The Fourmost.

BIOGRAPHIE.

 

 

THE FOURMOST/Liverpool (Angleterre – UK)

 

Fourmost intro

 

Actif de 1961 à aujourd'hui.

Labels :Parlophone,EMI,CBS.

Genre:beat,merseybeat,pop,pop-rock,british invasion.

Site officiel:www.thefourmost.co.uk

 

Un pur produit de la team Epstein.

Quand ils ont débuté dans le métier, les Fourmost étaient bien loin de s'imaginer qu'ils allaient devoir faire avec les titres que les Beatles ne voulaient pas ou qu'ils ne sentaient pas pour exister sur la trépidante scène Merseybeat des 60's. Encore moins qu'en ayant recours à cet honorable passe-droit et en étant cul-et-chemise avec les illustres liverpuldians (ils ouvraient souvent leurs concerts des débuts), il allait y jouer un rôle majeur.

Fourmost oharaBrian O'Hara, à l'origine même des Fourmost...

Fourmost the four jaysLes Four Jays dans un premier temps...

Fourmost 1...puis les fantaisistes Fourmost...

Fourmost 4Le line-up du début des 60's.

Forumost nelson imperialCul-et-chemise avec les Beatles...

Fourmost hello little girlHello Little Girl,9ème des charts UK.

Fourmost 2020The Fourmost aujourd'hui.

Une raison à cela, Brian Epstein, le légendaire manager des Fab Four, après le succès de l'opération Beatles, ratisse alors large pour constituer, dans le sillage de ses plus illustres poulains, une écurie d'artistes dont le talent n'est pas forcément le critère de recrutement premier, de jeunes musiciens motivés ou de formations originales repérés sur l'échiquier de Liverpool et qu'ils comptent bien faire faire grandir via son projet NEMS Enterprises et sous sa direction.

Outre les Fourmost, Gerry and The Pacemakers, Peter And Gordon, Billy Kramer And The Dakotas, la chanteuse et présentatrice de télévision Cilla Black et le rockeur Tommy Quickly transitent également par cette pépinière formatrice, mise en place par Epstein pour en récolter les substantiels dividendes à terme.

Sur les cendres des Four Jays.

Avant d'en arriver à ce stade, l'histoire des Fourmost naît sous la houlette du liverpuldian Brian O' Hara, chanteur et guitariste, originaire du quartier ouvrier du Dingle (comme Gerry Marsden de Gerry And The Pacemakers, Ringo Starr ou encore le chanteur de rock Billy Fury) et passé par un groupe de skiffle.

Il y croise la route de Joey Bower, guitariste rythmique, qui devient son grand pote, et avec lequel il donne le jour, en 1957, au duo nommé les Two Jays.

Cette mouture mute deux ans plus tard, en Four Jays quand elle s’étoffe avec les arrivées de Billy Hatton, bassiste, et du batteur Brian Redman, des gars de Liverpool. Du skiffle, elle passe au rock and roll et justifie le choix de son nouveau nom par le fait que chacun des musiciens compte un J dans son prénom usuel ou son deuxième prénom.

Brian O'Hara et ses acolytes se concentrent essentiellement sur la scène Merseybeat où ils sont un des premiers à avoir le privilège de fouler le podium du Cavern Club, alors en passe de se positionner comme le club le plus populaire au monde (mars 1961).

Bower quitte le groupe pour être remplacé par Mike Millward, passé par Bob Evans And The Five Shillings (novembre 61), anciennement The Undertakers, tandis qu'en septembre 1962, le groupe voit Dave Lovelady, un ancien de Kingsize Taylor et des Dominoes, suppléer Brian Redman à la batterie.

Ces mouvements ont été effectifs à l'époque où Brian Epstein en était encore à fomenter son projet NEMS ; il ne va pas tarder à proposer un contrat de management et à changer le nom des Four Jays (déjà utilisé par un groupe écossais) en Four Mosts, rapidement retouché en The Fourmost.

Cul-et-chemise avec les Beatles.

Le groupe répète alors régulièrement au Florrie, un lieu de loisirs et d'enseignement destinés aux enfants défavorisés et aux travailleurs pauvres du quartier de Dingle. En 1962, il est considéré dans un sondage régional comme un des 10 premiers groupes de la Mersey.

L'exploit n'est pas peu mince quand on connaît la concurrence relevée qui prévaut alors au mouvement culturel irradiant le nord de l'Angleterre. Avec le recul, on peut avancer sans se tromper qu'il était même un cran largement au-dessus de la plupart de ses rivaux et que, mieux pris en main (mais était-il alors possible de gérer un groupe loufoque à l'époque ?), il aurait pu être énorme. Surtout O'Hara, excellent chanteur et interprète très impliqué.

En 1963, date à laquelle le groupe passe dans le giron d'Epstein, la formation initiée par O'Hara, bien qu'encore très jeune mais déjà très professionnelle, a déjà déroulé du câble, passant un peu pour les vétérans de la scène locale.

Cette expérience vaut aux Fourmost l'honneur de devenir régulièrement le groupe de soutien préféré des tournées des Beatles. Les anciens Quarrymen servent d'aiguillon aux Four Jays pour se lancer sérieusement dans une carrière.

Dès lors, les acteurs abandonnent leurs emplois respectifs pour se recentrer sur leur nouvelle orientation. Les deux groupes s'entendent bien et travaillent de concert pendant plusieurs années.

William Hatton, notamment, est un des seuls, à l'époque, à pouvoir dire leurs quatre vérités à Lennon et McCartney. Le bassiste, très respecté localement, n'hésite pas à descendre Paul MCCartney dont il trouve son Hey Jude digne d'une grosse daube.

Lennon le sollicite même pour donner son avis sur le remplacement de Pete Best par Ringo Starr (Août 62) ; il prendra également le poing de William en pleine figure pour une histoire de nana.

La fantaisie et l'humour comme fond de commerce.

Les Fourmost sont intégrés au team Epstein, dès juin 1963. Comme leurs homologues Freddie And The Dreamers, la caractéristique première de leur style s'appuie sur les pitreries, la parodie et l'humour.

Après une audition mi-figue, mi-raisin, Epstein les signe finalement chez Parlophone Records où ils enregistrent sous la direction de l'autre figure mythique de l'encadrement des Fab Four, George Martin. Faire partie de l'écurie Epstein présente quelques avantages...

Comme dit précédemment, c'est à John Lennon que l'on doit le premier single à succès du groupe. Hello Little Girl est supposé avoir été écrit dans des circonstances un peu particulières.

L'histoire situe le moment d'écriture à l'arrière d'une camionnette entre deux concerts ; d'autres évoquent les toilettes des studios Abbey Road (en 1957)... Qu'importe, la première chanson de Lennon est refilée aux Fourmost qui en font un enregistrement.

Deux semaines plus tard, le même titre échoit également dans les mains de Gerry And The Pacemakers, mais c'est la version des premiers nommés qui est finalement retenue et qui atteint le 9ème rang des charts britanniques. Celle de leurs rivaux ne sera jamais publiée à l'époque (1963). Lennon fournit également le titre suivant, I'm In Love (1963), qui se place 17ème en Grande-Bretagne.

Le circuit du cabaret pour durer.

Pour la petite histoire, seul A Little Loving fera mieux (N°6 en 1964) parmi la grosse douzaine de singles sortis par le groupe entre 1963 et 1969. Aucun d'entre eux ne rentrera dans le Billboard américain.

Un seul album leur est crédité, First And Fourmost (1965) qui montre bien à quel point ce groupe était polyvalent, pratiquant aussi bien la country, le jazz que le rock and roll, le tout avec une bonne dose de fantaisie.

Fourmost hatton portrait

" Lennon est venu me demander mon avis sur Ringo, quand il a été recruté en remplacement de Pete Best. C'est également John qui a pris mon poing en pleine poire à l'occasion de l'anniversaire de Paul, quand il a dépassé les bornes avec une fille. Quant à Paulo, quand il est venu me soumettre l'épure de Hey Jude, je n'ai pas hésité à lui dire que c'était de la daube... "(Billy Hatton)

Les Fourmost tournent beaucoup en Grande-Bretagne et en Europe avant de se séparer. Le décès, suite à un cancer, de Mike Millward en mars 1966, mine profondément le groupe ; les renforts de George Peckham, puis de Ian Edwards ainsi que le retour de Joey Bower (1968) n'y changeront rien.

Le groupe évolue sous la houlette de O'Hara tout au long des 70's mais revoit ses ambitions à la baisse pour finir sur le circuit bien rémunéré et bien rangé du cabaret (Chicken In The Basket) qui l'envoie aux quatre coins du monde.

Le Fourmost se sépare à la fin des années 70, Hatton, Lovelady et Bower rebondissant de leur côté sur les Clouds, tandis que O'Hara poursuit avec de nouveaux membres.

Finalement, ce dernier abandonne le nom du groupe aux musiciens restants, à savoir Bill Haisman, John Richards, Gary Pearson et Kevin Clarkson. Pour la première fois de son histoire, les Fourmost ne comptent plus aucun membre du line-up d'origine.

En 1982, O'Hara tourne définitivement le dos à la musique pour s'impliquer dans une nouvelle entreprise, la vente de voitures d'occasion. Jusqu'à son suicide en 1999, rares sont les moments où il refera parler de lui.

Toujours actif aujourd'hui.

Exception faite de 1990, date à laquelle O'Hara, Bower, Hatton et Lovelady se retrouvent, au Philharmonic Hall de Liverpool, pour un concert hommage à John Lennon, celui qui a directement contribué à leur succès.

Depuis, le groupe continue de tourner dans une mouture menée par le batteur et chanteur Kevin Clarkson, composée également de Alex Leyland (guitare rythmique,chant), d'Adrian Fountain (guitare,chant) et de Lee Clarkson (basse et chant).

Bien que la formation ait connu beaucoup de mouvements de musiciens, elle n'en a pas moins conservé ce son authentique et fidèle aux 60's et maintenu l'esprit ludique qui prévalait à ses débuts.

En 2018, le groupe actuel vient de signer 59 dates sur le circuit du Sensational 60's Experience Tour. Ils sont d'ores et déjà annoncés pour l’édition 2020/2021... (RAZOR©2020).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio unique - 1965

 

Fourmost first and fourmost lp 65

 

THE FOURMOST

FIRST AND FOURMOST – 1965  3/5

 

Publié en novembre 1965.

Produit par George Martin.

Label:Parlophone.

Genre:beat,Merseybeat,pop-rock.

 

Offre très incomplète.

 

Dans les années 60, les maisons de disques britanniques privilégiaient surtout les singles, aidé en cela par le raz-de-marée provoqué par la british invasion ; ce format était facile et rapide à lancer sur le marché et source de rentrées immédiates d'espèces sonnantes et trébuchantes.

Cette stratégie commerciale pouvait être répétée à l'envi ; ainsi, pour les artistes les plus prolifiques, il n'était pas rare que, sur une seule année, 3,voire 4 ou 5 singles soient publiés. A condition d'avoir une poule aux œufs d'or dans la maison, comme Lennon et McCartney qui pondaient titre sur titre sans trop se soucier quand, comment et avec qui l'encadrement allait gérer ce prolifique vivier. Le privilège des riches...

Les talentueux Fourmost n'avaient pas ce type de profils en leur sein et devaient généralement s'appuyer sur les reprises ou les chansons que les Beatles, avec lesquels ils étaient proches, écartaient et daignaient leur concéder ou que Brian Epstein, manager des liverpuldians, détournait au profit des formations de son écurie, que ce soit les Fourmost, Gerry And The Pacemakers ou d'autres.

Sans songwriter-maison, les Fourmost ont du développer d'autres arguments pour séduire. Pour pallier leur incurie au niveau de l'écriture, le groupe mise sur les harmonies vocales, le travail de guitare et une section rythmique costaude. Il y rajoute des éléments de comédie bien dans l'esprit des 60's et de cette place.

Compte tenu de ce handicap, The Fourmost ne peut se satisfaire que des seules faces B de O'Hara pour tenter de briller et doit faire avec ce qu'il reste : exploiter le catalogue d'autrui. Si elles sont bien senties, passe encore, mais si elles n'apportent rien de nouveau, l'affaire se complique.

Dans ce qui est le seul album crédité aux Fourmost des 60's, First And Fourmost, c'est ce à quoi on est confronté. On espérait néanmoins que quelques succès notoires du groupe figurent au répertoire de ce LP et puissent édulcorer ce lot sans surprises, bien que bien interprété. Nada et c'est regrettable, car cela aurait donné plus de poids à l'offre. Mais bon, c'est fait, on ne peut pas revenir dessus

Le disque, sorti chez Parlophone et produit par George Martin (c'est un des intérêts ici) et publié à l'automne 65 souffre par trop de l'absence des titres majeurs du groupe. Ses pièces les plus représentatives ici sont la version de Till You Say You'll Be Mine (de Jackie DeShannon), Girls Girls Girls, Yakety Yak, So Fine, The In Crowd et surtout Sure To Fall (In Love With You). Elles ne donnent hélas qu'un aperçu du potentiel des Fourmost qui valent bien mieux que la prestation tronquée et incomplète de First And Fourmost.

Pour mieux cerner cette formation, il est préférable, il me semble, de se projeter sur une compilation, à même de regrouper l'essentiel de l’œuvre de ces anglais, comme The Best Of The Fourmost (33 titres), sortie en 2005 chez EMI (RAZOR©).

 

1. Till You Say You'll Be Mine.

2. Yakety Yak.

3. Girls Girls Girls.

4. My Block.

5. So Fine.

6. Some Kind Of Wonderful.

7. The Girl Can't Help It.

8. Today I'm In Love.

9. The In Crowd.

10. Baby Sittin' Boogie.

11. Heebie Jeebies.

12. Sure to Fall (In Love With You).

13. Bound To Lose My Heart.

14. Something's Got A Hold On Me.

 

Brian O'Hara:chant,guitare.

Mike Millward:guitare rythmique,chant.

Billy Hatton:basse,chant.

Dave Lovelady:batterie.

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