The Honeycombs.

BIOGRAPHIE.

 

 

THE HONEYCOMBS/Londres (Angleterre – UK)

 

Honeycombs 3

 

Actif entre 1963 à 1967,2004 à aujourd'hui.

Labels:Pye (UK),Interphon,Warner (US).

Genre:beat,pop,rock and roll,british invasion.

Site:thehoneycombs.info

 

Une véritable curiosité.

Dans les années 60, on ne peut pas dire que les femmes faisaient défaut dans le milieu pop-rock anglais. Souvenons-nous de Cilla Black, Petula Clark, Sandy Shaw, Dusty Springfield, Marianne Faithfull, Julie Driscol...

Moins nombreuses sont alors celles musiciennes ; elles sont plutôt folk, blues et américaines, chanteuses qui s'accompagnent à la gratte (Joan Baez, Joni Michell, Judy Collins)...

Par contre, on compte sur les doigts de la main les rares à évoluer à un instrument qui laisse peu de place aux dames : la batterie. Généralement pour des raisons physiques.

De mémoire, Maureen Mo Tucker a été le batteur du premier Velvet Underground tandis que Karen Carpenter occupait le même instrument dans le duo qu'elle formait avec son frère Richard au sein des Carpenters.

Ce choix, elle le fait après avoir vu Honey Lantree à la TV et avoir été impressionnée par l'apparente facilité avec laquelle elle est capable de chanter en même temps.

Honeycombs colourDenis D'Ell, Martin Murray, Honey et John Lantree, Alan Hall. 

Honeycombs introLa curiosité des Honeycombs: Honey Lantree.

Honeycombs honey lantreeCertainement la seule femme-batteur du moment.

Honeycombs joe meekLe rôle crucial de Joe Meek.

Honeycombs have i rightHave I Right, le tube des Honeycombs...

Honeycombs nowPlus que jamais actifs aujourd'hui.

Une femme-batteur ?

Comme Tucker, mais de l'autre côté de l'Atlantique, Ann Honey Lantree a commencé à ce poste, au sein des Honeycombs, à la même époque, autrement dit en 1963.

Ce fait suffisamment rare pour être souligné dans un milieu machiste a décuplé la curiosité à l'égard de ce groupe et pesé de tout son poids, aussi bien dans son histoire que dans sa popularité.

Une femme-batteur, ça jette le discrédit sur toute la formation qui l'entoure, ça fait généralement gadget et la presse n'en parle guère ou s'en amuse. La présence de Lantree, employée à cette charge, n'échappe pas à ce constat du moment.

Comme les Honeycombs ont été de l'invasion britannique aux USA, on peut, sans risquer de se tromper, avancer que la native de Hayes dans l'Essex fut la seule anglaise à s'installer derrière les caisses et les cymbales à cette occasion.

Have I The Right faire taire les sceptiques.

Seulement voilà, quand, à la fin d'août 1964 , Have I The Right ? s'installe en tête des hits britanniques et, dans la foulée, entre au Billboard 100 pour se fixer au cinquième rang à l'automne de la même année, l'événement rabat le caquet de tous les sceptiques, d'autant que la batterie porte la chanson.

Pour la petite histoire, le titre ayant été enregistré à Islington dans le studio-appartement à 3 étages du producteur Joe Meek, les marches boisées de la cage d'escalier sont martelées par les pieds des membres du groupe afin d'accentuer l'effet du battement au niveau de l'overdub ; 5 micros sont, par ailleurs fixés à la rampe, doublés de clips pour vélos, à côté de grosses enceintes, tandis qu'au final, la frappe de Honey est mixée très en avant pour donner plus d'impact et que l'enregistrement accéléré.

Mais comme la gloire est au bout et que les ventes suivent (deux millions de pièces vendues en un an), la manière de parvenir à cet artifice importe finalement très peu. Les Honeycombs, même avec une femme à la rythmique, ça tient la route, c'est ce qu'il convient de retenir et c'est ce que l'histoire a fait...

Islington, 1963...

La saga Honeycombs prend forme dès 1963 au nord-est de Londres, dans le quartier d'Islington. Martin Murray est au départ de cette aventure commencée quand il fonde d'abord un groupe de skiffle (The Black Rebels), lequel, étui de guitare posé à même le sol devant eux, divertit les passants et voyageurs dans les gares et les trains de la périphérie de la capitale.

Employé comme chauffeur, puis comme barbier avant d'ouvrir, dans son quartier de Hackney, un salon de coiffure pour dames, Murray, fan de musique (il joue depuis l'âge de 8 ans et anime à l'adolescence bals, mariages et autres petits événements pour se faire de l'argent de poche), est le petit ami d'Ann Lantree qui est son assistante dans la boutique.

Il fonde vers 1962/63, un premier groupe, les Sheratons qui prennent l'habitude de laisser leurs instruments dans l'arrière-boutique du salon.

Il ne faut pas attendre bien longtemps pour que Honey Lantree flashe sur la batterie, un instrument qui l'attire plus que tout autre.

Lors des pauses, elle se découvre une véritable vocation pour ce type de matériels. A force d'insister, celle-ci montre de belles dispositions, au point que Murray (guitariste), quand le batteur d'origine indienne des Sheratons, Chris Chaplin, renonce à continuer pour se concentrer sur ses études, sent qu'elle est tout à fait capable d'assurer la suite.

Il l'intègre donc aux Sheratons tandis que son frère John Lantree s'invite à la basse, après en avoir appris les rudiments.

Après avoir auditionné un second guitariste, Alan Ward, et un chanteur, Denis D'Ell, le nouveau line-up devient vite populaire dans le nord de Londres où il a ses habitudes, plus particulièrement à la Taverne Mildmay du très fréquenté quartier d'Islington.

Au 130 de Balls Pond Road, il y interprète régulièrement et à raison de 3 fois par semaine, des reprises de R & B.

Howard et Blaikley,tandem de l'écriture.

Ses prestations attirent l'attention de deux jeunes compositeurs, Ken Howard et Alan Blaikley, deux amis d'école, lesquels vont, dès le début des années 60 collaborer à l'écriture de chansons pour devenir à la fin de la décennie et au début de la suivante, un duo redoutable d'efficacité dans la réalisation de succès.

Citons, pour le compte de The Herd de Peter Frampton, From The Underworld (N°6 UK en septembre 67) ou I Don't Want Our Loving To Die N°5/1968, certains titres des Tremoloes dont le duo fit partie, l'album Ark II du Phil Collins version Flaming Youth en 1969 ou encore I've Lost You sur le premier LP du Matthew's Southern Comfort, quand Iain Matthews quitte le Fairport Convention (il signent alors sous la plume de Steve Barbly) et deux incontournables N°1 des 60's, The Legend Of Xanadu (12 semaines dans les charts) du groupe Dave Dee, Dozy, Beaky, Mick & Tick, en février 68 et, pour les Honeycombs, le fameux Have I The Right ? (été 1964), cité en préambule.

Le rôle crucial de Joe Meek.

Le tandem du songwriting, alors au début de sa carrière, se rapproche du groupe de Murray et les met en relation avec le Géo Trouvetou de la production Joe Meek, formé à l'électronique et qui se retrouve du début des 60's au 3 février 1967, date à laquelle il se suicide, derrière 245 singles dont près d'une cinquantaine sont des coups gagnants.

Meek flaire tout avant tout le monde tout le parti à tirer de la présence d'une jeune demoiselle à la batterie. Howard, Hackley et Meek mettent leur expertise en commun pour porter haut le titre retenu dans le lot existant de chansons, à savoir Have I The Right ?. Le producteur (également impliqué dans les Tornados) en profite pour placer son Please Don't Pretend Again en face B.

Honeycombs martin murray portrait

«  Les Honeycombs ont toujours été les têtes d'affiche des spectacles auxquels ils prenaient part. Dès la minute où nous avons été N°1. Jamais nous avons été le deuxième groupe dans les programmations. Nous avons toujours été le groupe vedette. » (Martin Murray)

Des Sheratons aux Honeycombs.

Un contrat sous licence Pye est conclu par Louis Benjamin, le 26 juin 1964 qui contraint les Sheratons à changer de nom pour celui des Honeycombs.

La nouvelle identité réfère au surnom d'Ann Lantree, Honey (pour la couleur de sa chevelure), auquel est associé un ustensile qui rappelle les débuts dans le salon de coiffure, le peigne, Comb dans la langue de Shakespeare.

Have I The Right ? sort juste après la signature du contrat mais les ventes ne décollent pas immédiatement. La montée en puissance se fait progressive, d'abord dans les charts britanniques où après avoir bien figuré quelques semaines et aidé en cela par la station pirate Radio Caroline et RTL, il atteint la tête des classements en Angleterre fin juillet, début août 64.

L'Australie (1), le Canada (1), les Pays-Bas (2), l'Irlande (3), les États-Unis (5) se mettent au diapason. Les Honeycombs passent alors sur les TV comme Top Of The Pops.

Do Wah Diddy Diddy de Manfred Mann est, pour le coup, éjecté du leadership. En France, aucun impact. En Allemagne, une version teutonne est enregistrée sous le nom de Hab Ich Das Recht (21 en Allemagne en novembre 64).

Il faudra le voisin de palier de la maison Pye, The Kinks, pour l'en déloger avec ce qui est devenu un classique du rock, You Really Got Me. Ce titre planétaire prend le relais des Honeycombs le 19 août 64.

Complications et déclin.

Les choses se compliquent alors pour les londoniens mais à leurs dépens, puisqu'un litige oppose le duo de l'écriture à Geoffrey Godard, co-writer de chansons avec Meek, à propos du hit des Honeycombs.

Le premier nommé crie au plagiat, avançant avoir préalablement composé ce morceau avec son ami producteur. A un plus d'un million d'exemplaires écoulés, on comprend mieux les motivations du collaborateur de la première heure de Meek....

Juste après le succès du single, le groupe s'engage dans une tournée sur le Vieux-Continent, puis en Extrême-Orient et en Australie laquelle traduit un véritable engouement pour les Honeycombs, surtout au Japon pour le marché duquel est réalisé un LP live et un single, Love In Tokyo.

En Angleterre, c'est un album éponyme qui est publié en septembre 1964 ; il porte le nom de Here Are The Honeycombs chez l'Oncle Sam.

Mais le groupe est déjà sur le déclin et les deux singles du tandem Howard/Blaikley, Is It Because (octobre) et Eyes/If You've Got To Pick A Baby (novembre), sortis avant la fin de l'année 64, ne reproduisent pas les bons scores de Have I The Right ?

Le premier des deux, couplé avec I'll Cry Tomorrow signé Meek, fait seulement 38 dans les charts grands-bretons. Toujours en 1964, mais aux USA, I Can't Stop/I'll Cry Tomorrow entre péniblement dans le top 50.

Les premiers pas de Howard et Blaikley comme managers s'annoncent improductifs. Qui plus est, les Honeycombs peinent à reproduire en public l'énergie qui émane de ses travaux de studio.

La cible toute désignée est Honey dont on commence à mettre en doute le potentiel mais c'est Murray qui en fait les frais, viré sans ménagement fin 1964 et remplacé par Peter Pye.

Après quelques soubresauts dans les charts en 1965 (Somethings Better Beginning de Ray Davies/N°39, That's The Way/N°12, leur dernier hit), Denis D'Ell, Alan Ward et Peter Pye quittent les Honeycombs (avril 1966). La fratrie Lantree tente bien de pérenniser l'affaire mais plus personne ne semble s'intéresser à eux.

Le suicide de son mentor Joe Meek solde définitivement l'histoire d'un groupe qui a titillé les Beatles, été de véritables idoles au Japon et eu le privilège de lancer la première femme à la batterie.

Martin Murray, depuis 2004, a réactivé une nouvelle incarnation de ses Honeycombs. Malheureusement sans D'Ell, décédé en 2005, ni Honey Lantree, disparue le 23 décembre 2018 (RAZOR©2020).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 1 - 1964

 

The honeycombs the honeycombs 1964

THE HONEYCOMBS

THE HONEYCOMBS – 1964  3,5/5

 

Publié en 1964.

Produit par Joe Meek.

Durée:36:51.

Label:Pye Records.

Genre:pop-rock,beat,merseybeat.

 

L'apport crucial de Joe Meek.

 

Ouf (de soulagement)... pour une fois, les versions anglaises et américaines du premier LP des Honeycombs sont similaires. Ce n'est pas commun, à une époque où les éditions, selon que l'on soit d'un côté ou de l'autre de l'Atlantique, sont généralement confuses au possible, entre ce qui n'apparaît pas chez l'une mais figure chez l'autre, entre des publications agencées différemment, incomplètes ou surchargées de bonus... Bristish Invasion et business obligent.

Là, au moins c'est clair comme de l'eau de roche : The Honeycombs, disque éponyme, est britannique quand, dans le même temps, en 1964, son pendant américain sort sous Here Are The Honeycombs, sans qu'un seul titre ne diffère.

Les Honeycombs ne sont rendus célèbres pour deux motifs : celui d'attirer sur lui les regards curieux et de susciter alors du scepticisme, du fait de compter à la batterie une femme. Dans ce milieu machiste, les commentaires vont bon train, le poste est une spécialité essentiellement masculine pour beaucoup de commentateurs du moment...

L'autre raison de la popularité du groupe d'Islington découle du succès de Have I Right, lequel, en retour, cloue le bec aux détracteurs et met un terme au débat sur l'emploi des femmes derrière les fûts et caisses.

Les Honeycombs, avec Honey Lantree à la batterie, deviennent une figure remarquée dans le cadre de la british invasion ambiante et de véritables idoles au Japon. Tout est dit ; circulez, il n'y a plus rien à voir.

Le groupe a été fécond durant son mandat et le disque qui nous intéresse réunit l'essentiel du matériel enregistré au milieu des 60's. Le lot est accrocheur et agréable à écouter, bien que sans véritables surprises et un peu léger, pour qui est fan de la période beat.

Le disque bénéficie de Joe Meek à la production, sorte de Géo Trouvetou de l'époque et qui, avec quelques bouts de ficelles, du bric et du broc, en mode Mac Gyver, réussir à valoriser et à donner du peps au travail de ses poulains. Il fait valoir ici des techniques de production novatrices et originales qui font de The Honeycombs l'album, l'autre véritable centre d'intérêt.

Have I Right, That's The Way, Without You It Is Night et This Too Shall Pass Away sont les pistes les plus crédibles mais c'est tout le disque qui fait force (RAZOR©).

 

1. Colour Slide.

2. Once You Know.

3. Without You It Is Night.

4. That's The Way.

5. I Want To Be Free.

6. How The Mighty Have Fallen.

7. Have I The Right ?

8. Just A Face In The Crowd.

9. Nice While It Lasted.

10. Me From You.

11. Leslie Anne.

12. She's Too Way Out.

13. It Ain't Necessarily So.

14. This Too Shall Pass Away.

 

John Lantree:basse.

Honey Lantree:batterie.

Allan Ward:guitare.

Martin Murray:guitare rythmique.

Dennis D'Ell:chant.

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