24 juin 64). Ils se classent 5ème.

Durant l'été 64, les Birds, gagnant en popularité, passent sur la BBC 1 avant de se voir proposer un contrat d'enregistrement avec Decca, le label en vogue du moment, qui s'est offert le luxe de refuser les Beatles deux ans plus tôt (1962).

De démos, You're On My Mind de Ronnie Wood et You Don't Love Me (You Don't Care) de Bo Diddley (Ellas McDaniel), finissent sur un single en novembre 1964 ; c'est leur premier. Il leur vaut de se produire partout en Angleterre.

En avril 1965, est publié un second single, Leaving Here/Next In Line. Leaving Here, emprunté au catalogue de la Motown, a été repris par Motorhead (Lemmy Kilmister était un grand fan des Birds), tandis que sa face B est encore l’œuvre de Wood.

The birds ronnie wood portrait

« Notre manager de l'époque, Leo De Clerck, a poursuivi les Byrds en justice dès qu'ils ont posé le pied sur le tarmac de l'aéroport d'Heathrow pour leur remettre un document judiciaire les accusant d'avoir volé notre nom.C'est la seule fois où nous avons fait la Une du Melody Maker. Le coup de pub était énorme mais vain. Un jour, j'ai rencontré Roger McGuinn et je lui ai rappelé cet incident. Après un long silence, il se souvient avoir été giflé par un des opposants et quand il a su que c'était moi, il m'a sauté à la gorge pour rigoler. Il avait un bon sens de l'humour... » (Ron Wood)

Conflit anglo-californien.

Leaving Here fait 45 dans les charts britanniques. Son succès est à l'origine des premiers troubles qui vont empoisonner la vie des Birds et plomber les relations entre les londoniens et les californiens.

Dès que ces derniers posent le pied sur le tarmac de l'aéroport d'Heathrow, une action en justice pour renoncer au nom de Byrds leur est notifiée. Certains coups pleuvent également entre Wood et McGuinn.

La demande reste sans effet, même si la controverse aura au moins permis aux Birds de se retrouver à la TV, de passer dans la presse nationale et même de faire la couverture du Melody Maker.

De Birds à Birds Birds...

Un troisième single sort encore chez Decca : No Good Without You Baby/How Can It Be ? (octobre 1965) est leur dernier pour le label mais également celui qui scelle la rupture avec De Klerck, parti avec la recette du spectacle donné le Nouvel An 65 à Sudbury. Certains enregistrements Decca restent inédits et ne sont publiés que bien plus tard.

Robert Stigwood, producteur australien (Saturday Night Fever, Grease) et manager, reprend le contrat et transfère les Birds de Decca à Reaction Records, son label nouvellement créé.

L'impresario veut relancer les Birds et propose de repartir à zéro en changeant le nom de Birds à Birds Birds. Difficile de comprendre cette stratégie...

Toujours est-il que le combo entre en studio et enregistre sous son identité habituelle, une reprise des McCoys, Say Those Magic Words. Celle-ci fait l'objet du 4ème single des Birds, publié (avec retard) en septembre 1966.

Seul Ronnie Wood...

Ron Wood alimente l'autre face d'un Daddy Daddy, signé avec Munroe. Une poignée de titres n'ont jamais vu la lumière. Ils réapparaîtront lors de l'édition de collections postérieures.

A la publication de Say Those Magic Words, les Birds sont déjà de l'histoire ancienne. Il n'est qu'un noyau de fans irréductibles pour se soucier encore d'eux. Munroe quitte le groupe fin 66, imité en cela par Ron Wood, l'année suivante.

Ce dernier jouit d'une côte extraordinaire et fréquente de plus en plus le gratin des musiciens du moment. Lassé par l'avenir bouché des Birds, Wood répond favorablement à l'appel de Jeff Beck (1967). Il met alors le pied à l'étrier d'une carrière toujours très dense et très lucrative aujourd'hui, en qualité de guitariste (RAZOR©2021).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Compilation - 1999

 

The birds collector s guide to rare british brirds 1999

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

THE BIRDS

THE COLLECTOR'S GUIDE TO RARE BRITISH BIRDS – 1999  3,5/5

 

Publié en 1999.

Compilation.

Durée:57:20.

Label:Deram.

Genre:freakbeat,british rhythm & blues,garage rock,mod.

 

A défaut de grives...

 

Du R&B joué avec énergie et détermination, moderne pour l'époque (1964/1967), voilà dégrossi ce à quoi il faut s'attendre dans cette compilation sortie jusque avant le basculement dans le 3ème millénaire.

Faute de LP, pour découvrir les Birds anglais, le groupe qui a lancé le jeune Ronnie Wood (futur Jeff Beck Group, Faces et inamovible Stones), il faut se rabattre sur leurs singles ou EP, voire sur une collection comme celle que je vous propose ici : The Collector's Guide To Rare British Birds (1999/Deram). Dont acte.

Les fans de garage à l'anglaise, de british beat, ceux qui en pincent pour des groupes comme les Pretty Things en seront forcément. Pour filer la métaphore aviaire, faute de grives, on mange des merles et, pour le coup, cette compil' est une des plus représentatives pour mettre à l'honneur nos oiseaux.

Elle réunit 18 titres, donc l'intégralité des singles crédités au groupe, des démos, des reprises, des enregistrements inédits et certains morceaux de Ron Wood avec Kim Gardner (The Creation). On tient donc là les premières joutes du futur Rolling Stones, le seul des musiciens à avoir vraiment fait une grande carrière.

Plus complet que ça pour un groupe qui n'a jamais publié le moindre LP, je demande à voir... Et même si cette collection intéressante de R&B garage fait un peu bordélique parfois (notamment les démos de Run Run Run et de La Poupée Qui Fait Non de Michel Polnareff qui reviennent en boucle), elle donne une vision très fidèle du potentiel et de la fureur des Birds, considéré alors comme le meilleur groupe de R&B de Londres (RAZOR©).


1. You're on My Mind.

2. You Don't Love Me (You Don't Care).

3. Leaving Here.

4. Next in Line.

5. No Good Without You Baby.

6. How Can It Be?

7. You're on My Mind (Original Demo).

8. You Don't Love Me (Original Demo).

9. Say Those Magic Words (Previously Unissued Stereo Mix).

10. Daddy Daddy (Previously Unissued Stereo Mix).

11. Run Run Run (Previously Unissued Track).

12. Good Times (Previously Unissued Track).

13. Say Those Magic Words (Alternate Version : Early Backing Track).

14. Daddy Daddy (Previously Unissued Alternate Version).

15. La poupée qui fait non (Previously Unissued Track).

16. Run Run Run (Previously Unissued Alternate Version).

17. Daddy Daddy (Early Backing Track).

18. Granny Rides Again (Previously Unissued Single Track).

 

Ron Wood:guitare,chant.

Kim Gardner:basse,chant.

Ali MacKenzie:chant,harmonica.

Tony Munroe:guitare,chant.

Bob Langham,Pete McDaniels (Pete Hocking):batterie.

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