The Smoke.

BIOGRAPHIE.

 

 

THE SMOKE/York (Angleterre)

 

The smoke lund gill rowley luker 67

Lund, Gill, Rowley, Luker 1967

 

Actif entre 1965 et 1976.

Labels:Island Records,EMI,Metronome Records,CBS.

Genre:beat,freakbeat,pop psychédélique,rock psychédélique,psych-rock garage,mod,british invasion.

 

Un tube tombé par accident.

Quand la chanson My Friend Jack est publiée, en 1967, les Smoke sont déjà actifs depuis deux ans sur la scène pop anglaise. Le titre, devenu leur plus populaire, tombe un peu par accident, à un moment où rien ne va pour le groupe de York et où le rock anglophone n'a jamais été aussi généreux en hits : A Whiter Shade Of Pale, All You Need Is Love, Arnold Layne, Happy Together, Hey Joe, Penny Lane, The Beat Goes On, Ruby Tuesday, Sunshine Of Your Love, Incense And Peppermints, Days Of Pearly Spencer, Let Spend The Night Together, The Letter, Massachusetts, Waterloo Sunset, White Rabbit, Strawberry Fields Forever...

La période est difficile et la carrière de Smoke n'a toujours pas décollé. Les membres, Geoff Gill, Mal Luker, Zeke Lund et Mick Rowley ont le moral dans les chaussettes, alors, pour détendre l'atmosphère lors d'une répétition, le dernier nommé, chanteur, se met à entonner une chanson en la détournant avec des paroles absurdes (My Friend Jack Eats Sugar Lumps).

The smoke tony adams and the viceroysUne histoire démarrée à l'école...

The smoke intro...devenue the Smoke...

The smoke my friend jackLe controversé My Friend Jack.

The smoke beat clubLe Beat club allemand avec les Who et Hendrix.

The smoke 1967 copyright van cortlandtThe Smoke en 67 (© Van Cortlandt).

The smoke lp teuton

Censuré au Royaume-Uni, star en Allemagne.

Cette ligne est retenue et le groupe l'agrémente d'un méchant glissando sur les cordes et d'étonnants effets de réverbération.

Seulement voilà, le refrain en question et le titre en général réfèrent au LSD qui, tout le monde le sait, se prend sur un petit morceau de sucre.

La chanson, accrocheuse et au tempo soutenu, interprétée par une formation dont l'identité réfère à la fumette, est immédiatement retirée du marché britannique.

Censuré en Angleterre, ce classique freakbeat n'en connaît pas moins la réussite en Allemagne, seul pays en Europe à avoir réservé un si bel accueil à ces sujets rejetés par l'Old Albion (The Smoke occupe la première place des charts teutons pendant 7 semaines) et chez nous, en France, où elle se positionne en 4ème position de notre Hit Parade national.

Bien que reprise par l'illustre Boney M en 1980, My Friend Jack reste pour The Smoke un One-Hit Wonder (succès sans lendemain) ; il alimente depuis de nombreuses compils psychédéliques.

Grâce à ce succès, le groupe de York voit les portes de l'incontournable Beat-Club allemand s'ouvrir devant lui.

Plus populaire sur le Vieux Continent qu'au Royaume-Uni, The Smoke y apparaît dans une émission commune avec les Who et Jimi Hendrix.

Dans le même temps, il a le privilège, en 1967 et en surfant sur le succès de Jack, d'accompagner la tournée des Small Faces et des Beach Boys.

Malgré l'atypicité de son parcours, voilà un groupe qui symbolise bien le Swinging London de la période 65/68.

Des Moonshots aux Shots.

Originaire de York, au nord de Leeds, l'histoire de The Smoke se calque sur celle de Jonty (Jonty Harley) & The Moonshots, actif au début des 60's, un des groupes en vogue de Scarborough, cité maritime voisine distante d'une soixantaine de kilomètres.

Quand Jonty & The Moonshots se sépare, deux de ses membres (Zeke Lund et Malcolm Luker, le guitariste de New Dehli) rejoignent Tony Adams & Viceroys, combo-phare de York.

Le duo, alors confiné dans un rock basique, se rapproche du batteur Geoff Gill, puis de Mick Rowley (chant) lequel emmène dans ses bagages Phil Peacock (guitare rythmique)

Ces jeunes ados embarquent dans leur van et prennent la route de Londres où ils ont l'intention de s'installer et l'ambition de montrer de quel bois ils se chauffent.

Nos kids décrochent un contrat d'enregistrement, puis passent sous l'étendard des Shots, en raccourcissant le nom des Moonshots en celui de Shots. Puis redéfinissent leur musique, un mix de rock, de mod et de psychédélique, un peu dans le genre de ce que font alors les Small Faces (fin 1964).

Des Shots aux Smoke.

Après avoir fait la rencontre d'un certain Jack Segal, agent d'artistes, lequel les oriente vers Alan Brush, homme d'affaires autodidacte et richissime entrepreneur de travaux publics, ce dernier s'engage à les soutenir financièrement et à les aider à accéder à la popularité.

Brush se propose de les manager et les installe dans son manoir de Morden, à une heure de Londres.

Il finance aussi le bus d'une quarantaine de places qu'il met à leur disposition pour leurs déplacements, leurs répétitions, ainsi que du nouveau matériel.

Brush leur présente alors un crooner sur le retour, artiste raté reconverti en producteur indépendant pour les studios Lansdowne. Monty Babson, à l'automne 1965, leur fait enregistrer quatre titres.

Deux d'entre eux, d'obédience, mod-pop, sortent chez EMI/CBS, qui a The Shots sous licence, en octobre 1965 : Keep A Hold Of What You've Got/She's A Liar et There She Goes/Walk Right Out The Door (tous deux en 65).

Les singles n'ont aucun impact commercial, aussi Phil Peacock, lassé et nostalgique de son Scarborough natal, quitte ses partenaires. Hélas, le jeune guitariste se tuera quelques jours plus tard au détour d'une route longeant la mer.

Brush, victime de gros problèmes d'argent avec sa société, abandonne au bord du chemin ceux qu'il était supposé mener à la gloire, obligeant ces jeunes complètement paumés, sans manager mais avec un contrat d'édition et d'enregistrement en poche (avec Babson), à redémarrer de zéro.

Segal, toujours dans l'environnement immédiat du groupe, les met alors en contact avec les frères Kray (Ron et Reg), de douteux tenanciers de clubs londoniens, lesquels prennent The Shots, devenus The Smoke, sous leur coupe et s'affichent comme leurs managers (exclusifs), sans toutefois s'intéresser sérieusement à ce qu'ils font.

My Friend Jack.

My Friend Jack (écrit par Rowley et Gill), un de leurs titres travaillé durant l'été 1966, est envoyé en single, mais, au regard de ses trop nombreuses allusions aux drogues, la BBC boycotte la chanson tandis que EMI exige que le titre soit retouché avant d'être mis sur le marché, en février 1967.

Quand il tombe dans les bacs, la concurrence est rude, My Friend Jack (face B : We Can Take It), même corrigé, doit se contenter d'une modeste 45ème place dans les charts UK et de passages sur les radios pirates.

Le groupe, après avoir contesté le contrat avec les Krays (qui a placé le groupe sous leur total contrôle) décide alors de se projeter vers l'Europe et l'Allemagne plus particulièrement, pour la suite de sa carrière. The Smoke s'y installe.

The smoke mal luker

«Nous avons joué dans le club des frères Krays ; ils nous aimaient bien. Nous n'avions aucune idée, à l'époque, de leurs combines. Avec nous, ils étaient toujours gentils. L'un des frères était en partenariat avec nous. Il s'est toujours montré sympa et prêt à régler tous nos problèmes. Il suffisait de lui passer un coup de fil et le problème n'en était plus un. Avec le recul, et compte tenu de leur implication dans le milieu, ça fait froid dans le dos... » (Malcolm Luker)

 

En Westphalie notamment, mais tout en continuant à sortir des disques en Angleterre ; leur contrat d'enregistrement est, entre temps, passé entre les mains d'Island, le label du « jamaïcain » Chris Blackwell.

Babson est par trop occupé par le montage de son Morgan Music qu'il refile le bébé à Blackwell. Ce dernier fait le choix d'accompagner les ultimes soubresauts du rock british.

Une grosse popularité chez les teutons.

En Allemagne, The Smoke va connaître un succès considérable, renforcé par un passage dans le populaire Beat Club, aux côtés d'Hendrix et des Who et enregistrer un album que les allemands seront les seuls à publier. Il s'appelle It's Smoke Time et réunit des titres signés durant l'année 1966.

Cette soudaine popularité amène les musiciens à engager une tournée européenne au cours de laquelle ils vont se faire remarquer par leur fougue et leurs excentricités scéniques, qui ne sont pas sans évoquer les Who. Pour leurs tenues bigarrées également, visiblement inspirées de celles des Beatles de Sergent Peppers...

En terme de singles, le groupe enchaîne les titres entre 1967 et 1968 : High In A Room/If The Weather's Sunny (CBS), If The Weather's Sunny/I Would If I Could But I Can't (CBS). It Could Be Wonderful (Island), Victor Henry's Cool Book/Have Some More Tea (Metronome), It Could Be Wonderful/Have Some More Tea (Island), Utterly Simple/Sydney Gill (Island) composé par Dave Mason pour le premier LP de Traffic et Sydney Gill/It Could Be Wonderful (Island).

Avec le titre repris à Traffic (Utterly Simple), Rowley tentera de refaire le coup de Jack mais sans succès cette fois-ci, le diffuseur refusant d'avaliser ce qui ressemble à une petite filouterie.

Une implosion annoncée.

Qui plus est, les musiciens, installés dans leur confort de stars (en Allemagne) répondent de moins en moins aux convocations de Chris Blackwell ; celui-ci ne s'en laisse pas compter et se montre sans concessions envers leurs protégés. Sa fermeté bride l'évolution du groupe lequel, pataugeant de plus en plus, mettra deux ans avant de se relever.

Les Smoke implosent alors. Zeke Lund, Malcolm Luker et Geoff Gill reprennent un billet pour l'Angleterre à l'appel de Monty Babson, qui leur a trouvé un emploi aux studios Morgan, tandis que Rowley reste en Allemagne.

Une grosse poignée de singles marqueront l'après freakbeat des Smoke (de 70 à 75) mais rien de bien significatif. La tentative de maintenir hors de l'eau le nom du groupe dans une nouvelle mouture glam rock (avec deux musiciens supplémentaires dont Will Malone) demeure vaine. Reste My Friend Jack et ça personne ne peut le leur enlever (RAZOR©2020).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio unique - 1967

 

The smoke lp teuton

 

THE SMOKE

IT'S SMOKE TIME – 1967  4/5

 

Publié en 1967.

Produit par Monty Babson,The Smoke.

Durée:29:16.

Label:Metronome.

Genre:garage rock,pop psychédélique,beat,freakbeat,sunshine pop.

 

A valeur d'unique collection.

 

It's Smoke Time est une publication allemande à l'origine. C'est aussi le seul album crédité à The Smoke dont l'essentiel de la carrière s'est effectué en Germanie. C'est l'album du single qui a lancé le groupe et l'a popularisé en Europe, My Friend Jack.

Mais, outre ce titre majeur, It's Smoke Time renferme également une très belle collection de ce que les anglais ont réalisé durant leur activité teutonne comme Waterfall, You Can't Catch Me, Wake Up Cherylina ou If The Weather's Sunny, Just Your Way Of Lovin', Don't Lead Me On, agrémentée à l'occasion de sa réédition en format moderne de 14 coupes supplémentaires, telles que des singles inon parus sur les différents albums du groupe, des chansons nées sous The Shots, la mouture qui précède les Smoke, un étonnant morceau apparaissant sous The Chords Five (fin des 60's), des alternatives...

Cet album de pop psychédélique décontracté ne vaut cependant et essentiellement que par son apport d'origine, soit les 12 titres qui figurent sur la matrice originelle. Il est le reflet du Swinging London version Smoke, alors au faîte de sa popularité et le seul passage obligé pour qui veut découvrir ce groupe important de la scène beat des 60's. Les fans des Smoke y seront, sans le moindre doute (RAZOR©).

 

1. My Friend Jack.

2. Waterfall.

3. You Can't Catch Me.

4. High In A Room .

5. Wake Up Cherylina.

6. Don't Lead Me On.

7. We Can Take It.

8. If The Weather's Sunny.

9. I Wanna Make It With You .

10. It's Getting Closer.

11. It's Just Your Way Of Lovin'.

12. I Would If I Could But I Can't.

 

Bonus Tracks:

13. Have Some More Tea (Ridley) .

14. Victor Henry's Cool Book.

15. Sidney Gill .

16. It Could Be Wonderful (Miller).

17. Keep A Hold Of What You've Got (Maldon.

18. She's A Liar (Maldon).

19. I Am Only Dreaming (The Smoke) .

20. Universal Vagrant (Feldman, Goldstein, Gottehrer, Farrel).

21. Dreams Of Dreams (Chapman, Vaughan, Williams).

22. My Birth (Francis).

23. Jack Is Back (Berckerman).

24. That's What I Want (Malone).

25. Playing With Magic (Malone).

26. My Friend Jack (alternate take).

 

Geoff Gill:batterie.

Malcolm Luker:guitare.

Mick Rowley:chant.

John Zeke Lund:basse.

Phil Peacock:guitare.

 

The Smoke - tracks 1-16, 23-26

The Shots - tracks 17,18

Chords Five - tracks 19,20

Smoke - tracks 21-22.

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