The Remo Four.

BIOGRAPHIE.

 

 

THE REMO FOUR/Liverpool (Angleterre-UK)

 

Remo four 1

 

Actif entre 1959 et 1970.

Labels:Pye Records,Piccadilly Records,Star-Club Records.

Genre:beat,rock and roll,R&B,rock psychédélique.

 

Dans la tierce royale de la Merseybeat.

Installés dans une filière instrumentale de type Shadows, les Remo Four sont des contemporains des Beatles sur l'échiquier beat de la Merseyside, cette scène musicale qui rayonne autour du Liverpool des 60's.

Quoi que placés sous la tutelle de Brian Epstein, le même agent artistique que leurs illustres rivaux, ils n'ont pas réalisé une carrière à la hauteur du talent qu'on leur prête alors, Paul McCartney en tête qui ratait rarement un de leurs passages au Cavern Club. Loin s'en faut.

Remo four 5Les Liverpool Fendermen.

Remo four circa 1964Dans la tierce royale de la Merseybeat.

Remo four in the first placeIn The First Place (1968).

Remo four smileL'excellent Smile ! (1967).

Remo four ashton gardner dykeLa suite se fait sous Ashton, Gardner & Dyke.

S'ils ont l'opportunité d'ouvrir pour la bande à Lennon au début des années 60, ils n'en profitent pas vraiment en terme de popularité internationale, faute d'un véritable succès commercial et d'un contrat d'enregistrement fortement bétonné.

Qui plus est, à force de trop jouer les groupes de soutien et de passer du temps sur les routes, le Remo Four en oublie l'essentiel, à savoir fréquenter les studios et enregistrer des chansons.

Bien que dans le top 3 des groupes de la place pour le Melody Maker (1961), ces excellents musiciens, travailleurs acharnés, expérimentés, polyvalents, capables de tout jouer, se contentent de regarder passer le train et n'obtiennent une reconnaissance que tardivement. Le panel de fans se densifie toutefois au fil des décennies, au gré des exhumations régulières de la production discographique liverpuldiane.

Un gros gâchis.

Quand George Harrison entre en studio pour l'enregistrement de son premier projet vinylique hors Beatles, à savoir signer la musique instrumentale du film psychédélique Wonderwall (Joe Massot), c'est le Remo Four, alors à la recherche de travail, qu'il sollicite pour assurer les parties non indiennes de la B.O (décembre 1967).

Dans ce cadre, le guitariste Colin Manley et le claviériste du groupe, Tony Ashton, écrivent un psychédélique In The First Place, mais, comble d'infortune, le titre reste dans les tiroirs, l'ami George Harrison ne l'ayant pas inclus dans la bande sonore.

Il n'en ressort dans une version remixée qu'à quelques encablures du passage dans le troisième millénaire (janvier 1999), à l'occasion de la réédition du film.

Le succès se refusant à lui, le groupe de Liverpool survivra au travers des nombreuses sessions qu'on lui propose. Au regard de son énorme potentiel, on peut parler de gros gâchis pour résumer son parcours.

Les Liverpool Fendermen.

Celui-ci débute à la fin des 50's quand le guitariste Colin Manley et le bassiste Don Andrew réunissent autour d'un projet deux autres musiciens du Merseyside, Harry Prytherch (batteur) et Keith Stokes (guitariste rythmique).

Pour se démarquer de la grande majorité des formations de la place de Liverpool, les protagonistes optent pour un groupe d'harmonies vocales à la Everly Brothers, après avoir assisté à un spectacle du Marino Marini Quartet et choisissent, pour l'accompagner, une identité à consonance latine, le Remo Quartet (1958).

Ils répètent dans un grenier et se produisent dans des clubs associatifs, font les bals, les mariages et les fêtes régionales, avant de se professionnaliser (ils vont gagner jusqu'à 6 £ par concert) et de passer au rock and roll, au début des années 60.

Appelés Liverpool Fendermen pour être les premiers possesseurs de matériel Fender de la région, ils pointent, dès 1960 (le 5 août), au légendaire Cavern Club où ils côtoient les Beatles.

Du Remo Quartet au Remo Four.

Les choses sérieuses s'annonçant, leur identité, un tantinet ridicule, s'efface au profit de Remo Four. Leur zone de chaland est essentiellement cantonnée autour de la Mersey.

Ils s'y forgent un public de fidèles parmi lesquels Paul McCartney qui, dit-on, prenait beaucoup de plaisir à les regarder et s'arrangeait toujours pour assister à leurs spectacles, quand il pouvait se libérer de ses obligations.

Paulo est alors ami avec Colin Manley pour avoir ciré les bancs de la Liverpool Intitute For Boys avec lui. Il le considère alors comme le meilleur guitariste de l'époque et de l'endroit, capable de tout jouer et de faire montre d'une technique incomparable.

Le talent de Manley est vraisemblablement une des raisons pour lesquelles le groupe compte dans son répertoire beaucoup d'instrumentaux façon Shadows, Ventures ou Chet Atkins.

Dans l'escarcelle de Brian Epstein.

Dans le même temps que les Beatles font des allers-et-retours entre Londres et Hambourg, le Remo Four entame une tournée des bases françaises et allemandes de l'US Air Force où ils renforcent leur collectif et se forgent une expérience scénique et musicale supplémentaire.

Pour le coup, ils deviennent Johnny Sandon & The Remo Four, Sandon étant également originaire de Liverpool et chanteur des Searchers (1960-1961).

Celui-ci rejoint le groupe en février 1962 et y reste deux ans. Roy Dyke est l'autre nouvel entrant, remplaçant Prytherch lequel quitte ses partenaires pour se marier (début 1963). Cette mouture pointe de nombreuses fois au Cavern.

C'est à cette époque que The Remo Four tombe dans l'escarcelle du Brian Epstein Team. Il signe son premier contrat avec celui qui vient tout juste de décrocher le droit de manager les Beatles.

Epstein introduit alors Tommy Quickly, jeune chanteur de 18 ans, pour lequel les musiciens du Remo Four font office de groupe de soutien.

Remo four mccartney

« Colin Manley était brillant. Il était le meilleur guitariste de Liverpool au début des années 1960 et il pouvait faire tout ce que faisait Chet Atkins avec deux doigts. Beaucoup de gars essayé de jouer comme ça, mais seul Colin pouvait le faire vraiment bien. » (Paul McCartney)

Cette arrivée impromptue déstabilise le collectif et l'année à venir (1963) s'annonce un peu compliquée, malgré un engagement auprès de Piccadilly Records. Le claviériste Tony Ashton est alors recruté pour rééquilibrer les choses, tandis que Philip Rogers remplace Andrews.

L'Allemagne pour se relancer.

Aucun des singles de cette période connaît une réussite dans les charts, ce qui contraint le Remo Four à continuer à servir de faire-valoir pour d'autres artistes (Georgie Fame, Cilla Black, Billy Fury, Billy J. Kramer dont ils deviennent les New Dakotas) et à reprendre son activité de groupe de studio.

C'est en Allemagne, où il jouit d'une bonne réputation, qu'il va chercher son second souffle et, surtout, tenter de décrocher quelques engagements pour survivre. Le légendaire Star Club hambourgeois lui offre cette possibilité dès 1965.

Le groupe reprend alors et son indépendance (ce qu'il aurait toujours dû garder) et son identité d'origine, Remo Four. Le soutien teuton relance la mécanique et permet, surtout, de se refaire une santé financière.

Smile, le Graal.

Revigoré, le quatuor alors figé autour de Manley, Ashton, Rogers et Dyke, publie successivement deux singles et un album de 9 titres, Smile ! (1967) qui, bien que le phénomène beat soit désormais loin, est une merveille de R&B british.

Le LP, mélange de soul de la Motown et de jazz décontracté, ne passe pas inaperçu ; notamment auprès de George Harrison qui jette son dévolu sur cet excellent line-up, pour ouvrir son catalogue personnel, comme décrit précédemment.

Quand Wonderwall est publié fin 1968, les Remo Four sont déjà séparés, laissant le soin à Ashton et Dyke de repartir en trio (Ashton Gardner & Dyke). Colin Manley rebondit auprès de Engelbert Humperdinck, Clodagh Rodgers et Freddie Starr, avant de rejoindre les Swinging Bluejeans.

Privé de son joyau.

Si les acteurs se retrouvent à nouveau en 1992 pour quelques dates, ils ont la douleur de perdre Colin Manley, son joyau, décédé en avril 1999. Tony Ashton est parti le rejoindre environ deux ans plus tard (fin mai 2001). Johnny Sandon, un temps associé au groupe, s'est suicidé le jour de Noêl 1997.

A l'origine de cette histoire, les Prytherth, Andrews et Stokes coulent des jours heureux dans la région dont ils ont contribué à façonner le mémorable Mersey Sound (RAZOR©2021).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP studio Unique - 1967

 

Remo four smile

 

THE REMO FOUR

SMILE ! - 1967  5/5

 

Publié en 1968.

Durée :36:54.

Label:Repertoire Records,Star-Club Records.

Genre:beat,R&B,Merseybeat.

 

Convaincant !

 

Groupe de Liverpool contemporain des Beatles, le Remo Four n'a pas laissé une grosse empreinte dans la musique anglaise en matière de singles, voire de disques tout simplement.

Navrant pour une formation que d'aucuns s'accordent à considérer comme une des trois meilleures du moment et de la place. Aussi quand on tient matière à découvrir l'énorme potentiel de ces musiciens, on met le mouchoir dessus sans autre forme de procès.

Smile ! (1967) est cette opportunité. A vous de la saisir, vous qui aimez la scène beat des 60's.

Sorti (uniquement en Allemagne) sur le label Star-Club où le Remo Four, placé sous la tutelle de Brian Epstein (l'homme des Beatles) a du s'exiler pour se relancer, l'album mélange des éléments de rock 'n' roll, de jazz et de soul.

Ils y rencontrent un tel succès qu'ils y restent deux ans, apparaissant sur la TV teutonne (Beat Club) et dans les clubs en pointe de Germanie. C'est l'occasion pour eux d'éponger leur dette envers NEMS et de faire un peu de monnaie.

Pièce incontournable de cette époque au regard de sa musicalité exceptionnelle, du talent instrumental de ses acteurs (Ashton, Dyke, Manley et Rogers), Smile ! explique parfaitement les raisons qui ont poussé George Harrison à les inviter sur son premier album personnel en dehors du cadre des Beatles (Wonderwall/1968).

Heart Beat, No Money Down, 7Th Son, Brother Where Are You, Nothin' To Good For My Baby et l'incomparable Jive Samba sont les poutres maîtresses de ce solide disque de reprises R&B hard/jazzy, réalisé par un quatuor énergique et inventif, très largement sous-estimé mais ô combien convaincant ici.

On est loin du Remo Four qui accompagne les stars anglaises (Johnny Sandon et Tommy Quickly). J'ai adoré. Faites comme moi, succombez aussi (RAZOR©2021).

 

1. Heart Beat.
2. The Skate.
3. No Money Down.
4. Rock Candy.
5. The 7th Son.
6. Roadrunner.
7. Brother Where Are You.
8. Jive Samba.
9. Nothin's Too Good For My Baby.

 

Colin Manley:guitare,chant.
Tony Ashton:claviers,chant.
Phil Rogers:basse.
Roy Dyke:batterie.

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