The Mojos.

BIOGRAPHIE.

 

 

THE MOJOS/Liverpool (UK)

 

The mojos 1

 

Appelés aussi Stu James & The Mojos.

Actifs entre 1962 et 1968.

Label:Decca Records,Liberty Records.

Genre:beat,merseybeat,pop,rock,pop-rock,british invasion.

 

Plombé par des mauvais choix.

Si les liverpuldians The Mojos ont traversé une période faste dans leur carrière, ils n'en ont pas moins rencontré parallèlement beaucoup de problèmes. Ceux-ci ont sérieusement contrecarré leurs ambitions de devenir des stars comme leurs contemporains, les Beatles, ou, à un degré moindre et à l'instar de la grande majorité des groupes du début des 60's, de mieux figurer sur la scène Merseybeat dont ils sont issus.

Bien que signée par un label majeur, Decca Records, la formation de Liverpool n'a pas pu profiter de cette belle opportunité, victime de mauvais choix des dirigeants de cette étiquette qui, rappelons-le, n'a pas toujours été particulièrement inspirée à cette époque.

L'épisode de l'échec de l'audition des Beatles chez Decca le 1er janvier 1962 est passé à la postérité, les Fab Four étant éconduits au terme de leur prestation et récupérés par un éditeur concurrent, Parlophone/EMI avec la réussite que l'on devine.

Decca et ses dirigeants si perspicaces ne montrent pas un enthousiasme délirant pour leurs protégés ; au motif de faire de l'argent, ils ont même la lumineuse idée d'éloigner les Mojos du R&B qu'il pratique avec talent et dans lequel ils sont ancrés avec bonheur depuis leurs débuts, en les basculant vers une pop moins pétillante (mais plus lucrative) que les musiciens rechignent visiblement à prendre à leur compte.

The mojos 2Les Yardbirds de Liverpool...

The mojos ep 1964 objet collectionUn EP de 1964, objet de collection.

The mojos stu jamesStu James...

The mojos stu james and the mojos 1965...à la tête de Stu James & The Mojos (1965).

Yhe mojos everything s alrightEverything's Alright, Top 10 en 1964.

Une discographie famélique.

Le groupe n'y résistera pas et le prestigieux label lâchera progressivement les Mojos (fin 1964).

Nommée The Mojos en référence à Muddy Waters (I've Got My Mojo Working) et pour son enracinement dans le blues, la formation anglaise a été active pendant 6 ans, entre 1962 et 1968, sans toutefois greffer à son catalogue le moindre LP.

Il faut donc se tourner vers les compilations pour découvrir le talent indéniable de ces musiciens.

8 singles et un EP éponyme (Everything's Al'right/I Got My Mojo Working/The One Who Really Loves You/Nobody But Me - 1964), véritable objet de collection, constituent l'essentiel de la discographie des Mojos.

They Say/Forever ouvre le catalogue en 1963, sans succès véritable, tandis que son suivant, Everything's Alright/Give Your Lovin' To Me (1964) entre dans le top 10 des charts UK.

A noter que Everything's Alright est enregistré en 1973 par David Bowie pour les besoins de son album Pin Ups.

Why Not Tonight/Don't Do It Any More (1964) et Seven Daffodils/Nothin' At All (1964) font encore top 25 et 30, avant que le départ de chez Decca ne change radicalement la donne, commercialement parlant, et au niveau de la structure du groupe.

Les trois singles publiés encore sous Decca, à savoir Comin' On To Cry/That's The Way It Goes et Wait A Minute/Wonder If She Knows (1965) ainsi que Goodbye Dolly Gray/I Just Can't Let Her Go (1967) et celui sorti pour Liberty Records (1968), Until My Baby Comes Home/Seven Park Avenue (1968) ne font pas vraiment d'étincelles.

Les Yardbirds de Liverpool...

Cette trajectoire biaisée renforce les regrets à l'endroit de ceux qui furent un des meilleurs collectifs de la Merseybeat.

Ne les appelait-on pas les Yardbirds de Liverpool ? Le groupe qui mène aux Mojos se constitue véritablement en septembre 1962 sous l'impulsion de Keith Karlson, de John Bob Konrad, de Roy Woods, rejoints par Stu James (alias Stuart Slater), pianiste, et par Adrian Lord (né Wilkinson), guitariste rythmique-chanteur qui supplée rapidement Woods.

Il porte alors le nom de The Nomads et, 4 à 5 fois par semaine, pratiquent un R&B pur et dur, puissant, qui leur vaut le surnom évoqué ci-dessus.

Ce line-up d'origine reste en place jusqu'à l'été 1963 quand le pianiste Terry O'Toole, sur les recommandations du Beatle George Harrison, intègre à son tour un groupe qui voit Lord glisser à la guitare et Stu James prendre le chant.

Coup sur coup, cette mouture prend part à un concours d'auteurs-compositeurs (Lancashire & Cheshire Beat Group), dont il ressort avec un contrat de songwriting pour Carlin Music, lequel débouche sur un premier single publié chez Decca (Forever/They Say - octobre 63).

Du Blue Angel au Star-Club de Hambourg.

Elle décroche un engagement avec un club dont elle devient le groupe-maison (le Blue Angel), foule la scène du Cavern Club avec les Beatles (3 février 63).

They Say, que l'on doit à ce line-up, apparaît dans le film The Comedy Man (1964). Le même noyau (en place jusqu'en octobre 63 quand Wilkinson quitte les Nomads) a également enregistré My Whole Life Through dont la version figure sur le volume 2 de la compilation du label Oriole, This Is Merseybeat (1963).

C'est à cette époque que, du fait qu'un autre groupe londonien porte déjà le nom de Nomads, il est décidé de changer d'identité.

Managés désormais par Spencer Lloyd Mason, les Mojos récupèrent Nicky Crouch, un ancien de la maison Faron's Flamingos, pour prendre la suite de Wilkinson.

James, Konrad, O'Toole, Karlson et Crough se retrouvent alors engagés pour 5 semaines au Star-Club de Hambourg où ils enregistrent ce qui est leur deuxième single, Everything's Alright.

Classique du british beat, ce titre que Decca pousse au détriment de l'adaptation de Seven Daffodils des Tarriers voulue par les musiciens, prend une excellente 9ème place dans les classements grands-bretons. Eddy Mitchell s'approprie le titre en France en 1965.

Ce nouveau statut engendre une tournée britannique aux côtés des Rolling Stones et de Dave Clark Five, mais le ressort est cassé avec Decca qui n'a pas la même vision artistique que le groupe et qui cherche à lui imposer une voie plus pop.

Nicky crough guitarist mojos

« Les Mojos étaient un bon groupe et m'ont encouragé à écrire. Nous étions mal gérés et notre responsable A&R chez Decca était déconnecté de la scène musicale actuelle et de nous. Par conséquent, nos disques sont devenus de pire en pire. Nous avons fini par nous séparer. Stu et moi avons continué comme Stu James & the Mojos avec Lewis Collins à la basse et Aynsley Dunbar à la batterie. J'ai aimé travailler en trio avec un chanteur principal et Aynsley était sans aucun doute le meilleur batteur avec qui j'ai jamais travaillé. » (Nicky Crough)

De 5 à 4.

Après deux singles qui entrent encore dans le top 30 (Why Not Tonight/Don't Do It Any More et Seven Daffodils/Nothin' At All), Konrad, O'Toole et Karlson , en divergence totale avec la politique musicale imposée par l'éditeur, quittent les Mojos, à la fin de l'année 64.

De quintet, ils passent en quatuor, le bassiste Lewis Collins et Aynsley Dunbar, batteur qui a collaboré avec les plus grands (John Mayall, Jeff Beck, Frank Zappa, John Lennon, Lou Reed, David Bowie, Journey, Jefferson Starship, UFO...), s'invitant alors.

Les Mojos mutent dès lors en Stu James & The Mojos auquel sont crédités Comin' On To Cry/That's The Way It Goes (avril 1965) et Wait A Minute/Wonder If She Knows (août 1965).

En panne de popularité, cette nouvelle structure des Mojos ne séduit plus le public et doit se résoudre, à l'automne 66, à laisser Aynsley Dunbar rejoindre les rangs des Bluesbreakers de Mayall.

Stan Bennett le remplace brièvement ; peu de temps après, Lewis Collins s'éloigne aussi de Stu James et de Crough. Il rejoint Robb Storme & The Whispers.

Les membres restants repartent alors de zéro et engagent Deke Vernon, bassiste, et Martin Smith (Steve Snake), batteur. Le quatuor y va d'un nouveau single, Goodbye Dolly Gray/I Just Can't Let Her Go (3 février 1967), publié une dernière fois pour Decca qui abandonne son partenariat dans la foulée.

En soutien de Barry Ryan.

La nouvelle incarnation des Mojos se tourne alors vers les frères Paul et Barry Ryan (interprète d’Éloïse, N°2 en 1968), dont elle devient provisoirement le groupe de soutien avant d'aller se perdre au fin fond de la côté d'Ivoire dans une discothèque paumée.

Revenu trois mois plus tard d'Afrique, Stu James, désormais marié, s'installe à Southampton, précipitant la fin de l'aventure des Mojos. Crough ne le suit pas, le groupe est du même coup arrêté (janvier 1967).

Stu Slater-James sort encore un single sous le nom des Mojos (Until My Baby Comes Home/Seven Park Avenue – 1968.). Il paraît chez Liberty Records et referme définitivement l'histoire de ce groupe dont Crough et James ont conservé les droits, s'offrant ainsi la liberté de le réactiver selon l'occasion. Ce qu'ils ont fait au fil des décennies (RAZOR©2021).

DISCOGRAPHIE COLLECTION.

Compilation - 1982

 

The mojos working 1982

 

THE MOJOS

WORKING – 1982  3,5/5

 

Publié en décembre 1982.

Compilation de titres de 1963 à 1965.

Label:Edsel.

Genre:beat,Merseybeat,pop,R&B,british invasion.

 

Accrocheur.

 

Au regard de la carrière famélique des Mojos en terme d'enregistrements (un EP et quelques singles), on n'a pas d'autres choix, pour découvrir ces anglais de Liverpool, que celui de se rabattre sur une compilation.

Celle de 1982, réalisée chez Edsel Records, me paraît être le meilleur endroit pour en découdre avec ceux que la place anglaise du moment considéraient comme les Yardbirds de Liverpool.

La compil' en question recense 15 titres de la période Decca, enregistrés entre 1963 (1 et 2), 1964 (de 3 à 11) et 1965 (12 à 15). Figurent donc dans cette collection, 5 de leurs 45T ainsi que les quatre morceaux qui constituent le EP rarissime du groupe (1964) et pièce maîtresse du catalogue des anglais.

L'ensemble est accrocheur, convaincant et donne un aperçu du talent de cette formation vraiment pas pourrie (RAZOR©2021).

 

1. Forever.

2. They Say.

3. Everything's Alright.

4. Give Your Lovin' to Me.

5. Why Not Tonight.

6. Don't Do It Anymore.

7. Seven Daffodils.

8. Nothin' at All.

9. I've Got My Mojo Working.

10. The One Who Really Loves You.

11. Nobody but Me.

12. Comin' On to Cry.

13. That's the Way It Goes.

14. Wait a Minute.

15. Wonder If She Knows.

 

Keith Karlson:basse sur 1 à 11.

Lewis Collins:basse sur 12 à 15.

Aynsley Dunbar:batterie sur 12 à 15.

Bob Conrad:batterie sur 1 à 11.

Nicky Crouch:lead guitare.

Stu James:chant,harmonica.

Terry O'Toole:piano.

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